‹ Histoire de la langue universelleChapitre 279 sur 296 · II. MOI.ENAAR : UNIVERSAL (pANROMAN · texte numérisé non relu

II. MOI.ENAAR : UNIVERSAL (pANROMAN

infant, infanz; reziper, rczepzion; solver, soluzion: szienz, szientifik; komprender, komprensibl; imprimer, impres; aluder, alusion; léger, lektor. Parfois niùmc il n'y a pas do rapport do dérivation entre des mots appartenant à la même famille : grat (reconnaissant) et grazer {remercier); medik {médecin) et medizin; vit {vie) et viver; reg (roi) et regin {reine): di et quotidian; irat et koler; etc.

l'^n revanche, il n'y a aucune relation de sens entre des mots qui semblent dérivés les uns des autres et ont le môme radical : adult et adulter; fund {fond) et funder i fonder) ; furn (four) et furner [fournir); las .las) et laser [laisser); leg {loi) et léger [lire); livr [livre) et livrer {livrer); ordin {ordre, arrangement) et ordiner {ordonner, commander); prest [rapide) et prester {prêter), tent {lente) et tenter {tenter); mor {mœurs) et morer {mourir), morl (la mort) et morter {tuer) ; patr {père) et patrî {patrie), qui ne diffère du pluriel de patr que j)ar l'accent; reg [roi) et reger [régner); kapel {chapeau) et kapela {chapelle); kas {cas) et kaset [caisse), etc. lin somme, l'auteur est parfois indécis, dans la formation des mots, entre la régularité et la conformité aux langues naturelles (ainsi il admet à la fois pensativ, régulier et espagnol, et pensieros. italien); mais le plus souvent il sacrifie la régularité, et adopte telles quelles les formes latines ou romanes (valer, valor: timer. timor, timid; nezes = nécessaire, nezeser = avoir besoin, nezesiter = nécessiter).

De même, pour la relation des noms de peuples aux noms de pays, Vi'niversal ne se pique i)as de régularité, comme on voit par le titre même de la Gramatik : Italiani, Spanioli, Franzesi. Anglesi, Germant.

Les mots composés se forment comme en anglais et en allemand : universal-ling, vapor-nav, post-kart ; on admet aussi la formation romane : kongres de paz.

Voici la traduction du Pater en Universal :

Patr nostr, qui es in ziel. ton nom ese sanktifizet; ton regn vene; ton voluntat ese fazet in ter kom in ziel. Done nos hodi nostr pan quotidian; pardone nos nostr debiti, kom nos pardon a nostr debitori; e non induze nos in tentazioni, ma libère nos de mal.

G. PEANO : LA'flSO SISE I-LEXIOSE^

M. Giuseppe Peano, professeur de mathématiques à l'Université de Turin, membre de l'Académie, royale des Lincei, est un des mathématiciens et des logiciens les plus distingués de ce temps. Il a inventé en 1888 un système de calcul logique qu'il a appliqué à l'analyse des principes et des démonstrations mathématiques; il a fondé en 1891 la Revue de Mathémaliques pour exposer ces recherches, avec le concours d'une pléiade de savants qui étudient la logique et l'histoire des mathématiques*. Il ne prétend pas inventer une langue nouvelle; il a surtout étudié au point de vue théorique le problème de là langue internationale; nous n'avons donc pas ici à analyser une langue, mais à résumer des vues théoriques.

L'origine ou l'occasion de ces études a été la publication, par M. Couturat, de fragments inédits de Leibniz relatifs à la langue universelle^. Dans ces fragments, Leibniz esquissait l'analyse logique de la grammaire*. M. Peano reprend et pousse à bout cette analyse. La déclinaison est inutile, car les cas peuvent être indiqués et remplacés par les prépositions, et l'accusatif par l'ordre des mots. Les genres sont inutiles, au moins dans les

1. G. Peano, De latino sine fleiione, dans Revue de Mathématiques, t. VIII (1903); // Latino quale llngua ausiliare intemazionale, dans Atli délia R. Accademia délie Scienze di Torino l'i janv. 1904); Vocabulario de Latino internationale, comparato cum Anr/lo, Franco, Germano, Hispano, Italo, Russo, Graeco et Sanscrito (!•' sept. 1904); l'onnulario Malliematico, îî" édition (Tonno, Bocca, 1906), contenant une préface linguistique ot un Vocabulario.

2. Voir L. Couturat, Les principes des mathématiques (Paris, Alcan, 1903).

3. La logique de Leibniz d'après des documents inédits (Paris, Alcan, 1901); Opuscules et fragments inédits de Leibniz (Paris, Alcan, 1903). M. Couturat avait d'ailleurs été mis sur la voie de ces recherches par un des disciples de M. Peano, M. Vagca.

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