‹ Histoire de la langue universelleChapitre 152 sur 296 · STEINER · texte numérisé non relu

STEINER

PASILINGUA

lingua

spracha

eglisa -

kirchara

vocabola

worta

rego —

kingo

contrea

landa

lumina :=

: lichta

mensu

monatu

carbona

kohla

malado

sicko

petite

littlo

caro

theuro

nudo

naketo

àmir

liebir

esperir

hoffir

abordir

landir

vivir

lebir

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arrivir

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- kaum

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— einstis

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fastis

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— morgenu

saepe =

- oftis.

L'auteur n'a même pas pu se décider pour une particule d'affirmation : il admet à la fois : ja, jes cl oui. On ne peut pas être plus éclectique.

D'ailleurs, les radicaux germaniques prennent un aspect barofjue ou méconnaissable avec les désinences lalines dont on les alïuble : einstweilis (— interdum . zeitis — tempis, perhapsi8 = vielleichtis ^ fortassis : gernis. genugis. gesternis. alreadis. heutis, vormalis, wiedermalis, niemalis. ingleichenis. otherweisis, etc.

On reniar(|iiera que lauteur n'a pas suriisaninuMit pensé à la prononciation, en calquant l'orthojifraphe nationale des mots'; que deviendront, pour des oreilles allemandes ou anglaises, les mots (jue nous venons de citer, si on les prononce tels qu'ils sont écrits? De nuMne les mots allemands : fleisha {viande), eidu {serment), breito (large), leuchtir [éclairer), feura /eu\ freundo (ami): aussi bien que les mots français : tailliro, écailla, bouteilla. perroqueto. Kn général, l'alphabet est inutilemenl conq»li(|ué: ceilaines lettres font double emploi (à, è: i. y: k. q . et cerinins

I. Bien qu'il formule ceUe rt'ple judicieuse, qu'on devra préférer la forme |i»<ur laquelle l'orthoprnphe et la prononciation sont les plus voisines.

sons Simples y sont traduits par des combinaisons de lettres, de sorte que la prononciation ne peut pas être conforme à l'orthographe. L"auteur a emprunté aux langues naturelles des combinaisons de lettres qui devraient être bannies d'une langue internationale, comme la diphtongue française ou, les diphtongues allemandes ei, eu, ie (i long), ee {e long : seea, meera), et les consonnes : qu, ck, ch, sh, sch, th, ph.

En revanche, il a dénature certains autres mots pour leur donner une orthographe phonétique (plus ou moins exacte), comme : curroa {courroie), shûrir (jurer), shanshir (changer), ashiu {âge) , anrashir (enrager) , shoayu (joie) , annuiu (ennui) , shuir, shuissir (jouir).

Malgré la dualité d'origine des radicaux, on en trouve quelques-uns qui ont deux sens. Ex. : weiso = sage (D. weise) et hlanc (D. weiss); griso = gris et vieillard (D. greis).

La formation des dérivés manque de régularité : ainsi brauiru (brasserie) ne vient pas de biera (bière), ni akracûltiru (agriculture) de akera (champ). De même, musiçiro (musicien) ne vient de musicu (musiciue), et vocabàlaria (vocabulaire) de vocabola (mot) que par une altération du radical. Certains composés sont bizarres : currirtrànu = train express (D. eilzug) ; ou barbares : unaufalteris == l'un sur l'autre. Là comme ailleurs, l'auteur hésite entre les deux familles de radicaux; il admet à la fois suspensaponta et hangbrucka (pont suspendu).

Eu outre, il abuse des désinences péjoratives : adulteriul, coquinil, poltronil, assassinai, fraudiul, egoismul, bankerotul, hypocrisil, etc. Elles sont inutiles dans tous ces mots, dont le sens est déjà suffisamment appréciatif; on ne doit logiquement employer ces désinences que pour rendre péjoratif un mot cjui ne l'est pas par lui-même *. A plus forte raison est-il inutile de les accoler à des noms d'animaux ou de choses qui n'en peuvent mais : crapodil, cabinetal, bossai, decombral, dornal (épine), gràssal (graisse), syringal (seringue), ou qui ne méritent pas le mépris que l'auteur croit devoir leur témoigner : boutiqual, biivardial, habresacal, pennyal (penny), droshkal (fiacre), vaporal. Enfin il n'est pas permis de donner à des mots indifférents un sens péjoratif qui n'exprime qu'une opinion personnelle : ambitiosil, celibateril.

En somme, l'auteur n'a pas su trouver une méthode régulière

I. Exemple : devotardo ou bigoto = bigot; mais bigotil est superflu.

STEINEit : PASILINGUA 293

et oulonome pour la formation des mots : c'est pourquoi il lu arrive d'arcoler des nfMxes germaniques à des radicaux latms, eoninie dans verlocar et erlocar (donner, prendre en location), ou <l'einpninter aux langues vivantes des dérivés tout faits, comme ancurashar {enrotirmjer).

Si le v<Kal)ulaire <>f l'alphabet pèchent par trop de servilité à l'égard des langues nationales, la grammaire en revanche s'éloigne trop des granunaires modernes, notamment par le syntliétisme de la déclinaison et de la conjugaison. I/auteur aurait (lA adopter parfont la déclinaisoii analytique (piil adiiuM srnlenuMit par exception (de to kingo est plus simple ipie tode kingode). Quant à la conjugaison, il n'aurait drt admettre que les deux v()ix classiques (active et passive), et remplacer les aidres (là où il y a lieu) par des verbes dérivés'. L'actif et le passif eux-mêmes ne sont pas suffisamment distingués par un simple changement de voyelle, et il est |)lus conforme à l'esprit drs langues mo<|ernes de i'oriiU'v analylùjuemenl le passif (au moyen d'un verbe auxiliaire).

Ijiliii la grammaire présente quelques complications inutiles, comme la distinction formelle des genres (et surtout celle du neutre concret et du neutre abstrait), la déclinaison de l'article (d'ailleurs mal choisi, et qu'il vaudrait mieux emprunter au latin qu'au grec): le manque de régularité dans la formation (h-s noms de nombre, des pronoms persoinjels et possessifs: la niarqjte du pluriel dans les verbes, etc.

Tout cela fait de la Pasilàujua une ébauche assez, inroniie, bien inférieure aux projets île HrDEi.i.E et de PniRO. Klle n'en a pas moins eu le mérite de représenter, en face du Volopûk triomphant, le principe des langues a posteriori, et de rouvrir la bonne voie, où d'autres projets allaient bientôt la dépasser.

I. Pnr «woiiipU'. le vorlio dt-rivr (lircrleinonl dt' grand sipniflornil être ifraiid, cl l'on ixiiurail rorinor pnr i'.\omp!e los derivj's : grandeskar ^ devenir grand, grandifikar = rendre grand, comme dons VIdiom neulral.

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