‹ Histoire de la langue universelleChapitre 197 sur 296 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

tu; 3^ p. s. le, la, lo (comme l'article défini); l""" p. pi. nu; 2" p. pi. vu; 3® p. pi. li. A l'accusatif, io et tu deviennent me et te; les autres ne changent pas. Le génitif et le datif se forment au moyen de l'accusatif précédé des prépositions de et a.

Le pronom réfléchi est se.

Les adjectifs possessifs sont : 1''^ p. s. mi; 2^ p. s. tu; 3° p. s. su; l^e p. pi. nu; 2e p. pi. vu ; 3^ p. pi. su (comme au sing.). Ils prennent un i au pluriel : mei, tui, sui; nui, vui, sui.

Les pronoms possessifs se forment en mettant l'article défini devant les adjectifs possessifs.

Les pronoms démonstratifs sont, au singulier :tsche {tche), celui-ci, ceci; tscha (tcha), celui-là, cela (pour les 3 genres); au pluriel : tschei, tschai.

he pronom relatif est ke, pour tous les genres, tous les nombres et tous les cs^s. Celui qui se traduit en mettant l'article devant ke : le (la, lo) ke.

Le pronom interrogatif est ki (m., f.) ou ke (n.).

L'adjectif interrogatif est ke ou kual au sing., kei ou kuali au pluriel.

Les pronoms indéfinis sont : uno, on ; uni, quelques. Aucun se traduit, comme pronom par no uno, et comme adjectif par no tout court (E.) : no cheval, aucun cheval.

Le verbe conserve invariablement la forme de l'infinitif. Toute la conjugaison se fait au moyen d'auxiliaires, à une exception près : les verbes auxiliaires aver (avoir) et es (être) font au passé ave va et era.

11 n'y a en principe que trois temps. Le présent de l'indicatif est l'infinitif même du verbe * : io donner, je donne. Le passé est l'infinitif précédé de aver : io aver donner, j'ai donné. Le futur est l'infinitif précédé de vo (je vais, L, S.) : io vo donner, je donnerai.

Le conditionnel est l'infinitif précédé de vud (E. would) : io vud donner, je donnerais.

Vimpératifesi l'infinitif précédé de va (F.) et, s'il est nécessaire, du pronom personnel (au nominatif) : va (tu) donner, donne; va vu donner, donnez.

Le gérondif se forme avec la préposition in : in donner, en donnant.

Les temps du passif se forment avec les temps correspondants

1. On va appliquer les règles de la grammaire internationale à un exemple français, le verbe donner.

MILL : ANTIVOLAPL'K 44S

(lu vcrho auxiliaire es (^/r«) suivis de riiiflnitif du verbe à con* jugiKM* . io es aimer, io era aimer, io vo es aimer, etc.

L'auteur tait reiimr<iuer «lu'ou pourrait lonntT un futur antérieur et un conditionnel passé; ajoutons : un plu8K]ue-parrail (ioaveva aimer).

Le verbe peut se conjuguer avec d'autres auxiliaires, qui sont: pot, pouvoir; vol, vouloir; aver de (I.), devoir.

Les verbes réfléchis se forment en mettant se devant l intinilif A toutes les personnes : io se laver = je me lave.

L'interroyalion est indiquée en mettant le pronom-sujet après le verl)e (ou l'auxiliaire); la négation, en mettant no devant le verbe (ou l'auxiliaire) : vo io donner? io vo no donner; no vo io donner?

Hemarque. L'auteur met le verbe au parfait de l'indicatif dans les propositions conditionnelles, ce qui est un gallicisme : si io era riche, io vud es lieureux.

Telles sont les formes grammaticales (|ue l'on devra appliquer aux matériaux nationaux, c'est-à-dire aux mois des diverses langues, en prenant ceux:ci sous une forme invariable : les substantifs, au nom. sing. ; les adjectifs, au masc; les verbes à l'infinitif; en un mot, tels qu'on les trouve dans le dictionnaire.

