‹ Histoire de la latinité de ConstantinopleChapitre 27 sur 74 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

ST-QEORGBR. — ST-L0U13, LES RB. PP. CàPUCINS.

Nous avona constaté la présence des disciples de St François d'Assise à Constantinople dès le commencement de l'Ordre, et du .vivant même du fondateur. Nous avons ensuite raconté l'histoire locale des deux premières branches de cet Ordre, les Conventuels ou Cordelière, et les Observants, Soccolants et Réformés, (C. G. III et VI.) il nous faut arriver h la troisième branche de l'Ordre Franciscain, les Frères Mineurs Capucins, qui eurent à CP. deux églises, dont une est encore en leur possession. Lem- Réforme naquit dans le sein de l'Observance en 1525, mais ne tarda pas à s'en séparer. Après diverses péripéties et de nombreuses oppositions, dont nous n'avons pas à nous occuper ici, les Capucins furent définitivement constitués en un Ordre religieux, formant une branche de l'Ordre de St-François, distincte des deux autres. (Bulles des Papes Clément VII, Paul ni, Pie IV 1538-1560, etc.)

Nous parlerons successivement des deux églises qu'ils ont eaes à CP.

SI

ST-oEOROEs (église encore existante).

Les documents écrits et la tradition sont les deux sources de l'histoire : or quand il s'agit de St-Georges, comme des autres

églises de Galata, les plus anciens documents écrits ne remontent pas au delil du xu[° siècle. St-Qeorges était cependant de beaucoup antérieur k cette date : il parait môme remonter anz premiers Ages du christianisme, car il semble devoir son origine à i'Atasma, ou fontaine sacrée, qui se trouve dans son enceinte. Saivant une ancienne tradition populaire, cette fontaine était dédiée à une divinité payenne, sans doute à Apollon, qui y possédait un autel ou un temple. La Vierge Irène, fille dn roi, ou prince, Licinius, y fut amenée, dans un jour de fête, et sommée de sacrifier li la divinité qu'on y adorait. Comme elle s'y refusa avec une grande constance, elle y subit un douloureux, mais glorieux martyre. Les chrétiens s'emparèrent de son corps, l'ensevelirent avec honneur dans un autre endroit, et conservèrent soigneusement son souvenir-

Lorsque le christianisme fut vainqueur du paganisme, les empereurs, à OP., comme ailleurs, consacrèrent à Dieu et à ses saints les anciens sanctuaires des divinités payennes, pour détourner, au profit des nouvelles croyances, les traditions populaires difficiles à déraciner. St Élie ou St Michel remplacèrent Jupiter, et St Georges, le chevaher chrétien, prit souvent les autels d'Apollon ou de Mars. C'est ainsi que le culte du glorieux martyr dut s'établir sur le puits sacré de la montagne de Galata, où avait été martyrisée Ste Irène. C'est ainsi que le culte de la patronne de CP. s'unît à celui du martyr de Nicoraédie, et qu'ils ont persisté ensemble jusqu'à nos jours.

( Presque au milieu de Galata, là où sont les habitations des négociants français, dit Carbognano ', se trouve aussi l'église de St-Georges 3 sise, rueTchinar^ sur la colline > et dite, pour ce

' Descrizione lopograflca di CP., 1Q4.

1 Cf. ConstantinopoIiB Cbristjana : L. IV, 85,

' \a rue Tcbinar est l'une des rues les plus rainarquablea de Galata par les souvenirs qui s'y rattachent. En gravissant la rue Perche mbê- bazar, et regardant la tour du Christ, qui la termine, l'angle de cette rue. bordant celle de Perche mbè-bnzar, est formé par l'ancien Hôtel de ville ou des Podestats, transformi! en Khan, ou réunion dans une même enceinte de comptoirs da commerce ; un peu plus loin, sur la partie gauche de la rue, se trouve l'église de SlrGeoi^es que l'on peut regarder, en quelque sorte, comme a nationale > ; puis revenant en arriére, après avoir traversé la rue Percbembébazar. on trouve, au fond de la prolongation de celte même rue, à droite, une maison portant l'écusson (tes armes de France, prés d'une des portes du local occupé naguère par la Banqua ottomane, et dépen-iant du couvent de St-

motif, selon Byzantlos, S. Giorgio a monte, ou S. Georges du Mont, suivant les archives des Capucins. Le même Byzantlos, sans d'ailleurs indiquer ses sources, rapporte que St- Georges aurait été la métropole et la cathédrale des Génois, durant leur possession de Gatata, avant la conquête ottomane.

La dé limitation du bourg de Oalata, en 1303' parle d'une ^lise de St-Georges c divini ac reverendi templi sancti et magni martyris beati Geoi^il i, sans indiquer toutefois le rit auquel elle appartenait ; certains archéologues sans avoir égard à la tradition et aux raisons rapportées ci-dessus inclinent à penser que l'église actuelle ne fut placée sous ce vocable qu'à une époque relativement récente ; s'il en était ainsi, aurait-elle reçu ce titre en souvenir de la mère-pairie, quand la colonie fut détachée de la métropole ? St Georges, » le chevalier du Christ, > était, on le sait, le protecteur de Gênes^ ; et, à la restauration byzantine, les débris du palais du podestat vénitien à Constantinople, démoli par les Génois, furent envoyés à Gênes par ceuxci pour y être employés à la construction de l'église St-Georges, dans la métropole ^.

La mahone ou banque de St-Georges était l'an des principaux établissements financiers du moyen âge*; et ce fut al magistrato di S. Giorgio, dont les membres étaient dits compères de St Georges, que Gênes, à l'époque de la conquête ottomane, remit la souveraineté des colonies du Levante

Aussi tout en n'étant pas la principale église de Galata, selon l'ordre hiérarchique et religieux, l'église St-Georgea parait-elle avoir succédé, au point de vue politique, à celle de St-Michel ; c'était là, qu'en souvenir du protecteur de l'ancienne métropole, on célébrait la fête patronale et nationale de St Georges, protecteur de la République de Gênes.

Pierre. Ce local fut occupé, à certaine époque, par l'ambassade rrançalae, et plus tarJ par le consulat de la même nation. (V. ce que nous disons à propos de St-Benoll.)

< Sauli, for. lauft.

> Sauli, toc. lau'l., II, 75.

" Du Congo, Hittoire 'le l'empire de CP.. 1826, 360.

* Depping, loe. laud., I, EIT; II,221;Matastrie, HUtoIrt de l'île de Ckgprt, m, 64.

* Sauli, loe. laad., II, 173.

On lit dans une lettre de M. de Germigny, du 17 mai 1580 ', ( le treizième du mois d'avril (V, S.), pour la St Georges, ayant esté invité à une fête solennelle, par les Seigneurs Pérotz, en l'église dudit saint, je m'y trouvai avec le sieur vice-baile des Vénitiens, qui m'accompagna, ensemble les dits Pérotz, où l'èvèque de Scio, estant à présent en ce lieu, fit l'office et ung sermon -. »

En 1796, le T. R. Ab. D. Guillaume Marquis, Vicaire général du patriarcat de CF., déclara Fêtes de précepte, comme avant la conquête, le 23 avril, fête de St Georges, et le 16 août, fête de St Roch, le premier comme patron secondaire de la ville, le second comme son protecteur contre la peste. Trois ans plus tard, Mgr Fonton prit une décision du même genre, mais elle ne fut pas approuvée par la S. Congrégation, qui ordonna que les deux fêtes seraient célébrées solennellement à leur jour d'incidence, 28 avril et 16 août, mais que la seconde seulement serait chômée. Ce décret est encore en vigueur.

A l'arrivée des Jésuites, en 1583, l'ambassadeur d'Angleterre demanda l'église St-Georges, sous le prétexte que c'était une église abandonnée. M. le Baile de Venise, pour lui ôter ce prétexte, y envoya son aumônier pour y dire la messe; et le P. Mancinelli, jésuite, y allait chaque jour, pour faire le catéchisme aux enfants; par là ils empêchèrent que cette église ne devînt le < prêche » des Anglais^.

L'église de St-Georges est citée par Crusins* au nombre des

' Sfgociationa, etc., [11,904.

» V. St-flenolt. oh. V sup.

3 1^ baile vùniden Matteo Zane, dans son Mémoire de 1594 {Reliu. cen. 3- série, IIl, 405). rapporte le fait suivant : « L'ambasciatore d'Inghilterra ultimamente si i atlentato di domandare una ckieita rattolira di Fera, per introdurvi un predicatore calvinista, che easo dice di cbiamare da Ginevra. > Il ne parait pas. toutefois, d'après les termes mêmes de ce dire, ni d'apràs la tradition.que le fait ait jamais reçu son exécution. Il existe actuellement à P^ra.quatre chapelles protestantes : l'une dans l'enceinte du palaîad'Anglelerre. une autre dans celle du palais de Hollande,la troisième dans celui d'Allema' gne, et depuis la guerre de Crimée, l'ambassade d'Angleterre a obtenu la concession d'un terrain, sis sur la colline de St-Théodore, probablement làoii Bultan Mehemmed avait établi une batterie d'artillerie contre la ville de CP. (Hammer, II, 412.) Sur ce terrain l'ambatsade anglaise a fait construire uns belle église, celle du Christ, dite aussi ■ Mémorial Church n : elle est tout prés d'une mosquâe, séparée seulement par quelques mélres-

* Turco-Grœcia, 52.

