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CHAPITRE XXII

BEERMANN : NOVILATIIN '

l.c Novilaliin est * un essai de transformer le latin en une' limp:iio appropriée aux besoins dos relations inlornationales ruodcriios », tant orales qu'écrites, tant scientifiques que commerciales. Voici par quelles considérations l'auteur a été amené à concevoir ce projet. La langue internationale doit être faite avant tout pour les peuples de civiliiiation européenne, c'est-àdire de langues indo-germaniques. Elle doit donc se rapprocher le plus possible de celles-ci, et notamment des «ix langues principales (allemand, anglais, français, italien, russe cl espagnol) qui sont toutes parentes (quoique inégalement) et qui ont de nombreux éléments communs, tant dans leur grammaire que dans leur vocabulaire. L'auteur a été d'abord partisan du latin, du latin (in moyen Age, ou même du néo-latin. Mais il s'est a|>erçu que le latin ne convient pas par son synthétisme à l'esprit «les peuples modernes, attendu que toutes les langues modernes, y compris celles qui sont issues du latin, ont évolué du synthétisme ô l'analytisme. Il faut donc substituer à la grammaire latine une grammaire analytique régulière et aussi simple que possible; par suite, on y admettra une simplification, lors même qu'elle ne se trouverait que dans une seule de nos langues (exemples : in%'ariabilité de l'adjectif; invariabilité du verbe en personne et en nombre). On créera ainsi une langue romane possible, sœur des

1 . Sovilatiin, un esaaje de proformaar it Latiin a un lingue usaaM al internasionaal relaxions de nosire tempor. Ein Versuch, dat Latein su eimer fur den internalionalen Vericehr unserer Zeil brauchbaren Sprache weilerzubUden, von Dr. E. Bebrmann, Ot>erlel)rer am kgl. Gymnasium tu Nord-

hausen (Leipzig, Gustav Fock, 1895).

langues romanes réelles, mais plus régulière et plus simple '. C'est là, selon l'auteur, le procédé le plus scientifique, car il consiste à imiter autant que possible la nature, et à réduire au minimum la part de l'arbitraire et du « subjectif ». Le NovUatiin ainsi formé ne sera guère plus artificiel que certaines langues nationales purement écrites et littéraires forgées de notre temps et presque sous nos yeux(néo-grèc, Slovène, tchèque, et surtout hongrois). Cette langue aura une unité organique et un esprit qui manquent aux autres langues artificielles; elle aura ses lois de formation, et sera susceptible de développement autonome. Quant au vocabulaire, il ne sera pas exclusivement latin; il s'assimilera tous les éléments internationaux de nos langues, dont la plupart, du reste, sont empruntés au grec ou au latin (môme l'allemand contient beaucoup plus d'éléments latins qu'on ne le croit d'ordinaire).

Grammaire.

Valphabet comprend 23 lettres, 5 voyelles : a, e, i, o, u (ou) ; et 18 consonnes : b, c (ch), d, f, g, h, j {j français), k, 1, m, n, p, r, s (toujours dur), t, v, y (j allemand), z {z français), auxquelles s'ajoutent les lettres à, û, q, x, qui ne se trouvent que dans les mots étrangers. Il n'y a qu'une seule diphtongue : au.

L'accent (dans les mots simples) porte sur la dernière syllabe, si elle est longue (feliic, heureux); sinon, sur l'avant-dernière, si elle est longue de nature ou par position ^ (hoteleero, hôtelier; pauperta, pauvreté) ; ou sinon, sur l'antépénultième (konvokan). Dans les mots composés, chaque élément garde son accent (sauf les prépositions). On voit que l'accentuation suppose la connaissance de la quantité (longueur) des syllabes. Pour su})pléer à cette connaissance, les voyelles longues de nature sont doublées dans les deux dernières syllabes; mais, bien entendu, elles se prononcent simples.

U y a un article défini, il, et un article indéfini, un; tous deux absolument invariables.

Les substantifs se déclinent analytiquement : le gféni/i/est marqué

1. Elle se rapprochera de l'italien pour la prononciation, et de l'espagnol pour l'orthographe.

2. Une voyelle est dite longue par position (en latin) quand elle est suivie de deux ou plusieurs consonnes.

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par la pivposilioii de, \c datif \n\v In pn-posilioii a; l'ucousalif ne din't'i't* pat» (lu iKimiiiatif. L(>s prrposiliotis de <'t a se conihinciit avec l'article défini en del et al '.

Le genre (toujours nalurrl) est marqué par 1<*8 désinence» o (m.), a (f.), -e (n.j. K.\. : kan, chien (en gén.); kano, chien; kana. chienne. Mais on dit : hom, homme (en gén.); Tiro, homme; leema, femme. Certains féminins se forment au moyen du suffixe -Maa : rejessa, reine; imperessa, impératrice ^

Le pluriel est manpié par la désinence -s ( -es après une gifflante, c ou s) : dom, maison, faitdoms; audaac, audacieux, fait andaaces.

Les adjectifs sont invariables en genre et vi\ nombre.

Les degrés de comparaison se forment au moyen des suffixes -ioor (comparatif) et -im (superlatif), ou bien au moyen des adverbes plu et mas (obligatoires (piand le radical se termine

• H -le) : grande, grandioor. grandim; yarie. pla varie, mas varie.

Les adjectifs se transforment en substantifs au moyen de l'article et des désinences de genre -o, -a, -e : il bello, le beau (le bel homme); il bella, la belle: il belle, le beau (neutre».

Les noms de nombre cardinaux s«>nl : uun, due. tre, kvar. kvin. see. septe. okte. non. dec: undec. dadec. tridec... septidec. oktidec. nondec: duinte. 20; duinte uun. 21: duinte due. il.... trinte. 30; kvarinte. >0: kvininte, :>(>; seinte, ('>0; septinte. oktinte. noninte; cente. ducente, tricente...: mille.

Les nombres ordinaux dérivent des précédents au moyen du suffixe -im (en supprimant le final) : nanim, daim, trim, kvarim.

Les adverbes ordinaux dérivent des précétlenls au moyen du suffixe -ibi (des adverbes de lieu) : unimibi, pr^mi^renif/i/ ; doimibi, etc.

Les nombres fractionnaires sont identiques aux nombres ordinaux, excepté : semie, demi.

Les nombres multiplicatifs se forment au moyen du suffixe -pie ou -iple : uniple ou simple; duple. triple, kvariple.

Les nombres de fois se forment au moyen du suffixe un ^ «mi

• lu mot vie (fois) : uunun ou uun vie, une fois; dnon ou due vices, trun ou tre vices. De même : onimun ou il unim vie. la première fois.

\. L'article se roiiiMne encore avec d'aulres pn^positions (comme en italien) : cil. kul, gral, nil, ol. prol. suprel, irai.

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