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CHAPITRE VU

STEINER : PASILIXGUA^

La Pasilinguo, inventée en 1885 par Paul Steiner, professeur de gymnase à ZaJjern (Saverne), se présente comme l'antipode du Volapiik et le représentant de la méthode a posteriori. L'auteur veut, autant que possible, ne rien inventer (arbitrairement), mais tout emprunter aux langues naturelles, la grammaire comme le vocabulaire. Il se propose d'imiter ces langues artificielles de formation spontanée, la lingua franca, le pidgin-english et le chinook, qui sont nées naturellement du besoin de mutuelle compréhension. 11 ne vise pas ambitieusement toute l'humanité, comme le Volapiik: il prend pour base les langues européennes, plus spécialement les idiomes germaniques et romans, et parmi ceux-ci les trois principaux : anglais, allemand et français, qu'il considère comme les représentants de tous les autres (en y joignant subsidiairement le latin). Le vocabulaire devra se composer des radicaux communs à plusieurs langues, au moins à deux des trois langues fondamentales. En cas de divergence complète entre les trois langues, on aura recours au latin. Pour déterminer la forme internationale des radicaux adoptés, on

1. Elementargrammatik nebst Uebungstiicken ztir Gemein- oder Weltspraclie (Pasilingua), von P. Steiner. 80 p. in-10 (Neu%vicd, Heuser, 1885).

— liîirzf/efasstes Deutsch-Pasilinqua-Worterbuch mit Regeln der Wovtbildung und Wortbiegung, von P. Steiner. 88 p. in-lC (ibid., 1887). -^ Ei?ie Gemein- oder Weltsprache, Vortrag gehalten von P. Steiner (ibid., 1883).

— Drei Wellsprache-Systeme : Pasilingua, Volapiik, La lingvo inteniacia, von P. Steiner. 30 p. 8'^ [ibid., 1889). — Pasilingua contra Volapiik, von einem Frounde der Pasilingua : Dr. Félix Lenz. 15 p. 8° [ibid., 1887). — Zur Universnl-Sprache, krilische Studie iiber Volapiik und Pasilingua, von Hans MosER. 32 p. 8° {ibid., 1887). — Grundriss einer Geschichte der WeZ/sprache, von Hans Moser. 70 p. 8° (ibid., 1888). — Die Weltsprache, von H. MosER, ap. Sammlung gemeinnïdziger Vortriige, n" 130 (Prag, 1888).

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suivra le grapliisino et non pas le phoii«''lismo: la pronoiirialiori sera confornic à rorlhographe, Los radicaux seront absolument invariables. On y accolera des flexions grammaticales et des allixes de di^rivation qui seront, eux aussi, enipruntt'-s aux lanpues aryennes (vivantes ou mortes), et non arbitraires. Ainsi la Pasiliiujiin sera constituée presque entièrement d'éléments connus, v[ sera par suite plus facile qu'aucune langue nalui-elle. Kn particulier, quiconciue saura l'une des trois langues londamentales connaîtra d'avance les deux tiers environ des mots'; on pourra ainsi se servir de cette langue même avec les étrangers qui ne la connaîtront pas.

Pour mettre en relief cette dernière propriété, l'auteur pr<> pose d'applicpier sa grammaire neutre* aux radicaux de clia<pie laMi,Mi(\ et montre qu'il suffirait alors de chercher ces radicaux dans !<> dictionnaire de la langue employée pour pouvoir comprendre ou composer un texte. Celte projjosition, émise à titre d'essai, a induit en erreur certains critiques : ils ont cru que la Pasiliiujun consistait uniquement dans une grammaire universelle qu'on devrait appliquer à toutes les langues nationales'. Mais ce n'était \h tout au plus qu'un expédient provisoire, en attendant l'élaboration du lexique propre à la Pasilingua. Tout au contraire, l'auteur déclare que le vocabulaire est de beaucoup la partie la plus importante d'une langue, atfentlu qu'on peut à la rigueur se passer de grammaire, mais non pas de mots. Seulement, le vocabulaire ne sera pas artificiel et arbitraire comme celui du Volaptik : puisé dans les principales langues européennes, il sera vivant comme elles; il s'enrichira de tous les néologismes, déjà internationaux, du reste, rendus nécessaires par le progrés des sciences et de la civilisation. La langue sera donc susceptible d'un développement et d'une évolution indéfinie: un comité iiitenialional sera chargé de sanctionner les innovations et de conserver à la langue son unité et sa régularité, en éditant périodiquement la grammaire et le vocabulaire.

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