La « logique • exigerait que ce mot signifiât naître
TALUNDBERG : PERIO
mavi = être en repos
mivi
= se mouvoir
iazo = canon
fuzo
= fusil
fizo
= pistolet
glavo = lance
gluvo
= sabre
glivo
= épée
gapo = sabot
gupo
= iirijfe
gipo
= ongle
cato := heure
cuto
= minute
cito
= seconde
faqo :=: orteil
fiqo
= doigt
palo = pieu
pnlo
= colonne
pilo
= pilier
harpo = harpe
hirpo
= lyre
piano = cave
pluno
= étage
plino
= grenier
maro = plancher
muro
= mur
miro
^= plafond
Souvent môme il n'y a aucune relation définie entre les mot» d'une même série :
frazi = raser japo =^ robe lapo = hanche kajo =: matelas zako = sac brato =: selle
fruzi = tondre jupo =: japon
kujo = traversin zuko ^ poche bruto = mors
frizi = friser jipo := corsage lipo ^= /at7/e kijo =: oreiller ziko = enveloppe brito = re/ie
Le plus bel exemple de gradation est le suivant (où intervient^ on ne sait pourquoi, le diminutif id, alors qu'on disposait encore de 2 voyelles) : chako = corps d'armée, chakido = division ; chuko = régiment, chukido = bataillon ; chiko = compagnie.
Pour la dérivation, nous avons déjà vu les dérivations immédiates des substantifs et des verbes. L'auteur définit les sens divers que prend le verbe immédiatement dérivé d'un substantif : 1" consister en — : feri = être enfer; 2» employer — (un ustensile) : gumi = gommer ; kafi = boire du café ; fuzi = tirer d'un fusil ; 3° faire un mouvement de — (une partie du corps) : kapi = incliner la tête ; 4° être atteint de — (une maladie) : varioli = avoir la variole ; 5° être en — (un lieu), habiter : varsovi = habiter Varsovie. Le substantif immédiatement dérivé d'un nom de lieu désigne l'habitant : varsovu =: Varsovien. L'adjectif immédiatement dérivé d'un verbe a le sens du participe actif : bâta = battant, vida = voyant.
Il y a des désinences caractéristiques pour les substantifs : io sert à dériver, des noms de parties du corps, les noms de vêtements ou ornements : julio = col ; des noms de métaux, le nom du minerai : ferio= minerai de fer; des noms de matières, les noms
.jQ SYSTÈMES A PRIORI
d'animaux correspondants : elefo = ivoire, elefio = éléphant ; des verbes, le nom du résultat de l'action : fuxi = trouver, fuxio = invention ; des noms de villes, le nom d'un produit : faenso, faensio ; des noms d'habitants, les noms de pays : fransu, fransio ; rusio ; rigu = roi, rigio = royaume (rigiu = habitant d'un royaume).
Il y a un certain nombre de préfixes : d'abord des i)répositions déjà connues, comme an, in; puis des prélixes proprement dits, comme af, qui signifie commencement, uf, milieu, et if, fin ; das, ■ensemble, et dis, séparément ; ad, très ; id, médiocrement ; ud, mal (en quantité) ; enfin des préfixes qui se réduisent dans récriture; à une seule consonne (appelée sigle) : le =: plus, me = le plus (degrés de comparaison) ; ni = non (négation); re signifie retour ou répétition, etc.
Il y a d'autre part un très grand nombre de suffixes. Pour les substantifs on a : ad augmentatif, id diminutif, ud péjoratif; an et in forment des noms de lieu : granino = grange, granano = grenier ; un désigne un élément : granuno = grain de blé ; ar forme des collectifs : bamo := arbre, bamaro z= forêt; abo désigne ce qui porte : gazabo = bec de gaz ; ibo, ce qui contient : skaribo =^ étui à cigares ; ubo, ce qui tient : skarubo = fume-cigare ; ajo, ijo, ce qui est formé d'une matière : linajo =; étoupe; avu, le possesseur {qui ■a) ; etu, le chef : cipetu = capitaine (de navire) ; aso, l'os : bragaso = os du bras ; oxo, l'oxyde, exo, Vacide ; uzo, l'outil ; opo, la machine, le moteur : stimopo = machine à vapeur. Il y a toute une série de suffixes pour l'histoire naturelle (caractérisant les mammifères, les oiseaux, les poissons, etc., etc.).
