‹ Histoire de la latinité de ConstantinopleChapitre 33 sur 74 · OBÉLISQUE ÉLEVÉ A LA MÉMOIRE · texte numérisé non relu

OBÉLISQUE ÉLEVÉ A LA MÉMOIRE

;S UBDBCCNS ET PHARUACIEKS DÉCÈDES DE L'AFtUÉE FRANÇAISE D'Oi

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né, an antre à Bëchiktasch. Cependant les Turcs ne traitaient pas de la même façon tons leurs esclaves : ceux dont ils pouvaient espérer une rançon étaient mis à part : nous voyons qu'ils étaient généralement gardés aux Sept-Tours, la prisort- des Qentits-hommes.

he régime des esclaves chrétiens était fort variable, suivant te malb-e auquel ils appartenaient. Ceux des bagnes et des galères étaient traités ' fort durement, car comme les expéditions annuelles donnaient le moyen de combler, sans frais, les vides crensës par la mort, on n'épargnait pas le travail et les mauvais traitements à ceux que l'on possédait. Ils étaient de plus très exposés à perdre la foi, car on délivrait et l'on plaçait avantageusement ceux qui se faisaient Turcs, suivant le langage du temps.

Aussi le rachat des captife était-il, au moyen âge, une des grandes œuvres de la miséricorde chrétienne. Deux Ordres religieux, celui de N.-D. de la Merci, et celui de la T. S. Trinité y consacrèrent tous leurs efforts. D'autres encore s'y employèrent, mais sans pouvoir diminuer sensiblement le nombre de ces infortunés.

Les religieux établis dans GP. et dans les autres villes assujetties au croissant, avaient donc poar mission spéciale de s'occaper de ces esclaves chrétiens, sur les galères et dans les bagnes. Nous les voyons tous employés à ce ministère. Conventuels, Dominicains, Capucins et Jésuites rivalisent de zèle. Leur ministère était facilité par les Turcs eux-mêmes, qui laissaient à leurs esclaves une certaine liberté et qui permettaient aux religieux l'entrée des bagnes. Le bakschisch traditionnel aidait souvent à leur ouvrir les portes de ces antres. Nous allons les voir à l'œuvre.

Le bagne de Constantinople ou * arsenale fabbricato... nel porto, appresso il luogo di Pera ', > était rempli autrefois des c esclaves infidèles faits sur les chrétiens, pendant la guerre'.» On eu accusait trois à quatre mille en 1592^, deux mille en 1664*, trois mille du temps de M. de Girardin (1686-89) ; le

t Rekaioni oenet., 3- série, IK, 347.

« E»tat de* mittion» de Grèce, p. 88.

9 Relai. oenet., 3* série, II, 33S.

* CarayOD. Rel. inéd. de» ir

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p. Tarillon dit (1712) : t II faut encore compter parmi les catholiques, quatre à cinq mille esclaves, servant sur les galères, ou enfermés dans le bagne du 6.-S., et plus de vingt mille autres, répandus dans les maisons des particuliers '. > A la chnte de Gerbi, don Alvarez, général espagnol des troupes de débarquement, y fut conduit avec les autres prisonniers • ; après celle de Famagouste, la peau du malheureux et héroïque Bagradino^ y fut exposée ; le dominicain Calipio, qui y fut mis comme espton du pape, essaya de la dérober ; et, plus tard,elle fut rendue à Venise, et déposée, dans une urne, dans l'église des Santi Giovanni et Paolo*.

En 1593, après la défaite de l'armée turque devant Essek, le baron de Lobkovitz, ambassadeur impérial, fut traîné à la suite de l'armée, et let> gentj de sa maison conduits au bagne ^. c L'on y voit toutes sortes de nations, dit le P. Saul^er, jésuite, en 1664, mais particulièrement des Français-, j'y al vu des Parisiens, des Bretons et des Normands''. >

Les Capitulations contiennent de nombreux articles relatifs à la libération d es esclaves ^ ; une confrérie, celle du Satnt- Cœur de Jésus, avait été instituée, pour le rachat des esclaves, et le produit de certaines taxes et amendes^ avait été affecté au môme objet. Lors de la paix conclue sous la médiation de la France, M. de Villeneuve, ambassadeur de Louis XV, obtint la libération de trente prisonniers allemands, incarcérés au bagne de Constantinople ".