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huit églises de Péra. Dans sa lettre dn 21 octobre 1618, an Père Vicaire général des Dominicains, la Comunità rapporte que St-Geoi^es aurait été desservi, quelques années avant cette date, par un conventuel, pi)is, successivement, par deux capucins, un prêtre cbiote, un religieux qui 'g faisait la classe, et, finalement, par un dominicain. Aa départ de ce dernier, le vicaire-général de ces réguliers ayant voulu conserver cette desservance, il en résulta des démêlés avec la Comunità ; %i, en vue probablement de trancher le différend, celle-ci aurait tenté, en septembre 1609, de faire donner ce monastère aux Jésuites, pour y établir une école plus rapprochée que l'abbaye des habitations franques ' / elle s'adressa à M. de Brèves; alors à Rome, en lui demandait de lui prêter son appui, dans ce sens> auprès du pape. Des ordres furent donnés ; mais les Dominicains, sur l'ordre de leur général, continuèrent d'occuper St-Georges, où ils administraient les sacrements et faisaient la classe '^ ; d'autre part, la Comunità, abandonnant son premier projet, demanda le renvoi du difTérend à la décision du Vicaire patriarcal, et consentit à ce que la desservance de St-Georges fût réservée, à tout jamais, à l'un des trois Ordres : Mineursobservantins, Dominicains ou Conventuels. A la suite de ce compromis et après examen, le P. Giuseppe, des Mineurs-observantins de St-François, gardien-commissaire de Ste-Marie de Pêrn, t vicario patriarcale générale apostolico délia citfà e diocesi Constantinopolitana, » débouta c le vicaire de St-Pierre de Péra » de ses prétentions ; il aurait ordonné en outre, sous les peines canoniques, d'après le P. Barbieri, citant les archives de

■ Comme il a été dit (ch. v, St-Benolt,) les habitations franquca se trouvaient surtout au quartier do Percbembé-bazar, dans les plus anciennes enceintes àe Galata, là où se trouvait aussi alors la résidence de l'ambassadeur de France.

^ D'après le registre du Procureur de St-Pi«rre, la desservant de St-Gforges. dominicain, était qualifié de Capellano di San Giorgio, ses honoraires lui étaient ]jayés au couvent de St-Pierre, et se montaient, en 1613 et Ifiia, à 720 aspres, dout SO équivalaient à un Aslàni, ou talari au lion, de Hollande. — Les archives des Dominicains relatent qua ces religieux dessen'aient cette église en 1620, et qu'un legs rut fait par moitié entre St-Georges et St-Pierre; Zorzi Drapérla étant procureur de St'Geiirges, en 1625. Il ne semble pas néaumoins que jamais cette église ait appartenu aux Dominicains, quoiqu'ils en aient eu souvent la charge, taus doute à cause du voi-

St-Antoine, de remettre les clefs de St-Georges à la t Comunità di Para», qui en était légitime propriétaire. Les Dominicains la desservaient alors depuis dix fins.

Le 27 octobre suivant, la desservance de St-Georges était donnée à un Mineur-Observantin ; et, en mai 1623, cette église étant restée close depuis plusieurs mois, la Comunità y plaça un desservant chargé de la tenir ouverte, choque ma.i\a,coTn.me d'usage.

Finalement, cette église et le petit couvent en dépendant furent remis, le 15juillet 1626, aux PP. Capucins, venus à Coostantinople par l'entremise de M. de Cèsy, ambassadeur de France.

Selon un document manuscrit faisant partie des archives de St-Louis, les premiers Capucins venus à CP. furent les Pères Giovanni Juarcz, de Castille,et Giovanni,delaPouille, (enl551) lesquels ayant été arrêtés, furent envoyés en Egypte, où ils moururent dans les prisons. Ces missionnaires ne faisaient pas partie d'une mission régulièrement constituée, et ils ne furent pas remplacés.

Mais, en 1586, M. de Lancosme avait proposé au roi de remplacer les Jésuites de St-Benolt par des cappuchlns, et le 20 janvier 1588, le même ambassadeur écrivait à Henri III, qu'il avait obtenu, pour ces religieux, < ung commandement générai, afin que tousceux de leur Ordre pussent seurementet librement aller et venir en tout cest empire. »

D'autres furent donc envoyés à CP. en 1587, (comme il est dit Ch. V, St-Benolt). S. Joseph de Léonissa, fut le plus remarquable de cette seconde colonie capucine : les uns succombèrent, victimes de la peste, les autres retournèrent en Italie. Enfin, en 1635, les religieux de cet Ordre parvinrent à s'établir déGnitivement en Levant.

Le Cardinal de Richelieu était ministre du Roy de France, Louis XIII, et le P. Joseph de Paris, capucin, plus connu sous le nom de Père Joseph du Tremblay, était secrétaire et conseiller de Richelieu. Or le Père Joseph avait spécialement à cœur la conversion de l'Orient, comme en témoignent ses lettres et son poème, la Turciade. Il avait été nommé, avec le P. Léonard de Paris, préfet, pour dix ans, de toutes les missions des Capucins français, par Bref pontifical d'Urbain VIII, avec mis-

sion d'envoyer des religieux en Levant et spécialement à CP. Les premiers Pères furent les PP. Archange des Fossés, ou de Fossé, Léonard de la Tour, Évanjîéliste de Reims, et Raphaël de I;i Neuville-Roy, ou de Gompiègne. Ils partirent de Paris le 5 février 1626, munis de lettres royales pour M. de Césy, ambassadeur de France en Levant, ainsi que d'une ordonnance royale du 30 janvier, de la même année recommandant ces religieux « à tous les Rois, princes, seigneuries, républiques et potentats des lieux de leur passage. » Arrivés il CP.iIsse rendirent aussitôt, (7 juillet 1026,) à « la maison du Roy, aupri's de M. de Césy, auquel ils présentèrent les lettres de crédit du Roy. > (D'après des documents sérieux, le P. Archange de Fossé, était parent de M. de Césy et devait, par suite en être bien connu.) Pendant huit jours, ils occupèrent un logis voisin de l'ambassade, « pendant que lesMessieurs de Péra se disposaient à les accommoder d'une église et d'une maison. Du consentement de l'ambassadeur, ils allèrent visiter le BaiJe de Venise, seigneur Justinien, le Cavalier Ros, ambassadeur d'Angleterre, et l'ordinaire (Vicaire patriareal).... Ils se rendirent ensuite auprès de t la Communauté des Péraux,» o,'i ils furent introduits le 15 juillet, en un lieu qu'on appelle Ste-Anne. On leur fit prendre place dans la principale chaire, destinée pour le Vicaire patriarcal, qui est le Supérieur ou directeur de la Communauté ; et après le discours par lequel le Père Archange, supérieur, oSrait ses services spirituels à la Communauté, le Sieur Antonaki de Negri, prieur, drogman de France, souhaita la bienvenue aux religieux, et leur promit son assistance. Le soir même la c Communauté » vint dire au Palais de France, qu'ils avaient décidé de donner aux Capucins le choix de l'église St-Jean, ou de celle de St-Geot^es du Mont. Les Pères acceptèrent cette dernière église, quoique fort délabrée; et le dimanche suivant, 19 juilletjils en prirent possession'. Le Supérieur,Père Archange des Fossés, y dit solennellement la messe, en la présence de

■ Le L'bro maetlro délia Comunilà rapporte, in exleruo, le texte de la patente délivrée aux Capucins, et les mettant en possession da St-Oeorges. Cette patente, datée de Péra le 15 juillet IGîG. est signée de Negri, prieur, Nicolo Dmpéris. sous-prieur. Cet acte est suivi du récépissé de cette patente, remis à la Comunità par les Pores, sous la date du 17 du même mois. Elle est signée par les quatre Pères.

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tous les habitants de Péra, cela a été le premier établissement des Capucins Français dans le Levant ' . »

Dans ces actes le P. Archange est qualifié de i de prédicateur capucin, supérieur des PP. Capucins de Galata et Péra, Custode de la Custodie de Grèce, quoiqu'indigne. t Les Capucins de CF. ne restèrent pas longtemps isolés dans le Levant ; vers le milieu du siècle, ils étaient partagés en trois Custodies, relevant d'autant de Provinces françaises. La Province de Paris avait la Custodie de Grèce, avec douze Stations, savoir : celles de Galata et de Péra à GP., celles de Smyrne, Chlo, Athènes, Napoli de Remanie, . Candie, Naxie, Paros, Milo, Syra et Quoch-adacy ou Scala nova dans le golfe d'Éphèse. La Province de Touraine avait, en Turquie, la Custodie de Syrie, avec sept stations, savoir : Nicosie et Larnaca en l'Ile de Chypre, Alep, le Grand Caire, Diarbékir, Ninive et Babylone. La Province de Bretagne avait la Custodie de Palestine, avec sept stations, savoir : Damas, Tripoli de Syrie, Barut, Saide, et trois dans les montagnes du Liban.

Les Capucins de St-Georges acquirent bientôt certains immeubles, autour de leur église pour le développement de leurs œuvres. L'un des Hudjets, (titre de propriété), délivrés par le Mehkèmè de Galata, en 1040=1630, porte que ces immeubles, acquis par l'église St-Georges, quartier de Bereket-zadi, à Galata, sont acquis au nom de l'ambassadeur de France. Dans deux autres Hudjets, l'un de 1651, l'église de St-Georges est qualifiée d' «église franque de Galata, au quartier de Longiulazè. t Dans un autre, de 1670 elle est appelée i l'église Franque de Galata, ayant un puitS, dans son enceinte. »

En même temps que les Pères prenaient possession de l'église de St^eorges, t ils se mirent aussi dans la petite maison qui y était jointe, du côté de la tramontane, la séparant en petites cellules, avec un petit dortoir, (c'est ce qu'on a appelé depuis le petit couvent).,.. Ils y demeurèrent jusqu'à l'incendie de Galata, arrivé le 11 avril 1660, où leur église de St-Georges et cette petite maison furent brûlées, avec six{?) autres églises latines. >

' Il était bien entendu que liis Capucins de St-Georges venaient à CP, tema cura parochiale, s disent les mémoires.

