MARCHAND
DILPOK
à l'accusatif
Sing.
me
te ve
se
re
Plur.
nés
ves
les
res
et au datif :
Sing.
mei
tel vei
sei
rei
Plur.
neis
yeis
leis
reis
it
eit
Les pronoms possessifs sont :
min tin vin sin rin din
Le verbe est invariable en personne et en nombre. Voici le paradigme de la conjugaison (verbe avoir = avi) :
Indicatif présent : ave(e mi-muet).
— passé : ava.
— futur : avo.
parfait : avu.
— plus-(iuo-parfait : ava aved.
— futur antérieur : avo aved.
Subjonctif présent : avie.
— passé : avia.
Conditionnel présent : avio.
— passé : aviu.
Impératif : ave, avem, avet.
Infinitif présent :
avi.
— passé :
avai.
— futur :
avoi.
Participe présent :
avend.
— passé :
avand.
— futur :
avond.
Gérondif {en ayant) :
avende
Participe passif:
aved.
Le passif se forme avec l'auxiliaire eri (être) et le participe passif : mi ère loved =Je suis aimé.
Le verbe (copule) être est esi : mi ese glad =Je suis content.
L'auteur ne donne aucune indication sur la méthode par laquelle il a construit son vocabulaire, et il est difficile de s'en faire une idée, vu la forme de manuel de convei*sation qu'il a donnée à son ouvrage. Ce manuel renferme environ îiOO radicaux, presque tous monosyllabiques, qui semblent empruntés surtout au latin et à l'anglais. Ex. : Al nam of Got = au nom de Dieu.
En revanche, l'auteur donne une longue liste d'affixes de dérivation. Nous n'en citerons que quelques-uns :
Le suffixe -in indique la femme de — .
— -e (accompagné d'une inflexion du radical) indique le
— féminin : sar = monsieur, sàre = madame ; bul rz= taureau,
— bùle = vache.
— -an indique l'origine, l'appartenance : urban, ruran.
— -ar — le métier.
— -el — rinstrunient '.
— -er — l'agent : paner ^ boulanger.
— -ery — le métier : panery = boulangerie.
— -et et -il forment les diminutifs.
— -ard forme les adjectifs péjoratifs.
— -ul indique un lieu clos, un étui : monetul := porte-
— monnaie.
— -ili forme les verbes fréquentatifs : mordili =: mordiller.
— -iri — lesverbessignifiantdeuenir(pd/ir,5frandtr,etc.).
— -uri — les verbes signifiant un besoin : edi=: mangier,
eduri = avoir faim (L. esurire).
— -ivi — les verbes signifiant faire — : activi =^ faire
agir.
Le préfixe en- — les verbes inchoatifs : enslipi = s'endormir.
— re- ou red- indique la répétition ou le retour;
— ro- signifie en arrière (L. rétro).
— mes-, mis- sont des péjoratifs de nuance diverse .
mesuti = mésuser; misuti = abuser.
— ne- est négatif*.
Citons encore les préfixes ad-, bi-, co-, de-, dis-, e-, in-, ob-, per-, por-, pro-, sur-, tra-, qui ont le même sens que dans les langues romanes. Ex. : bifut = bipède.
Dans les mots composés, le radical déterminant précède le déterminé.
La nomenclature chimique est une ingénieuse application de la numération : le nom de chaque corps simple indique son poids atomique, grâce à la valeur numérique assignée aux voyelles.
En jésumé, le Dilpok est un Volapûk simplifié et perfectionné. Les flexions grammaticales et les affixes de dérivation se rap-
1. Seulement, si arel = charrue (instrument à labourer), vapel ne peut signifier machine à vapeur, mais ... vaporisateur.
2. L'auteur admet des formations irrégulières : voit = vouloir, noli = ne pas vouloir; keni := connaître, neni = ne pas connaître; cali = savoir (un art), nali = ne pas savoir.
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prochent des langues naturelles; mais le vocabulaire est aussi arbitraire, et manifeste la mc^mc tendance au monosyllabisme. L'ali)hab('t est trop com[>li<iué et trop peu international {th anglais!). C'est un projet ingénieux et à prétentions scientifiques (numération et nomenclature chimique), mais par h\ même fort peu pratique.
CouTURAT ot Leau. — Langue univ.
