Cart et Pagnier : V Espéranto en dix leçons
T). Ce cas pourrait rentrer dans le T', car le verbe aller est réellement un verbe actif dont le régime direct est le lieu où l'on va. Ne dit-on pas : Caesar pelivit Galliam = César gagna la Gaule?
d' zamenhof : espéranto 3i:i
L'nocnsatif s<'rt onoorc ù ('"vilcr (•crlaiiicst'qnivoquos râcli(>tis4*t> tk's luiigiirs iijilioiialcs. Vav <'x<'iiii)li', crlle phrase : t Je l'écoute mieux qïïevons » pi'ul signifier doux choses : € Je l'écoute mieux (pu» je ne vous écoute », cl : t Je lécoute mieux que vous ne l'écoutez », de sorte qu'on est obligé d'enqiloyer l'une ou l'autre de ces périphrases si Ton veut éviter l'amphibologie. En Esperanlo. on dira, dans le i" cas : < Mi aûskultas lin pli bone ol vin > ac-cusatit'i, et dans le second : « ... pli bone ol vi > moulinât il') «.
.Mais il y a encore d'autres causes d é(piivoque : un adjectif peut jouer le rôle d'épithète ou celui iVnttribul. Connue épithèl»'. il (pialilie ou détermine le nom qu'il accompagne, il l'ait partie de sa signification, ou la complète; connue attribut, il s'ajoute à sa sigiiilicalion. Kn français, on distingue quelquefois ces deux sens par la place tle l'adjectif : J'ai trouvé le bon vin, ou : J'ai trom<é le vin bon. Mais cet e.\pé«lient peu logique et subtil est insuffisant en français et ne peut convenir à une langue internationale*. {.'Espéranto trouve dans l'accusatif un remède utnversel et infaillible à toutes ces équivotpu's : il met l'adjectif épilhète à l'accusatif (comme son substantif), et l'adjectif attribut au nominatif. Exemple : « J'ai trouvé la bouteille cassée. » S'agit-il d'une bouteille cassée qno vous clierchie/. et (pje vous avez trouvée? Dites : « Mi trovis la botelon rompitan. » S'agit-il au contraire d'une bouteille <pie vous avez trouvée cassée? Dites : « Mi trovis la botelon rompita ». Le sens sera clair, quel que soit l'ordre tles mots '.
Le pronom réfléchi si et son possessif sia s'emploient uniquenuMd «piaïul ils se rapportent au sujet de la proposition où ils se trouvent^ (on l'a déjà vu à propos des verbes réfléchis). Ex. : la patro estas kun sia filo kaj siaj amikoj (les amis du père) : mais on dira : liaj amikoj. s'il s'agit des amis du fils. On voit qu'ici encore VEsperanto réussit à éliuler une équivoque fréquente dans nos langues: car on dit en français dans les deux cas : « Le père est avec son fils et ses amis. » Au surplus, VEsperanio est bien
t. C'est p.xnttcmont cp «jui a lion en latin, du moins toutes les fois que l'acrusalir dilItTo du noinirintif.
2. Non plus (|uc les (listinotions di'li«*at(*s : brave homtne et homme brare, galant homme et /lomme galant, etc.
3. On remnrquern qu'ici la syntnxo do YEaperanto so distingue (avec avnntnpo) do la synln.X(> latino, où l'adjectif, épitlièto ou attribut, s'accorde toujours avec le substantif.