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En revanche, sol se dit suol

2. Ex. : bani, boteli, gladi, melodi, mumi, studi, teori, trili.

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lino -0, rossemblent à <Ips verbes au fiihir : prisonero. voyajero (voyageur, ou : \je\ voyagerai). Mastik n'est pas ladjeclir de mast (mal), m mastikar (mâcher) le verbe de mastik. Mortar (morlier) n'est pas un verbe dérive^ de mort. II y a beaucoup d'autres verbes (jui paraissent à tort dériver de noms : montar (mouler) de mont : gravar (graver) de grav (lourd) ; frisar (friser) de fris (frise) ; mutar cli(uun-r) de mut (muet); pesar (peser) de f es (poix); portar de port; rasar [raser) de ras [race); sudar (suer) de sud; valar (valoir) de val ; venar (chasser) de ven (veine) ; et cela est d'autant phis fâcheux, qu'à l'indicatif présent ces verbes se réduisent à leur radical, c'est-à-dire deviennent identiques au nom correspondant. Le plus bel exemple de ces dérivations apparentes (et fausses; est la série suivante : viol (violon), viola (violette), violar (violer) et violet (violet) •.

On peut alléguer, comme excuse, que presque toutes ces équivoques se trouvent déjà dans les langues vivantes auxquelles ces mots sont empruntés, et qu'elles n'y trompent personne. Mais si l'habitude les rend insensibles et inoffensives dans nos langues maternelles, il n'en sera peut-être pas de même dans une langue (jui sera pour tous une langue étrangère. II est dangereux de toujours compter sur le contexte pour dissiper ces équivoques; car il arrive souvent que dans une langue étrangère la moitié des mots échappent à l'auditeur; que deviendra-t-il si l'un des mots auxquels il se « raccroche » est ambigu? II faut laisser le moins de part possible à l'intelligence ou à la divination. Assurément, il est fort difficile d'éviter des homonymies comme celles que nous venons de signaler (et nous ne les aurions pas relevées si elles n'étaient pas très fré- (pientes); mais si un autre système réussit à les éviter, nul doute qu'il ne soit préférable.

Le défaut précédent vient de ce que Vldiom neutral s'efforce de se rapprocher le plus possible des langues vivantes *. Cet excès d'une tendance louable a eu d'autres conséquences fâcheuses. Ainsi, dans la Jormation des mots dérivés, lldiom neutral est constamment tiraillé entre deux systèmes : i° l'adoption des mots dérivés internationaux; 2" la formation régulière et auto-

1. Autres exemples : kanon. kanonik; kant, kanton: or, oral, orar: org, orgi, organ.

2. Un e.xomiilc frappant en est fourni par les mots suivants, empruntés au français : shapô, depô, aie, portmoné.

nome des dérivés (à l'aide de radicaux et d'affîxes internationaux invariables). Par exemple, une fois adoptés les suffixes internationaux -a^ion, -ator, on a formé régulièrement les noms d'action : atraktasion, avertasion, absolvasion, desidasion. flektasion, frikasion, inventasion, instruasion. konfesasion. obliviasion. sufrasion, konseptasion. konvertasion. korigasion, kreskasion, proposasion, repetasion. reaktasion. et les noms d'acteurs : editator, eksekutator, komposator, kondukator, movator, piktator. redaktator, skulptator, skribator ^

Mais, comme ces mots ont un aspect barbare, et contrastent péniblement avec les dérivés naturels (latins et internationaux), on a cru devoir admettre ceux-ci comme mots primitifs à côté de ceux-là. De même, on a été conduit à admettre des doublets

comme :

perfektitet et perfeksion ■^

simplitet simplisitet

pasientitet pasiens

prudentitet prudens

et beaucoup de mots analogues;

sientik et sientifik

orgist organist

pianoist pianist

visabl visibl

sensuabl sensibl

ekuiflankik ekuilateral

favorar favorisar

rivalar rivalisât

etc, etc.

Or tous ces « mots Mackenséniques » doublent inutilement le nombre des mots à apprendre : et s'ils sont aisés à retenir pour ceux qui savent le latin ou une langue romane, ils doivent être difficiles à retenir pour les autres, attendu qu'ils sont irrégulièrement formés. Il faut choisir entre les deux systèmes, et, croyons-nous, opter pour la dérivation autonome et régulière.

Si l'on veut éviter des formes trop barbares, il vaut mieux renoncer par exemple au suffixe -asion, si lourd et si encom-

1. Dans quelques lignes d'un article de M. Rosenberger, on rencontre les mots lektator, aparasion et imprimasion, qui sont cruellement choquants.

2, Remarquer l'ambiguïté des mots en -tion, que Vldiom neutral n'a pas toujours évitée; ex. : konfederasion.

