Voluminot dérive bien.de voluml
2. Bien entendu, nous n'ipnorons nullement les raison** philologiques et liistoriques qui expliquent et justifient ces Tormations irn-giilières; mais nous n'avons pas à en tenir compte pour apprécier une langue nrtilifielle. qui est par U\ nit^me afTrancliie de toute tradition, et qui doit viser avant tout à In facilit»' de pratique et d'acquisition. Ajoutons que. dans notre pensée, les mêmes criti<|uos s'appliquent au latin et aux langues romanes, considérées comme L. I. possibles (voir le Chapitre final Les langues mortes).
D'" LIPTAY : LANGUE CATHOLIQUE^
« La seule originalité de ce projet est l'exclusion de toute originalité ■», telle est l'épigraphe du livre du D' Liptay; pour lui, la langue universelle ne doit pas être inventée, mais découverte, ce qui veut dire qu'elle existe déjà, au moins implicitement. Passant en revue les projets antérieurs, il leur reproche à tous d'être des créations arbitraires; seul le projet de Julius Lott trouve grâce à ses yeux, parce que, par une rencontre involontaire et imprévue, il ressemble beaucoup à la Langue catholique 2. L'auteur constate qu'il existe déjà un vocabulaire international considérable, composé en grande partie des mots que les langues vivantes ont empruntés au latin et au grec. Il suffit de dégager et d'adopter ce vocabulaire, en lui appliquant une orthographe phonétique et une prononciation internationale. Quant à la grammaire, l'auteur déclare vouloir la supprimer, ce qui est impossible, comme il le reconnaît ensuite; il la réduit au strict minimum, en s'efforçant d'en bannir autant que possible l'arbitraire, et en s'inspirant des langues romanes. En somme, ce projet « n'est autre chose qu'une langue néo-latine..., mais une langue romane dépouillée presque entièrement de règles grammaticales ».
Ce n'est d'ailleurs proprement qu'un projet : l'auteur déclare, avec modestie, n'être pas en mesure d'élaborer une langue inter-
1. Langue catholique. Projet d'un idiome international sans construction grammaticale, par le D' Alberto Liptay, inodecin de la marine du Chili, attaché à la Commission navale du Chili en France, xi + 290 p. 8° (Paris, Bouillon, 1892). Le même ouvrage (avec des variantes) a été publié en espagnol : La lengua catolica (Paris, Roger et Chernoviz, 1890) et en allemand : Eine Gemeinsprache der Kulturvôlker (Leipzig, Brockhaus, 1891).
2. C'est-à-dire : universelle (sens originel du mot catholique en grec).
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nationale dans tous ses détails, et croit qu'une pareille tâche
(l<''|tnsso les forces ci In comprlonc** d'un individu. 11 se contente (Ir proposer les princi|)es génrrnux qui doivent en diriger Vexémillion, et d'inviter le monde savant à y collaborer, d'abord sou» lornio de pl«W)isrite ouvert ù tous les intéressés: puis sous la formr d'iuu> snciélé phil<>logi<iue (|ui étndiernit le prolilémc et li's diverses solutions d«'*jà proposées; ensuite, par la n^union
• l'un congrus iutornntionnl qui fixerait les principes de la langue choisie: eniin, par l'institution ti'uue Académie intcrnationalo (pii en surveillerait le développement graduel et en conserverait l'uiillr of la pureté '.
Grammaire.
Valphabet se compose des lettres de l'alphabet latin, bien que
• [uelques lettres aient des prononciations diverses. Le c se prononcera provisoirement k d««vant a, o. u, et s devant e. i, en attendant qu'on le remplace par ces doux lettres suivant les cas. le ch sera remplacé par k ou par sh, suivant la manière dont il se prononce. Le g sera toujours dur; le g doux sora remplacé par j (prononciafion française), tandis que le j allemand se traduira par y consonne. L'auteur serait d'avis de supprimer \'h, comme en italien et en roumain; et le q, qui fait double emploi ;ivoc k; en tout cas, celui-ci ne sera jamais suivi de a que loi's«|ue cette voyelle se prononce; s sera toujours dur; t se prononce l'ommo s dans la terminaison -tien, en attendant qu'on la remplace par -cion. L'u se prononce ou. Knfm le ▼ et le i s«* prononcent comme en français. Bien entendu, toutes les lettres se prononcent séparément : il u y n pas de diphtoniru«'>i ni de nasales.
