‹ Histoire de la langue universelleChapitre 14 sur 296 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

des qualités intrinsèques de la langue à choisir. Sans doute, il n'est pas indifférent que la langue adoptée soit plus ou moins simple, facile, logique et régulière; mais avant tout, il importe qu'elle soit unique, et cotte qualité primordiale ne peut être garantie et maintenue que par une entente internationale et une sanction officielle.

Est-ce à dire qu'il convienne de s'adresser (directement) aux gouvernements des nations européennes et américaines, comme le proposent quelques-uns, pour qu'ils adoptent une langue internationale par une convention diplomatique? Mais d'abord, ni les politiques ni les déplomates ne sont compétents pour choisir la L. I. : ils ne pourraient que s'en remettre, soit à une Commission scientifique internationale nommée flrf^oc, soit plutôt ù V Association internationale des Académies, créée tout exprès pour résoudre les questions scientifiques d'un intérêt international '. Dès lors, n'est-il pas plus simple que les intéressés s'adressent directement à celle-ci par la voie des Académies nationales, au lieu de passer par l'intermédiaire des gouvernements?

De plus, les gouvernements ne peuvent pas prendre l'initiative d'une telle innovation; ils attendraient, et avec raison, qu'ils y soient invités et presque obligés par l'opinion publique. Or qui est mieux qualifié pour représenter cette opinion pubhque que les Sociétés scientifiques et professionnelles de tout genre, dont la Délégation centralise les vœux*, et que les Académies, auxquelles elle se charge de les transmettre? Le jour où il sera temps de demander aux États un appui et une sanction officielle ^ qui le pourra plus efficacement que ces mômes Académies? Enfin, la sagesse des nations nous enseigne qu'il vaut toujours mieux « faire ses affaires soi-même » : « Aide-toi, le ciel (ou l'État) t'aidera » ; etc. On a dénoncé cent fois la superstition de l'État-Providence,

1. De mémo que, toutes les fois qu'il s'agit de prendre des mesures d'hygicne les gouvernements consultent les Académies compétentes.

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