Pour former les adjectifs dérivés, on a : aca = plein de, uca = riche en, ica = vide de ; oja := digne de ; uka = qui peut; diruka = disert; eba = qu'on peut; videba = visible; rela = relatif à; oda = qui a la couleur de; pira = contraire à.
Pour former les verbes dérivés, on a : agi = faire, ogi = préparer : kafogi = faire le café ; ugi = fabriquer (d'où les dérivés en ugo pour désigner la machine à fabriquer — ) ; igi = faire (faire) : savi =: savoir, savigi = faire savoir ; emi = tendre à, imi = haïr ; isi = s'occuper de (par penchant ou profession) : budaisi = bouddhisme (budaisu ^ bouddhiste) ; ivi = munir de ; oci = crier comme : azinoci =r braire ; edi = manger : dafedi = déjeuner (du matin).
La composition des mots se fait comme en allemand, le mot principal à la fin : dirrumo = parloir (diri = parler, rumo = chambre).
TALUNDBERG : PERIO H
l.e Perio s'assimile les noms propres en leur imposant ses désinences et une orthographe phonétique approximative : cicerù, penelopy. parizo, londono.
Il forme les noms de tendresse au moyen de id (diminutif): karlidu = Chariot, karlidy = Charlotte. Il exclut les noms de tendresses nationaux (russes ou anglais) qui défigurent le nom original {Sacha, Bob, Dick).
SYSTÈMES MIXTES
À. IIŒSSRICH : TAL i
Le Tala été publié sous la forme d'un journal, Talnovos, d'abord mensuel, puis irrégulier, dont nous n'avons reçu que 5 numéros ; et l'auteur a disparu. D'autre part, dans le 'ï* numéro, l'auteur disait à un correspondant que l'on ne pouvait porter un jugement sur le Tal que lorsqu'il serait complètement publié. C'est donc sous toutes réserves, et simplement par acquit de conscience, que nous allons donner un aperçu de cette langue.
Dans chaque numéro du TaZ/ioyos l'auteur donnait, non seulement des tranches de grammaire et des extraits de son vocabulaire, mais des t exercices de conversation ».
Son alphabet comprend t5 voyelles, les 5 premières seules « obligatoires » : a, e, i, o, u, les autres « facultatives > : à, ô, û, à yaou)^ î (aï), û {oi), et les nasales a, i, o, u (surmontées du tilde espagnol) ; et 27 consonnes : b, c (s), d, f, g (dur), h (c/i), j (J F.), k, 1, m, n, p, r, t, v, x [gn), y (j D.), z ; e (è ouvert). 3 (c/iD.), j (/i), une lettre russe qui représente Ve atone (dit muet) et que nous remplacerons par 9, enfin 4 lettres accessoires ; q (= m), r, {= n), s (=z), j (=y), qui servent à indiquer que la voyelle précédente est atone; et une lettre muette w.
Une voyelle est brève quand elle est suivie de deux consonnes (semblables ou non).
Les substantifs ont deux déclinaisons, suivant qu'ils sont déterminés ou indéterminés. Et leur radical a même deux formes :
1. Talnovos, Monalsschrift fur die Einrûhrimg und Yerbreilung der allgemeinen Verkehrssprache Tal, journal publié par Albert IltxssRicu (Sonncberg, Thuringe). 5 n"', d'avril 1903 à mars 1904.
J4 SYSTÈMES MIXTES
pour obtenir le sens déterminé, on redouble la consonne finale : manno {homme) au lieu de mano. Voici les deux paradigmes du singulier.
Déterminé. Indéterminé.