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Dès leur arrivée, les Capucins se livrèrent avec zèle à tous les travaux du ministère, prédications, catéchismes, soins des pestiférés et des esclaves dans les bagnes, conversion des hérétiques et des schismatiques. Peu après, le 14 juillet 1628, t messieurs de la Communauté de Péra prièrent le P. Archange qu'ils fissent aussi l'esciiole : notre habitation de St-Giorge estant trop petite et incommode pour tel exercice, ces Messieurs s'offrirent de louer pour cela an grand magasin fort clair, au coing de la rue de St-Giorge, de notre môme côté en allant à St-Pierre.»

Informé des fruits spirituels donnés par les missions des Capucins, le Roi Louis XIII, en 16S7, leur assigna la pension allouée jadis, par François 1", aux Observantins de Terre Sainte. En 1628, le 22 juillet, il leur délivra une patente signée, au camp devant La Rochelle, déclarant que « les capucins étaient placés sous sa protection spéciale, et que les Consuls français les pourraient loger, nourrir et admettre pour leurs chapelains, excepté ès-saints lieux, oii lesdits Pères Cordeliers ont des monastères ou couvents de plusieurs religieux. » Ces patentes furent renouvelées, confirmées et étendues le 22 février 1644, le 17 mai 1675, le i"' mars 1724, etc. Les documents authentiques sont conservés dans les archives de St-Louis de Péra : ils ont été publiés, en partie dans V Histoire des Missiojis capucines, du T, R. P. Rocco da Cesinale, (Mgr Rocco Cocchia, archev. de Chîeti).Par d'autres lettres patentes du 17 août 1718, renouvelant des patentes plus anciennes, une pension de 12,000 livres, dont 6,000 pour les missions du Levant, fut constituée aux missions de l'Ordre, sur les gabelles du Languedoc.

La maison dont il a été question plus haut, < en arrière de l'église St-Georges, étant trop petite, le R. P. Joseph de Paris, ministre d'état, envoya à M. de Gésy, l'ordre d'acheter, « au nom du Roy, comme étant acquis et payé de ses deniers, pour l'avancement des œuvres de Capucins, la maison de Stefani Piron, jointe à l'église de St-Georges. * Le premier Hudjet de cette propriété futdressé en juillet ou'aotU 1U37, et déposé aux archives de l'ambassade de France. Cette affaire traîna toutefois en longueur par suite des créances de tiers sur le vendeur ; elle fut portée en arbitrage devant le baile vénitien, Âloisio Contarinî, et le représentant hollandais, Cornélius Haga, qui le 29 juillet 1637, rendirent leur sentence arbitrale, ordonnant la

remise de cette maison aux mains de M. de Césy. Un hudjet pour cette maison dit qu'elle est située à Galata, au quartier de Kysyp-Elias(?).

Les affaires de la guerre de Crète avaient motivé, le 18 mai 1650, le départ du « bail Soranzo, pour Venise, avec tous les marchands vénitiens ». Le 3 novembre 1651 * les églises latines furent butlées, (scellées) à l'occasion d'un vénitien que l'on cherchait. Estant advertis que l'on avait bulle déjà celle de St- FVançois, les Capucins retirèrent promptement le St-Sacrement de leur église de St-Georges, et les ornements de la sacristie, ne sachant pas ce pourrait arriver. Elles demeurèrent bullées l'espace de dix jours, et ce fut le Woivode de Galata qui les bulla.... lesdites églises furent débuUées au nom de M. l'ambassadeur de la Haye ; et MM. Roboly et Legrand qui avaient été mis en prison le jour du bulland, pour le même vénitien, ont été délivrés par sa dite excellence. »

Comme antérieurement les Jésuites, les PP. Capucins furent chargés aussi de négociations tendant à l'union des deux églises d'Orient et d'Occident. Le Père Archange des Fossés, dans un de ses voyages, présenta au Hoi Très Chrétien une lettre du patriarche de CP. < suppliant 8a Majesté de se rendre protecteur de l'Église d"Orient ; et remit en créance sur ledit Père de dire à Sa Majesté l'état de ladite église ; à quoi satisfaisant, il a assuré S. M. que ledit patriarche est entièrement orthodoxe, même à l'égard du Pape et du St-Siège. » Le Père Archange se rendit aussi à Rome, pour informer le Pape des bons sentiments dudit patriarche. Puis il revint en Levant pour achever sa mission '.

Le Sieur Torsia, en 1652, le 8 août, prévientle H. P. Thomas que la Comunità écrivait à la Sacrée Congrégation pour solliciter son élévation à la charge de vicaire patriarcal-.

Gomme nous l'avons vu déjà, «ne cérémonie spéciale réunissait toute la Latinité pour la commémoraison des morts. Le

I Archives des Capucins. Mémoire au sieur de la Haye Vantelet, ambassadeur en Levant. Ce patriarche était probablement Cyrille de BSrée, patriarche pour la troisième fois, et qui succéla à Cyrille Lucaris, lora de aa deu.^i6me déposition; il fut lui-mâme déposé et exilé en 1639. 1^ successeur de ce dernier, Parthénios, conrlanina en concile les doctrines calvinistes de Cyrille [.ucaris.

' Le F. Thomas, Cuslode, est inscrit sur la pierre tombale des Capucins, mort de peste en 167L

3 novembre 1653, t le B. P. Thomas, pro-vicaire patriarcal, alla otncier aux sépultures de morts, assisté des carés et de leurs religieux, qu'il laissa aller prier sur les tombes des particuliers et se retira. Ils étaient venus à St-G-eorges le prendre, mais il était déjà parti, les curés et autres religieux attendirent le P. Thomas à la porte de l'ambassade où il était, et allèrent tous en compagnie aux dits sépulchres. t

€ Le 29 du même mois,premier dimanche de l'Avent, M. l'ambassadeur vint ù St-Georges, comme il sonlaît aller à St-François, quand le vicariat y était. Les religieux de St-François, St- Pierre et de Sle^Marie, tous venus pour aider au P. Tiiomas à clianter une messe haute, et ceux de St-Prançois avaient apporté des dalmatiques violettes. Le Père Robert de Vantelet y prêcha en français à toute la nation, >

Comme St-François, St-Pierre, Ste-Marie, Ste-Anne, St-Sèbastien et 8t-Jcan, l'église de St-Georges fut détruite, dans la nuit du 10 au H avril 1660, par le feu c qui dévora presque toute la ville de Galata ' ; et mesme année fut ladite église rebasiie en forme de grand magasin, avec des chambres au-dessus pour oster tout soupçon que ce fnst une église ; mais se doutant bien qu'avec le temps, ledit magasin serait converti en église, tout le bâtiment fut jeté par terre, et fut conQsqué au grand-seigneur et par luy fait vacouf. Puis, la mesme année, la place de ladite église fut achettëe par un Turc, pour y bastir; et, en échange d'icelle, il en donna une autre à la mosquée qui estoit plus à l'avantage d'icelle mosquée ; ledit Turc vendit encore une partie de ladite place à un juif, qui y bastit une maison et le reste demeurant en cour, sans être b&ti^. >

I Archives des RR. PP. Cajmcina.

» Danason Thi'ûtre de la Turquie, Paria, 1686, p. 28<,in-4-, Michel FebTM rapporte ce fait, dans une de ses parljea Beuleinent ; mais il dit avec exactitude que, ■ si une églite vient à se brûler, les Turcs s'emparent du fond, c'est-à-dire du lieu sur lequel elle estoit bastie, en sorte que les religieux ou les chrétiens auxquels elle appartenait ne peuvent plus rieu prendre A cet espace :ie terre qu'elle occupoit, ny le joindre à un jardin ou k une court, à moins qu'on ne le rachelte d'eux. .1 St-Georges fut dans ce cas, et il eo fut de même, plus d'une fois, pour St-Françoia comme on l'a vu plus haut.

On peut consulter sur la conservation, la réparation ou la construction des églises en pays ottoman notre Étude sur la propriété, p. 97; comme anasl lea dis|>ositions di Khatti-bummaium de 1586, modiSant l'ancienne jurisprudence, tout en maintenant les principes.

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On lit au sujet de cet incendie, dans un mémoire MS. de l'époque : < le cinquièsme de may, jour que les Capucins de St- Georges faisaient l'office de St Georges, parce qu'il était transféré, et que tous les autres faisaient l'office de St Marc aussi transféré, le feu a pris la maison du pâtissier qui demeurait au pied de la mosquée de Top-hana, avec le vent de tramontane très violent, environ une heure et demie devant minuit, dans le temps que l'on faisait des réjouissances pour la première allé du

GrandSeigneur Comme le vent était de tramontane, et que la

mosquée de Top-hana était au-dessus du vent, elle n'a point été brûlée; mais le feu s'est étendu avec tant d'impétuosité,tout d'un coup, que environ en vingt heures de temps, tout Galata a été brûlé. C'était capable de faire verser des larmes de sang, voyant cette si grande ville réduite en si peu de temps dans un état si déplorable, qu'il serait impossible avec toutes sortes de bombardes d'en pouvoir faire autant. On avait beaucoup de soin des hautes maisons au-dessous du feu ; mais cela n'empêchait pas que le feu ne prit partout par les charbons qui volaient de tous côtés, i

M. de Nointel, parti pour Constantinople en 1670, avait pour instruction c de demander, en premier lieu, que les Capucins français qui sont à Constantinople pussent relever leur église que le feu avait entièrement consumée'. > La négociation aboutit heureusement, comme le constate l'art. 42 des Capitulations de 1673, ainsi conçu : ( On n'inquiétera pas les deux Ordres de religieux français à savoir les Jésuites et les Capucins, sur les églises qu'ils tiennent en Galata, depuis longtemps.... et, parce que l'une de ces églises a été brûlée, nous permettons qu'elle soit rebâtie à son premier état, et au pouvoir des Capucins... » Cet article c assurait aux Jésuites et aux Capucins la possession perpétuelle de leurs deux églises de Galata. * L'ensemble de ces dispositions fut considéré d'une telle importance que les documents contemporains les qualifiaient de f rétablissement de la foi catholique dans l'empire ottoman^. >

" Chardin, Voyage». I, 47 ; d'Arrîeux dit, de son côté (Mémoire» IV, 490) : ■ On poursuivait, auprâa du grand lei^eur, dans le temps que j'y étais, le rétablisBement de i'égliie de St-Georges dee Capucina. •

' Cr. d'.'Vrvieux, MUmoire», IV, 395 ; Chardin, I, 63 ; de* Tmilfa et Jet «Jpitulation» de la France en Orient, p. 1£0. Les capitulations de 1740 ont reproduit, art. 35, l'art. 42 de 1673.

