Première année, 1858, p
3. Citons-on quelques-uns : P. 8 : « On a rapproché les corps; on n'a rien fait pour rnpproclier les esprits ». P. 14 : « Nul ne peut contester que
Le Comité commença par formuler les conditions théoriques de la langue universelle : il « reconnut unanimement... quelle devait avoir un caractère scientifique. Il reconnut également qu'elle devait être tout à la fois claire, simple, facile, rationnelle, logique, philosophique, riche, harmonieuse, et en outre élastique, afin de se prêter à tous les progrès futurs. Or il est évident qu'aucune des langues anciennes et modernes n'a ce caractère et ne remplit ces conditions. En conséquence, elles furent repoussées les unes et les autres à l'unanimité. »
« On examina ensuite s'il ne serait pas possible d'adopter l'une des langues vivantes les plus répandues des peuples civilisés, après lavoir améliorée, enrichie, complétée, et lui avoir fait subir de grandes modifications. Ce système eut quelques partisans; mais le Comité se convainquit bientôt qu'il ne valait rien », parce qu'une langue ainsi perfectionnée serait « méconnaissable », et « n'en continuerait pas moins à être irrationnelle, illogique arbitraire, difficile. »
« Il ne restait donc plus en présence que deux systèmes de langues : celui d'une langue a posteriori, c'est-à-dire faite de pièces et de morceaux, avec des radicaux, des onomato{)ées, des mots pris dans toutes les langues mortes et vivantes, da|)rès les idées des étymologistes tels que Volney, Burnouf, Ampère, etc. : et celui d'une langue a priori, c'est-à-dire entièrement neuve. »
« On n'eut pas de peine à reconnaître que fous les systèmes » (a posteriori) « qui s'appuient sur les radicaux sont mauvais », parce que les langues naturelles correspondent, non à l'état actuel des sciences, mais à un état de civilisation primitif et rudimentaire. Le Comité rejeta donc « toutes les langues anciennes et modernes, mortes ou vivantes, ainsi que tous les systèmes bâtis à le'ur imitation ou fondés sur les mômes principes ' », et se prononça « pour la création d'une langue apriori » ;
le besoin d'une langue universelle ne se fasse vivement sentir aujourd'hui... C'est le complément nécessaire, fatal, des chemins de fer, des télégraphes électriques, des grandes expositions, de toutes les découvertes scientifiques, de toutes les créations industrielles de notre époque. » Et l'auteur comparait les sceptiques à « ce célèbre ingénieur français qui, à l'aide de raisons puisées dans les mathématiques en général et dans la statique et la dynamique en particulier, démontra fort savamment que les locomotives ne pourraient pas marcher ». Les mômes idées et presque les mêmes phrases se retrouvent dans la brochure Pour la Langue internationale de M. Cou- TURAT, qui ne connaissait pas encore la Trilmne des Linguistes. 1. Tribune des Linguistes, p. lOn.