‹ Histoire de la langue universelleChapitre 166 sur 296 · THE AMERICAN PHIL080PHICAL SOCIETY 36S · texte numérisé non relu

THE AMERICAN PHIL080PHICAL SOCIETY 36S

fst conforme h la londance jfénérnie de la civilisation moderne à runiv«»i'snlif«^ <*l ù liiniforniitt''; la lan^^uc internationale n'est pas seulenuMit désiralde, t il est eerlain <|u'elle se fera »; mais il il(''pendde nous, «^tres intelligents, au lieu de la laisser se faire iiu hasard, de la faire avec réllexion, conformément aux données (le la science. Le Comité est ainsi conduit à tracer le plan de la lulure L. I. et i\ en formuler les conditions essentielles.

La première condition est que la matière et la forme de la L. 1. doivent être empruntées au fonds aryen, représenté par les six grandes langues européennes, qui sont, par ordre d'importance : E., F., 1)., S., L, H.; et cela, parce que les peuples aryens sont à la tête de la civilisation, et que les langues aryennes en sont le vt'hirule. La L. 1. devra donc se rapprocher le plus possible de (S langues; elle aura par suite l'avantage d'être plus facile à apprendre pour tous les peuples de civilisation aryenne. Le (omité ne voit aucun inconvénient à ce que la future L. L soit composite; il rappelle que les jargons internationaux nés du liesoin Uingaafrnncay pidgin-enylish) sont des langues mixtes; l'anglais lui-même est un t jargon of marked type ». 11 ne faut donc pas craindre tlemprunler les matériaux de la L. I. à diverses tamilles de langues '.

Ce principe posé, le Comité t'-tudie successivement les trois éléments de la langue : la phonétique, la grammaire et le lexique.

Pour la phonétique, il formule les règles suivantes, qui lui paraissent indiscutables :

1 l/orlhographe sera absolument phonétique.

2" Chaque lettre aura toujours le même son.

3» Ce son devra être commun aux langues aryennes principales, et ne présenter aucune tlifliculté aux personnes qui les parlent.

4" Il n'y aura ni diphtongues, ni digraphes *, ni doubles con ■^onnes (autant de sources d'erreurs).

"t° Le sens ne dépemlra jamais du ton, de l'accent, de la quan lité ou des inflexions de la voix. Ces expédients sont insuffisants, et d'ailleurs ils ne sont pas nécessaires.

60 II n'y aura que les cinq voyelles pures : a, e. i. o. u pronon-

1. • This cunsidorntion sliows thnl in ndopting or rrnniinp a univcntal lanpuajro we need not liosimie lo niould it from quite divorse linguistir sou n'es. »

2. Sons simples représenté» par plusieurs lettres (comme ch F. sh E. «cA D.)«

cées comme en Italien); pas de voyelles impures ou infléchies, comme à, ô, ù (D.).

1° Il n'y aura pas de consonnes gutturales aspirées, sifflantes ou nasales, comme le th E. et le chD. '.

8" Les caractères employés seront les lettres latines, tracées d'un seul trait, de façon qu'on n'ait pas à lever la main au milieu d'un mot; par conséquent, pas de signes diacritiques, pas d'accents ni d'apostrophes, pas même de point sur i, j ou de barre à t.

9° Les sons devront être non seulement faciles à prononcer, mais agréables à l'oreille; on évitera les combinaisons de lettres qui éveilleraient dans une des langues principales de fâcheuses associations d'idées -.

lO» On recherchera la brièveté : chaque mot sera réduit à son propre son discriminatif le plus simple, tout en restant sonore et clair.

Pour le lexique, il devra être fondé sur le vocabulaire commun aux six langues principales. Le Comité estime qu'il y a au moins un millier de mots communs aux six langues; on en dégagera aisément la forme originelle, au moyen de lois phonétiques simples; et on les prononcera tels qu'ils seront écrits. A ce noyau du vocabulaire international on adjoindra les termes scientifiques internationaux, qui devront être choisis par des « comités de congrès internationaux, nommés à cet effet ; » puis les termes de commerce et d'affaires, qui sont déjà en grande partie internationaux, et que tout le monde a intérêt à uniformiser complètement. Pour le reste du vocabulaire, il sera élaboré progressivement et à mesure des besoins par les Comités internationaux chargés de constituer la L. I., qui joueront à son égard le rôle que l'Académie française joue (« en théorie du moins ») à l'égard de la langue française.

Reste la grammaire : c'est la partie la plus difficile de lœuvre. Elle devra s'inspirer des grammaires aryennes, en leur empruntant les procédés les plus simples qu'elles offrent.

1. Notons cet hommage rendu à la phonétique espagnole : « Of ail the Aryan languages the pure Castillan Spanish cornes the nearost to such an idéal phoneticism, and it approaches very near indeed ». 11 n'est donc pas étonnant que les langues artificielles les plus parfaites et les plus harmonieuses ressemblent à l'espagnol, ce dont on leur fait parfois un reproche. , 2. Textuellement : « indecorous or'degrading associations ».