On lit dans Tourneforf '", qu'il y avait, dans le bagne, deux chapelles pour les Latins, l'une appartenant au Roi de France, l'autre destinée à l'usage des Vénitiens, des Italiens, des Alle^ mands et des Polonais. < Les missionnaires, continue le savant

I Xoiircaux Mffitoire^ '/es Mluloii», etc., p. 28.

' Hàmmer, VI, 194.

> [d. id. 415. Cf. ndai. rcn. 3" série, I, 379.

* Hammer, VI, 5S7.

* Hammer, V[[, 67,

■ Carayon, loc. IntuL. 99. 236, 237.

' Voyez nos Traité» et eapitulation» de la France, dans le Contemporain, 1369, paseim.

s Délibération* nationales, procès- verbaux àe 1717, 1719, 1725.

* Hammer, XIV, 4G7.

"I Voyage au Lerant, 11, 5.

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voyageur, y confessent, disent la messe, administrent les sacrements, et font les exhortations en pleine liberté, en donnant quelque gratiScation au commandant du Bagno. Les Grecs y avaient anssi une chapelle. > Carbognano', rapportant les mêmes faits, dit aussi : L'une des deux chapelles latines < appartîeneaî francesi e l'altra è commune a tutte le nazioni. >

L'église grecque est la seule existant aujourd'hui (1870) ; et dans une visite que nous aTons faite au bagne, en octobre 1865, on nous a montré des ruines qu'on indiquait comme étant celles d'une chapelle latine ; on ajouta que cette chapelle était dite « Saint-Pierre ou Saint- Antoine, i Ce rapport n'est consigné ici que pour n'omettre aucun élément d'information.

On lit, dans les Mantahhtbât d'Ëvlia Tchelebi, que sultan Suleïman fit bâtir, dans l'arsenal, le San-Pavla ztndâni; ne trouverait-on pas là un indice du titre de la chapelle ' ?

Pour ce qui est de St-Antoiue, le r^istre des actes de baptême de Ste-Marie Drapéris mentionne, au 18 janvier 1668 : f L'ecclesia Sancti Antonii di Padua, apud captivorum carceres, vulgô die dicto Bagno del Oran Sîgnore, In Casslm pacha; > et, au 23 février 1670, < la capella di Santo Antonio di Padua, al bagno del Gran Signore. »

La Comunità rapporte, en 1618, que cette église ou chapelle aurait été desservie, à une certaine époque, par les Dominicains; elle ^oate, en 1633, qu'elle était fréquentée par les Grecs, les Arméniens, et même par les mitsulmans des deux sexes, qui, aHligës d'inOrmités réputées incurables, venaient se recommander au saint, auprès duquel ils passaient trois jours et trois nuits ; après quoi, ils s'en retournaient guéris, t La miraculosa chiesa di Sant' Antonio ' » courut danger d'être démolie, dit la Comunità, en mars 16S6 : le plomb d'un magasin du Q. S. attenant à l'église ayant été volé ; le chapelain fut chassé, et se réfugia chez l'ambassadeur de France ; et l'église

' Loe. laud., p. 70.

■ i Les Turcs, dit Byzantios (II, 21), appellent la bagne, j'ignore pourquoi, pritOfi de Sl-Paul, ■

3 C'aat probablement da cette église que parla Du Gange (lîb. IV, 81), d'après le P. Pacifique, capucin, in Itinsrario Co'iitanlinopolilano. « fréquentée, dit-il, par un grand nombre de Grèce, à cause des miracles que Dieu y opérait. ■

fat mise sous scellé. La réouverture ayant été obtenue à prix d'argent, la desservance fut donnée aux Mineurs Observantins (16 mai 1626); le procureur comptait au chapelain 20 asprcs par jour pour son entretien.

En 1632, la Comunità décide que le chapelain et le sacristain pourront seuls, dorénavant, passer la nuit dans l'église.

Mise de nouveau sous scellé, en février 1686, cette chapelle était encore fermée, en octobre même année ; les sacrifices de la Comunità ne parent obtenir sa restitution au culte '.

