Prononciation : dch, dj, ou simplement ch
5° Les Noms et Nombres, représentant des idées objectives et précises, soit de classes d'objets, soit de multitude; G" Les Verbes, qui expriment l'action des objets; 7° Les Attributifs, qui expriment les qualités des objets (adjectifs qualificatifs, participes);
8° Les Modificalifs, qui expriment la manière d'être des ol)jets (adverbes qualificatifs, gérondifs).
En vertu de la 3" règle-base, chacune de ces classes de mots se distinguera par son aspect (à l'œil et à l'oreille), c'est-à-dire par sa longueur et par sa forme. Et d'abord, les Motules ont 3 lettres au plus, et s'ils ont 3 lettres, ils sont terminés par une voyelle: les Granmots ont 3 lettres au moins, et s'ils ont 3 lettres, ils sont terminés par une consonne.
Les Interjections se composent d'une seule voyelle, simple ou répétée.
Les Mots-cadres sont formés, soit de 2 voyelles dissemblables ( vv), soit de 2 ou 3 lettres dont la dernière, seule voyelle, est u (eu, ccu).
Les Connectifs sont caractérisés par la présence des voyelles i et o. Les Désignatifs, par la présence des voyelles a et e. Les Noms et Nombres (en général d'une syllabe, rarement de deux) commencent et finissent par une consonne, la finale n'étant ni d ni q (cvc, ccvc, cvcc, ecvcc). Les noms servent de radicaux aux mots des classes suivantes.
Les Verbes sont formés par l'adjonction d'une voyelle (a, e, i, o) à un radical (nom). Ils ont donc deux syllabes (4 lettres) au moins, et se terminent par une voyelle.
Les Attributifs sont formés par l'adjonction de -d à une forme verbale. Ils ont donc deux syllabes (5 lettres) au moins, et se terminent par un -d.
Les Modificatifs sont formés par l'adjonction de q à une forme verbale. Ils ont donc deux syllabes (o lettres) au moins, et se terminent par un q*.
De ces règles de structure dérivent des règles permettant de reconnaître à première vue (ou à première audition) la classe de chaque mot.
Elles ont pour conséquence nécessaire ce principe, que les
1. On remarquera que les Motules sont distingués par la sonorité, et les Granmots par la terminaison.
nOLLACK : LA LANGUE BLEUE 213
classes do mots sont « inconiniulablcs » : un mot de l'une ne peut jamais remplacer un mot dune autre.
Les aspects définis ci-dessus sont ceux des mots « à l'état naturel »: nous allons voir ce qu'ils deviennent t à l'élat loiiuel », c'est-à-dire par suite des diverses variations grammaticales (flexions). Mais auparavant, il faut savoir que M. Bollack a eu l'idée ' de réserver une lettre, la voyelle u, comme outil grammatical, et par suite de lexclure de la formation des radicaux^. Les quatre autres voyelles servent aussi aux flexions, mais sans être exclues des radicaux.
L'article indéfini est an (E.), pluriel : ane. Il n'y a pas d'article défini; il est remplacé par les pronoms démonstratifs, ou par le mot-cadre lu, quand il s'agit d'une désignation précise.
L'ai'ticle se décline, et ses cas indirects ont à la fois le sens défini et le sens indéfini :
Sing.
Plur.
Génitif :
ad, du. d'un;
ade, des, de.
Datif :
■ ail, au, à un;
aie, aux, à des.
L'accusatif ne se distingue pas du nominatif.
Les substantifs ne se déclinent pas. Leurs cas sont marqués par l'article qui les précède. Ex. : feg ad reks. la fille du {(run) roi: et givo al pobr, donne au (à un) pauvre.
Le pluriel est marqué par la finale -u : fegu ade reksu. les filles (tes (de) rois.
Le genre tles substantifs est naturel, l.o féminin se forme en préfixant u- : kvaL cheval, nkval, jument; bov, bœuf ubov. vache: au pluriel : ubovu, vaches.
Toutefois, il y a une trentaine de noms quiontdes formes distinctes pour les deux genres :
per, père, mer, mère.
les, fils, feg, fille.
TBT. frère, sar. sœur.
sir, sor, monsieur, mam, dam, madame =>.
Les noms de nombre cardinaux sont (forme cvc) : nol. 0 ; ven, 1 :
1. Idéo moins originale ([uo no le croit rniitour, car oUo so trouve déjà dans d'autres projets, notanunenl dans la langue de Letellier, qui réservait toute une série de lettres grammaticales.