.Mais l'auteur va plus loin : A sa grammaire internationale il adjoint des « radicaux internationaux » empruntés « aux langues les plus connues, c'est-à-dire aux langues romanes*. » Ce sont les noms de nombre, certains pronoms, les adverbes primitifs. le» prépositions et les conjonctions, bref, ce (ju'on peut appeler les mois grammaticaux.

Les noms */c nombres cardinaux sont ; un inno, una". due. tre. kuatt, sink, siss. sett, ott, noff, diss; diss ie) an, diss te due....; duediss. 20; trediss. :U);... ssent, 100; due sseni, 200;.... mill,... millionn.... Null = zéro.

Les nombres ordinaux sont : primo (primai secando. terssio, kuarto, kuinto, sexto, settimo. ottavo. nono. dissimo; diss e

primo.... ssentimo.... millimo millionnimo Ils sont précédés

de larticle, et varient comme lui en genre et en nombre. Ils

\. Op. cit.. p. 38.

servent aussi de nombres partitifs {tiers, quart,...), sauf pour demi ou moitié, qui se dit medio.

Les pronoms que l'auteur veut rendre internationaux sont : tutt, chaque; tutti, tous; pluri, plusieurs; multo, multi, beaucoup (abrégé en mu, surtout comme adverbe); poko, poki, peu (abrégé en po); kualke, quelque; kualuno (-a), n'importe quel; nemo, personne; nullo, pi. nuUi, aucun; altro, pi. altri, autre; tal, pi. tali, tel: kuanto, pi. kuanti, combien; tanto, pi. tanti, autant.

Les adverbes primitifs, les prépositions et les conjonctions sont empruntés au latin, au français et surtout à l'italien. Voici quelques adverbes : kwi, ici; kwa, ià; u, où; orora, maintenant; "poi, puis; anke, troppo; si, oui; no, non; plu, le plu, minu, le minu (qui servent à former les degrés de comparaison).

Voici quelques prépositions : a, de, in, con, presse, sopro. verso, basse, vis-à-vis; da, fine, avante, dopo ; contra, secundo, malgrado (malgré), causa, rispetto.

Enfin voici quelques conjonctions : e, et; o, ou; si, si: sei, si (interrogatif) ; ni..., ni...; ma, mais: ke, que, qui forme les suivantes : causa ke; para ke, afin que; fine ke, jusqu'à ce que; durante ke, pendant que; avante ke; dopo ke, depuis que; in caso ke, etc.

En somme, il ne reste plus que les substantifs, les verbes, les adjectifs (et les adverbes dérivés) à emprunter à chaque langue naturelle pour l'internationaliser. Ces mots, on les apprendra par l'usage ou on les trouvera dans les vocabulaires nationaux. Grâce à la grammaire internationale, on pourra, avec ces matériaux empruntés à une langue vivante, écrire, sans connaître cette langue, une lettre que le destinataire déchiffrera aisément au moyen de la môme grammaire. On obtient ainsi autant de langues internationales (simplifiées et régularisées) que de langues vivantes. Par exemple, voici une phrase de français-international '^ :

lo no savoir u es tu cousin, ma io croire ke le es in le rue.

Une phrase d'anglais-international :

Io no aver lose tsche book ke io aver find in le street, ma mi broiher aver lose le.

Une phrase d'italien- international :

Io aver vedere tscha ragazzo e tscha ragazza in un strada de le città.

i. Nous mettons en italiques les « matériaux • nationaux.

MILL : ANTIVOLAPUK 447

Une phrase d'espagnol-mtemational :

La no es in le casa, la es in le calle con ta htjo e la h{Ja,

El une plirasc de russe-inlernalionnl :

Li dom de mi nlje: e de mi djadja es a le uyol de tsche uli:a '.

L'auteur a n(''glijj:*'' »lc doniior un échantillon d'nUemaml- internalional. Est-ce i)arpru(Ienr(\ ou par respect pour sa langue maternrlle?

Critique.