Les substantifs preiment la terminaison -o au masculin, a an féminin; au neutre, ils n'ont pas de terminaison. Ex.: hom.
1. L'auteur, ayant soumis son ouvrage à Max Ml-llsr, recul une réponse dont nous extrayons le passage principal : • Votre idée de choisir des mots radicaux presque universellement compris par les gens instruits est excellente, et l'articulation grammaticale que vous proposez est très praticable. quoiqu'on puisse proposer cà et là «luclque chose de plus simple et de plus pratique. Ce que vous avez maintenant à Taire, c'est d'élaborer un dirtionnoire complet... • {Langue cathotii/ue. p. ^.) On remarquera que l'approl»tion do l'illustre philologue porte surtout sur le principe de l'internationalité du vocabulaire.
homme (en général) ; homo, homme (mâle) ; homa, femme. Viro, homme (adulte): vira, femme (adulte). Infant, enfant; infanto ou filo, fils ; infanta ou îïIa, fille. Parent, parent (père et mère) ; parento, père; parenta, mère. Cavalo, cheval; cavala, jument, etc.
Les désinences -o et -a servent encore à désigner le sexe, non de l'objet lui-môme, mais de la personne à laquelle il appartient ou convient. Ex. : cap, tête ; capo, tète d'homme ; capa, tête de femme. Capel, chapeau; capelo, chapeau d'homme ; câ^ela, chapeau de femme. Capeloro, chapelier (d'homme); capelora, chapelière (d'homme); capelaro, chapelier (de femme) ; capelara, chapelière (de femme), modiste.
Les substantifs prennent -s ou -es au pluriel. Ex. : homes, homos, homas. Ils ne se déclinent pas; on emploie les prépositions de et a pour indiquer le génitif et le datif. L'accusatif ne se distingue pas du nominatif.
Il y a un article défini, el (ou le), qui se combine avec les prépositions de et a pour former del et al. En somme, c'est l'article qui se décline; mais c'est le substantif qui porte la marque du pluriel.
Vadjectif cal invariable. Il n'a pas de désinence caractéristique, et se réduit au radical originel (latin). Il devient substantif en prenant la désinence -o ou -a. Ex. : cruel; cruelo, un homme cruel; cruela, une femme cruelle.
Les degrés de comparaison s'expriment par les particules : plus (comparatif), le plus (superlatif relatif), maxime (superlatif absolu). Mais ils comportent des exceptions (comme en latin) : magne ou grand, mayor, maxime; parve, petit, minor, minime ;
bon, melior, optime;
mal, mauvais, peor, pessime.
Les noms de nombre sont empruntés au latin : un, dve, tre ou tri, quator, quin, six, sept (en attendant set), oct, nov, dece (ou mieux dek). Les suivants se forment logiquement : deceun, 11; decedve, 12; decetri, 13;... dvedece, 20;... tridece, 30... Puis on emprunte au latin : cent et mil; au français : milion, bilion, trilion... Les nombres intermédiaires se forment régulièrement : cent e dvedece tri, 123.
Les pronoms personnels sont : eo (L. ego), tu, el; nos, vos, eles. Le pronom de la 3« personne est semblable à l'article; mais il varie en genre : elo, il; ela, elle. De même : elos, ils; elas, elles.
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Ceux du singulier ont un rudiment de déclinaison : ils deviennent me, te, se, iH l'accusatif (ou aux cas obliques?). Le tutoiement ent de r«'glr, comme en lalin.
Les pronoms possessifs sont : mon, ton, son; nos, tos, «les elos, elas^. Ainsi ceux du pluriel sont semhlnbles aux pronoms per soiiiicis correspondants; de plus, on ne sait pas si le genre (elos, elas) correspond au possesseur ou à l'objet poss«M«''.