2. Excepté de 4") mots-cadres, où elle est la finale (ou. ccu).
3. Voir Lib. 2, p. 45. Voir aux mots dérivés le féminin de silualion.
dov, 2 ; ter. .*i; far, 4; kel, o; gab, 0; qep, 7: lok, 8; nif, 0; dis, 10; diven, 11 ; didov, 12;.... dovis, 20; teris, 30: nifis, 90; (ven) son, 100; dovson, 200;... mel, 1.000; mlon, un million; mlar, un milliard (mille millions).
Les nombres cardinaux prennent le signe du pluriel (-u) : 1» quand ils sont pris comme substantifs; 2« pour indiquer l'heure : teru dis, 3 heures 10.
Les nombres ordinaux dérivent des cardinaux au moyen du suffixe -em : dovem, deuxième.
Leur pluriel se forme en -u ; venemu, les premiers.
Les nombres multiplicatifs se forment de môme au moyen du suffixe -ip : terip, triple.
Les nombres fractionnaires se forment au moyen du suffixe -om : farom, [le) quart.
Les nombres de fois, au moyen du suffixe -oit : nifolt, neuf fois.
Les nombres d'espèces, au moyen du suffixe -erl : qeperl, de sept sortes.
Les nombres substantifs (collectifs) au moyen du suffixe -am : lokam, huitaine.
Les pronoms personnels sont au nombre de 12 (6 personnes distinctes), caractérisés par autant de consonnes. différentes :
1" pers. 2* pers. 2' pers. 3* pcrs. 3" pers. 3' pors.
familière respectueuse inasc. fém. neutre
Sing. me te ve se le qe
Plur. ne pe ge be fe de
Tel est du moins leur nominatif, car ils se déclinent. Ils deviennent à Vaccusatif :
ma, ta, va, sa, la,
au datif :
ama, ata, ava, asa,
au génitif-ablatif :
ema, eta, eva, esa,
au vocatif :
em, et, ev, es,
Les pronoms emphatiques (moi-même, etc.) sont : eme, ete, eve, ese,.... Ils se déclinent au moyen des particules ad et al. Les pronoms possessifs correspondants sont, au singulier :
mea, tea, vea, sea, lea,
et au pluriel :
mae, tae, vae, sae, lae,
Les pronoms relatifs sont caractérisés par la consonne r : ra sing. : re pliir.
Les pronoms mlerrofjalijs-exclamalifs sont caractérisés par la consonne k : ka sing. ; ke plur.
Les uns <it les autres se déclinent comme les pronoms personnels (excepté que l'accusatif est semblable au nominatif).
Les pronoms démonslralifs sont : aq, ce, celui; ag, celui-ci, at, celuilà; nu pluriel : aqe, âge, afe.
Comme les précédents, ils ne varient pas en genre. Ils se déclinent au moyen des particules ad et al (au sing.), ade, aie (au plur.).
Pour une désignation précise (d'un objet individuel), on emploie le mot-cadre lu : qo lu man, voilà l'homme (en question).
Les principaux proAio/ns indéfinis ( formes vc ou <*cv) sont : ab, tel; am, /<• màne; ap, quelconque; as. certain; at, tout; av, autre; sta, on; spa. chaque, chacun; ske, plusieurs; kla, quelqu'un; mra, personne; tle, tous: pna, rien. Les premiers forment leur pluriel en ajoutant un -e; les seconds, en changeant -a en -e.
11 y a deux désignatifs généraux ou indéterminés : ea sing. ; ae, plur.
Les verbes sont invariables en personne : la personne est indiquée par le nom ou le pronom sujet qui précède.
Ils ont quatre temps : l'éternel, \e présent, \o passé et \o futur, caractérisés respectivement par les quatre voyelles i, o, e, a, qui, ajoutées au radical verbal (nom), forment les infinitifs correspondants. Ex. : lov {amour) engendre les quatre infinitifs du verbe aimer :
lovi, aimer (toujours).
lovo, aimer (présentement), love, avoir aimé.
lova, devoir aimer.
De l'infinitif dérivent les autres modes, sans altération de la forme verbale :
L'indicatif est l'infinitif précédé d'un pronom personnel au nominatif (^ou du nom sujet).