Nous aurions pu nous dispenser de citer ce projet, puisqu'il ne constitue pas une langue universelle; nous avons cependant cru devoir l'exposer, parce qu'il donne tout au moins la grammaire d'une telle langue, et qu'il suffirait de lui adjoindre un vocabulaire international pour obtenir une langue complète. L'autour a remarqué lui-nn^me, en introduisant ses « radicaux internationaux », qu'on aboutirait ainsi à une langue universelle, et il s'en défend. On ne comprend pas pourquoi il s'est arrêté en chemin, alors <|u'il présente son projet comme une « langue de compromis » ou un sabir. Tel quel, ce projet est évidemment inadmissible et impraticable. Pour employer une telle langue. il faudrait avoir à sa disposition les vocabulaires de toutes les langues nationales, soit dans sa mémoire, soit dans sa bibliothèque ou dans sa malle. De plus, il y a une illusion naïve A prétendre résoudre le problème au moyen de la seule grammaire, en renvoyant pour le reste au dictionnaire : car il n'y a pas de conversation, ni même de correspondance possible avec le recours perpétuel au dictionnaire. Une grammaire internationale n'est que la moitié de la solution, et elle n'épargne même pas la moitié de la peine.

Eln outre, il faudrait, sous peine de n'être pas compris en parlant, connaître la prononciation propi*e à chaque langue, qui est souvent si difficile et si irrégulière, que la savoir, c'est savoir la langue plus qu'à moitié. L'auteur n'a même pas réglé la prononciation et l'accentuation de ses € radicaux internationaux». Enlin. le mélange des particules interr.ationales cl de mots nationaux produit une hétérogénéité barbare, déjà choquante pour les

1. Pour comprendre cette phrase, il suffit de savoir que dom ^ maitOM; atjez = père ; djadja = oncle ; ugol = coin \ ulisa = rue.

étrangers, et insupportable pour ceux dont on défigure ainsi la langue maternelle.

Si maintenant nous jugeons la grammaire internationale en elle-même, c'est sans doute la plus simple que l'on puisse rêver. Elle est même trop simple : par exemple, elle identifie l'article défini et les pronoms de la 3« personne, les pronoms personnels et les adjectifs possessifs, les adjectifs et les adverbes; ce qui est une source d'équivoque ou d'obscurité. La conjugaison est analytique, ce qui est un avantage en principe ; mais cela amène des accumulations d'auxiliaires qui sont encombrantes et peu claires. Ex : io vo aver es aimer ^=f aurai été aimé *. On s'aperçoit ainsi que, pour les temps principaux au moins {parfait et futur), il est préférable d'employer des flexions, comme l'auteur l'a fait, par exception, pour le passé des auxiliaires aver et es.

L'auteur a commis une grave erreur en laissant à ceux qui connaîtraient une langue nationale la liberté d'employer les flexions propres à cette langue, par exemple, de dire, en françaisinternational : 11 chevaux, au lieu de li cheval. Car si de telles variations sont permises, c'en est fait de l'intelligibilité pour les étrangers qui, par hypothèse, ne connaissent pas la langue. Il est vrai que si l'auteur n'avait pas admis cette licence, elle eût été fatalement usurpée, même sans le vouloir, par la seule force de l'habitude; et cela suffit à condamner tout projet de « grammaire mobile » ou omnibus destinée à s'appliquer, comme un masque, aux diverses langues nationales.

1 . En tout cas, ce n'est pas plus compliqué, et c'est plus court que l'allemand : ich werde geliebt worden sein.