Les Capucias rachetèrent, pour 3600 piastres, les terrains acquis « par le turc et par le juif > dont il a été parlé ; et, le 3 octobre 1675, OD commença la reconstruction de l'église ; elle devait avoir trois nefs; mais les cintres ayant été enlevés trop précipitamment, la moitié des voûtes s'écroula ; et ce ne fut qu'au mois de juin 1676, que M. de Nointel obtint une nouvelle autorisation pour réparer la bâtisse éboulée ' ; l'église fut couverte le 10 août suivant; et le 6jaavier 1677, < fut rebenitte"^ par Mgr Ridolfi suffragant et vicaire patriarcal de Constantin nople ; et la première messe par luy célébrée pontiâcalement, en présence dudit sieur ambassadeur de Nointel et du bail de Venise, le sieur Morosini, avec un très grand concours de peuple.»

Ce fut le dernier office pontifical célébré par cet évêque, qui mourut le 15 avril.

On a pu voir, jusqu'à ces dernières années, au-dessus et £i l'extérieur de la porte d'entrée du temple, donnant sur la rue, gravée eu lettres d'or, sur un marbre noir, et relouée maintenant dans un coin de l'église, l'inscription suivante, constatant c^ faits :

ANNO REPARAT^ SALOTIS 1676, TEMPLUM HOC JAMPRIDEM D. QIORQIO MARTYRI DICATUM INGENDH GENERALIS BX PARTE SUPEHSTES EXOTAVrr INCLYTOM NOMEV LUDOVIGI XIV SEUPEB AUGUSTI ; DE- VASTATOS FLAMMARUH VI PAFUBTES EREXTr RE01S CHRISTIAN ISSIMl SUPREMA MAJESTAS; PRISTIN*: STRUCTURE: NOVDM DEÇUS ADDIDTr INGENITA PIETAS REGIS BCCLESI^ PRJMOGENITI ^ ; DIE VOGATIONI fiEN- TIUM SACRO, OB REGIS REGUU ADORATIONEM A REOIBUS EXPIJRGARUNT HANUS POSTIFICtE ANNO 1677. BEGIO PATROCINIO REOIS A DEODATI SDFFULSrr ET GORROBORAVn OCOLATA PRUDENTIA EXfiELLESTISSIMl CAROLI PRANCISa OLIER, MARCHIONIS DE NOINTEL, REGH ORATORIS, DJNOVATIONE INITI POEDEBIS CAPTruLUM, JAM DJDÈ A 55 AXMS INTER- BUPTA, EGREGII;M PIGNUS PIETATIS REGI£ NEC NON ET RELIGIONIS

' La tloria ilelle MUtioni ilei Cappunfiini, rapporte la version italienne d'un firman qui parait répondre à la nouvelle autorisation dont il est fait mentiou ici, mais le savant auteur donae pour date de ce document » Andrinople, 1676.

• Cf. ci-aprèa g St-Pierre.

' Le titre de fiU aîné île l'Églite remonte aux premier! temps de la monarchie française ; il fut solennel le ment reconnu par le traité de Pise du tZ février 1664, conclu entra le pape Clément IX et Louis XIV,

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Avrr.t: au ipso pathibcs GiPucaMS pbovinci£ parisiensis missiona.-

RnS APOSTOLir.IS RESTlTtrrUM ' .

D'après le témoignage du P. Rocco da Cesinale, (Nfgr Fr. Rocco Cocchia, arch. de Chieti, loc. lattd. III, 158.) qui rapporte la version italienne du flrman précité, et la réponse pontificale qui y aurait été faite (?), sultan Mehemraed IV aurait écrit au Souverain Pontife, en 1678, pour assurer sa Sainteté de sa bienveillance envers les Capucins.

Le 13 avril 16B8, la Sacrée Congrégation ordonna au Vicaire patriarcal de ne faire aucune innovation dans le couvent de St- Georges. Le prélat avait occupé le jardin et voulait y faire des changements : l'ambassade de France s'y opposa, porta plainte à Rome et enfin eut gain de cause.

L'incendie de 1696, qui consuma St-Benott et St-François, détruisit seulement le couvent de St-Geoi^es ; l'église fut sauvée ; mais, dans l'incendie ultérieur du 21 juillet 1731, le couvent devint encore la proie des flammes, et la sacristie fut aussi détruite; ils étaient rebâtis à la fin de l'année, comme le constate l'Inscription suivante, placée dans le couvent, et rapportée par Carbognano - :

HOC r>E\0BIUM DIE KXI iCLH ANNO HEP. SAL. HDGCXXX.T INCENDIO PE^ITUS COSSUMiTUM EXCELLENTISSIMUS LUDOVICUS SALVATOR MAR- CHIO DE VILLEMEOFVE REfH A SANCTIORIBUS CONSIUIS NEC NON APCD AHMED m ET MAUUOUD TURfi, l.MP, LUDOVICl XV QALL. IMP. CHRISTIA- NISSIMI LEQATUS, RELIGIO.NIS IN PABTIBUS ORIENTIS I>EFENSOR, CAPOQ- NORUM lîENEFJCËNTISSIMUS ET VIGILANTISSIMUS PROTE(,T0R, TUTIORI ELEGANTIORIQ. MODO PR^ EDIFIGARI (ilTlSSIME HtOT.URAVrT ; CUJUS TANTIQ. IIEN'EPICH MEM0HIÎ3 REM POSTERITATI M4XDAVERB, DIB IH UART. MUCCXXXll.

Cependant le couvent de St-Georges n'était pas resté longtemps le principal établissement des Capucins à CP. Dès 1636

1 Cette pierre et celte plact^e intérieurement dans le couvent en mémoire de la cession do cette église aux Pérès Bosniaques, sous l'internonciature du Elaron de llruck. ont été encastrées dans la muraille, derrière le niultrs-

» Lin-, liiiil., p. 37. En 1730, la nation française avait attribué une allocation annuelle aux Capucins. {Urgintre* 'Ici délibérât, nation.)

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ils avaient act^uis dans les Vignes de Péra le terrain sur lequel se trouve encore aujourd'hui le couvent et l'église de St-Louis de Péra. Comme ils étaient chargés de tout le service religieux de l'ambassade de France, ils avaient dû suivre les ambassadeurs ; mais ils n'abandonnèrent pas pour cela la station de St- Georges. Un rapport adresséà la Sacrée Congrégation, en 1745, par le P. Custode, et conservé dans les archives des Capucins de Smyme, nous dit, en ces termes, (juel était à cette date son état, et à quoi s'occupaient les religieux, qui l'habitaient.

t La Mission de St-Georges est située à Galata de CP. au milieu de la rue qu'habitent tous les marchands, Français, Vénitiens et quelques Arméniens, appartenant au rite catholique. Elle est très utile à tous parce que, depuis l'aube jusqu'il dix heures, et le dimanche, jusqu'à midi, on y dit continuellement la messe, et on y entend les confessions en français, grec, italien et arménien. On y prêche tous les jeudis de carême, en français ou en italien ; tous les dimanchâs et fêtes on y chante les vêpres et l'on donne la bénédiction du T. St Sacrement. I^es troisièmes dimanches du mois, quaiid la persécution contre les Arméniens catholiques n'est pas trop grande, on expose le T. St Sacrement et l'on prêche en arménien, pour la confrérie du Purgatoire établie dans cette église. Tous les quatrièmes dimanches du mois, à cause de la confrérie, on expose la relique de St Hoch, avant la messe conventuelle, après on fait la procession du T. St Sacrement et on donne la bénédiction.

( En outre depuis quelques années, on a établi auprès de cette église, un collège de Jeunes gens des langues, de Naples, qui doivent être instruits et formés à la pratique des langues française, latine, italienne, turque, grecque et arménienne. Ce collège qui fonctionne ad instar de celui de St-Louis, est destiné k fournir des drogmans et interprètes pour le service du roi des Deux Siciles.

ï Enfin on fait encore, toute l'année, la classe et le catéchisme à tous les petits enfants, français, italiens, grecs et arméniens. Avec toasces moyens, je puis assurer à Vos Éminences que les conversions sont nombreuses, de (îrecs et Arméniens schismatiques, qui passent au rite latin après avoir fréquenté notre église. Dans l'intervalle de leurs travaux les Pères assistent aussi les malades. >

Nous avons reproduit ce document parce qu^ k cette date nous en possédons peu qui nous montrent les mlssioanaires à l'œuvre, et nous disent leurs occupations.

En 1761, StrGeorges fut profanée, comme les élises des Jésuites et des Dominicains, par l'arrestation des Arméniens catholiques c[ui s'y étaient réfugiés et qu'on conduisit au bagne'.

