‹ Histoire de la langue universelleChapitre 224 sur 296 · Voici un spécimen de cette poésie latine · texte numérisé non relu

Voici un spécimen de cette poésie latine

« Omni mane mihi meam cafeam Parva macliinula super flagranti Spiritus flamma soleo parare... »

2. Exemples : New-York = Novum Eboracum ; Rouen = Rothomagum ; Le Puy-en-Velay = Anicium; Alcala-de-Hénarès = Complutum.

3. En voici quelques échantillons : « Ostendit Georges Perrot effigies photographicas signorum sculptilium œtatis Romanee, quœ nuper detexit Albert Lebègue apud Martres-Tolosane ». — « Monuit prœses J. Oppert Academiam, ob reverentiam festi parasceues sive feriœ sextœ majoris ante

Lies LANGUKS MOHTKS 510

Pour montrer (juc le latin so |)r(Ho à tous los jisaf?cs, M. IIen- DERSON publiait Postprandium, plensantries in colloquial latin, par le D' (lonstantino Stauder ', où l'on invorpiait l'opinion do Lonl Duifcrin sur la rùfonnc nécessaire de l'enseignement du latin, et où l'on donnait (ce qui manquait au Phcenix) des règles pratiques tle prononciation du latin (analogues à celles de l'italien). M«>me, pour prouver les qualités pratiijues et commerciales du latin, et lui procurer un e débouché » fructueux, on l'employait à la réclame : on célébrait en latin les vertus du Pearsiiis Sapo et des Pillulce Beechamiae, et l'on annonçait : « Vélocipèdes bicyclo-foretici et tricyclo-foretici duodecim menstruis ratibus venduntur. »

En somme, on tendait à sacrifier la pureté du latin classique pour l'adapter aux besoins modernes. Mais alors, comme le faisait remarquer un partisan du Volapiik (M. Cari Kaplaneck), on faisait du latin une langue artificielle ((ui serait toujours bien moins régulière que le Volapiik, et bien plus difficile à apprendre. Et il montrait que le latin ne remplit aucune des conditions d'une langue bien faite, qui sont : 1° d'admettre n'importe quelle formation de mots, et de lui donner un sens bien déterminé; 2° de distinguer sans ambigiiïté les cas, les nombres, les temps et les modes. Enfin M. von W.\ni. (un des correspondants du Linguisl) trouvait le latin beaucoup trop difficile : sur tant de jeunes gens qui passent neuf ans h l'apprendre, combien en trouve-t-on qui puissent l'écrire correctement? Combien surtout qui puissent le parler couramment?

(^)uoi qu'il en soit, le Phœnix échoua dans son entreprise, et, après avoir recueilli les approbations [)latoni(iues de quehjues lettrés, disparut sans avoir réussi s'» organiser la Société internationale qu'il proposait de fonder. De celte expérience M. George Hendersox a retiré la conviction que le latin n'a aucune chance d'être adopté comme langue internationale; même par le monde

Pnscham, non conscssurnm die 27 Mnrtii... • — « Judicato certamine, quod indictiim erat • de Iraditione bollorum Medicoruni -, pr.Tmio ordinario Academia' ornatus est Ainôdée Hauvctlo, niagistor conferonliarum in Facultate litlerarum Parisiens!. • — - Di.xit Boissier explorata esse n Carton medico legionario et Denis locumtenente rudera urbiuin Romanarum in Tunisia. •

1. • Published in order to show that Latin may be more easily and more pleasantly acquired hy Ireatinp the lanpuape as if it were still a living longue, llian l)y melbods now in use -, dit lo sous-titre.

savant, c'est-à-dire par les personnes qui le connaissent déjà*. Depuis le Phœnix, plusieurs journaux latins ont été fondés, dans l'intention de favoriser les études latines, plutôt que dans celle de vulgariser le latin et d'en faire une langue universelle. L'un est le Prœco Latinus-, journal mensuel publié à Philadelphie depuis 1895; il a cessé de paraître en septembre 1902, ce qui n'est pas, apparemment, la marque d'un grand succès. On y emploie le latin le plus classique; en l'ouvrant au hasard nous tombons sur le membre de phrase suivant : « quod quidem infitias haud facile ibitur... », et nous nous demandons combien d'années il faut avoir passé sur les bancs pour connaître et comprendre cette périphrase alambiquée ^ Ce n'est certes pas avec de pareilles élégances qu'on fera du latin une langue facile et pratique. Plus bas, on demande pardon pour le barbarisme : « publicitas » ; on met en italiques l'adjectif arislocraticus; mais on emploie sans vergogne le mot millionarias. On puljlie des traductions latines de VAlceste d'Euripide et de Vlmitation *, ce qui n'est peut-être pas très propre à montrer comment le latin peut s'appliquer à l'expression des idées modernes. Ce que nous trouvons de plus probant à cet égard, ce sont les annonces, dont voici un spécimen : « Piloi Stetsoniani capillacei coactiles sunt prœstantissimi omnium, qui usquam in orbe fiunt ■' » ou bien, pour un « Typoscriptorium » (machine à écrire) : « Machiinda quœque scribit typis specie diversis variisque linguis. Proxcnetac in cunctis urbibus mundi prœcipuis. Velis cataloguni plénum petere; subnecte pittacium u lib. pro mappa orbis scitissima ».

1. Voir sa brochure : Phœnix, and Ihe revival of Latin as the international lanquaqe (1902). Dans l'article où il proposait son Latinesce, M. llendcrson écrivait, dans cette langue même : •< I Latine Lingue esse ni mis difficile. Post decem annes de studere, pauces discipulcs pote, aut légère facile, aut scribere accurate, aut loquere aiiquantulum i Latine Lingue » (1901).

2. Prœco Lalinus, Folia Gentium Lalina Menstnia Litteraria ac Critica, ad propagandiim Sermonem Latinum, necnon ad fovenduia Lilteras Latinas. 2307, Green Str. Philadelphia. U. S. A.

3. Pour faire comprendre la préciosité de cette expression « infltias ire » à ceux qui ne savent pas le latin, on peut la comparer à la locution française : « s'inscrire en faux » employée au figuré pour dire « contester » ou « nier ». Ajoutons que, bien que le verbe ii'e soit neutre, cette locution forme un verbe actif qui est mis ici au passif, parce que le latin manque du mot on. Ce membre de phrase veut donc dire simplement : « ce qu'on ne niera pas ».

4. On ne trouve donc pas le latin de Vlmitation suffisamment classique.

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