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l.«>s jnlK-lts <|*'-fiiii (>| indrliiii sont inutiles, puis<|ti<' le Intin d !«' russe s'en pnssnil.

L'a(ljo«'tif sorn iiivariahle, comme eu nii^lnis, en vertu du prin- I ipede siuiplicilé. I.a «listinelion de l'adjectif el de l'adverbe e»t inutile. !,(«s df^M'és serout iiuliqués par des particules et non par des ilexious.

Dans les substantifs, la distiuttiou du grut-e iarl)itruirc dans les langues naturelles) est inutile. Lp féminin (naturel) sera indiqué |»ar uu nflixe. Peut-être nuîme pourra-t-on se passer de iiiart|ue pour le phiriel.

Pour la déclinaison, on constate que les langues modernes tendent à s'en débarrasser, sans on tirer de conclusion précise. Dans tous les cas, le radical devra toujours rester invariable.

Le Comité estime que, pour plus de simplicité, on peut confondre le pronouï possessif avec le pronom personnel', et même les pronoms relatif et interrogatif avec le pronom démonstratif*.

Le verbe tend, dans les langues modernes, à perdre toutes >«es flexions, et à se réduire à un radical invariable; la personne et le nombre sont suffîfjanuuenl iudiipiés par le sujet; le temps et le mode tendent à s'exprimer par des auxiliaires. Toutefois, le Comité ne croit pas devoir pousser h l'extrême cette tendance analytique; il admet qu'on représente les temps principaux (passé, présent, futur) par des flexions absolument régulières.

On donnera un régime direct à tous les verbes qui ont le sens actif: on distingn(M'a le régiuu^ indirect du régime direct en le pla«:aut après celui-ci^.

Cette simplification de la syntaxe entraîne la suppre>siou df la construction lilire, dont on fait un mérite au grec et au latin, et qui paraît au Comité un avantage douteux. On observera Tordre logique et normal: on mettra le sujet avant le verbe ef

1. Coniiue iMi pelit-n«'grt' : liv li =■ son livre (le livre à lui).

2. A l'<'xem|>le de l'nlloinaïut dev ot de l'nnglnis Ihat. Le Comité oublie mio ce sonl là de vérilnhles ralemlM»urs (comme le que rrnncois), qui sont les sources d'obscurités el dt« confusions innt»mhrnl)les.

3. Kxemple : give spoon chiUl (litt. : donne cuiller enfnnt) pnrnll nussi ilnir au C.omilé ([ue : ()ive lo t/ie child a spoon. Ct'lle simplicitt» de In syntaxe

inirlaise donne lieu, elle aussi, à des «'quivoques. En voici un exemple xtrait du rapport d'Etus (v. p. :t(H). note 3) : - ... tfives Ihe verb Ifie form il iriitst assume... • (litt. : donne le verbe In forme il doit prendre). Toutes les relations des idées sonl sous-enlendues; il fnul les deviner. Celte construction inorganique et amorphe se rapproche tn»p du petit-nepre. Il est dnnjn^ reux de laisser à deviner ou à suppléer, surtout dans une langue étrany^iY.

368 SECTION m, CHAPITRE X

les régimes; le nom avant l'adjectif; le verbe ou l'adjectif avant l'adverbe qui le détermine'.

Le Comité se prononce catégoriquement sur quelques autres questions de grammaire. On n'admettra pas de postpositions 2; on n'indiquera jamais les flexions par le changement des voyelles intérieures du radicaP; on n'emploiera pas les conjonctions comme « suffixes* » ; enfin on ne fabriquera pas de racines toutes nouvelles pour en former des dérivés et composés originaux.

Ces principes théoriques une fois posés, le Comité confronte avec eux les principes du Volapûk, et en déduit, comme on pouvait s'y attendre, une condamnation en règle de cette langue. Les critiques qu'il lui adresse peuvent se résumer en deux propositions : la grammaire du Volapûk est synthétique et complexe, contrairement à la tendance des langues modernes, ce qui lui donne un caractère « non-aryen » ; le vocabulaire est en grande partie factice et non international : 40 pour 100 des mots sont empruntés à l'anglais, mais altérés sans avoir égard aux autres langues; et beaucoup de racines sont toutes nouvelles et arbitrairement formées. En un mot, le Volapûk constitue « un recul dans le progrès linguistique ».

Le Comité concluait, au point de vue pratique, que la L. I. devait être choisie ou créée par « un comité international émané des six ou sept principales nationalités aryennes »; et il proposait à VAmerican Philosophical Society une résolution tendant à t inviter toutes les sociétés savantes du monde à former un comité international pour inventer une langue universelle pour les besoins du commerce, de la correspondance, de la conversation et de la science ». La résolution fut adoptée (6 janvier 1888); elle spécifiait que la future langue devait être « fondée sur la grammaire et le vocabulaire aryens, sous leur forme la plus simple », et proposait la réunion d'un Congrès international à Londres ou à Paris.

1. Ces règles semblent pouvoir se résumer dans le principe : placer le déterminant après le déterminé.

2. C'est-à-dire de prépositions placées après le substantif qu'elles régissent, comme en allemand {vom Anfang an) et en anglais {the house I lire in).

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