‹ Histoire de la langue universelleChapitre 123 sur 296 · Lib. I, p · texte numérisé non relu

Lib. I, p

3. Lib. 8, p. 76. L'auteur fait remarquer la concision de sa langue, qui emploie 58 mots et 177 lettres là où le français emploie 63 mots et 289 lettres.

4. Traduction de ces vers de Racine (Athalie, acte I, scène i) :

Celui qui met un frein à la fureur des flots, Sait aussi des méchants arrêter les complots.

(Lib. 2, p. 58; lib. 7, p. 113.)

Critique.

On no peut refuser de souscrire à l'éloge que lauleur de la Langue bleue décerne à son œuvre par cette étymologie fantaisiste : bol = ingéniosité, -ak = fait avec: donc : bolak = Jait avec ingéniosiléK Mais cette ingéniosité parfois excessive aboutit trop souvent à des règles compliquées ou à des formations aussi ailiilraires que celle que nous venons de citer. On peut reconnaître que sa théorie du langage a une grande part de vérité; mais elle n'a pas pour résultat pratique de simplifier la grammaire, tout au contraii'e.

In premier défaut de cette grammaire est l'absence d'article défini. S'il y a un article dont on puisse se passer, c'est l'article indéliui, et non l'arlicle défini. L'auteur l'a si bien senti qu'il a rélal)li celui-ci, confondu avec l'article indéfini, aux cas indirects'; ce qui est une inconséquence logique.

Un autre défaut grave est la pluralité des déclinaisons. Les noms ont une déclinaison analytique et un pluriel en -u: les pronoms personnels ont une déclinaison synthétique: les pronoms relatifs, interrogatifs, etc., ont une autre déclinaison synthétique, et l'article une autre encore. De plus, certains pronoms (et l'article) lorment leur pluriel en ajoutant -e au singulier; d'autres, en changeant l'-a du singulier en -e: d'autres encore, en changeant ea en ae ^. Ce sont là des complications inutiles, faites pour embrouiller et dérouter le novice. Ajoutons que le nominatif et l'accusatif se confondent dans les pronoms relatifs, c'est-àdire là où justement il est le plus utile de les distinguer.

La conjugaison n'est pas non plus îi l'abri de toute critique. La formation des temps secondaires au moyen du préfixe u, et surtout celle du passif au moyen du suffixe u est arbitraire, et ne les distingue i)as suffisamment, soit à l'oeil, soit à l'oreille.

En général, du reste, l'idée de faire de la voyelle u un outil grammatical est malencontreuse : cet outil-omnibus a des rôles très divers suivant qu'il est au commencement, à la fin ou au milieu

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