M. Kerckhoffs y a ajouté : Seanop = Océanie
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= dictionnaire (vôd = mot, buk = livre); vôdiplad = place des mots. Certains mots composés font exception ù cette règle, notamment les noms des jours et des mois, formés avec les noms de nombre et les terminaisons ùdel ot -ul (del =jour; mul = mois) : balûdel = dimanche, balul =: janvier, teludel = lundi, telul =: février, kilûdel = mardi, kilul = mars,
balsul = octobre, babul ou balsebalul = noyembre, balsetelul := décembre''.
Comme exemples de mots composés, citons encore les noms des saisons : flolatim = printemps (flol = fleur); 'itatim = été ('it = chaleur) ; flukatim = automne (fluk = fruit) ; nifatim = hiver (nif = neige).
Mgr SciiLEYER admet des mots composés de trois racines, comme : Volapûkatidel = professeur de Volapiik; tedatidastid = école de commerce (ted ^^ commerce, tid = enseignement, stid = institution); klonalitakip := lustre (klon ^ couronne, lit = lumière, kip = garde-, porte-) - ; nobastonacan, joai//erie (can = marchandise, ston = pierre, nob = noblesse); Fotazifalak = lac des it Cantons (Waldstildtersee D.).
Voici, à titre de spécimen, la traduction du Pater en Volapiik^ :
0 Fat obas, kel binol in suis, paisaludomôz nem ola! Kômomôd monargàn ola! Jenomôz vil olik, as in sûl, i su tal! Bodi obsik vâdeliki givolos obes adelo! £ pardolos obes debis obsik, as id obs aipardobs debeles obas. £ no obis nindukolôs in tentadi; sod aidalivolôs obis de bad. Jenosod!
Historique.
Le Volapiik parut à la fin de 1880; il se répandit d'abord dans l'Allemagne du Sud, puis en France, vers 1885, et de là dans
1. Mgr ScHLEYER avait aussi admis d'abord les noms suivants : pour les jours : soldel, mundel, tusdel, vesdel, dôdel, flidel, zâdel; et pour les mois : yanul. febul, mâzul, apul, mayul, yunul. yulul. gustul, setul, otul, novul, dekul.
2. Ce mot est d'ailleurs mal formé : il signifie chandelier de couronne, et non pas couronne de chandeliers (Germanisme : Kronleuchter).
■\. On remarquera que cette traduction est calquée mot pour mot sur le le.\le latin.
142 SECTION ir, CHAPITRE II
tous les pays civilisés des deux continents. Son principal i)ropagateur en France fut le D' Auguste Kerckhoffs, professeur de langues vivantes à l'École des hautes éludes commerciales de Paris, qui publia en français les manuels de Volapùk (cités plus haut), et fonda V Association française pour la propagation du Volapiik (autorisée par arrêté du 8 avril 1886). Le Comité central de cette Association comprenait des notabilités des lettres et des sciences, du commerce et de l'industrie, de la politique et du journalisme, comme MM. Lourdelet et Iliélard, les D""» Nicolas et AUaire, les ingénieurs Dormoy et Max de Nansouty, le député Raoul Duval, les libraires Le Soudier et Pedone-Lauricl, MM. Kœchlin-Schwartz, Kastler et Bcurdeley, et jusqu'à Francisque Sarcey, l'incarnation populaire du bon sens national. VAssocialion faisait à Paris simultanément 14 cours publics et gratuits, suivis par « des officiers supérieurs de l'armée et des inspecteurs d'académie ». Un cours spécial organisé par les Grands Magasins du Printemps comptait à lui seul 121 auditeurs. En un mot, le Volapiik fit chez nous des progrès rapides et eut un succès inou'i. Il en était de même dans les autres pays : toutes les grandes villes d'Europe et d'Amérique avaient leurs cours de Volapiik. Le ministre de l'instruction publique en Italie autorisait des cours libres aux Instituts techniques de Turin et de Reggio d'Emilie. L'année 1888 marqua l'apogée de ce mouvement. On comptait, en 1889, 283 sociétés ou clubs volapïikistes, répartis sur tout le globe, jusqu'au Cap, à Melbourne, à Sydney et à San Francisco. Le nombre des diplômés dépassait 1600 * (dont 950 par Mgr Schleyer et 650 par VAssociation française). On évaluait à 1 million le nombre total des Volapïikistes. Le nombre des ouvrages publiés pour l'étude du Volapiik était de 316 (dont 182 parus dans la seule année 1888); ils étaient écrits dans 25 langues (85 en allemand et 60 en Volapiik). Enfin on comptait 25 journaux consacrés au Volapiik (dont 7 entièrement rédigés en Volapiik)^. C'est en 1889 que se tint à Paris le troisième et le plus important des Congrès volapûkistes, où l'on parla exclusivement
1. Voirie Ye tabule pedipedelas (Annuaire dos diplômés) de 1889, Paris, Le Soudier, 1880.
2. 1 à Paris, 1 à Anvers, 1 à Londres, 1 à Arniicm, 1 à Haarlem, 1 à Copenhague, 1 à Stockholm, 1 à Berlin, 1 à Hambourg, 1 à Breslau, 2 à Munich, 1 à Constance (Schleyer), 1 à Saint-Gall, 2 à Vienne, 1 à Milan, 1 à Turin, 1 à Naples, 1 à Girgenti, 1 à Guadalajara, 1 à New York, 1 à Boston, et 2 à Amoy (Chine).
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en Volapi'ik, et qui semblait ronsacrer le triomphe universel et (iénnitif de la langue. Mais la mOme année vit commencer son déclin, qui fut plus rapide encore que son progrès. Pour expli- (jner ce phénomène étrange, il faut entrer dans l'histoire intérieure de la langue elle-même
Mgr SCHLEVER avait voulu doter sa langue de toutes les ressources que pont offrir une langue vivante quelconque; il prétendait la rendre capable de traduire les nuances les plus complexes et les plus subtiles de la pensée. M. Kerckhofks, au contraire, la considérait surtout comme une « langue commerciale », et, en fait, c'est à ce titre qu'elle fut surtout pratiquée. Or, pour cet usage, les Volapùkistes de France et des autres pays (sauf l'Allemagne) trouvaient la langue trop compliquée et trop difficile. Et lorsque M. Karl Lentze, le i«'" volapûkatidel du monde, vantait les 503.440 formes différentes que peut prendre un verbe en Volopûk, M. Kerckhoffs répondait que cette richesse prétendue était un défaut, et qu'elle « conduirait infailliblement le Volapiik à sa perte > ^ En un mot, Mgr Schlever avait voulu créer la langue la plus riche et la plus parfaite (littérairement) ; M. Kerckiioffs et la plupart des Volapùkistes réclamaient la langue la plus simple et la plus pratique. De cette divergence de conceptions devait naître un conflit inévitable 2.
Tout d'abord, M. Kerckuoffs s'efforça d'introduire dans ses manuels de roiapiïA: quelques tsimplifical ions; adoptant et respectant les principes du Volapiik, il se borna à supprimer les formes grammaticales qu'il jugeait superflues, et à régulariser le vocabulaire ^ Nous allons énumérer les principales des corrections introduites ou des réformes proposées par M. Kekckiioffs.
Dans Valphabet, suppression de l'esprit rude ', remplacé par h, et par suite remplacement de h par k : ' it devient hit (chaleur); hem devient kiemav {chimie).
Suppression de la transcription des noms propres au moyen do l'alphabet universel (d'ailleurs insuffisant). Chaque nom propre devra s'écrire et se prononcer comme dans sa langue d'origine.