Si interrogatif
2. Plutôt, traduit littéralement : plus tôt. .3. Quelqu'un, pour : quelque.
4. (Citons comme exemples d'anglicismes le to inutilement mis devant
I>. IIOINIX : ANGLO-FilANCA 399
Il r>t i-lioquant do voir npiiUqucr dos doxions an^laisoH A des
mois français, siulont pris à l'ôlal lirnl '. Pour siippriiiior oolto
ilispnrnic, il faiulrail. d'uno pari, allrnuor lo curnctôrolrop oxclii-
-ivemonl niiKlais do la Krnminniro, ol ndoptor des flexions plu»
neutres; d'nuln' pari, modilicr los radicaux oin|)riinl('>N niix doux
Innguos vivnulos ol lour ilonuor un aspect plus unirorino ol plus
liarnionioux. Pour mieux dire, il ne faudrait les ouiprunlor ni
a l'auirlnis ni an fran<:ais. on ils so trouvont d«'jà allcr.''s ol
dt'fornu's, mais l(>s uns à l'allomand, ot losautr«>s an lalin. (»ù ils
ont leur forme originale. Cost donc un choix malencontreux que
celui de l'anirlais ot du français comme base du lexique, car ce
sont jusloincnl los doux langues los plus dériv/'es, colles où les
riicinos sont le plus éloign«''es ilc lour origine et do leur purol»».
(^olto alliance do l'anglais ol iln français à I état brut, non
lumlns onsomble, ne donne pas sonloniont à la langue un aspocl
baroipio qui la forait paraître barbare h la fois aux Anglais et
aux Français: elle a une autre conséquence fort grave, qui est
riinpossibilitéti'oblonir une prononciation réguli«''ro et uniforme.
Sans douto. l'anloiir s'osl oITon-ô de rendre la prononciation con-
lormo à l'ôcrituro*, ce ipii l'a entraîne ù surcharger l'alphabet
et à attribuer même deux sons h une même lettre. .Mais maigre
los règles niinidionsos ot compli(|nées (pj'il édicté, rien ne pourra
empêcher los Français, il'une part, ot los .\nglais, dautro part.
do prononcer à leur manière nationale les mots de leur langue.
Or c'est tout le coidraire que l'aulour «lésiro, car il veut, en
somme, «pie l'on prononce les nuds anglais à la française ol los
mots français à l'anglaise. C'est le meilleur moyen de les rendre
méconnaissables respect ivomenl au peuple mémo aiupiel on les
(Muprnnto, et de rendre la langue elle-même inintelligible à tous
los deux. Jamais un Anglais ne comprendra les mots Ihe, each.
Ihrniujh, ii'hether, prononcés i\ la française, ni un Français los
mots <mestiuii, revue, wil, prononcés par un Anglais. Los doux
peuples (cl tous les autres) ne pourront s'entendre que dans une
les innnitirs (Un pouv to demand) et remploi du parliripc (-ing) ou lieu do rintlnitir (without parling...).
1. Il faut loiilcfois nvuiiiT (|iic c'est re «|ui n lieu sflns ce»s>e oo anglai». F,xcmpie, ce titre (lu nu hasard dnn» un journal do Londres) : • llow the
ffair comwenccd -. On dirait de VAnt/lo-Franca!
2. Car la L. I. devant tMre d'atwird et surtout éerito. l'auteur pense qu'on doit reproduire plul(>t le graphisme que le phonétisme des mots nationaux. et par suite conformer celui-ci sur celui-là.
langue autonome, homogène et neutre, où ils retrouveront leurs radicaux, mais transfigurés en quelque sorte par une orthographe phonétique simple et régulière.
Ajoutons que M. Henderson, ne se lassant pas de lutter pour l'idée de la langue internationale, a encore émis deux autres projets de langue artificielle : l'un, la Langue Facile, serait un français simplifié et régularisé ; l'auteur avoue lui-même que « cette mutilation de la belle langue française serait sans doute peu goûtée de la plupart des Anglais qui la connaissent, et serait certainement peu faite pour plaire aux Français * » ; l'autre est le Latinesce, que nous avons résumé à la fin du chapitre précédent. Ces deux projets ne sont que de simples « suggestions », des « ballons d'essai » lancés dans les journaux pour éveiller l'intérêt du public. Enfin, M. IIenderson a publié en 1890-91 un journal {Phœnix seu Nuntias latiniis internationalis) destiné à recommander le latin comme langue internationale ^ Toutes ces tentatives montrent avec quel zèle et quelle persévérance l'auteur s'est efforcé de propager l'idée de la L. I. et de la réaliser sous des formes diverses. Cette diversité même prouve, d'autre part, un désintéressement bien rare chez les auteurs de L. I. : indifférent au succès ou à l'échec de tel ou tel de ses projets, M. Henderson n'a jamais visé qu'un seul l)ut, l'adoption définitive d'une L. I. par une entente internationale. Par cette attitude impartiale et par son esprit pratique, il était un précurseur et un allié prédestiné de la Délégation, et il est devenu en effet un de ses auxiliaires les plus dévoués.
1. Article dans Le Courrier de Londres et de VEurope, il) mai 1889.