Selon Hammer", une femme du séraï, sous le règne de sultan Ibrahim, successeur de sultan Mourad IV, aurait brisé les scellée apposés sur la porte de l'église ; et, après s'être baignée dans Vaïasma, aurait, de nouveau, fermé la porte. Irrité de cette violation de l'ordre impérial, le grand vizir Qara Moustafa^ aurait, à cette occasion, changé l'église en mosquée^.

De ce qui précède, il semble résulter que St- Antoine se trouvait hors du bagne mais attenant aux magasins de l'arsenal ; une circulation aussi fréquente n'aurait pu être tolérée dans l'intérieur ; d'autre part, les actes de Ste-Marie Drapéris constatent qu'un mariage fut célébré, en janvier 1668, t in ecclesia Sti Antonii di Padua, apud captivorum carceres, vulgo dicto Baguo del Gran Signore, in Cassim bassà ; > et, en février 1670, qu'un baptême eut lieu i nella capella di Sto Antonio di Padua, al bagne del Gr. S. > Si le rapport de Hammer est exact, on peut être conduit à snpposer,en tenant compte des indications fournies par les registres de Ste-Marie Drapéris, que le vocable St-Antoine aurait été reporté à l'une des deux chapelles du Bagne, vraisemblablement & celle qui t était commune à toutes les nations. >

D'autre part le fait du changement de St-Antoine en mosquée n'est pas rapporté dans les mémoires locaux qui constatent au contraire l'existence de cette église à une époque postérieure à celle du viziratde Qara-Moustafa. On lit dans les mémoires des

- 1 Cette date correspond à. celle de la parte de Ste-Marie de Conitanti- DOple, detierrie par laa Dominicaine (voyez chapitre I)- » Loc. laad., X, 112.

* Grand-Tizir de décembre 1638 au SE mars 1643.

* Toutefofa, la liste des mosquées de CAcim.^cha ne fournit aucune Indication à cet ^rd. (Hammer, XVIII.)

P.P. Conventnela : c Au bagne, ou à la prison des Sept-Tours, et à l'arsenal, aatrement ait «Bagno dl Cassim-bassà, i il y arait uae chapelle b&tie pour l'usage des latins, sous le vocable dd St-Antoine de Padoue, par l'écrivaia Prono, et dans laquelle les P.P. Gonveatuela prêchaient et célébraient les offices j cette chapelle fut bénite par Mgr Ridolti, le 19 mars 1664. Donnée plus tard, en 1688, aux Jésuites, par Mgr Gasparini, Mgr Bavestrelli en confia la direction aux prêtres séculiers, après la suppression des Jésuites. Elle avait été incendiée en 1720, mais reconstruite eo pierres presque aussilôt.

D'après la visite que lui fit le Vicaire patriarcal, le 37 Join 1688, quand il la donna anx Jésuites, l'église de St-Antoine de Padoue, au bagne du Grand Seigneur, avait trois autels, le maltre-autel, dédié à St Antoine, celui de droite à Ste Bose et celui de gauéhe aux Ames du Purgatoire.

A cété du grand bagne se trouvait le petit qui avait aussi son service religieux : nous voyons en effet que Mgr Bidolfl, les IS et 33 décembre 1664, bénit deux chapelles nouvellement érigées sous le vocable de la B. Viei^e Marie, dans le c piccolo bagno di Cassam pacha >.

Dans la même année 1664, les Dominicains desservaient l'église du bagne de Bechiktach, où Mgr ElidolQ avait établi sa résidence d'été, il y officia pontificalement le 11 mai 1664. Cette église avait deux cloches.

Il y avait aussi un bagne aux Sept-Tours, et nous avons vu que l'on y faisait un service religieux.

