‹ Histoire de la langue universelleChapitre 127 sur 296 · Lib. 4, p · texte numérisé non relu

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nuMits. Enfin M. Hollack dit, pour justifier son dédain dos mots iiitornationaux : (^n'inipoile que tel mot soit commun à plusieurs nations? Pour quelqu'un qui ne sait que sa langue nationale, il est indifférent que ce mot se trouve dans une ou plusieurs langues étrangères, puisqu'il les ignore. Sans doute, répondra-t-on; mais il ne lui est pas indifférent qu'il se trouve ou non dans la sienne; or, plus la langue internationale contiendra de mots internationaux, moins elle présentera à chaque nation de mots étrangers et inconnus à apprendre. Il y a donc une nécessité, non seulement logique, mais pratique, à ce que la langue internationale soit fondée sur le vocabulaire in/er/ja/io/ia/, et non sur un lexique arbitraire et fantaisiste comme celui du Bolak.

Dans la formation des termes scientifiques, l'auteur ne tient naturellement aucun compte de l'étymologie : krob = microbe; gelg ^ gêolo(jie: gekv =: géographie: gemv = géométrie. Mais il ne cherche pas davantage, on le voit, à composer des mots analogues, c'est-à-dire ayant une étymologie semblable dans sa langue.

En général, l'auteur affiche un souverain mépris, non seulement de l'étymologie, mais de l'affinité ou de la (iliation logique des idées. Sans doute, il est bon de distinguer les sens d'un mot <(nand ils sont si difTérents qu'ils constituent une sorte de caleml)our (Ex. : action, charme, équipage, mousse, etc.). Mais il est <>xcessif de représenter par des mots absolument différents des s(>ns voisins ou dérivais les uns des autres {accent, accord) ou mémo diverses espèces d'un même genre : lor = or (métal): golt =:or (monnaie): chapeau, chemise (d'homme, de femme, de nuit): fcrt/(pid)li('. masqué): bois(h brûler, tle construction»: ba'ii/( animal, viande : bov, bif): cochon (animal, viande : pig, pork). Bien plus : l'auteur ne cherche nullement à dériver les uns des autres, ou à rajtprocher par la forme, des mois qui expriment des idées connexes ou dérivées. Ainsi : paks = paix, skalm =^ apaisement; klerk =: clergé, frar = étal ecclésiastique, frok = cléricalisme ; rar = frère, frat =: fraternité (frer = compagnon, fradr ^= solidarité): vern =r hiver, snemv = hivernage: lart = art. tist = artiste^, etc. De même pour les mots composés : kart = carte à jouer: kert = carte de visite: psarl = carte postale (alors que tout Européen comprendrait : post-kart).

1. Cotlo dornièro singularitt"' est d'autant plus t'ionnanto <|ut> lo Bolak possède k' sufll.xo -ist. Cola fait donc deux racines à apprendre au lieu d'une.

Toutefois, l'auteur permet de former un mot composé ou dérivé, quand le mot simple manque ou est oublié. Par exemple, on pourra dire kotil au lieu de mesr (couteau) et kotilet au lieu de knif {canif y. Mais si cela dispense de connaître le mot simple quand on veut s'en servir soi-même, cela ne dispense pas de le connaître quand on l'entend ou le lit; et par conséquent cela fait deux mots à apprendre, au lieu d'un. Toutes les critiques que l'auteur adresse aux langues agglutinantes, auxquelles il reproche « d'imposer à l'esprit le travail incessant de décomposition et de recomposition de toutes les notions », retombent ainsi sur le Bolak lui-même, d'autant plus que son dictionnaire ne donne que les racines simples, et non les dérivés et les composés que chacun peut en former facultativement. Il vaudrait mieux que ces dérivés et composés fussent formés une fois pour toutes et inscrits dans le dictionnaire, où iraient les chercher ceux qui n'auraient pas l'esprit assez inventif pour les former d'euxmêmes.

Enfin, bien que l'harmonie ne soit qu'une qualité accessoire d'une L. I., et bien que le Bolak décline toute prétention littéraire, il faut avouer qu'il manque par trop d'euphonie; on a pu en juger par tous les exemples que nous avons cités. Cela vient de la forme de syllabe close que l'auteur donne systématiquement à ses radicaux; ce sont des monosyllabes durs et rocailleux qui s'entrechoquent par leurs consonnes*. Sans doute, l'auteur allègue que les voyelles qui servent de flexions jouent le rôle de tampons entre ces monosyllabes; mais ces flexions ne sont pas assez fréquentes pour adoucir la prononciation (seuls les substantifs au pluriel et les verbes se terminent par une voyelle^).

La rigidité de la construction est une gêne et une pauvreté ; vme gêne, parce qu'elle empêcherait toute traduction exacte d'une phrase tant soit peu compliquée ; une pauvreté, parce qu'elle empêcherait de former une telle phrase, c'est-à-dire d'exprimer des pensées un peu complexes et délicates. Aussi l'auteur recom-

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