Plus tard, M. de St-Priest, comme il le dit dans sa lettre du 6 novembre 1 769, au duc de Choiseul, eut l'idée d'établir dans le couvent de St-Georges un iiôpital pour la marine marchande française ; on aurait payé aux religieux un loyer de 300 piastres. € D y avait k cette époque jusqu'à soixante-dix navires français dans le portde Contantlnople. t

En 1783 les Capucins, dont le droit de propriété sur leur église était établi par le rachat qu'ils avaient fait du terrain (en 1675,) vendirent cette église à Mgr Fracbia, vicaire-apostolique de Constantinople, pour compte de la Propagande. St- Georges devint alors la résidence de Tévêque suffragant et de son clergé séculier, ce que constate l'inscription suivante, rapportée par Carbognano ^ :

D. 0. M. DIVO GIOEGIO M. niCATUM TEMPLDM USA CUM ADNEXIS SIBI £DIBUS OLIÎif HR. PP. UiLLIGE NATION, CAPUCINORUM EFFICACISSINEA MEDIATIONS ET OPERA EXCELLMI D. EMMANUELÎS FRANGISa COMITIS DE 8. PRIBST REGIS GHRISTIANISSIMI Al) POBTAM OTHOMANAM ORATOmS PER SAC. CONGREQ. DE PROP. FIDE ANNO REPARAT* SALUTIB MDCCLXXXIV SUB EJUSDEM UAJBSTATIS TUTELA ET PRESIDIO IN PERPE- TOUM REMANSUBUM NUMERATA PECONIA COMPARATUM FUIT.

La vente du couvent de St-Georges excita un certain étonnement parmi les Sdèles, on peut cependant en donner les raisons. La première était les dettes que les Capucins de la Mission avalent dû contracter pour la reconstruction de leur église de Smyme, la S. C. de la Propagande leur avait avancé de l'argent et tenait à rentrer dans ses fonds. La seconde était le désir souvent formulé par les Vicaires patriarcaux d'avoir une église et une maison à eux, sans être obligés d'aller en demander à des religieux ; la troisième était la difiîculté que commençaient à

< Hammer, XVI, ^ L<K. laud., p. 56.

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trouver les religieux à recruter de nouveaux missionnaires, depuis les ordonnances de la fameuse commission des réguliers, en 1768.

Les Capucins touchèrent 32,000 piastres pour prix de leur couvent, et l'archevêque eut sa catliédrale et sa maison. On ne tarda pas néanmoins k en chercher de plus commodes, et, en 1802, Mgr Fonton se transporta à l'église de la T. Ste Trinité. Jusque sous l'épiscopat de Mgr Htllereau, certaines solennités, auxquelles assistait l'ambassadeur avec les deux députés de la Nation, et, plus tard, ceux-ci seulement, étaient célébrées par le Vicaire apostolique à St-Georges, notamment le Te Deum de tin d'année.

Sur le sol de l'église, on remarque différentes pierres funéraires, parmi lesquelles celle qui recouvre la sépulture de Mgr Frachia, à gauche et en dehors du chœur, côté de l'évangile ; en voici le texte :

D. 0. M. FRANaSCUS ANT0NIU8 FRACHIA, GONQREG. S. J. BAPTISTa;, ARCHIEPISCOPUS THEODOSIOPOLrTANUS, VKIAR. APOSTOLICUS CONSTAX- TISOPOL, RELiniO>aS ZELO HIISOUTATE PIETATE OMNIUMQUE EGREGII3 VIRTUTUM OFFirjIS CELEBERRIMUS SEMPER PAÏENS NUMQUAM EXCTOENS MAGNAS EMENDICATAS 01*1S EXl'LENDO EGESTAT13 SUBSIDIO EROQAVIT PAL'l'ERmUS, PLTILUS VIDUIS CUJU3 STUDIO ET OPERA D. GIORGIO M. DKIVTUM TEMPLUM SIBI SUISQITE l'OSTERIS DILEC.TOOt^ SUO GIPJIO COM- I'AR.4T(IM FUIT, VIXIT ASXOS 73, TA.\DEM DIL'TLllO (sic) MOltBO PA- TIENTISSIME TOLERATO ANNO A PARTL- VIRG. 1795 II KAL, NOV. EJU3 DE MANDATO. H. O. E, ',

En outre de cette pierre, on voit celles de Jean-François Roboly, négociant, chargé des affaires de France en 16C0, jusqu'à la venue de M. da la Haye, prédécesseur du marquis de \ointel : 11 mourut en 1689. Celle de la femme de Jean-Baptiste Fabre, premier député du commerce, chargé des affaires de la nation, en 1685, jusqu'à l'arrivée de M. De Girardin, en janvier 1686; enfin celle de Meynard, chargé des mêmes fonctions en 17.. (pro regenostro galllco, régente...)

■ Deux barrettes sont nuspendues à la voûte du chœur : l'une est celle da MgrFTaobia ; l'autre, celle de Mgr Pecora, son coadjuteur et auccesseur, décédé à Galata, le 28 février 1796. (V. notre Compte-rendu '.du cimet. cath. latin, 1867, p. lU.)

Après le départ du Vicaire patriarcal pour Pèra, l'église St- Georgesfut desservie avec plus ou moins de régularité, par des prêtres séculiers désignés par le vicariat.

En 1853, le vical-iat apostolique de Constantinople a vendu l'église St-Georges auit Mineurs-Observantins bosniaques. Une inscription latine, appliquée dans la muraille, à l'enti'ée de la petite habitation que les PP. Bosniaques se sont réservée, constate que cette église a été réparée en 1854, sous le régne de S. M. sultan Adul-Medjid, et par les soins de M. le baron de Brnck, internonce d'Autriche à Constantinople.

Le courent fut acheté en même temps et transformé en hôpital, destiné principalement aux malades de la marine Austro- Hongroise.

Mais cette destination du couvent de St-Georges ne dura pas longtemps, en 1882 les Pères Bosniaques le cédèrent aux prêtres de la Mission (Lazaristes) qui y ont établi une œuvre allemande. L'hôpital autrichien a été transféré ailleurs.

Près de l'autel de St-Georges se trouve encore l'Aiasma, ou puits sacré, à l'eau duquel les gens du pays attachent une vertu particulière, et miraculeuse. Ils y viennent surtout en grand nombre le jour de la fête de St-Georges.

La confrérie de St-Roch qui existait dans l'église de S-Georges fut transférée à St-Pierre. Elle est peu à peu tombée, et il n'en reste de souvenir qu'un plateau d'argent qui servait aus quêtes des confrères.

La confrérie des Ames du purgatoire qui y avait été établie en 1738, fut unie à celle du même nom qui existait à St-Louis.

L'église de St-Georges possédait quelques reliques précieuses, de Ste Irène, de St Georges, de St Joseph de Léonissa, et enfin de St Roch. On n'en conserve plus que les authentiques.

su-

sT-ix)i:is (paroisse de l'ambassade de France.)

Le mouvement qui poussait la population latine vers les hauteurs de Péra avait commencé de bonne heure, mais il s'ac-

centua sensiblement quand les ambassadeurs des puissances chrétiennes, se trouvant trop à l'étroit dans les murailles de Galata, s'y construisirent des demeures, simples d'abord, ensuite véritables palais. Dès avant 1635, nous voyons une assez grande quantité de maisons t dans les vignes de Péra. » Les ambassadeurs avaient amené avec eux leurs cours fort nombreuses, ils y attirèrent en même temps un cortège d'autres liabitants, désireux de vivre tranquilles h. l'ombre de leur protection. Mais les églises n'étaient pjis aussi faciles ;"i transporter ou à construire que les malsons : les capitulations garantissaient, il est vrai, l'existence de celles qui étaient à Galata an moment delà conquête, 1453, mais elles défendaient en même temps d'en construire de nouvelles. Il fallait cependant pourvoir aux besoins religieux de la population de Péra : les Capucins furent les premiers à s'y établir, et leur église de SI^Louis est la plus ancienne de toutes celles que nous y voyons aujourd'hui.

Cet édifice religieux fut le premier qui ait été placé, il Constantinople, sous l'invocation du saint roi, dont le nom, en d'autres temps, eut un si grand retentissement dans les contrées de l'Orient, et que les historiens orientaux désignent euxmêmes par le titre de Melik elafrendj i le Roi des Francs, » el Francis < le Français, » ou même Ré dé Frans s le Roi de France'. »

La liturgie du diocèse de Paris (prose des vêpres de la férié) retrace, dans une éloquente brièveté, les hauts faits de l'illustre guerrier chrétien- :

f Saint monarque ! la gloire de Dieu t'appelle k de nouveaux combats ! Tu vas porter la guerre aux infidèles, sous l'étendard de Jésus-Christ; la Croix est le gouvernail de tes vais-seaux, la sainte espérance en est l'ancre inébranlable ;

< En mourant, tu triomphes ; la mort t'enlève, mais en même temps t'assure la victoire \ avant même la sépulture, ton corps est couvert de lauriers I... Mais le Ciel te réserve un triomphe bien plus glorieux : les astres forment ta couronne.

c Tes cendres rendues à la patrie seront pour elle une égide ;

'Cf. Historien* dex croita'le» : Kitdd latail-ulaJthbâr, An mon ms.; Abotd-fida, éd. deConstantinople, III, p. 189. * « Te sancte rursus Ludovice pnelia, etc.*

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et pendant que ton ftme, au milieu des lis immortels, repose dans le sein de Dieu, tes regards bienveillants ne cesseront de protéger la Gaule ! »

L'hôpital de St-Benoit parait n'avoir été placé sous le même vocable de St-Louis qu'en 1697.

