INTRODUCTION XXIX
Grammaire, puis le Vocabulaire, et chacune de ces parties toujours dans le même ordre (la grammaire comprenant l'alphabet et la prononciation, puis la morphologie des diverses « parties du discours », et enfin la syntaxe; le vocabulaire comprenant les radicaux, les dérivés et les composés). A cette analyse théorique nous avons joint, autant que possible, un spécimen de la langue * et, lorsqu'il y avait lieu, un Historique du projet.
Nous aurions pu nous en tenir là ; peut-être même l'aurionsnous dû, pour conserver à notre travail un caractère rigoureusement historique et objectif. Si nous ne l'avons pas fait, c'est parce que notre ouvrage a en même temps une fin pratique, qui est de propager l'idée de la langue universelle et de préparer le public à sa réalisation. Pour cela, il fallait dégager de l'histoire, impartialement consultée, les conclusions pratiques qu'elle nous paraît comporter, et tirer du passé d'utiles leçons pour l'avenir. En outre, nous tenions à rendre notre travail aussi instructif que possible, même pour le lecteur le moins versé dans la philologie. Par suite, il ne convenait pas de laisser celui-ci en présence de plus de cinquante projets très divers, sans lui donner aucune indication critique, sans lui fournir aucun point de repère et de comparaison. Il y a plus : il est impossible de donner une idée exacte et complète d'un projet par une simple analyse, forcément sommaire et abstraite, de sa* grammaire et de son vocabulaire, ou même par un échantillon de quelques lignes; il faut encore en caractériser l'esprit, la méthode générale, la physionomie, et ces considérations d'ensemble pi'ennent forcément la forme d'une critique*. Pour toutes ces raisons, nous avons cru devoir faire de chaque projet une Critique, dont l'étendue se mesure en général, non pas à ses défauts, mais bien plutôt à ses mérites, et qui est destinée avant tout à en dégager les principes elles traits essentiels. Sans doute, nous avons été ainsi conduits à louer tel détail et à blâmer tel autre, à faire ressortir ce qui nous paraissait « le fort » et « le faible « de chaque projet. Mais ce ne sont là que des apprécia-
1. Toutes les fois que nous l'avons pu, ce spécimen est la traduction du Pater : 1" parce que le texte en est universellement connu; 2" parce que ce spécimen nous était fourni par le plus grand nombre des projets; T parce qu'il est plus facile de comparer les diverses langues sur un même texte original.
2. Est-il besoin de dire que nous employons ce mot au sens propre ot étymologique, qui signilie jugement et non blâme'!