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l)i*anf, ot. d(> plus. (''(iiiivoqiK^ dans nos langues. On iionrraif suhstanlifiei' sinii)l('nient le radical verbal pour exprimer l'action indiquée parle verbe, comme cela a lieu pour beaucoup de mots naturels : don (donner), envoi [envoyer), fuite (fuir), révolte (ré. <olter), conquête {con(}uérir) ', oubli [oublier), promesse (promettre), arrêt {arrêter), propos (proposer) *. Mais pour cela il conviendrait, comme nous lavons dt^à dit, d'avoir des désinences qui distinguent les substantifs des verbes ^

De môme, il n'y a qu'un moyen d'éviter des doublets fâcheux comme individuik et individual, horisontik et horisontal. où le pi'emier mot est régulier, mais barbare, et le second international, mais irrégulier : c'est d'adopter iiuour les adjectifs un suffixe absolument neutre, étranger aux langues naturelles, puisquaucun des suffixes naturels n'est uniformément employé, et que, si on en généralise et régularise l'emploi, il devient choquant et entraîne l'admission de « mots Mackenséniques ».

Dans la dérivation, on a bien fait de distinguer les contraires des contradictoires. Malheureusement, les préfixes correspondants ne sont pas suffisamment distincts (ne- et no-), et ils sont |)arfois employés à contre-sens. Ainsi neamik devrait signifier non-ami, et non ennemi; nefasil non-facile, et non difficile (comparer neutil. qui signifie inutile, et non pas nuisible). Inversement, nokos, noloke, nokuande ont le sens de simples négations, et devraient être formés avec ne- (comparer nemult. peu =pas beaucoup).

Il conviendrait aussi de distinguer, comme en allemand, le retour en arrière (zurùck) et la répétition (ivieder) qui sont confondus dans le préfixe re-.

Les auteurs de Vidiom neutral n'ont formulé aucune régie pour fixer le sens des mots d'une classe dérivés des mots d'une autre classe, notamment le sens du verbe dérivé d'un substantif; nous n'insisterons pas sur cette critique, que nous avons développée à propos de V Espéranto ; mais il n'est que juste de remarquer que Vidiom neutral y échappe encore moins. Il suffit de citer un

1. Déjà TÂcadémie a adopté le radical konkuist (conquête), d^oii le verlïe konkuistar (conquérir) et le substantiT konkuistator, qui rappelle heureusement le mot S. conquistador.

2. Cf. le Novilatiin. On trouve dans Vidiom neutral par exception : permit = permission: puni = punition.

3. L'on a judioieusenient adopté pour radicaux ambisi. religi. superstisi, afln de pouvoir former régulièrement les adjectifs ambisios. religios, superstisios.

seul exemple : le verbe piskar, dérivé de pisk (poisson), ne signifie ni être poisson, ni faire le poisson, ni rendre poisson, ni revêtir de poisson, ni même faire usage de poisson, mais prendre du poisson (pêcher, L. piscari) '. Il est clair que, dans ce cas et dans tous les cas analogues, les auteurs ont accepté sans critique les dérivés des langues naturelles-.

Notons en passant que l'Académie, toute internationale qu'elle est, n'a pas toujours évité les idiotismes de composition, si fréquents en Volapûk. Ex. : sirka-donar = entourer (germanisme : umgeben, litt. : donner autour): trans-pontar ^= jeter un pont sur une rivière (D. ûberbriicken) : drap de sak = mouchoir (D, Taschentuch). De même, preskribar no signifie pas écrire devant, ni verifikar, rendre vrai. D'ailleurs, elle use très inégalement de la dérivation et de la composition : d'un côté, elle forme librement des mots comme kani-klamar = aboyer, gren-batar = battre (le blé), protoparoi = radical, protoforest = forêt vierge (D. Urwald); mais, d'un autre côté, elle n'ose pas régulariser des dérivés comme insen ^= douzaine, et elle emploie comme mots primitifs diksionar, vaka = vache, portmoné ^.

Enfin certains mots composés présentent des accumulations de consonnes imprononçables : piskgres, letrpapir, librbandar, {relier), lignvas, lignven, pulvrmin ; de même certains mots simples comme vendrdi, saturndi, kelkkos (différent de kelkos). C'est là d'ailleurs un défaut général de Vidiom neutral : la plupart des mots commencent et finissent par une ou plusieurs consonnes (ex. : opr = opéra, ordn = ordre de chevalerie); par suite, ils se heurtent à arêtes vives et produisent dos rencontres peu harmonieuses ou difficiles à prononcer : nostr patr, patr puni; punkt de vis. Il en résulte qu'on est forcé d'intercaler entre les mots des e muets, que les divers peuples placeront différemment. Mieux vaudraient des voyelles sonores dont la place fût marquée par l'écriture, et qui, servant de tampons entre les mots, rendraient la prononciation coulante et moelleuse.

Quelques désinences-voyelles auraient un autre avantage, au

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