‹ Histoire de la langue universelleChapitre 48 sur 296 · DELORMEL · texte numérisé non relu

DELORMEL

Âlvau := nom.

Alavau = nom commun.

Alevau = nom propre.

Âlivau = radical.

Alidvau = dérivé.

Alizvau = composé.

ol ainsi de suite, les subdivisions étant marquées par de nouvelles lettres intercalaires.

Les particules sont formées tout aussi régulièrement : les pronoms personnels sont a, e, i; les nombres : za, ze, zi, zo, zu,... pour les unités, da, de, di, do, du,., pour les dizaines, fa, fe, fi, fo, fu,... pour les centaines (ba, be, bi, bo, bu désignant les unités décimales d'ordre ternaire : mille, million...); les prépositions: la, le, li, lo, lu,... les conjonctions : ta, te, ti, to, tu,...; et même les interjections : ha, he, hi, ho, hu... ,

Les mots dérivés d'un radical et ses diverses flexions se forment au moyen des l;j indicatives finales suivantes :

z marque le pluriel dans les articles et les pronoms; V l'adjectif et le nombre ordinal; b le plus-que-parfait du verbe; p le passé —

d le présent —

s le futur antérieur —

r le futur t l'adverbe; 1 le diminutif; n — comparatif;

g — superlatif;

m l'augmentatif; f — comparatif;

c — superlatif;

k la négation, ou plutôt le contraire; exemples : le ^= près de, lek = loin de; li = dans, lik = hors de; lau =: devant, lauk = derrière ; na =: avec, nak = sans.

Enfin les mois composés se forment aussi par intercalation du radical déterminant au milieu du radical déterminé; par exemple, de alve := voyelle et ze = deux on forme : alzeve = diphtongue.

Nous n'insisterons pas sur la critique de ce projet, qui n'a qu'un intérêt historique. Il suffira de remarquer qu'il a les mêmes défauts que toutes les langues philosophiques, car il

repose comme elles sur « un tableau réfléchi des connaissances humaines ». Toutes les flexions y sont également arbitraires. Il a un défaut propre, qui est la formation des dérivés et composés par intercalation : c'est là un procédé tout à fait contraire ;"i l'esprit des langues européennes, et qu'on ne saurait trop évitei-, car il dénature le radical et le rend méconnaissable; dans nos langues, un radical est un bloc, dont les extrémités peuvent sans doute s'altérer, mais dont le centre est immuable, et surtout inséparable.

SUDIIE : SOLRÉSOL *

Jean-François Sudre, né à Albi en 1787, était professeur à l'école de Sorèze lorsqu'il eut (en 1817) l'idée de prendre pour éléments d'une langue universelle, au lieu des sons divers et variables de nos langues, les sept notes de la musique, signes uniformes, invariables et vraiment universels. Ces notes pouvaient dailleurs s'employer de sept manières différentes, qui constituent autant de formes de la Langue musicale : 1" on peut énoncer ou écrire les noms internationaux de ces notes, ou seulement leurs initiales (s = si, so = sol); 2° on peut les chanter ou les jouer sur un instrument de musique quelconque; 3° on peut les écrire sur une portée comme de la musique; 4° on peut les représenter par 7 signes sténographiques spéciaux, soit écrits, soit dessinés en l'air avec le doigt-; ii» on peut les figurer par les 7 premiers chiffres arabes, ou par les nombres correspondants de coups sonores, de pressions tactiles, etc. ; 6" on peut les représenter par les 7 couleurs du spectre (feux, lanternes, fusées, etc.) ; 7" enfin on peut les désigner en touchant avec l'index de la main droite les 4 doigts de la main gauche ou leurs intervalles (qui remplacent ainsi la portée musicale). Plusieurs de ces modes de transmission peuvent servir aux aveugles et aux sourds-muets, à qui l'auteur espérait ainsi faciliter les relations sociales; d'autres conviennent aux communications à distance, optiques ou acoustiques, sur terre ou sur mer, de jour ou de nuit, ou à la corres-

1. Langue musicale universelle, inventée par Fran(;ois Siure, également inventeur de la Téléphonie. Double dictionnaire. 2* éd. xxxi -|- xxiv -j- 147 + :il7 -j- 10 p. in-i" (Paris, 1800). Grammaire du Solrésol ou Langue universelle de Fr. Sudre, par Colesias Gajewski, 44 p. in-lG (Paris, 1902).

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