Dès l'avènement de Louis XIII, M. de Salignac, (on l'a vu au chapitre v, St-Benoît,) avait fait célébrer la f&te de St Louis f avec grand appareil, comme solennelle pour la nation française. »

"Le renouvellement du vœu par lequel Louis XIII plaça la France sous la protection de la sainte Vierge (1638) fut-il célébré le 15 août de chaque année dans la chapelle nationale de St-Louis ', comme cela se pratique encore de nos jours dans la mère-patrie, ainsi que l'attestentles deux dernières strophes de la prose de la messe du jour (liturgie du diocèse de Paris) ?

Ad Deum ut adeant Per te vota transeant ; Non fas matrem rpjici, Aniel tuam Galliam ; Régi det justitiam, flebi pacem supplici !

Voici maintenant comment s'établit, d'après les Mémoires des Capucins, la première habitation de ces religieux à Péra, où se trouvaient les ambassades. Les Jésuites ayant été chassés de St- Benolt s'étaient réfugiés auprès de l'ambassadeur de France, M. deCézy,alors àBujuk-dèrè, à cause delà peste; mais lorsque les deux PP. Jésuites, qui étaient seuls tolérés à CP., purent rentrer à St-Benolt, le 14 juillet 1628, ils furent remplacés auprès de l'ambassadeur par deux Capucins, qui commencèrent ainsi à remplir les fonctions de chapelains de l'ambassade de France. La peste terminée, ils rentrèrent h Péra avec l'ambassadeur.

' La procession du va'U de Louis XIII avait lieu Bolennellement au coaaulat de France d'AIep, en 1681, selon le rapport du chevalier d'Arvieu-i, consigné dans aes Mémoirat (VI, 177), lequel reproduit le texte entier de la Dêrlaration. du roi Louis XIII, par laquelle il met ton i-o'jaiimc toiia la protection, de la trft-tain.te Vierge. Avant la procession faite pour cette solennité, le consul d'Arvieux faisait lecture de cette Déclaration à la nation assemblée. Jusqu'à 1930, cette procession, à laquelle la famille royale assistait, se rendait solennellement de l'église St-Germain l'AuJterrois, de Paria, à l'église métropolitaine.

Or l'école des Capucins à St-Georges étant mal commode et éIoi;;née, c MM. de la Communauté des Péraux > demandèreot au R. P. Archange des Fossés d'en ouvrir une autre dans leur voisinage. Le supérieur se rendît à leurs instances, et commanda au P. Ttiomas de Paris et à son compagnon, qui étaient auprès de l'ambassadeur, d'ouvrir une école près du logis de France. « Pour ce sujet, disent les archives de St-Louis, (Registre I, f. 5.) ils prirent k louage une vieille maison qui appartenait à la Signora Subrana, à 30 piastres par an, que la t Comunità» paj'ait, et tous ceux de ce quartier se cotisèrent de sorte qu'ils dépensèrent 40 piastres pour, accommoder ladite eschole et trois chambrettes de planches au-dessus. Le jardin de ladite maison aboutissant au logis dudit aml>assadeur, on y fit une porte de communication. »

« Le P. Thomas ouvrit l'eschole et y vinrent les enfants, peu de temps après Pâques 1629 j mais il n'y eut pas d'abord de chapelle ; les Pères allaient dire leur messe à St-Georges. L'eschole devint nombreuse, d'enfants des premières familles de Péra, les parents voyant les progrès des enfants, non seulement dans les bonnes lettres, mais dans la civilité et dans la pratique d'une vie vertueuse et chrétienne. »

Les RR. PP. Capucins acquirent en 163'i, à Péra, l'emplacement dit Cahona, agrandi en 1651-52, par d'autres achats, où se trouvent actuellement la chapelle St-Louis, le couvent des Pères et des maisons particulières, propriété du couvent; le tout formant un ilôt, enclos et fermé, sis au-dessous de !a légation de Hollande, et à droite de la cour d'honneur du palais de l'ambassade de France, en venant de la grand'rue de Péra.

La première acquisition, faite par M, de Marcheville, ambassadeur de France (de 1631 à 1634), donna lieu à la rédaction d'un hudjet, passé au mehkèmè do Cassim-pacha;, au nom de l'amba-ssadeur de France, Henri, fils de Renaut, (Marcheville,) pour un emplacement Mulh, sis hors de Galata, an quartier dit Serai, (Galata-séraï',) en 1031=1651, pour propriété mulk, de

1 DanB un hudjet racoaf de 1216 de l'bégire, remplacement de la rue de Pologne cODligu à l'ambassade de France, est dit emplacement aia au quartier Toûm-toàm, dans la capitale de Oalato fma/iroucU gkalatarla, loùmtoàm. mahuUirindi kialn etc.) L* texte de ces documents se trouve dans les archives de St-Louis. la version italienne a été imprimée dans la Sioria délie miettonl dei Cappuccini, III, 9S.

Cocona, fille de Djiban, à Louis, drogman do France ; dans un autre hudjet de 1056=1661, la Cocona, de qui les Pères ont acheté leur propriété, est dite Cocona bînt Politî, fille d'Hippolyte. Ce fut le couimencement de l'établissement des Capucins à Péra.

Par Brevet royal du 14 juillet 1637, •/. le Roy, en considération des fruits retirés de la mission des Capucins, et pour leur donner le moyen de contribuer encore davantage à l'instructioa et à l'édification du prochain, par l'ouverture d'une eschole où l'on enseignerait k la Jeunesse ce qui est de la piété et de la doctrine chrétienne, accorda aux Capucins, et leur fit don d'un logement, qui est derrière un bastinoent nommé Château-Gaillard, en la Maison de P>ance, audit CP., lequel logement aurait été employé ci-devant pour servir aux-dits Capucins; et qui depuis, aurait été employé à d'autres usages, pour estre dorénavant et à toujours ledit logement habité par lesdits Capucins. » Cette donation fut confirmée par un autre décret royal du 12 juillet 1638, donné à St-Germain-en-Laye.

Selon les remarques écrites de la main du P. Romain, une < veuve Bon fit donation aux Capucins d'une petite maison qu'elle avait, où fut plus tard bâtie la porte de la cour des Jeunes de langues '. >

Peu à peu on fit dans la maison une sorte de chapelle, surtout pour les enfants; mais ou la dissimula le mieux que l'on put ; l'autel était dans une espèce d'armoire, fermant avec des portes : on les ouvrait le matin pour la messe, on les fermait ensuite, et la pièce paraissait Être seulement une école, i On admettait cependant les parents au service religieux qu'on y faisait, ils étaient avertis de l'heure parles escholiers: > les choses restèrent en cet état jusqu'en 1640.

Le mois de février 1642,les Capucins commencèrent à dire la messe pour l'ambassadeur, dans une grande salle attenante à son palais. (L'amba-ssadeur était alors M. de la Haye de Vantclet.) La communauté n'était pas nombreuse : jusqu'à l'incendie de 1660, elle ne se composait que de deux religieux, mais après le désastre subi parSt-Georges.Ies deux familles se réunirent àPéra, et il semble que dès lors cette maison devint la première de CP.

I Ltltre de M. de St-Priest à U. le duc de Choiaeul, ti août 1774.

II fallait donc l'agrandir. En 1653 on arait acqnù la portion de jardin enfermée entre f la salle du Roy et la fondation royale » : en 1659, 1673, 1731, on Qt de nouveaux achats, mais non sans peine et sans de grands embarras. Les religieux ne pouvaient ordinairement acquérir par eux-mêmes, il leur fallait se servir d'intermédiaires, et ces derniers n'étaient pas toujours bien fidèles. Les archives des maisons religieuses sont remplies de pièces relatives aux procès qu'on dut intenter à ces procureurs pour se faire rendre justice. Le SI décembre 1729, les Capucins échangèrent une partie de leur jardin, joignant la cbancellerie, contre divers bâtiments et dépendances que le vicomte d'.\ndressel avait fait construire à Belgrade ; et le 29 décembre 1733, ils acquirent un terrain avec bâtiments et ameublement de maison de campagne dans la même localité. D'après un budjet, passé au mehkèmë de Galata en 1134=1731, une partie de cet immeuble était destiné à l'habitation des c Jeunes de langues. >

Ce fut peu après 1660 que l'on bâtit l'église de St-Louis: la première épîtaphe que nous y remarquons est celle de M. l'abbé de Nointel, frère de l'ambassadeur, mort en 1773. Ce n'était d'abord qu'une longue salle, dit le Père Romain : il y ajouta luimême les bas côtés, en 1736 : enfln du temps de M. des Âlleurs fils, (ambassadeur de 1747-1755), il la reconstruisit presque en entier, ce dont il rend compte en ces termes : * toute la dépense de cette réédiScation s'est trouvée dans la charité des fidèles, et surtout de M. le comte des Alleurs et de Madame l'ambassadrice... le peu qui a été fourni, soit de la part du Roy, soit de celle de la Nation, n'a été qu'à titre d'aumône.... la dépense a monté à plus de 9240 livres. >

Le chevalier d'Arvicux cite la chapelle du palais de France à l'occasion du Te Deum que M. de Nointel y fit chanter, le 21 juillet 1672, à propos de la naissance d'un second duc d'Anjou et des grands avantages que le roi avait remporté sur les Hollandais, c Tous les religieux s'assemblèrent dans la grande salle du Palais ; les nations amies s'y rendirent aussi et firent leurs compliments. L'évèque latin de la ville y voulait assister pontiiicalement ; mais le Père Michel-Ange de Paris, capucin, cbapelin et aumônier de M. l'ambassadeur s'y opposa et ne voulut jamais se relâcher de ses droits vrais ou prétendus, quelque

chose qu'on pnt lui dire. Il officia donc dans la chapelle du palais de France, et l'évèque ne si trouva pas. Le chant du Cantique fut accompagné de cinq décharges de vingt-cinq boëtes. chacune, que l'on tira dans le boulingrin du palais '. >

Le désaccord entre les Capucins et le Vicaire patriarcal ne dura pas longtemps cette fois, car nous voyons Mgr Ridolû venir bénir solennellement la chapelle de St-Louis, le 35 août 1673, le jour de la fête du Saint. Elle fut alors déclarée « chapelle ministérielle >. L'ambassadeur de France (sans doute M. de Nointel.) avait pu obtenir un Ûrman pour l'ouverture de cette nouvelle église.

