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0. Propositions de l'Association des Volapiikistes espagnols (présidée par M. Iparraguirre) et de M. Ferretti, membre italien de l'Académie du Volapûk (Le Volapûk, p. 153 et 237).
SCHLEYER : VOLAPOK 147
Le premier, convoqué par Mgr Schleyer, avait eu lieu à Friotlriclishafen (sur le lac de Constance) les 25-28 août 1884. Il ne comprenait guère (et pour cause) que des Allemands, et les désaccords auxquels nous venons de faire allusion ne s'étaient pas encore produits. Il élut un comité chargé de préparer un second Congrès, plus international. Celui-ci se tint à Munich, les 6-9 août 1887, sous la présidence de M. Kirchhoff, professeur de géologie à l'Université de Halle : il réunit plus de 200 Volapûkistes de diverses nations. 11 fonda le Vohipiikakhib valemik (Association universelle des Volapûkistes), et institua une Académie internationale de Volapiik « chargée de veiller au développemont régulier de la langue, à la conservation de son unité, et à l'élaboration du dictionnaire ». L'Académie devait comprendre des Kademals (membres du grand conseil), des Eademels (simples académiciens) et des Kademans (membres correspondants). Le Congrès élut 17 Kademals représentant 13 pays*. Mgr Schleyer devait être grand-maître (CifaI) ta vie; M. Kerckiioffs fut élu à Tunanimité directeur (Dilekel). Quant aux réformes à introduire dans la langue, le Congrès ne les étudia pas en détail, et s'en remit à l'Académie'^. Celle-ci n'avait que des statuts provisoires; elle devait élaborer ses statuts définitifs et les soumettre au Congrès suivant.
M. Kerckiioffs proposa à l'Académie le programme de travail suivant :
« I. Alphabet : !<> Sons; 2'^ Lettres.
« II. Formation des mots: 1° radicaux; 2° dérivés; .3° composés.
« 111. Place des mots (syntaxe).
« IV. Grammaire : 1° déclinaison; 2° conjugaison; 3'^ usage et signification des particules.
« V. Examen des mots défectueux du vocabulaire.
t VI. Admission de mots nouveaux. »
Mgr Schleyer parait avoir reconnu en principe l'autorité de l'Académie, puisqu'il fut le premier à lui poser plusieurs questions, dont voici les principales :
1. lisse complétèrent ensuite par cooptation, ce qui porta leur nombre à 20 (Le Volapiik, p. 178).
2. Toutefois, le Congrès de Munich décida de substituer partout le préfixe féminin ji- à of-, et Mjjr Schleyer introduisit celte réforme dans l'édition de 1888 de son Dictionnaire. M. Rehckhoffs était, au contraire, d'avis de remplacer partout ji- par of-.
« Que doit-on le plus rechercher dans la formation des mots nouveaux, la brièveté ou la clarté?
La lettre initiale des radicaux peut-elle être une voyelle?
Peut-on et doit-on établir une règle fixe pour l'emploi du conditionnel et du subjonctif? »
Par les deux premières questions, il remettait en discussion deux des principes essentiels de son vocabulaire, et par la troisième il avouait un des vices de sa grammaire.
M. Kerckhoffs posa à son tour diverses questions à l'Académie, et la première (conformément au programme) fut celle-ci : « Doit-on admettre les sons à, ô, u; h, r, x, z; dl, tl? » Comme on le voit, il ne s'agissait pas là de corrections de détail; car, ainsi que M, Kerckhoffs lui-même l'avait fait observer*, l'exclusion des voyelles infléchies devait entraîner un « remaniement complet » de la grammaire et du vocabulaire*. M. Kerckhoffs hésitait à les bannir; mais il était d'avis d'exclure entièrement le son h {ch allemand), les doubles consonnes dl, tl, et de remplacer X et z par ks, ts. L'Académie décida (à la majorité) de conserver à, ô, ù, mais d'en éviter l'emploi à l'avenir; de conserver r et z; et de rejeter h, x, dl, tl.
M. Kerckhoffs posa ensuite une série de questions sur le choix des radicaux et la formation des dérivés. L'Académie répondit par les décisions suivantes : « Il est permis d'adopter des radicaux quelconques, mais, quand il est possible, on doit préférer les radicaux courts existant déjà dans des langues nationales, » « 11 n'est pas indispensable de conserver la forme originaire des radicaux. Mais la meilleure forme est celle qui ressemble le plus à la forme originaire (Ex. : baromet, telegraf)^. » En outre, « on doit éviter des radicaux trisyllabiques; tous les radicaux qui appartiennent aux principales classes de mots doivent prendre les désinences caractéristiques » de ces classes (par exemple les noms de pays en -an) ; enfin, « les radicaux polysyllabiques ne doivent pas avoir des terminaisons qui sont employées comme suffixes. »