I. Cr. VEsperanto
2. Cet -on correspond à la désinence neutre -tim (L.) ou -on (G.).
debitorib. Non duca mas in tentation, sed libéra mas lis malot (ou : ab le malot).
Critique.
Ce projet est intéressant et bien étudié. Mais sa grannnaire est encore trop compliquée. D'une part, la déclinaison de l'article fait double emploi avec celle du substantif: dautre part, la variation du verbe suivant les personnes fait double emploi avec les pronoms. La déclinaison et la conjugaison font un effort louable pour se rapprocher des langues connues, du latin surtout: mais les désinences des cas sont peu harmonieuses et manquent d'homogénéité, tandis que les désinences personnelles ont troj) de symétrie et d'uniformité. Malgré la tendance a posteriori de l'ensemble du projet, la méthode a priori y a une part excessive, d'abord dans les caractéristiques des temps (3, e, i, 0, u), ensuite dans la construction des pronoms et adverbes démonstratifs et autres. La synta.xe est également trop compliquée, et inutilement, comme le montrent les exemples où le même verbe est à l'indicatif en français et au subjonctif en allemand, ou inversement. En revanche, elle offre certains avantages de souplesse et de brièveté (grâce à l'accusatif et aux trois temps du participe).
Dans le vocabulaire, les mots latins sont trop souvent déformés par suite du manque de lettres, ou par certaines tendances a priori assez peu conformes à l'esprit du système. Ex. : libiv := libre (cf. libéral, liberan, liberalitât, libertât); patrut := patrie (cf. patriv = de la patrie, adjectif).
D'autre part, malgré le petit nombre des suffixes caractéristiques, les auteurs admettent beaucoup de radicaux qui se terminent comme ces suffixes, ce cjui est fait pour induire en erreur; notamment, il y a beaucoup de noms terminés en -an et -on, comme des infinitifs : vétéran, gortulan (jardinier), guman (hiimain): gomon, coron {couronne), curon {soin), laton {côté), turbon {tourbillon), girundon {hirondelle), imagon, altitudon (et tous les mots latins en -itudo), materion, latron, brigand (cf. latran, aboyer).
De même, il y a une foule de mots qui ont l'air de dérivés, et \ qui n'en sont pas. Ex. : indig= indigne, indigan=: avoir besoin de; l ir =: colère, iran = aller: jur = droit, juran = jurer: juv ^=^ jeune (juven = jeune homme), juvan = aider: leg = loi, legan = lire: nub
= miaye, nuban = se marier: vest = ouest, vestan ^= l'clir ivestit = vêtement, \.. reslis).
Kn revanche, il y a des mots qui ne dérivent pas (régulièrement) (le ceux dont ils devraient dériver : gomon = homme, guman = humain: niv = neige, ningan = neiger; div = dieu, dean = déesse; matelot, notor et nofrag ne dérivent pas de nav = navire. De pir = poirier d('*rive piron = poire: mais malon = pomme ne dérive pas de mal, et si vin signifie la vigne, vinon ne désigne pas le raisin (son fruit), mais le vin. Cette même finale -on sert encore ù distinguer (assez ingénieusement d'ailleurs) des mots dont les radicaux se confondraient : sal = sel et salon: ov = brebis (L. ovis) et ovon = u'u/(L. ovum); or = bouche (L. oris), oron =^or (L. aurum), orel = oreille (L. auris)K Knfin les auteurs admettent des homonymes qui ne se distinguent que par la quantité, couime les pronoms possessifs son et san (brefs) et les verbes son et san (longs). Kt il ari'ive qu'un même mol ait plusieurs sens, comme gumanitat = humanité.