CHAPITRE XV
D' NICOLAS : SPOKIL '
Lo D'" Nicolas a commencé par tMre un atlopfo et mémo un dignitaire du Volapûk : il était vice-président du Comité central de V Association française pour la propagation du ]olapûk. Mais dès i889 il avait conçu lui projet indépendant ^, que depuis lors t il a remanié de fond en comble, jusqu'à 34 fois », tout en restant fidèle à son principe, qu'il formule lui-même comme suit :
« Combiner l'euphonie, la mnémotechnie, l'analogie, l'étymologie, l'idéographie, sur le principe de V invariabilité du mot, au moyen d'expressions synthétiques, plutôt simplement catégorisées qu'explicitement significatives, susceptibles (.Vévolution et indéfiniment perfectibles sans que la clarté du langage en soit compromise. »
Il reconnaît l'impossibilité de construire une langue philosophique fondée sur une classification logique des idées; mais il croit pouvoir créer des vocables en combinant des éléments (voyelles et consonnes) qui ont chacun un sens symbolique, et qui déterminent le sens du mot composé moins par une définition formelle que par des associations d'idées. La grammaire repose sur le même système que le lexique, c'est-à-dire sur l'agglutination d'éléments invariables.
i. Spokil, langue systématique pour les usaf/es inlernalionaux, par le D' Ad. Nicolas, médecin do 1'" classe de la marine, en retraite, lauréat de rinstitiit, etc. Extrait des Mémoires de la Société nationale d'Agriculturp, Sciences et Arts d'Angers, janv. 11)00, 48 p. in-8" (Angers, Laclièse, 1900). Nous ajoutons à cet opuscule quelques circulaires envoyées par l'auteur.
2. Rapport sur un projet de langue scientifique interna lionale, ap. Bulletin de la Société de Médecine pratique de Paris (février 1889).
Grammaire.
L'alphabel comprend 21 lettres : 5 voyelles : a. e. i. o, u (ou); et 16 consonnes, douces : b. d. g (dur), v. z, r, m, j ; fortes : p, t, k, f, s (dur), 1, n, h (c/i). Leur prononciation est invariable.
Vaccent tonique est facultatif; mais on conseille de le placer sur la dernière syllabe des mots terminés en 1 et sur l'avant-dernière des autres mots.
Les principales parties du discours sont distinguées par des voyelles suffixes, qui sont : a pour les substantifs: e poui- les verbes (à l'infinitif);! pour les prépositions et conjonctions dérivées; 0 pour les adjectifs; u pour les adverbes K
Il y a trois articles : défini : le; indéfini : ne ; partitif : me. Les substantifs ne se déclinent pas : le génitif et le datif sont remplacés par les prépositions di (de) et da (à).
La marque du pluriel est un s final qu'on peut appliffuer, soit au substantif, soit (de préférence) à l'article ou à ladjoctif possessif ou démonstratif qui le précède. Ex. : di les moda = des maisons; da les grula = aux livres. Les adjectifs qualificatifs sont invariables. Les noms de nombre sont formés systématiquement : ba, 1 : ge, 2; di, 3; vo, 4; mu, ">: fa, 6; te, 7; kl, 8: po, 9: nu, 0.
Pour énoncer un nombre de plusieurs chilîres, on énonce successivement tous ses chiffres, de gauche à droite, en intercalant un 1 euphonique à la place du point ou de la virgule qui sépare les tranches de trois chiffres. Ex. : 1.345.796 = bal divomul tepofal. Les unités décimales successives s'appellent : ha, 10; he, 100; hi. 1.000; ho, 10.000; hu, 100.000. Puis viennent baal = million; geai = billion; dial = trillion, etc.
L'auteur indique certaines variantes destinées à éviter la répétition monotone d'une même syllabe.
Pour former les nombres multiplicatifs, fractionnaires, etc., l'auteur incorpore simplement les racines qui traduisent les signes d'opérations : im = plus, in = moins, irm = multiplié par, iks = divisé par. Ex. : gilirmo = double; diliksa = le tiers.
Les pronoms personnels sont : mi = je; ti = tu; el = il; ella =^ elle; ni = nous; vi — vous; li = ils; ellas = elles.