HEINTZELER : VSIVBRSALA '

L'auteur de ce projet se défend à'invenler une langue nouvelle et ne pnHoiul pas à l'originalit»'. Il soutient au contraire que la langue internationale existe déjà en puissance, et qu'on n'a qu'à la dégager. C'est la conclusion qu'il tire de l'étude des 12 principaux projets antérieurs ', dont il compare la grammaire dans un tableau synoptitjue, (jui montre que ces divers projets se rapprochent beaucoup plus qu'on ne croirait. La question capitale est celle (lu vocabulaire, elle doit dominer celle de la grammaire. Le vocabulaire doit être aussi international cpie possible, et par suite employer tous les éléments communs aux langues européennes et déjà connus des gens instruits. Kt comme les € mots universels » (Wellivôrler) sont presque tous d'origine gréco-latine, • -si aux langues romanes qu'il faut emprunter leurs radicaux communs: à leur défaut, on recourra au latin en dernier ressort. ^)uant à la grammaire, elle »levra être fixée, après avoir subi l'épreuve de la pratique, par une commission itilernationale. D'ailleurs, la grammaire internationale existe déjà, elle aussi, nu moins dans ses grandes lignes, et il n'y a plus que des détails

1. Universala. Wellsprache auf Grund der fomanischen Sprachen und des Latein, von Eugen Heintzrlrr, Obcrprâzeptor nm ElKTliArd-Liidwifr»nvmnnsium in Stuttjrnrl. 7() p. S* (Stultjrart, Iloth, 1803). L'niitpur nnnonro uiio brochure intilulfo : fi Weltsprachrst/steme. Vergleichende Sfiuiif als [ieitrag zur Lôsung des W'fUspracheproblems, que nous ne ronnni^son» pas. En revanche, nous ^von^! In suivante : Die wissenschaftlich noiu-endigen Gnindlagen fiir eine bmuchhare Weltsprache. Zugleich lieu-ei*. dass trir eine Wellsprache schon haben, von Eugen IIcintzrleh, 10 p. 8* (.Meran. Ellmenreich, 189."»). L'nuleur n fait partie de VAcadémie inlei-nationale de langue universelle dv 18»! n 1893.

2. Le Volapûk. le Volapùk coiTtgé, Rosa, ScHiPru, Zamcnhof, Lavim. VoLK et FccHs, LoTT, Stempfl (Myrana), Bacer, Stunbr, Liptav.

CovTVRAT Cl I.rvr. — Langue univ. »"

d"exécution à régler par une entente commune. Parmi les points essentiels, sur lesquels l'accord est déjà fait, l'auteur mentionne l'exclusion des voyelles infléchies, l'unité d'article, le genre naturel, la déclinaison unique et analytique, la conjugaison unique (avec pronom séparé et avant le verbe), l'exclusion des idiotismes et de l'arbitraire dans la formation des mots. Il conclut en invitant les inventeurs de langues artificielles à la tolérance et à la conciliation, et en leur recommandant ces deux maximes : « Le mieux est l'ennemi du bien » et : « In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas ».

Grammaire.

Valphabet se compose de -6 voyelles : a, e, i, o, u (ou) ; et de 18 consonnes : b, c (tch) •, d, f, g (dur), j (ch), k, 1, m, n, p, r, s, t. V, X, y (comme dans yeux), z (ts).

L'accent porte sur la voyelle qui précède la dernière consonne : linga. felici, kavâl, à moins que la dernière syllabe ne soit un suffixe : âbil. naziônes. Il porte sur l'i final des radicaux substantifs : polizi. akademi.

L'article défini est le, Varticle indéfini est un, tous deux invariables.

Dans les substantifs, le genre (naturel) est indiqué par les désinences -o (m.) et -a (f.) : om, Iiomme (homo) ; omo. homme (vir); orna, femme: de môme, fant, enfant, donne : fanto, f anta : pulo. coq: pula, poule^. Le pluriel est marqué par la désinence -s ou -es. ."suivant que l'euphonie l'exige.

Le génitif et le datif sont marqués par les prépositions de et a. qui se combinent avec l'article en del et al.

Les adjectifs sont souvent terminés par -i. Ils sont invariables. Ils se transforment en substantifs par l'adjonction de -o ou -a. ou (au neutre) par l'article placé devant : le bel, le beau.

Les degrés de comparaison sont indiqués par les particules pli et plu placées devant l'adjectif : pli bon, meilleur; plu bon, le meilleur. Le superlatif absolu est indiqué par tre. très.

Les noms de nombre cardinaux sont : un. du. tri, kar, kin, ses, set.

Page 1