Les pronoms relalifs-inlerrotjalifs sont qi et qe. On ne sait pas si qe est l'accusalir ou le neutre de qi. De plus, qe est employ»'* comme particule : plus bel qe... et comme conjonction (comme en fran<;ais).
Pour les i^^rbM, l'auteur prévoit deux systèmes de conjugaison. Le premier consisterait à faire varier le verbe en personne et en nombre, en supprimant le pronom (à l'exemple du latin). Par exemple, ou conjuguerait : amo, /atm^; ama, lu aimes; ame, H aime; amos, nous aimons; amas, vous aimez; âmes, ils aimenl.
•Mais l'auteur préfère le second système, plus simple, qui consiste à rendre le verbe indépendant de la personne et du nombre, indiqués par le pronom. Alors les voyelles-désinences serviront à désigner les différents temps. Ainsi ame sera le présent; ama, V imparfait; amo, le futur; ami, le parfait; ama, le plus-queparfail ; et amao. le futur antérieur. Le cboix de ces désinences se justifie par des analogies avec le latin ou le français, qui scnent au moins de moyen mnémotechnique. L'auteur montre la brièveté de ces formes verbales en comparant nos amao à ses lrtt<luctions latine : nmaverimus; française : nous aurons aimé; anglaise : we shall hâve loved; et allemande : wirwerden geliebt hat>en.
Les mêmes formes verbales, sans pronom, servent d'ûi/î/ii/i/ (aux mêmes temps): et d'impératif si le pronom stiit au lieu de l)récéder '.
Quant au subjonctif, il ne dilïère pas de l'indicatif; il est sufRsammeul marqué par la conjonction qui le précède (comme en anglais, et même en français : que f aime, que tu aimes, qu'il aime, (lu'ils aiment).
L'auteur ne parle pas du conditionnel. Pour le participe, il pré* voit la terminaison -ante ou -ente. Le passif se formera au moyen du verbe ê/re au présent suivi de l'infinitif du temps correspon-
I. Cela est équivoque, au moins pour les pronoms dont l'accusatif ne
dilTère pas du nominatif.
dant de l'actif. Or le présent du verbe être est è. Le présent passif sera : eo amè (pour ame-è), je suis aimé; eo è ama, fêtais aimé; eo è ami, je fus aimé; eo è amo,jfe serai aimé; eo è amao, f aurai été aimé. L'auteur compare encore, au point de vue de la brièveté, nos è amao à nous aurons été aimés *.
II invente une conjugaison irrégulière pour les verbes être et avoir :
Infinitif:
ser
aver
Présent :
Imparfait :
Parfait :
ei
au
Plus-que-pa
rfait :
uu
Futur :
eo
ao
Futur antérieur :
io
uo
Mais il admet aussi qu'on les conjugue régulièrement, en ajoutant à l'infinitif les désinences habituelles -e, -a, -i, -o, -u, -ao ^
Les adverbes dérivés d'adjectifs se forment en ajoutant un -e au radical : bone, maie, forte, docte. On a aussi : sempre, toujours. Oui et non se diront : si et non.
Les prépositions sont latines : a ou ad, ante, de, ex, con (avec), in, post, sub, supr ou sur, pre, pro, sine, durante. Les conjonctions sont néo-latines : e ou et; o (ou); si, qe, afinqe, porqe. Cette dernière conjonction répondra à la question : porqe? pourquoi?
La syntaxe se réduit à très peu de règles.
L'indication du genre et du pluriel sera supprimée toutes les fois qu'elle n'est pas nécessaire. Ex. : six hom. Pour cette raison, l'adjectif est invariable. Il se met avant le substantif quand il est épithète, et après quand il est attribut (on peut ainsi sousen tendre le verbe être).
L'auteur ne donne pas de règles de construction. Mais on peut supposer que, l'accusatif ne différant pas du nominatif, le régime direct doit se distinguer du sujet par sa position.
L'auteur emploie des suffixes de dérivation pour former des mots nouveaux, là où manque un mot international ; par exemple, pour chapeau, capel, et pour chaussure, pedal ; puis pour chapelier, capelar (-0, -a). Même, en vertu du sens attribué aux désinences -0 et -a, il distingue : vesto, vêtement d'homme, et vesta, vêtement de