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D'où sme-, qui signiRe capital, principal, primordial

faire la chose indiquée par la racine; -un (D. -ung) désigne Vaction exprimée parla racine; -ud, le résultat de l'action; -uv, le lieu, et -ut, le temps de l'action; -uf, la qualité abstraite. Certains de ces suffixes sont parfois de simples caractéristiques logiques, comme -ip (nous connaissons déjà les suffixes -im. -em,... caractéristiques des noms de pays). Tels sont aussi : -an, qui désigne les choses spirituelles; et -eg, qui désigne les animaux, excepté les plus familiers, comme dog = chien, kat = chat, kav = cheval, etc. ; mais on « spélinise » les noms suivants : kengeg = kangourou, krokeg = crocodile, salmeg = salamandre. On en forme d'autres avec des racines abstraites : mileg = colombe (de mil = amour); kobeg = araignée (de kob ^ filer). L'auteur préfère les racines abstraites au point de proposer d'appeler fie la pêche (action de pécher), et ficeg \& poisson. Ici encore, la variation des voyelles sert à exprimer divers degrés : ainsi de nat = nature on forme d'abord natip = histoire naturelle, puis natep = physique, et enfin natap = métaphysique.

Les principaux suffixes qui servent à former les adjectifs sont • : -1 (il, -el) que nous avons vu appliquer aux pronoms et aux noms de nombre; -ik, -ir; -if, qui signifie plein de (E. -fui); -lik, qui signifie semblable à (D. -lich) ; -nik, qui signifie privé de (E. less) ; -iv, qui indique la capacité d'agir (E. -ive, F, -if); -œbil, qui exprime la possibilité ou la dignité (E. F. -able, -ible).

Les verbes se forment souvent en ajoutant simplement à une racine substantive la voyelle caractéristique des temps (-i au présent). Quand la racine désigne un animal, le verbe dérivé indique le cri de cet animal : dogi, aboyer; kati, miauler, etc. Si l'animal ne rend aucun son, le verbe dérivé indique une action ou une propriété caractéristique. De même le verbe dérivé du nom d'un organe indique sa fonction : luk =: œil, luki = voir.

Les verbes qui signifient /atre ou rendre tel ou tel se forment au moyen du suffixe -ig : ex. : dol, douleur, doligi, faire mal; lum, lumière, lumigi, éclairer. Mais cet emploi n'est pas général; ex. : klin, propreté, klini, nettoyer; nud, nudité, nudi, dénuder, etc.

Les mots composés se forment en juxtaposant les racines, séparées, s'il y a lieu, par la voyelle -o. Ex. : vapobad, bain de vapeur; vaponav, bateau à vapeur; vapovag, voiture à vapeur;

1. Comme en Volapùk, la racine est toujours le substantif : klin, propreté, klinir, propre; nud, nudité', nudir, nu.

BAUER : SPELIN 179

natosap, science de la nature ; lumolog, fenêtre {trou à lumière) ; spazolin, langue universelle.

Certains mots dégénèrent on préfixes : ainsi slak =^ électricité ilovicnt en composition sle- : slegaf, télégraphe; slefon, léléptione (cf. fonogaf = phonographe).

Enfin rauteur semble indiquer certains contraires en retour nant la syllabe-racine : gub = froid, bug = chaud (d'où : bugoyumiz = thermomètre) : lin = langue (d'où Uni = parler), nil = oreille (d"où nili^ entendre).

Voici, à titre d'échantillon, le Pater traduit en Spelin :

Pat isel. ka bi ni sielœs ! Nom el zi bi santed ! Klol el zi komi ! Vol el zi bi faked, kefe ni siel. efe su sium! Givi ide bod isel desel is. Fegivi dobœs isel. kefe tet is fegivis ta yadobœs isel; et nen duki is ni tantœ. bœt libi is de mal.

L'auteur fait ressortir la brièveté de sa langue par rapport aux langues vivantes et même au Volapûk : il constate que là où le \'olapnlc emploie 100 lettres, le Spelin n'en emploie que 80: que le Spelin a oO pour 100 de mots monosyllabes, tandis que le ]olapûk n'en a que 24 pour 100; et qu'en Spelin 62 pour 100 des mots se terminent par une voyelle, tandis qu'en Volapillt on n'en trouve que 40 pour 100 au plivs, ce qui rend le premier plus harmonieux que le second. Enfin il a établi certaines règles de formation des mots pour éviter les nombreuses isoméries du l'olapiik. 11 conclut à la supériorité du Spelin sur le Volapiik.

