Le lexique (IV) donne oc = 100, el uk
Le passif se forme au moyen de lauxiliaire bi (E. be) et du participe passé (passif) terminé par -ed : i bi miled, je suis aimé. Les verbes réfléchis se forment au moyen du i)ronom réfléchi zœ; les verbes réciproques, au moyen du pronom pâma (l'un l'autre). V interrogation est marquée par la particule koe mise au commencement de la proposition. Cette particule sert aussi à remplacer tous les relatifs, en tôte des propositions relatives.
Nous arrivons au substantif. Il n'y a pas d'article : l'article indéfini est remplacé par le pronom ga (quelque), l'article défini par un pronom démonstratif.
Le pluriel des substantifs est marqué par le suffixe -œs : mik, ami; mikœs (rappelons que toute racine étant une syllabe fermée, tous les substantifs finissent par une consonne).
La déclinaison s'efTectue au moyen des particules (prépositions) dœ (F.) pour le génitif, et tu (E.) pour le datif. Vaccusatif est semblable au nominatif, et ne s'en distingue que par la position.
Ex. : mik ka mili = Vami qui aime; mik ka a mili, Vami qu'il aime; ka mili. qui aime? ka a mili, qui aime-t-il? ka mili ya, qui l'aime?
Le genre (naturel) est indiqué par les préfixes ya (masc), yo (fém.), yoB (neutre). Le préfixe yu marque le jeune : yabif taureau, yaz homme (L. vir).
yobif vache. yoz femme.
yœbif bœuf. yœz homme (L. homo).
yubif l'eau. yuz enfant.
L'auteur se félicite particulièrement de l'invention de ces préfixes; il distingue par exemple yuyaz =jeu/ie homme de yayuz = garçon, et yuyoz ^= jeune fille de yoyuz = (petite) fille.
Les adjectifs sont invariables, et suivent toujours le substantif. Les degrés de comparaison se forment : 1" d'une manière synthétique, en variant la voyelle du suffixe : gudik, bon; gudek, meilleur; gudak, le meilleur; 2" d'une manière analytique, au moyen d<?s particules meo, mao : meo gudik, mao gudik. Le superlatif absolu est marqué par la particule mio ou par l'adverbe plavio {vraiment, E. very).
Les adverbes dérivés d'adjectifs finissent en -io, qui se change en -eo, -ao aux degrés de comparaison.
Les prépositions ont la forme cv (ccv, cvv) pour pouvoir servir de préfixes (terminés en e ou œ).
Les conjonctions finissent au contraire par une consonne, elles ont donc les formes vc, Vvc, ou evc (dans ce dernier cas,
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V est e ou 08, car les autres voyelles sont réservées aux racines (le substantifs).
La syntaxe se réduit à cette ri'gle unique : adopter l'ordre le plus clair, qui est en général le suivant : sujet, verbe, coml)létnents.
Vocabulaire.
« Le vocabulaire doit se rapprocher autant que possible de la langue anglaise, et ensuite des autres langues aryennes. » Toutefois, « on choisira d'abord dans le vocabulaire anglais les racines qui ont un caractère international (aryen). > Par exem|)le. on préférera la racine pat (dans pnternily) à la racine fat (falher. E. ; vater, D.), la racine nud (dans imdily) h la racine bar. la racine lun (dans hinar) à la racine mon ou mun (moon, E. ; mond, D.), la racine nom (E. nominal, nomenclature) à la racine nem (D. E. name), la racine vol (E. volition, volunlary) à la racine vil (D. wille), et ainsi de suite. Préférer (comme le Volap(ik) les secondes racines aux premières, c'est, selon l'auteur, « vouloir germani.ser inutilement les racines internationales ». « Ce n'est que lorsqu'il n'y a aucune ressemblance entre les racines romanes et les anglaises, que celles-ci ont la préférence. » Ainsi l'auteur cherche à enrichir son vocabulaire de racines internationales.
Mais, d'autre part, ces racines sont soumises à des conditions restrictives qui viennent de la Combinatoire. Par exemple, la lettre s est, non seulement le signe du pluriel, mais le symbole de la totalité : c'est ainsi que le « pluriel » du verbe (formé par l'addition de s) signifie le duratif, si le verbe exprime un état, ou le fréquentatif, s'il exprime une action. Ex. : me spelin vivis = vive le Spelin (qu'il dure!)'. De même, étant donné qiu^ pe = chaque, spe veut dire tout; et comme lin = langue, spelin signifie : la langue de tous (D. Allsprache). De môme encore, spaz désigne le monde (des hommes), spuz Vunivers (des choses) ; spuv, Veapace (speve = partout) ; sput. Véternilé (spete = toujours), etc., etc.