La Langue bleue ^ ou Bolak est l'œuvre de M. Léon Bollack, commerçant, de Paris. Elle est destinée surtout aux relations commerciales et usuelles. Elle décline toute prétention littéraire, et vise à être un moyen de communication facile, simple et pratique'. Elle s'adresse uniquement aux peuples de civilisation européenne, et surtout aux peuples germaniques et latins. Les qualités que l'auteur a cherché à lui donner sont : la concision, la précision, la clarté et la rigidité, d'où doit résulter la facilité d'acquisition de cette langue. Pour y parvenir, il a posé quatre règles-bases résumées dans la Loi des huit 1 :
1 lettre, 1 son : d'où concision.
1 mot, 1 sens : d'où précision.
1 classe (de mots), 1 aspect : d'où clarté.
1 phrase, 1 construction : d'où rigidité.
C'est sur ces quatre règles que reposent la grammaire et le vocabulaire de la Langue bleue: le vocabulaire est d'ailleurs
1. Lib. 1 : La Langue bleue (Bolak), Langue internationale pratique, 480 p. (1899). — Lib. 2 : Grammaire abrégée de la Langue bleue, 64 p. (1899). — Lib. 4 : Méthode et Vocabulaire de la Langue bleue, 304 p. (1900). — Lib. 7 : Résumé théorique de la Langue bleue, 124 p. (1899). — Lib. 3 : Premier vocabulaire de la Langue bleue, 90 p. (1902). — Lib. 8 : Textes français traduits dans la Langue bleue, 90 p. (1902). Tous ces ouvrages se trouvent cbez l'auteur (147, avenue Malakofî, Paris, 10'). Le lib. 2 est aussi publié en allemand, en anglais, en italien et en espagnol. Un manuel de Langue bleue a été publié en tchèque par M. Gustav Pergl, de Pilsen : Modra rec, 28 p. (1902).
2. La Langue bleue est ainsi nommée de la couleur du ciel, « sur l'azur duquel il n'est pas de frontières », symbole de l'unité et de la fraternité des hommes, que la L. I. doit réaliser ou promouvoir; sa devise est : « dovem pro tle », la deuxième pour tous.
3. « La Langue bleue est un idiome terre à terre. » (Lib. 1, p. il.)
entièrement subordonné à la grammaire, et celle-ci à une théorie du langage.
Grammaire.
L'alphabet ne comprend que 19 lettres, ii voyelles : a. e, i, o, u {ou): et 14 consonnes : b, q {tch R.'), d, f, g (toujours dur), k, 1, m, n, p, r. s (toujours dur), t. v. 11 n'y a pas de diphtongues : deux voyelles consécutives se prononcent séparément. 11 n'y a aucun signe orthographique (accents, cédille, apostrophe, trait d'union).
11 n'y a pas d'accent tonique : toutes les syllabes doivent être émises avec une égale intensité, « martelées ». Une petite pause marquera la séparation des mots; une plus grande, celle des phrases.
La classification des parties du discours repose sur une théorie du langage qui est propre à l'auteur, et qu'il expose sous la forme d'un apologue : le réveil d'Adam. Dépouillée de toute parure mythique, cette théorie se réduit aux propositions suivantes :
Il y a lieu de distinguer deux catégories d'idées, les idées vagues (idées subjectives et de relation) et les idées précises (idées objectives, complètes et significatives par elles-mêmes). Conformément à l'usage général des langues européennes, les premières seront représentées par des Motules (mots courts), les secondes par des Granmots (mots longs).
Chacune de ces deux catégories comprend quatre classes de mots, qui sont, par ordre de précision et d'objectivité croissante :
i" Les Interjections, simi)le expression des sentiments:
2" Les Mots-cadres, qui expriment les modalités de la pensée : affirmation, négation, interrogation, et les idées générales de relation : ressemblance, contrariété, supériorité, etc. ;
3" Les Connectifs, qui expriment la connexion entre les idées et les jugements (prépositions et conjonctions):
4" Les Désignatifs. qui indi<pient déjà des objets, mais par leur relation à la personne qui parle (pronoms et adjectifs relatifs, interrogatifs, exclamatifs, indéfinis, démonstratifs, possessifs, personnels). Les pronoms pei*sonnels forment la transition logi- ([ue des idées vagues aux idées précises, des Motules aux Granmots;