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Cf. V Espéranto, qui est plus régulier et plus simple

HEINTZELEIt : UNIVER8ALA 4S3

Lu syntaxe est très sommaire. L'adjectif se met devant le substantif, à moins qu'il no fasse pour ainsi dire corps avec lui : linga universal. L<> snjrt précède le verbe; l'adverbe et les compléments le suivent. S'il y a deux compléments, le nom de personne so mol nii datif : dépouiller l'ennemi de ses armes =: priTtr le armes al nemiko. Les prépositions ne régissent aucun cas, et on les supprime autant que possible : studios le rtritAi, studieux pour la vérité, suspekt le furto, suspect de vol; saget le magistrat, soumis à l'autorité.

Vocabulaire.

L'auteur annonce un lexique polyglotte de 8 000 mots en allemand, latin, français, italien, espagnol, portugais. Il en donne, comme échantillon, un extrait d'une centaine de mots en 7 langues (en ajoutant l'anglais aux précédentes). Il en ressort que la plupart des mots allemands correspondent au même mot latin dans les autres langues (même en anglais), de sorte que c'est celui-ci qui est adopté en Universala. Voir le tableau ci-joint (p. 4:i4), qui contient les 12 premiers mots de ce vocabulaire. On remarquera que le mot latin est pris de préférence sous sa forme hispano-portugaise (la plus phonétique^ Ces exemples suffisent à montrer le caractère nettement néo-latin de l'Universala.

Pour la dérivation et la composition des mots, l'auteur ne donne pas de règle générale, mais seulement quelques exemples. Ainsi lessuffixes diminutifs sont -in, et, -il, et le sufli.xe augmentatif est -on. On trouve dans le lexique quelques verbes dérivés : ▼isit. visitar; purifikar. ne//ojr<>r; mortifikar, tuer. Certains mots semblent formés au moyen du suflixe -er : garden {JardinK gardeneri jar(/wu>r) ' ; d'autres au moyen du suffixe -or ou tor : precept. preceptor; auditor; amator; viagator, voyageur (du verbe viagar). Mais la plupart des mots dérivés semblent empruntés tout faits aux langues vivantes : malkontent, desonest. desobedient. inexpert; difidar {se défier), desplacer (déplaire), reportar, retornar (D. wiederkehren et zurûckkehren). On remarque enfin quelques mots composés : tetdolor, mal de tête; Tapornav, bateau à vapeur.

1. Ce qui montre que l'auteur n'exclut pas absolument les racines ferma* nitjut's. Autre exemple : ger = guerre.

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HEINTZELER : UNIVER8ALA 455

Critique.

On ne peut pas juger ce projet comme un système complet et <l(Hnillé; puisque l'nuteur se d<^clare incapable d'élaborer à lui

sful une langue, (>l fait appel A wuc commission Uilernatiuiiale, nous (levons lui leiiir coiuple de sa modestie, et lui savoir gré de cette |)i'oposition si conforme an programme de la Délégation.

\.o principal défaut de Vl'niversala consiste dans l'application d'un principe granunatical a iiriori au milieu d'un vocabulaire entièrement a posteriori, à savoir, dans l'emploi malencontreux des voyelles, dahord comme pronoms '. ensuite comme sufiixes (les temps du verhe, enfin comme sufiixes caractéristijpies : a, (lu féminin; e, de l'adverbe; i, de l'adjectif; o. du masculin; n. de la préposition. Non seidement on peitl ainsi le bénéfice de la distinction matérielle des parties du discours, mais on multiplie les chances de les confondre entre elles. 11 faut ajouter que les suffixes -0 et -a ne caractérisent nullement le genre des substantifs, puisque des substantifs neutres ont les mêmes finales; ex. : domo. kasa [maison). D'ailleurs les substantifs se terminent par d'autres voyelles encore: ex. : kane, chien. lnvei*sement. cnhiinsi adjectifs ont une désinence de substantif : karo, cher *.

En outre, la finale -i caractérise si peu les adjectifs, qu'elle .sert au contraire ù former des substantifs dérivés d'adjectifs : kortes. kortesi; perfid, pertidi: astut. astazi; avar. ayarisi. \'oilà déjà des dérivations peu réirnli('res: mais il y en a bien datiires : ekonom. ekonomia; bel. beleza; frank, frankeza; gentil, gentileza: patient, patienza; onest. onestat (honnêteté); prob. probitat: timid. timiditat; sincer. sinceritat. Cela fait quatre suffixes ayant le njéme sens : i ou izi, ia, za ou eza, tat ou itat^ .Mais ils n'ont même |)as toujours ce sens : car fortesa ne signifie pas Jbrce (qui se

1. Dans sa broctiuredo I8!I5. l'auteur reconnaît do l>onne prAce que l'arbitraire n'est pas acceptable dans la rorination des pronoms: il pmpoM comme pronoms personnels : yo, ta. elo. nos, voi, eloi; et comme prottomê possessifs : mei, tui, sxii. nostre, vostre, lostre tcf. Korr). Il parait tomber d'un excès dans l'autre (de Va priori dans Va posteriori), car ni ces pronoms personnels ni ces pronoms possessifs n'ont, entre eux. de forme régv* lière. et ceux-ci ne dérivent pas régulièrement de ceux-là.

2. Cela s'explique par le fait que kar a déjà doux sens : quatre et pourquoi.

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