‹ Histoire de la langue universelleChapitre 69 sur 296 · LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE! M. RENOUVIER · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ DE LINGUISTIQUE! M. RENOUVIER

à son avis, « uno langue, au point do vue rationnel, ne doit Hre qu'une nomenclature correspondant à une classification universelle. » En un mot, il concevait la langue universelle idéale comme une langue philosophique. Par suite, il considérait que sa première lAclie était d'établir « une classification générale des choses », et il adopta un tableau dressé par un de ses membres, le D"" Chouippe, sous le titre : Origine et lien des connaissances humaines '.

D'autre part, il se mit en devoir de faire une revue critique de tous les projets antérieurs ou contemporains, qu'il jugea, naturellement, d'après son idéal de langue philosophique et analytique. Le second rapport rappelle les idées théoriques émises à ce sujet par Bacon, Descartes, Leibniz, Voltaire 2, le président De Brosses», Court de Gébelin*, lord Munboddo-', Condillac surtoutfi, qui « a l'ait ressortir... les avantages d'une langue bien faite, d'une langue philosophique et analytique »; Condorcet, qui assimilait la langue à une algèbre; Destutt de Tracv, qui déclarait la langue universelle impossible," parce qu'elle devrait être parfaite ''; VoLNEvs et Charles Nodier*. D'autre part, il expose et discute les projets de Dalgarno et de Wilkins, le « ridicule projet » de VEncyçlopédie*^, qui n'est « qu'un travestissement grotesque de la langue française » ; puis le « premier projet sérieux » et « pratique », celui de Delormel, dont « la marche était bonne », car il était « fondé sur les principes qui doivent servir de base à la langue universelle »; la Pasigraphie de Maimieux (1797) et la Po/ygraphie de Hourwitz (1801); le projet théorique de Le Mesl, président du Tribunal de commerce de Saint-Pol-de-Léon", « la

1. Cette classification, inspirée du sensualisme condillacien, est résumée dans la Tribune des Linguistes, p. 33-34. •

2. Qui disait de la diversité des langues : « C'est un des plus grands fléaux de la vie. •>

3. Traité de ta formation mécanique des langues et principes physiques de Vétymologie.

4. Histoire naturelle de la parole, ou grammaire unioerselle (1776). ,"). Essai sur l'origine et les progrès du langage (Edinburgh, 1774). (). L'Art de penf:er\ La Langue des Calculs.

7. Cette critique est péremptoire, mais elle ne porte que sur les langues philosopliiques.

. 8. Discoui's sur Vétude philosophique des langues (1819).

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