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La 1" t'dition donnait un participe futur actif : libug

22 SYSTEMES MIXTES

turc). Certaines racines sont même choisies arbitrairement, et alors l'auteur part de ce principe, que, là où 2 lettres suffisent à distinguer un mot, il ne faut pas en mettre 3 : el = évoluUon, ub = rêve, kag = col, ga ^ faim, paz = lapis. Môme les noms de pays n'échappent pas au raccourcissement : germ = Allemagne, âst = Aulriche, mad = Hongrie, ir = Irlande, tal = Italie, un = États-Unis.

La dérivation est rudimentaire : le féminin se forme par le préfixe i : idog = chienne; ig forme des adjectifs dérivés do substantifs : homig = /lumam. Le suffixe -er sert à former des noms d'homme : tabler = menuisier; bulg = Bulgarie, bulger = Bulgare. Le suffixe é sert à former toutes sortes de noms abstraits : tabé = menuiserie ; jen = beau, jenê = beauté. Quand un verbe dérive directement d'un substantif, les substantifs qui en dérivent se forment au moyen de é ou de t : pul = poumon, pulen := respirer, pulê = respiration, pult = souffle.

Les verbes immédiatement dérivés de substantifs reçoivent les sens les plus invraisemblables : tik = ticket, tiken = prendre un ticket ; af ^= singe, afen = imiter ; f ux = renard, fuxen = espionner ; ren = renne, renen = courir ; frog = grenouille, frogen = prophétiser. Le verbe dérivé d'un nom de vêtement signifie revêtir ce vêtement ; le verbe dérivé d'un nom de maladie signifie être atteint de cette maladie * le verbe dérivé d'un nom d'aliment signifie consommer cet aliment; le verbe dérivé d'un nom d'arme signifie faire usage de cette arme; mais le verbe dérivé du mot arm [arme] signifie armer. Le verbe dérivé de maison signifie habiter ; d'école, apprendre ; de fenélre, regarder ; de poste, envoyer ; de bouteille, secouer; de lune, marcher de nuit; demande, créer; et d'armée, dévasler.

Les substantifs de qualité dérivent des adjectifs au moyen du suffixe ê: jen = beau, jenê ^ beauté; jenen signifie embellir; de bu —jeune, dérive buen= enfanter.

La composition s'effectue comme en anglais et en allemand : pan = univers, kel = langue, d'où pankel ; vinfas = tonneau de vin (D. Weinfass).

Voici une phrase de pankel : pa ora o j za al nir âig jât, oit nati pankelag ; ce qui signifie : Peut-être entendrez-vous déjà à la prochaine exposition universelle les divers peuples parler pankel. Il n'est pas étonnant, dès lors, qu'un texte qui emploie 937 lettres en allemand n'en emploie que 454 en pankel.

CARPOPHOllOPHILUS »

Nous «ivons dit dans notre Histoire que le premier projet de langue a posteriori était celui de Sciiipp'ER (1839). Nous avons trouvé depuis lors un projet analogue qui est antérieur de plus d'un siècle, et qui est d'autant plus intéressant, qu'il remonte à une époque où, sous l'influence de Leibniz et de son école, les esprits étaient hantés de l'idée d'une langue philosophique. L'auteur, qui se cache sous le pseudonyme de Carpoimiorophilus, s'est simplement proposé d'élaborer une langue et écriture universelles purgées de toutes les difficultés des langues naturelles. Pour cela, il a pris pour base le latin, en y supprimant toutes les complications, irrégularités et exceptions ^

L'auteur (évidemment Allemand) réduit son alphabet à 16 lettres : a, e, i, o, u ; b, d, f, g, h, k, 1, m, n, r, s, pour éviter toute confusion entre d et t, b et p, f et v ^ Il supprime la déclinaison ; les cas seront distingués par des articles : Nominatif, ha ; Génitif, he; Datif, hi; Accusatif, ho. Les substantifs forment leur pluriel en -im (hébreu) : domus (maison), domusim.

Les adjectifs sont invariables et identiques aux adverbes. Leurs degrés se forment analytiquement : magis bonus, summe bonus.

Les pronoms personnels gardent leurs flexions latines : ego, mihi, me; du, dibi, de; nos, nobis; fos, fobis. Démonstratifs : hik, hok ; is.

Les verbes ont une conjugaison uniforme; pas de distinction de

1. Carpophoropuili novum inveniendae Scripturae Œcumenicae consiliuvt, in Acta Erudilorum, Supplemenla, t. X, sert. 1 (Leipzig, 1734\

2. « FundaiiKMiluin iuijus lingu;r e.x Inlina deâuintuiii est, sed ita ordinata oinnia, ut, sublatis oiimibus difflcultatibus, perpétua ubique sine ulla exceptione observetur Analogia. »

3. C'est ce qu'a fait aussi Eichhorn, pour In môme raison (1887). V. notre Hisloà'e, p. 293.

personne, les pronoms y pourvoient. Le présent est en -o, l'imparfait en -abam, l'impératif en -ade, le participe passif en -adus. Toutes les autres formes sont analytiques, c'est-à-dire composées avec les auxiliaires: habo, hababam pour les temps passés; fio pour le futur; fakdo pour le passif, et esso comme auxiliaire de fakdo, ce qui donne les formes suivantes au passif :

Présent : ego fakdo amadus =j^ suis aimé.

Imparfait: — fakdabam amadus = j'étais aimé.

Parfait: — esso fakdo amadus =^ j'ai été aimé.

Plus-que-parfait : — essabam fakdo amadus = j'avais été aimé.

Futur: — fio fakdo amadus =: je serai aimé K

Le subjonctif et l'infinitif sont identiques à l'indicatif présent: ego non bosso de amo = je ne puis pas Vaimer ; du non bosso fakdo amadus -=■ tu ne peux pas être aimé.

L'auteur emploie id pour sujet des verbes impersonnels, et on = on. Comme particule interrogative il emploie an.

Il adopte le vocabulaire latin, en excluant les synonymes inutiles, et en régularisant les dérivations, comme le montrent les exemples suivants:

orno = orner ornanda = ornement ornadus = orné ornalis = ornemental ornalanda = ornementation

fallo = tromper fallanda = tromperie fallans = trompeur (subst.) falladus = trompé fallalis = trompeur (adj.)

Voici comme spécimen de cette langue la traduction du Pater faite par l'auteur :

0 baderus noderus, ki du esso in seluma, fakdade sankadus ha nominanda duus; adfenade ha rennanda duus; ha folanda duus fiassade felud in seluma, sik koke in derra. Ho banisa noderus diessalis dade du nobis in hik diessa; ed remiddade du nobis ho debandaim noderus, felud nos remiddo hi debansaim noderus; ed non indukade du nobis in dendassanda; sed liberade nobis a malanda.

L'auteur compare son projet de langue à la pasigraphie de SoLBRiG {Scriptura œcumenica per numéros), et on appréciera mieux son mérite, si l'on se rappelle que pendant tout le .\vni« siècle on ne proposa guère que des pasigraphies soi-disant logiques.

1. Ce système de conjugaison est calqué sur l'allomand : habo = haôen; îio =werden (au futur); fakdo = werden (au passif), et esso = sein.

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