L'exclamatif (comprenant Vimpératif) est Vinfinitif précédé d'un pronom personnel au vocatif : et lovo, aime!
Le subjonctif es\ l'indicatif précédé du mot-cadre de subordination (conjonction) ku.
Il n'y a pas de condilionnel ; il est remplacé par l'indicatif présent ou futur.
Les quatre temps principaux donnent naissance à des temps secondaires (antérieurs) au moyen du préfixe u- : cela donne au total 8 temps, qui sont, pour l'indicatif :
Éternel : me lovi, faime (toujours).
Imparfait : me ulovi, j'aimais.
Présent : me lovo, j'aime (à présent).
Parfait : me ulovo, j'ai aimé.
Passé défini : me love, j'aimai. Plus-que-parfait: me ulove, j'avais aimé. Futur : me lova, j'aimerai.
Futur antérieur : me ulova. j'aurai aimé.
La voix passive dérive de la voix active par l'intercalation de la voyelle-outil u entre le radical verbal et la voyelle finale :/
me lovui, je suis aimé (toujours). ■
me lovuo, je suis aimé (à présent).
La voix réjléchie se forme au moyen du mot-cadre su (pronom réfléchi de toutes personnes) placé entre le sujet (pronom) et le verbe : me su lovo, je m'aime ; te su lovo, tu t'aimes, etc.
V interrogation est marquée par le mot-cadre du (E. do) placé devant le verbe (sans changer l'ordre invariable des mots) : te du lovo? aimes-tu?
La négation est marquée par le mot-cadre nu placé devant le verbe : te nu lovo, tu n'aimes pas.
Ce mot se combine avec les particules ku, su, du pour former les particules knu, snu, tnu. Ex. :
knu te lovo, que tu n'aimes pas.
me snu lovo, je ne m'aime pas.
te tnu lovo? n'aimes- tu pas?
me du snu lovo ? est-ce que je ne m'aime pas ?
Les verbes impersonnels se forment avec le pronom de la 3® pers. sing. neutre : qeplovo, il pleut; qe belto, il fait beau; qe malto, il fait laid.
11 convient de rattacher à la conjugaison 8 mots-cadres qui servent d'auxiliaires et expriment les idées de modalité suivantes :
oa commencer de.
eo finir de.
ia vouloir.
BOLLACK
ai
désirer, aimer (à).
oe
devoir.
ei
pouvoir.
le
fréquemment.
ao
rarement.
Les Attributifs comprennent les adjectifs qualificatifs et les participes. Les premiers ont tous la terminaison caractéristique -éd. Ex. : boned = bon (bon signifiant bonté);yiked = méchant.
Les seconds ont les terminaisons ad, ed, id, od, qui signifient respectivement : -id, le participe éternel actif, -od, le participe présent actif.
-ed, le participe présent passif, -ad, le participe futur passif (avec idée de possibilité ou de dignité).
Ex. : lovod, aimant (à présent); lovid, aimant (habituellement : un enfant aimant) ; loved, aimé ; lovad, aimable.
Les Attributifs ne subissent pas d'autre variation que les degrés de comparaison (voir plus bas).
Les Modificatifs ne diffèrent des Attributifs que i)ar le changement du -d en -q. Ceux qui dérivent des adjectifs ont le sens d'adverbes de qualité ou de manière .boneq, avec bonté. Ceux qui dérivent dos participes ont le sens du gérondif : loviq, lovoq, en aimant; loveq, avec amour; lovaq, aimablement.
Quelques Modificatifs dérivent directement d'un substantif. Ex. : releq. par chemin de fer {do rel).
Enfui certains Modificatifs ne sont pas dérivés : ce sont les adverbes primitifs ou simples (monosyllabes de 4 lettres au plus), comme ' : geq (D. gestern), hier; daq (E. day), aujourd'hui; morq (D. morgen), demain; toq, tôt; tarq, tard; steq (D. stets), toujours: moq, surtout; maq, beaucoup (E. much); pliq, p/us; leq, moins (E. less). Oui se dit si; non, no.
Les degrés de comparaison des Attributifs et des Modificatifs se forment par la Règle de la Marguerite, qui consiste à employer les voyelles a, e, i, o, comme préfixes indiquant le degré. Ex. : aloved = le moins aimé.
oloved = moins aimé.
eloved = plus aimé.
iloved =: le plus aimé.