L'Espéranto dit fiâkapti (prendre du poisson
2. Autres exemples : satin, satinar (satiner); forn (poêle), fornar (chauffer). Pour le suffl.xe -abl, on n adopté à la fois les deux sens bien différents qu'il a dans les langues romanes; on a ainsi : amabl, venerabl, etc.
3. Notons un mot dérivé qui prête à un contre-sens amusant: insendier signifie, non pas incendiaire, mais... pompier!
AKADEMI : IDIOM NEUTRAL 505
point de vue de la syntaxe. La phrase, en Idiom neulral, a le caractfre inorf^aniqueet décousu qu'on reproche h la phrase anglaise. C'est une juxtaposition de radicaux dont la liaison grammaticale et logique, in<ii(piée surtout par la place et l'ordre des mots, est en partie h deviner. C'est là un inconvénient pour une langue « étrangère » et pratique. Sans vouloir discuter ici les questions très controversées de l'accord de l'adjectif avec le substantif, et de l'utilité de l'accusatif, on pont dire qu'il est imprudent de trop compter sur la place des mots pour révéler leur rôle grammatical. Pour ce qui est notamment de l'accusatif, nous remarquons que l'ordre du sujet et du complément direct est nécessairement troublé dans les propositions relatives, ce qui, en français par exemple, rend impossibles certaines constructions logiques et commoiles, ou conduit à des amphibologies. En voici un exemple, cueilli au hasard dans un journal. Parlant de Falguière, un critique d'art écrivait : « Ses portraits montrent... quelle belle nature de peintre a étouffé le développement du statuaire ». Pour la grammaire, le sujet serait la « belle nature de peintre »; pour le sens, il est : « le développement du statuaire ». On avouera que cette phrase offre deux sens très différents, et même opposés; or pour distinguer le vrai, il faut savoir que Falguière a beaucoup plus produit comme sculpteur que comme peintre. Ces sortes d'amphibologies sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne croit;' on ne s'en aperçoit pas, parce que le « bon sens », c'est-à-dire au fond la connaissance du sujet, permet de choisir ou de deviner l'interprétation juste; mais, quand on est obligé de faire api)el au bon sens, c'est que la grammaire est en défaut. Une synta.xe vraiment logique, qui exprime fidèlement et complètement la pensée, ne doit rien laisser à deviner '.
En général, Vldioin neiitral a le tort de trop se rapprocher des langues vivantes, notamment du français. Il semble paradoxal de reprocher à un système a posteriori d'être trop a posteriori: et pourtant, l'Idioin nea/rai justifie ce reproche. Nous avons vu qu'il s'attachait trop exclusivement à la prononciation française, sans toutefois la reproduire fidèlement, de sorte que cela ne le rend ni plus facile ni plus agréable aux Français, bien au contraire. On peut en dire autant de la grammaire, qui est trop romane pour être vraiment neutre, et de la formation des mots, qui