Le gouvernement français qui avait spécialement encouragé l'établissement des Capucins français en Orient, pour le développement de l'instruction, songea, sous Colbert, à tirer un profit pratique de cette institution, pour le service de l'État. Un arrêté du Conseil royal du commerce, en date du 18 novembre 1669, décida que, tous les trois ans, on enverrait au couvent des Capucins, à Constantinople et à Smyrne, six Jeunes de langues: le 31 octobre de l'&nnëe suivante, le Conseil d'état, en confirmant cette décision, résolut l'envoi annuel de six Enfants de langues pendant trois années de suite dans les mëmea échelles 2. Puis le 7 juin 1718, le Conseil du Roi fixait à douze le nombre des Jeunes des langues, entretenus à GP ^.

Ces jeunes gens furent établis, dans le principe,dans une partie du hÂtiment donné par le Roy aux Capucins, et qui servait en même temps pour la communauté des Pères. En 1673, un corps de logis spécial fut construit par les soins de M. de Nointel, pour l'habitation des Jeunes de langues, sous le nom de « Collège des Pères Capucins de St-Louis. > Les Jeunes de langues changèrent plus tard de domicile, ils se trouvaient en dernier lieu dans la partie du couvent qui avait été aménagée en cellules après le dernier incendie de 1831. (Elle a disparu dans la reconstruction de 1880). Noua ne pouvons suivre cette institution dans toutes ses péripéties, nous relevons seulement quel-

• Mémoires du Chevalier d'Arvieux, loc. laud. iv, 434.

* Le R. P. Kocco rapporte la vereioa italienne de l'ordonnance de St-Germaln-eu-Laj'e.

3 Noua donnons ici les dates fournies psr M. Declerc, guide des consulats, elles digèrent un peu de celles données par les archires des Capucins.

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qoes chiffres : du 10 juillet 1710, au 1" janvier 1726, le collège des Capucins a fourni au service du Roy et de la Nation, quarante trois Jeunes de Langues, pour la très grande majorité française, parmi lesquels on trouve Ctiarles Fabre, 1716, Charles Fonton, 1717, Antoine Ruffin, 1718, Jean Michel Vanture, 1718, Augustin Fonton, 1734, Antoine Dantan, 1723. En 1736, les Capucins reçurent ofGcielIement de M. de Maupas la direction du collège des c Enfants de Langues à Constantinople, » et leur chapelle fut entretenue aux frais de la Nation.

€ Le jeudi 16 mars 1684, M. de Guilleragues, fit célébrer, pour le repos de l'âme de la reine, un service funèl)re dans la chapelle du palais de France, desservie par les RR. PP. Capucins de la Province de Paris : toute la chapelle était tendue de noir, depuis le haut jusqu'en has, le tout couvert de plusieurs écussons aux armes de la Reyne (Marie-Thérèse d'Auh-iche, femme de Louis XIV). La représentation qu'on avait élevée vers le bout de la nef était couverte d'un drap mortuaire char^fé de deux grands écussons aux armes de la Reyne, et brodé de larmes et de fienrs de lys, or et argent; au-dessus se trouvait un carreau avec la couronne d'or couverte d'une crêpe. La messe fut célébrée par le vicaire patriarcal, et M. l'ambassadeur fut k l'offertoire. L'office fini l'archevêque avec la mitre, et les quatre supérietjrs des Dominicains, des religieux de St-Francois, des Capucins et des Jésuites, vinrent vers la représentation, précédés de tous leurs religieux, un cierge à la main, accomplir les prescriptions du rituel '. >

En 1685, le 24 mars, le Père Urbain, custode, demande au Roy que la Chapelle Royale de St Louis, serve de sépulture aux ambassadeurs. Un firman obtenu sur la demande de M. de Girardin, la même année ou l'année suivante (1097=1685-86} adressé au Kadi de Galata, enjoint k ce magistrat de permettre aux Capucins, chapelains de l'ambassade de France, d'inhumer dans leur église, située hors de Galata, près du Palais de France, les ambassadeurs, religieux et autres personnes de distinction. Nous donnnerons plus bas la liste des religieux inhumés à St Louis, d'après la pierre tombale qui recouvre l'entrée âa cavean.

' Archiïoa de l'ambassade de France.

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M. le Marquis de Ferriol sollicita, en 4702, la faculté d'ériger en paroisse, povr les Français, l'église de St-Louis de Péra. Cette demandé, combattue par les Cordeliers et les RécoUets, quoique appuyée par le baile des Vénitieas, ne fut pas admise par le St-Siëge ; mais la S. C. de la Propagande, par un décret du 3 décembre 1709, reconnut, comme par une carte de transaction, aux PP.' Capucins, la faculté de donner la communion pascale et les autres sacrements paroissiaux, aux officiers de l'ambassade, tant du dedans que du dehors '. Ce droit était antérieur à cette date, pour la chapelle St-Louis : ainsi dès 1643 t au décès de M. de Fligny, parent de M. l'ambassadeur, le P. Jacques, revêtu du surplis et de l'estolle, accompagné du P. Armand et de tous les religieux, fit la levée du corps, qu'il accompagna jusqu'à la porte de la rue, où le R. P. Vicaire patriarcal, qui attendait là, le reçut dudit P. Jacques, en qualité de chapelain de M. l'ambassadeur, et fut l'enterrer. Le P. Jacques et le P. Armand ne furent pas plus loin. » Il en fut de même à la mort de M. Fonton interprète de France, en 1753.

M. le comte desAlleurs, ambassadeur de France en 1711, laissa, en mourant, son cœur aux Capucins: t il fut placé dans la chapelle de St-Eélix", où il est aujourd'hui. Le 22 janvier 1716, la cérémonie funèbre eut lieu avec toute la pompe possible ; l'église était toute tendue de noir, depuis le haut j usqu'en bas : une belle pyramide au milieu toute illuminée, au haut de laquelle on avait placé le coeur. La messe fut chantée par Mgr l'archevêque, et'l'oraison funèbre prononcée par le P. Thomas de Paris, custode, où se trouvèrent leurs exe. de Venise. »

Les f mémoires des Capucins » nous fournissent, comme suit un rapport sur le cérémonial religieux observé à l'arrivée des ambassadeurs de France à CP. f M. le Marquis de Bonnac (1716-1724) arrivai CP. le 4 octobre 1716; il fut reçu à la porte de l'église par le P. Thomas, custode, en chappe, avec le cru-

' Los archives de» Cordeliers, et celles des Jacobins font bien remarquer que les Capucins n'avaient charge d'âmes que pour les seuls habitants de l'ambassade : mais pour ceux-là, uq religieux de St-Louis est quatidé. « missioanaire apostolique et curé de l'église royale et paroissiale de St-Louis de Péra. »

' St Félix de Cantalîcfl, né sur les confins de l'Ômbrie en 1513 se fit cjtpucin. Il tilt béatifié en 1S£5, et canonisé en nU. Sa chapelle dans l'église de St-Louis est & droite en regardant le maltre-autel.

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cifix et l'eau bénite. Le P. Thomas de Paris prononce le compliment sur les marches de l'autel ; ensuite on chanta le Te Deum, et on reconduisit l'ambassadeur chez lui. t

Les mêmes « mémoires » nous font connaître les cérémonies observées à la mort d'un ambassadeur. * Le 26 mars 1726, le Vicomte d'Andresselles, successeur de M. de Bonnac, rendit son ftme à son Créateur. Aussitôt après les Capucins lui préparèrent une chambre ardente avec un lit de parade, où il resta jusqu'à ce que nous l'enterrâmes, dans notre église, dans le chœur de 8t-Fèlix. Mgr Mauri, archevêque de Carthage, chanta la messe. A cette grand'messe le R.P. Thomas, custode, prononça l'oraison funèbre du défunt. L'église était toute tendue de noir, et la chapelle de St-Félix était comme une chapelle ardente ; le milieu où était posé le corps, était un lit de parade très beau et des mieux entendus, conduit par les soins du P. Romain de Paris, préfet des Enfants de Langues. Dès le grand matin, le 27 de mars, on dit les messes deux à deux, aux deux chapelles que l'on avait faites dans la chambre du lit de parade, et ces messes se suivirent jusqu'à près de midi, tous les religieux des couvents et les prêtres séculiers y venant dire la messe. La même chose s'observa le 28, le 29, et le 30 mars : les messes se dirent dans notre église, € présente corpore. • Comme on avait ouvert le corps, le cœur fut confié au P. Thomas de Paris, qui le fit mettre pendant toute la cérémonie où était le corps exposé, puis on le mit dans le même caveau où était déjà le corps. Plus tard, sur le désir manifesté par M. d'Andresselles, le cœur fut exhumé de l'endroit où il avait été placé, et remis, par les Capucins, aux Jésuites, suivant acte de M. Belin, chancelier, qui était avec eux. Trois mois après les Jésuites firent une cérémonie publique de ce cœur : ils y prononcèrent une oraison funèbre. *

c Le comte des Alleurs, fils du précèdent ambassadeur, et qui succéda en cette charge à M. le comte de Castellane, mourut k CP. en 1754, et fut inhumé dans i'église St-Louis, des Capucins. >

Par décision du 3 décembre 1725, la Nation se chargea de l'entretien des enfants trouvés à la porte de l'église de St-Louis.