Cela étant, on conçoit que la lettre s ne puisse pas être l'initiale d'une racine, comme svin (D. schwein); on est donc obligé
. 1. L'auteur se flatte d'économiser ainsi des racines : iuki, voir; lukis. ref/arder.
de la remplacer par may (I. majale)^. Ainsi cette seule règle exclut toute une série de racines internationales.
Inversement, stim signifiant honneur, tim signifie simplement estime (l'honneur étant 1' « intégrale » de l'estime). On en tire les préfixes honorifiques te- et ste- : teyaz = monsieur; steyaz = sire 2. Mais ce n'est là qu'une des moindres applications de la Combinatoire à la lexicologie. La série des voyelles fournit une infinité de gammes variées, partout où il y a place pour des degrés ou des nuances diverses.
De même que les voyelles servent à marquer le temps dans les verbes, elles servent à former les adverbes qui indiquent les relations de temps. Ainsi, dez = jour, lez. := mois, yez = an; par suite :
ide = aujourd'hui; ile = ce mois-ci; iye = celte année-ci. ede^hier; ele eye
ade = avant-hier ; aie aye
ode = demain ; oie oye
ude = après-demain ; nie uye
Si à ces mots on ajoute -z ou -1, on forme le substantif ou l'adjectif correspondant; et si on leur préfixe la lettre s-, on indique l'intégralité : sidez = tout ce jour; seyez = toute l'année dernière; solez = tout le mois prochain. On peut même former des intégrales doubles : i labo sodese = je travaillerai continuellement toute la journée de demain.
D'une manière analogue, les noms de nombre servent à nommer les jours de la semaine et les mois ^ :
duik = lundi. luik ^= janvier.
duek = mardi. luek = février.
duin = jeudi. luin = avril.
duip =^ dimanche. luip = juillet. lusik = octobre.
1. III, 41. Dans le lexique (IV) on trouve la racine exclusivement anglaise pig (et non la racine romane porc).
2. De même : stat = état, donc : tat = province; til = partie, donc : stil = totalité.
3. L'auteur fait honneur de cette idée à M. C. Sprague (de New York). Elle était déjà appliquée dans le Volapuk.
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lusek = novembre.
lusak = décembre.
On forme de môme les mots :
kuik. kuek, kuak, kuin,... = voiture à 1 cheval, à2,3, ^... chevaux; et mrme les ji^radcs militaires :
muit, soiis-lieutenanl; muet, lieutenant; muât, capitaine; muist, major; muest, lieutenant-colonel; muast, colonel K
La Combiiiatoirc s'étend jusqu'aux noms propres de pays. Perfectionnant le système du Volapùk, l'auteur donne à tous les pays d'Europe le suffixe -im, à ceux d'Amérique le suffixe -em, à VAsie, -am, à V Afrique, -om et à V Australie ^ -um. Les cinq parties du monde ont elles-mêmes les noms (formés avec Vintégrale s) : sim, sera, sam, som, sum. Ainsi : Indem = Indes occidentales, Indim -- Indes orientales ; Rusim =: Russie d'Europe, Rusam = Russie d'Asie ; Rusiam = la Russie entière. Enfin pim = continent; et spim = la terre entière. Pour former l'adjectif d'un pays, il suffit de changer l'm final en c; et pour désigner les habitants (mAles ou femelles) de ce pays, il suffit de préfixer ya- ou yo- : yazinlic = un Anglais; yoflansic = une Française.
L'auteur établit beaucoup d'autres affi.xes de dérivation : € Plus il y a de préfixes et de sutfixes, mieux cela vaut ». Il admet un certain nombre de préfixes destinés à modifier le sens des substantifs : be- exprime l'idée de beau; gre-, celle de grand; le-, celle de rapidité; me-, celle d'intensité (renforcement de sens'); muo-, celle d'excès (muo = troj)) ; ne- celle de négation ; ko- celle d'infériorité ([)éjoratif); skô- celle de mépris; glô- celle d'(animal) sauvage; blô- celle de noir (blôdez = nuit =jour noir). Les préfixes ya-, yo-, yu-, appliqués à une racine verbale, indiquent Vhomme, \ix femme ou la chose qui fait l'action exprimée par cette racine. Le préfixe ye- indique un castrat. Citons encore les préfixes de- (marquant éloignement), fô- (signifiant devant), pô- (signifiant autour), vœ- (signifiant avec), rei- (indiquant la répétition).
Les principaux suffixes qui servent à former des substantifs sont : -et, diminutif; -ab désigne un art; -ip désigne une science; -ay désigne un métier; -ak désigne la machine, -ef, l'instrument à
1. Dnns III, les grades étaient indiqués comme suit : tuik, tuek, tuak; tuin. tuen, tuan; ... ensuivant exactement la série des nombres. Dans IV, ces mots désignent les intervalles musicau.x {prime, seconde, tierce, ...).