C'est en somme le superlatif absolu
CouTCHAT et Leal. — langue univ.
Critique.
La Pasilingua a le mérite d'être le premier système qu'on ait fondé expressément sur le principe de l'internationalité « européenne ». Mais, dans l'application, l'auteur a restreint à l'excès la base de son vocabulaire en excluant d'avance les langues slaves, d'une part ', et les langues italienne et espagnole, d'autre part, ce qui a pour effet de diminuer la part légitime du latin : car le français est seul à représenter les langues romanes en face de l'anglais et de l'allemand, et d'un autre côté les mots communs aux langues slaves et aux autres langues européennes sont pour la plupart d'origine latine ou grecque. De plus, c'est une erreur linguistique que de prendre pour base le vocabulaire anglais, attendu qu'il n'est pas primitif, et que les racines y sont plus ou moins déformées; il vaut mieux prendre les racines romanes sous leur forme latine, et les racines germaniques sous leur forme allemande. Ainsi, le fait môme que l'anglais est une langue mixte (romano-germanique), loin de lui donner la prééminence que Tauteur lui attribue, doit le faire écarter comme source de radicaux 2. Ce n'est là d'ailleurs qu'une question de mesure et de proportion: il reste vrai que la L. I. doit, pour être vraiment internationale, être un idiome romano-germanique.
Malheureusement, l'auteur n'a pas su choisir, d'après des règles générales et fixes, entre les deux familles de radicaux qui s'offraient à lui, et il s'est trop souvent contenté d'adopter à la fois les deux radicaux, germanique et roman, ce qui détruit l'unité de la langue. Les exemples de ces doublets sont innombrables: bornons-nous à citer les plus caractéristiques : bono = guto Deo = Gotto
malo =ûbelo tomba =graba
anima =- seela cola = himila {ciel)
1. Pour des raisons politiques de « slavophobie » qu'on ne saurait approuver, et qui en tout cas sont contraires à la neutralité essentielle de la L. I.
2. Nous en dirions autant du français, considéré comme représentant des langues romanes; les racines latines sont plus pures en italien ou en espagnol. Nous ne voulons pas dire que la L. I. ne doit pas contenir beaucouj) de radicaux anglais, mais «[u'elle doit employer ces radicaux sous leur forme originale, et par là même la plus internationale.