Mais que faisaient les religieux qui la desservaient? Les classes, sans doute, les occupaient beaucoup, mais ils avaient aussi un ministère ecclésiastique très actif. St-Louis était pour les Fran-

çais de Péra,réglise nationale, comme nous dirions aujourd'hui: les Capucins les recevaient avec cliaritë, les instruisaient avec sollicitude, et leur administraient les secours religieux dont ils avaient besoin. Un rapport dressé par le R. P. Romain de Paris, custode en 1745, et adressé à la S. C. de la Propagande, nous dit quelles étaient à celte époque leurs occupations : nous le trouvons dans les archives de St Polycarpe de Smyrne. Noos le traduisons de l'italien, en l'abrégeant un peu.

( La mission de St-Louis est située auprès du palais de l'ambassadeur de France, à Péra de OP., et nos missionnaires sont employés premièrement pour le service de Son Excellence et de sa cour. Ils entendent les confessions de presque tous les habitants de cette ville de Péra, enseignent la doctrine chrétienne, assistent les malades, et s'occupent des officiers et des matelots de la Nation, pour leur faire recevoir tes sacrements avant leur sortie du port.

f II y a dans la maison un collège de jeunes gens qui apprennent les langues : un des missionnaires est supérieur, ud autie maître de langue latine. La mission est obligée de nourrir et d,' entretenir ces enfants, et de leur donner des maîtres qui leur enseignent, outre le latin, le français, l'italien, le grec, l'arménien et le turc. Ces jeunes gens sont au nombre de douze, et se disposent à l'office de drogmans, quand il en faudra dans les échelles de la Turquie. A ces élèves s'en joignent d'autres, en nombre égal, pensionnaires aussi, grecs et arméniens, qui viennent pour apprendre les langues ; mais ce qui est de plus grande importance, c'est que dans notre collège et sous notre direction, ils apprennent notre religion et contractent nos usages, de sorte que quand ils sortent, ils sont devenus tout à fait latins.

« En outre nous avons, à St-Louis de Péra, une autre école à laquelle nous admettons tous les petits enfants, de toute nation. On leur enseigne surtout la religion, et on les forme à la piété, en les faisant assister à la sainte messe, aux fonctions qui se font dans notre église, et en leur faisant faire chaque soir une très dévote prière à Dieu, à la B. V. Marie, à St Roch et aux Saints. On leur apprend à prier pour l'Église, pour N. S. P. le Pape, pour les cardinaux de la S. Congrégation, pour le Roy, notre unique protecteur, etc. A ces prières s'unissent tous les

Pères et toute la Cour. Tous les dimanches et toutes les fêtes de l'année, on chante les vêpres et l'on prêche, après quoi on donne la bénédiction da T. St Sacrement. La semaine sainte on fait dans notre église les mêmes cérémonies qui sont en usage partout. Toutes les cérémonies se font av^c une grande édification de toute la chrètienLé : les fidèles y assistent avec une grande régularité. Pendant tout le carême on fait chaque soir la prière, à laquelle assiste Son Elxcellence, avec toute sa Cour, et l'on donne la bénédiction avec le saint ciboire.

f Dans notre église on peut entendre les confessions, en français, italien, grec et tare ; c'est pourquoi il s'y fait toujours un grand concours de pénitents, mais surtout aux principales fêtes de l'année, et pour le premier dimanche du mois, à cause de la confrérie de N.-D. du Mont Carmel, à laquelle sont affiliés un grand nombre de fidèles au grand profit de leurs flmes. Par tous les exercices qu'ils font en leur église, par le soin qu'ils mettent b. assister les malades, les Pères sont les instruments de beaucoup de conversions, si bien qu'il ne se passe guère de jour, sans que l'on en voie quelqu'une, à la grande joie de l'Église.

< Nous espérons ériger bientôt la confrérie du Purgatoire, en conformité avec la bulle de Clément XII. Cette confrérie n'est pas érigée en d'autre église : il est vrai qu'elle existe déjà dans nob-e église de St-Georges de Galata, mais outre que c'est surtout pour les arméniens, on peut dire encore que Galata est une cité toute différente de Péra, et ces deux confréries ne se contrarieront point.

t A St-Louis nous nous occupons aussi des esclaves fugitife: ils viennent se réfugier à l'ambassade de France, pour se libérer du joug des Turcs. Il nous faut les vêtir de pied en cap, les nourrir etc. Un Père mis.sionnaire s'occupe chaque jour de les instruire, de les ramener â la condition de vrais chrétiens, car le plus souvent ils ont tout oublié, et beaucoup sont même devenus renégats. C'est un grand travail pour les religieux, une grande charge et une gêne extrême pour la communauté; mais on le fait volontiers à cause du bien produit par cette œuvre. Chaque année il ne s'y fait pas moins de deux cents conversions : autant de gens que l'on rend ft la chrétienté. Parmi ces esclaves, il y a des Français, des Italiens, des Maltais, des Espagnols

etc. Nous ne pouvons faire cette œuvre que des aumônes des fidèles '. >

L'église de St-Louis a subi diverses bunsformatioDS et agrandissements que nous avons notes en passant : elle semble n'avoir été d'abord qu'en bois ou du moins en matériaux légers qui exigeaient de fréquentes réparations. Elle était cependant appelée < église paroissiale et royale de St-Louis » et l'on désirait quelque chose de mieux. Enfin, en 1788, le R. P. Godefroy d'Amiens, alors custode et curé, depuis archevêque de Naxle, la reconstruisit entièrement. Cette nouvelle église était toute en pierres, assez vaste, le maltre-autel était en marbre et on lisait sur la muraille de chaque côté les épitaphes de quatre ambassadeurs de France, qui y étaient inhumés. (Ces pierres funéraires ont disparu dans l'incendie de 1831).

Une pierre commémorative de la reconstruction de l'église avait été placée à l'intérieur, elle a disparu comme les autres dans le dernier incendie ; mais elle est rappelée en partie par la plaque suivante, placée k gauche de l'autel de N.-D. dans la nouvelle église.

OODEFRIDUS DE LA, POBTE, MISSIONUM ORDINIS CAPUCINOHUM AD BOSPHORUM THftACIUM ALUMNUS, ARCHffiPISCOPDS NAXJENSIS. XV KAL NOV. A, D. lIDCaC. -CTATIS SU*! LXVII, VITA PUNCTtlS ; HOC JAfiET IN TEUPLO, SÛPTIBUS SUIS- JAM ESTRUCTO, QOOD INDE FLAMUA DELETUM, GALLICA NATIO, MDOCCXLVII, ORDINI EIDEH SPLENDIDIUS A. FUNDAMBNTIS RESTITUEBAT,

* I.a positioD des Capucins aupréa de l'ambassade de France Tacililait cette (Duvre. D'autres voulurent l'entreprendre, mais ils y trotivérant de grands dangers : ainsi dans les archives de Ste-Marie, à l'année 1687, on trouve que les roligiaux do cette mission ayant reçu deux esclaves fugitifs, furent menaués par les Turcs, si bien qu'ils firent passer ces esclaves chei les Capucins pour les abriter sous la protection française. Un ajoute même que ce ne fut pas sans peine que le chargé d'affaireB réussit à les préserver,

* Il semblerait, d'après tes Mitt'wn* Caihotiquet, 27 septembre Iâ72, que Mgr de la Porte no fut pas seul à contribuer à la reconstruction de St' Louis. L'ambassade de France, après l'asBasunat. en 1786, du P. Vincent Ruovo. dans le DJéziré, avait obtenu de la Porte ottomane une indemnité do 9.000 livres environ, 4ui fut envoyée à CP. et employée, par elle, à la reconstruction de l'église des Pérès Capucins de cette ville.

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Les pierres tombales que l'on remarquait dans l'église de St-Louis étaient celles des comte des AUeurs, vicomte d'Andrezelles, comte des Alleurs fils, on y ajouta dans ce siècle celle du général Aubert-Dubayet envoyé de la République en 1797, Inhumé d'abord dans l'enceinte des murs de ramt>assade, au pied de l'arbre de la liberté, le grand cyprès qu'on voit encore à gauche du grand méridien tracé sur la muraille intérieure du jardin. Ses restes furent exhumés en 180i et transférés dans l'église, avec un service religieux.

Les autres sont celles qui suivent

1751, 3 juin : Cécile Ursule, fille du comte des Alleurs et de la Comtesse, née princesse Lubomirzka : elle fut inhumée sous l'autel de St-Félix.

1753, 30 mars : Le Père Jean-Louis,préfet des Jeunes de langues, fut inhumé dans la sépulture, sods le grand autel de St-Louis.

1754, le 33 novembre : Le comte Roland des AUeurs, inhumé sous l'autel de St-Félix.

1756, 27 juillet : Pierre Fonton, premier drogman, secrétaire interprète du Roi, inhumé dans la sépulture dans le sanctuaire.

Les Capucins continuèrent leur ministère sans rien changer à leur organisation, jusqu'à la révolution française : ils étaient, ainsi que nous l'avons dit, gouvernés par un Custode de la Mission de Orêce, nommé par le Provincial de la Province de Paris pour quatre ans, mais pouvant être continué, avec la permission de la S. Congrégation de Propagande. Le trentième et dernier fut ie R. P. Hubert d'Amiens. A l'expiration de sa charge, en janvier 1792, il n'y avait plus de Capucins organisés en France, par suite de la suppression des Ordres religieux : la S. Congrégation le nomma donc Préfet apostolique des missions de l'Ordre pour les lies de l'Archipel, de l'Asie mineure, et de Constantinople. Celte première nomination était ad Quadriennium, elle fut prorogée jusqu'à la mort du P. Hubert en 1813. Avec lui commença la nouvelle période de l'histoire de S. Louis, que nous relaterons dans la troisième partie de ce b-avail.

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