Critique.

Comme nous l'avons dit, nous laissons au lecteur le soin de juger la « Combinatoire linguistique » d'après ses résultats. <lont nous avons cité de nombreux exemples. Nous nous bornerons à remarquer l'incompatibilité qui existe entre les deux principes adoptés à la fois par l'auteur : d'une part, le principe <j priori de la Combinatoire et de la corrélation, c'est-à-dire de la construction logique des mots; d'autre part, le principe a posteriori de la conformité aux langues vivantes, et de l'adoption <les racines internationales. Le conflit perpétuel de ces deux principes aboutit à une incohérence parfaite dans le vocabulaire et tlans la grammaire ; en définitive, c'est le principe a posteriori qui est sacrifié au principe a priori. Par exemple, le

fait de réserver 2 voyelles et 2 consonnes à la formation des affixes et à l'euphonie oblige à les exclure des racines, et partant à dénaturer les racines qui les contiennent. Le retour incessant de la gamme des voyelles, employée pour toutes les flexions grammaticales, rend celles-ci entièrement artificielles et arbitraires, et, de plus, difficiles à distinguer, car il faut un effort de mémoire pour se rappeler ce que chaque voyelle signifie dans tant de circonstances diverses '. Dans le vocabulaire, ce ne sont pas seulement les pronoms, les particules, les noms de nombre qui sont formés a priori de toutes pièces ^ ; ce sont encore la plupart des noms et des verbes, composés suivant des règles logiques qui rappellent les langues philosophiques. L'usage des affixes caractéristiques exerce sur les racines naturelles plus do ravages encore qu'en Volapiik notamment dans les noms de pays). L'exemple le plus curieux de cet abus est l'emploi de la lettre s comme « signe d'intégration ». qui devrait aboutir logiquement à l'exclure de toutes les racines. L'auteur n'a pas consenti à ce sacrifice héroïque, de sorte qu'à côté de mots comme spaz, side, sif, ou de préfixes comme 8me-,sko-, où s a le sens défini, on a des mots comme siel (ciel), sian (océan), sig (cigare), et des préfixes comme sle-, où s n'a pas du tout ce sens. Enfin l'auteur aime mieux former des mots composés originaux que d'adopter les mots internationaux les plus connus ; et sa Combinatoire est si riche qu'elle lui fournit tous les synonymes suivants : spesapuv. gresapuv. mesapuv, gresapokul, gre nocuv, grenocokul, stekul, stesapuv, speticuv, spelernuv, etc., pour désigner ce que dans tous les pays civilisés on appelle... Université.

1. Quelle corrélation y a-t-il, par exemple, entre Je, tu, il, et aujourd'hui, hier, avant-hier?

2. Peu importe que ni signifie dans en japonais, et que ik signifie un en ... tchérémisse (!); ce sont là des rencontres fortuites qui n'empêchent pas ces mots d'être construits a priori.

FIEWEGER : DIL

Le DU se présente manifestement comme un perfectionnement du Volapûk. Il repose sur les mômes principes, et nous permettra d'en mieux apprécier la valeur.

• Grammaire.

L'alphabet se compose des H voyelles :

a, e, i, 0, u (ou) et dos 17 consonnes :

qui se prononcent comme en français, à part : g toujours dur;

s toujours dur ; c = dch; j = ch (comme en Volapûk).

Vaccent csl sur la dernière syllabe (comme en Volapûk).

Il n'y a pas d'article, ni défini ni indéfini.

Les substantifs se déclinent comme il suit :

Nom. om Vhomme Gén. orna de l'homme Dat. omo à l'homme Ace. omi l'homme

ornez les hommes omaz des hommes omoz aux hommes omiz les hommes

Les genres sont toujours naturels. Ils se distinguent par les désinences -ec (masc.) et -ev (fém.).

Los adjectifs sont invariables en genre et en nombre. Le com-

1. Internationale Verkehrssprache Dil oder besles Vei'stàndigungstnitlel zwischen den Nationen nach dem System des Dr. Gûl in Bagdad : Gramînalik, par Fieweger (1893). — Slammwôrterbuch des Dil und stammàhnliche Wôrfer, par Fiewec.er (1894; Brcslau, Adcrholz). Il y a une traduction de la Grammaire en Volapilk, et une autre en Dil, dont voici le titre : Dil 0 med gutun kaipeni fra nepez ze gloz doka Gûl en Bagdad.

paratifet le superlatif se forment au moyeu des suffixes -ur ef -un. Ex. : gut, bon; gutur, meilleur: gutun. le meilleur.

