‹ Histoire de la langue universelleChapitre 172 sur 296 · LAUDA : KU8M0S · texte numérisé non relu

LAUDA : KU8M0S

«iéiuge, nous voulons dire: au grec archaïque et au nanKcrit. Ces IjiMvrucs n'(»nl «l'iiiténH pour n<»iis qu'autant (|u'eUrs nou.s olTrcnl les ('Iriucnls originaires conununs aux langues vivantes. <'t qu'elles nous aident à les retrouver dans celles-ci. Mois leur tnipiunler des f«>rn»es priniilives (|ui ne se retrouvent dans aucnnt^ langue moderne, c"«'st tin pétlanlisnie areliéo|<>gi<|ue: d'autant que ces formes appartiennent à dos grammoires synthétiques, alors que toutes les langues modernes sont anolyliques. Cette eritiipie s'appli(|ne à la fois aux désinences ver baies ((jui engendrent les pronoms personnels) et à l'article, que l'auteur justifie par des analogies presque préhistoriques.

In autre défaut de ce système est le mélange arbitraire et ehoqnanl de principes a priori et d'éléments a posteriori. Ainsi, à côté de substantifs empruntés littéralement au latin, y compris leur désinence propre (au nominatif), on voit des adjectifs dont le radical, seul intact, estaffiddé de la terminaison postiche -ic. (pii sans doute est grecque et latine, mais à titre de suflixe de dérivation, et non comme suflixe caractéristique de l'adjectif. C'est là un eniprunt malheiu*eux au Volapiik, dont l'auteur blrtme pourtant le caractère arbitraire et factice. De même, il est étrange de voir l'article, tout artiliciel au fond, accolé à des mois latins deveiuis invai-iables. tantôt avant, tant«M après eux. D'ailleurs, cet article n'a, de l'aveu de rauteur, rien de commun avec l'article des langues vivantes : c'est en réalité un aflixe de déclinaison. Or. dune part, il est désirable, et conforme à l'esprit des langues motlernes. de se passer autant <|ue possible de la déclinaison; et, d'autre part, il est difRcile, et contraire à ce ménu> esprit, lie se passer d'un article (au moins de l'article défini . Poiu' toutes ces rai.sons, la grammaire du Kosinos a un caractère étrange et incohérent.

^)uant nu vocabulaire, il est trop facile tle din'ipiOn rempruntera tel quel au latin : il y a des mots latins qui ne sont plus d'aucun usage, et en revanche nous avons besoin d'une foule «le mots qui ne se trouvent pas en latin. L'auteur reconnaît lui même la nécessité de créer des néologismes, et leur impose seulement cette condition, d'éliv conformes au génie «le la langue latine. Reste à savoir si ce « génie » lui-même peut s'accommoder aux besoins de la vie et de la pensée moilernes : c'est une question que nous traiterons à sa place, quand nous aurons à examiner le projet du latin comme langue universelle.

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