‹ Histoire de la langue universelleChapitre 200 sur 296 · Encore ne comptons-nous pas itud, dans : grat, gratitod · texte numérisé non relu

Encore ne comptons-nous pas itud, dans : grat, gratitod

dit forza), mais... forteresse. On remarque la môme irrégularité dans les adjectifs dérivés de substantifs : koraj donne korajos (courageux); mais ambizion donne ambizios. De même, les noms de gens exerçant un métier n'ont pas tous le même suffixe : à côté de brasero [brasseur), librero (libraire), vitrero (vitrier), orlogero, on trouve taliator (tailleur), ebanista (ébéniste). De plus, les noms des métiers correspondants sont : braseri, libreri, vitreri, avec la finale i des adjectifs; or, c'est de la même manière que les noms de matière engendrent leurs adjectifs : oro, ori (d'or); argento, argenti; kopro, kopri (de cuivre), etc.

Toutes ces irrégularités viennent de ce que l'auteur, comme nous l'avons remarqué, a pris les mots dérivés tout faits dans les langues vivantes, au lieu de les former avec des suffixes autonomes (bien que pouvant être empruntés, eux aussi, aux langues vivantes). Or les mots dérivés de nos langues fourmillent d'anomalies déconcertantes qu'on ne peut apprendre que par l'usage (et dont l'usage seul fait oublier l'absurdité). Par exemple, en français, de même que riche engendre richesse, pauvre engendre pauvresse... mais ce dernier mot ne signifie \^a.s pauvreté \

Enfin, par le fait que l'auteur emprunte ses racines presque exclusivement au latin, il se trouve embarrassé dans des homonymies dont il ne se dégage qu'en altérant arbitrairement l'un des homonymes. Ainsi les verbes parar (préparer) et parer (paraître) auraient la même conjugaison : on changera le second en parear. De même on distinguera volar, vouloir, de volaar, voler (avec des ailes) ';pen,pfume, de pena, pei/ie (qui a l'air du féminin de pen); pasar, passer, de pasear, se promener, et de paser, moineau (qui a un faux air de verbe). Tout cela prouve que ce projet n'est qu'une ébauche fort imparfaite, mais néanmoins intéressante et louable par ses principes. On peut lui rendre cette justice, qu'elle se trouve au moins dans la direction de cette langue internationale idéale que, selon l'auteur, il s'agit moins d'inventer que de découvrir.

Page 1