Les noms de nombre sont :

un, 1; tun. 2; zan, 3; fir, 4; bej, 5; siz, 6; sib, 7; sek. 8; nov, 0.

Les dizaines se forment en ajoutant aux unités le suffixe du pluriel -ez (comme en Volapiik) : unez, 10; tunez, 20; zanez, 30; tunezzan, 23; zad = 100; mil = 1.000; unon = 1 million; tunon = 1 billion, etc.

Les nombres ordinaux dérivent des précédents au moyen du suffixe -un (comme le superlatif).

Les pronoms personnels sont :

Sing. Plur.

l'« personne eb, je, ebz, nous.

2* — el, tu, elz, vous.

3« — em, il, emz, ils.

Ils se déclinent comme les substantifs. Les pronoms de la 3'' personne prennent les désinences du genre.

Les pronoms possessifs dérivent des pronoms personnels par l'adjonction d'un -e : ebe, ele, eme; ebze, elze, emze. Ils sont souvent remplacés (comme en Volapiik) par le génitif du pronom personnel ; eba, ela, ema, etc.

Les pronoms démonstratifs sont : id, ceci; ed, cela; kid, tel; did, le même; ded, celui (qui).

Les pronoms relatifs-interrogatifs sont : ki (masc. fém.) et kt (neutre) ; les mêmes à l'accusatif qu'au nominatif (comme en français). Ils servent aussi d'adjectifs interrogatifs : quel?

Tous ces pronoms prennent les désinences masculine et féminine.

Les pronoms indéfinis sont : ik, quelqu'un; ek, personne; an, aucun; kik, chacun; ez, quelque chose; nez, rien; iz, tout; jak, peu; jok, beaucoup '.

Les verbes n'ont qu'une seule conjugaison. Soit le radical lob (louer, D.). L'indicatif présent se forme en lui ajoutant les pronoms personnels :

lobeb, lobel, lobem ^ ; lobebz, lobelz, lobemz.

1. On remarquera l'opposition de sens entre ek et ik, jak et jok (voir le Vocohulaire).

2. Les 3°' personnes (sing. et plur.) peuvent prendre au besoin les désinences de genre.

FIEVVEGER t DIL 183

Le parfait (défini et indéfini), le plus-que-parfait, le futur et le futur antérieur se forment en remplaçant respectivement e par a, i, 0, u dans la terminaison de l'indicatif. Ainsi : lobab, j'ai loué; lohib, j avais loué; lobob. Je louerai; lobub, /aurfli loué.

Vinfinitifsc forme en ajoutant au radical les terminaisons -en (présent) et -an (passé) : loben, louer; loban, avoir loué.

Les participes se forment en ajoutant au radical les terminaisons ed (présent) et -ad (passé) : lobed, louant; lobad, ayant loué.

Le subjonctif se forme en ajoutant les désinences personnelles à linfinitif présent : lobeneb, que je loue; lobenab, que j'aie loué; lobenib, que j'eusse loué.

Le conditionnel (présent, passé) coïncide avec le subjonctif (imparfait, plus-que-parfait) comme en allemand.

L'mipt'ra/i/ s'indique en ajoutant la désinence -ed ' à l'indicatif : lobeled, louez ; lobebzed, louons.

L'optatif (impératif poli) remplace cette désinence -ed par la désinence -ez.

Le passif se forme eh intercalant i immédiatement après le radical à tous les modes et temps de l'actif: lobien, être loué; lobian, avoir été loué; lobied, loué (qu'on loue); lobiad, loué (qu'on a loué).

Le passif sert à suppléer l'absence du pronom on. On traduit on loue par lobiem, est loué (comme en latin).

La forme réfléchie est indiquée par un i placé après la désinence : lobebi, je me loue.

La forme réciproque est indiquée par un a placé après la désinence : lobemzu, ils se louent l'un l'autre.

Enfin on traduit certains auxiliaires (allemands) en intercalant après le radical les syllabes suivantes :

aj pouvoir (moralement); D. dûrjen.

ej devoir; D. sollen.

ij vouloir.

oj pouvoir (physiquement); D. kônnen.

uj devoir, falloir; D. mùssen.

La syntaxe est très simple : les verbes régissent tous l'accusatif pour leur l'"' complément (régime direct) et le datif pour les autres (régime indirect). Les prépositions régissent toutes le nominatif.

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