N. manno mano
G. manni mani
D. mannu manu
A. manna mano
Le pluriel se forme en ajoutant, soit s, soit j aux formes du singulier (suivant que le mot suivant commence par une voyelle ou une consonne). Il peut se former en outre au moyen des deux séries de désinences suivantes :
Indéterminé.
ono eni ann ana
qui sont remplacées respectivement par aro, ari, aru, ara quand le radical se termine par un m ou un n. En somme, cela fait 20 désinences pour le pluriel des substantifs.
Bien que les deux formes, déterminée et indéterminée, semblent tenir lieu d'article, il y a deux articles, défini et indéfini, chacun sous deux formes : invariables, el, un (et alors le substantif se décline); variables, lo, 11, lu, la; uno, uni, unu, una, et alors le substantif reste invariable.
Chaque pronom personnel a une double forme :
Déterminé.
amo
ami
amu
ama
1" p. pi.
2e p. pi.
3« p. pi.
he, je
te, de
le, fe, ze
ve
ke, ge
pe, be
Les formes de la 2« ligne comportent la distinction des genres. Les pronoms possessifs sont les voyelles a, o, i, u, o, i préfixées.
Il y a deux conjugaisons, une synthétique, et une analytique. La synthétique s'obtient en ajoutant au radical verbal les désinences suivantes : a pour l'infinitif et Timpératif, eri pour le présent, eq pour l'imparfait, aq pour le parfait, arav) pour le plus-que-parfait, aq pour le futur, araq pour le futur antérieur, uq pour le conditionnel présent, aruq pour le conditionnel passé; arx pour
A. IIŒSSRICU : TAL 1»^
le participe présent (actif), ew pour le participe passé (passif). Le passif se compose de la désinence de temps suivie du participe passé. La conjugaison analytique consiste à mettre ces désinence& devant le radierai, comme mots indépendants. Il y a une forme abrégée pour lo présent.
Le T«/ devait avoir trois styles (comme le Volapûk), distingués par l'emploi de certaines formes. Le style inférieur ne vise qu'à la clarté; le style moyen vise en outre à l'euphonie; le style supérieur, le plus riche en formes, réalise en outre la brièveté ; il est « léger, rythmique et esthétique ». Telles sont les qualités que l'auteur attribue à sa langue, en y ajoulant une grande facilité d'ac(piisition. Il prétend en outre qu'elle est supérieure à l'Espéranto, qui ne tient pas suffisamment compte des lois de la phonétique et de la « philosophie du langage ».
Voici un extrait du Vocabulaire : mano = homme, femo ^= femme,. nino = enfant ; pato =ipère, mato = mère ; cono = soleil, luno = lane, ctelo = étoile ; pano =pain, vino = vin, biro = bière, lato = lail, buta =: beurre, vato=^ eau, hugo — sucre, timo = temps, lano^= an, meco = mois, veko = semaine, dago ^=jour, noco = nuit, rano = malin, cero :=soir, ctundo = heure; bomo = arbre, floro = fleur; maro ^ mer, rivo :=rii'tV're,lago = /ac.
Comme on voit, l'auteur choisit des racines aussi courtes que possible, sans s'inquiéter de leur internationalité.
Voici une phrase spécimen do Tal :
Vidoy ar, uje bukka nova, ka apato doneq ère lu cor amigi?
L'auteur la compare à ses traductions en Espéranto : Cu vi jam vidis la novan libron, kiun mia patro donis hieraù al la fratino de mia amiko? et on Idiom Xeutral : Eske vo av vised ya libr nov, kekos mie patr av doned presidiurne a soror de mie amiko?
Et il constate avec satisfaction que sa phrase ne contient que 12 mots, 22 syllabes, 44 lettres, tandis qu'en Espéranto elle en contient respectivement 18, 31, 69 et en Neulral : 18, 31, 68 '.
1. Los nombres correspondants sont, pour lo fran(;nis : 19, 2i, 04 ; pour l'jiuiilais: 1(5, 22, 71; jMmr ralloiuanil : 17, 29, 90; pour le Volapiik : 14, 26, .19 ; et pour lo Bola/i : 10, 32, 49. Le Tal est donc le plus court ù tous les points de vuo.