‹ Histoire de la langue universelleChapitre 88 sur 296 · Pourquoi temes plutôt que temp ou tempor · texte numérisé non relu

Pourquoi temes plutôt que temp ou tempor

sonnes en antithèses. De même pour les voyelles : lorsqu'on na (jue ') ou 6 voyelles à sa disposition, peut-on en consacrer une à signifier l'étendue, et une autre à signifier la successioni Évideniluent non. Il en résulte que chaque lettre changera de sens d'un mot à l'autre, de sorte que son sens sera, pratiquement, déterminé par le sens de la racine où elle figure, et non celui de la racine par celui des lettres qui la constituent •. Concluons donc que les véritables véhicules des idées ne sont pas les lettres, mais les syllabes et les racines. Dés loi-s, si l'on veut « exclure lout arbitraire » du choix des racines, on n'a qu'à les emprunter aux langues naturelles, au latin, si l'on veut. Avec cette correction caiiitale et indispensable, on peut dire que le programme (le Grimm est parlait. Mais en même temps on le purge de tout principe a priori, et il devient le programme d'une langue a posteriori. On verra qu'il existe de telles langues qui se rapprochent en etïot l)eaucoup de l'idéal de Grimm, et qui remplissent toutes les conditions de son programme, excepté celle que nous venons (le critiquer.

1. On rouuiniucra ([uo co systcnio de formation des racines a été adopté par le Spokil. Aussi la crili(|ue (|IK' nous en faisons porle-t-elle contre le SpoJcil et contre lout système analojrue.

SGH LEVER : VOLAPUK '

L'auteur du Volapûk est Monseigneur Schleyer, né le 18 juillet 1831 à Obcrlauda (Bade), curé de Litzelsteltcn, près Constance, et prélat romain ^ Ses admirateurs lui attribuent la connaissance de plus de oO langues ^ Ils vantent aussi ses talents de poète et de musicien. L'invention du Volapûk serait, à ce qu'on raconte, le fruit d'une inspiration soudaine et presque miraculeuse, survenue dans une nuit d'insomnie, le 31 mars 1879. Mgr SciiLEYER a été inspiré par les mobiles philanthropiques les plus élevés : il s'est proposé de contribuer à l'union et à la fraternité des hommes; il considère son invention comme une « grande œuvre de paix », comme « un des meilleurs moyens do réaliser l'union des peuples », et il la destine à « tous les habitants cultivés de la terre ». La devise du Volapûk : Menade bal puki bal : A une humanité une langue! a été souvent mal comprise; on a cru à tort qu'elle visait l'unité de langue dans l'humanité. L'auteur déclare expressément, dans la Préjace de la f® édition de sa Grammatik, qu'on peut fort bien concilier l'amour de sa patrie et l'amour de l'humanité. Il avait d'abord inventé un

1. Grammatik der Universahprache fur aile Erdbewohner, vom Erflnder dorsclben, Johann Martin Schleyer, 5" éd., Konstanz, 1883 (contient un lexique double). La 3° éd. (1883) est la plus complète. Wôrlerhucli der Universalsprache, etc. — Aug. Iverckhoffs : Cours complet de Volapù/c (1883). Grammaire abrégée de Volapûk (1886). DiAionnaire Volapiik- Français et Français-Volapûk, précédé d'une grammaire complète de la langue (1887). Paris, Le Soudier.

2. Depuis la fondation AnBureau central du Volapûk (l88o), Mgr Schleyer habile Constance, où il vit toujours, bien que les journaux aient annoncé trois fois sa mort. 11 a reçu en 1894 le titre de camérier secret du pape.

3. Ce nombre s'élève maintenant à 83. d'après des prospectus que nous avons reçus récemment du Bureau central du Volapûk à Constance.

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alphabet universel pour la correspondance internationale et la transcription des noms étrangers (1878), et c'est ainsi qu'il fut amené à concevoir et à réaliser une langue universelle, pour dispenser les hommes de science, les voyageurs et les commerçants de l'éludi^ longue et difficile des langues étrangères. Le développement des moyens de communication, l'union postale universelle, etc., lui paraissaient entraîner nécessairement l'adoption d'une écriture, d'une langue et d'une grammaire universelles. Toutes les langues nationales ont do graves défauts et des difficultés sans nombre *. Il faut au contraire que la langue universelle ait une grammaire absolument régulière et rationnelle. Quant à la source à laquelle ses éléments ont été puisés, elle est indiquée expressément dans le premier paragraphe des Généralités de la Grammaire (§ 38, 5° éd.) : « La langue universelle a pour l)ase la langue anglaise populaire, parce que celle-ci est la plus répandue de toutes les langues des peuples civilisés (abstraction faite de son orthographe trop embrouillée). »

Grammaire.

L'alphabet du Volapûk comprend 28 lettres, 8 voyelles : a, e, i, 0, u (ou), à (è), ô (eu), ù (u français); et 20 consonnes : b, c (tch), d. f, g (toujours dur), h (c/i allemand), j (c/i français), k. l, m, n, p. r, s. t. V, X (toujours ks),y (comme dansyeua;), z (ts); auxquelles il faut ajouter Yesprit rude ' (G. ; h aspirée) 2.

Chaque lettre a toujours un seul et même son; les voyelles sont toujours longues. Il n'y a pas de diphtongues. Pour régler l'orthographe et la prononciation, l'auteur prévoit linstitution d'une Académie internationale de langue universelle '.

L'accent porte toujours sur la dernière syllabe de chaque mol.

Il y a un article défini el, et un article indéfini un, mais on ne doit les employer qu'en cas d'absolue nécessité, ou dans une traduction littérale. Ex. : no vilob eli buki. sod uni buki =je ne veux pas

1. Dans sa Grammaire, Mgr Sohleyer énumère les principaux défauts des anguos naturelles (vivantes ou mortes), et les avantages de sa langue

artilloielle.

2. Cet alphabet fait partie de V Alphabet universel, qui comprend 10 lettres de plus (soit 38 en tout), et qui devait servir à la transcription phonétique des noms propres de toutes les langues (Voir le Vocabulaire).

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