Au reste, le P. Tarillon, dans son mémoire déjà cité, donne du b^ne de Qassim-pacha et de ses diverses parties une description qui nous fait bien voir comment il était constitué en 1712. «Le bagnese compose d'une grande enceinte,... au milieu de laquelle s'élèvent deux gros bâtiments, de figure presque carrée, mais de grandeur inégale : le plus grand s'appelle le grand bagne ; l'autre, le petit bagne... Dans un qimrtter de chaque bagne, on a pratiqué une double chapelle, dont une portion est pour les esclaves du rite franc, et l'autre pour les esclaves du rite grec et moscovite. Ces chapelles avaient, en commun, d'assez bonnes cloches ; il y a cinq ou six ans qu'on les leur a enlevées (1706?). Assez près du petit bagne, ou a b&ti et orné, des anmdnes des fidèles, une petite église, sous le

titre de St-Antotne, qui est assez biea fournie des meables d'autel nécessaires ; c'est la chapelle des officiers et des malades. Les esclaves élisent, tous les ans, un écrivain ou préfet du bagne, et sous lui un sacristain, à qui tout se donne pour compte, pour le remettre dans le même état à celui qui eutre en cbai^e après lui'... Dans les temps de peste,... notre usage est qu'il n'y ait qu'un seul Père au bagne, pour y demeurer tout le temps que la maladie dure. Celui qui en obtient la permission du supérieur (ce qui n'arrive pas sans de fortes représentations de la part des autres), s'y dispose pendant quelques jours de retraite, et prend congé de ses firères, comme s'il devait bientôt mourir.... Le dernier jésuite, mort dans cet exercice de charité, est le P. Vandermans, flamand ; depuis lui, personne n'a plus été frappé de cette maladie qae le P. Besnier, saisi de la peste en confessant-. >

Selon les archives de Ste-Marïe, les sacrements étaient administrés aux esclaves du bagne, de 1667 à 1731, par les réguliers de cette paroisse; et, dans leur supplique, supposée de 1683, à la Comvnitâ, ces mêmes religieux se plaignaient de ce que c les Jésuites se sont introdoits, dernièrement, dans le grand bagne, et que monseigneur leur en a donné la cure, i On lit cependant dans le Mémoire du P. Saulger, en date du 30 mars 1664 : ( Parmi les travaux des Jésuites sont les galères, composées d'un bon nombre d'esclaves français ; deux de nos Pères vont, tous les dimanches, au grandbagne du Qrand Seigneur... nous y allons confesser et chanter la grand'messe, avant le travail. Nous avons, de plus, pour mission, les Sepl-Tours, la prison des gentils-hommes. Nos Pères restent auprès des malades ; te soir, ils retournent au bagne, pour entretenir, plus k loiair ceux dont il faut soutenir la foi. Durant les nuits entières des veilles des grandes fêtes, passées avec ces pauvres gens pour les confessions, il faudrait voir la douleur de leur pénitence, la ferveur de leurs prières, leur soif de la parole de Dieu... Durant dix années qu'il demeura & Constantinople, le P. Bernard a pris le soin des bagnes; il y passait souvent les jours et

' Cf. plus haut, Comunità di Pfra-Oalaia.

> I^ nom du P. Besnier n'est pas inscrit sur la pierre des Pir«a Jésuites morts de peeie. (Voyez notre Compte-i-endu de 1864.}

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les nuits. Ce révérend missionnaire est mort victime de son zèle évangélique; son nom figure, à l'année 1683, sur la pierre funéraire des Jésuites morts de peste K i

D'après l'état de la chrétienté de CP., présenté au St-Siège par Mgr Teoli, archevêque de Myra, suffragant du pateiarche de CP. (1653-1663}, les allemands et les polonais esclaves, spécialement aux Sept-Tours où ils sont enfermés, et où se trouve une nouvelle chapelle, avaient le plus grand besoin de missionnaires de leur nation. Déjà le P. Giovanni Circbi, d'Anagni, Vicaire patriarcal (1681-1635), et de nouveau (1648-1651), avait fortement représenté à la Propagande la misère des esclaves du bagne à CP.

Dans une lettre du 33 mars 1747, au ministre des affaires étrangères, M. de Castellane cite < les Jésuites qui ont l'entrée du bagne^. » En temps de peste, ceux-ci s'enfermaient avec leurs ouailles, et plusieurs d'entre eux y ont trouvé une mort glorieuse : ils sont tombés sur le champ de bataille de la charité évangélique! Remplacés, à la suppression de l'Ordre, par MM. les Lazaristes, ceux-ci ont dignement occupé au bagne, jusqu'en 1818 ou 1830, le poste de leurs prédécesseurs; & peu près vers cette époque, leur chapelle fut détruite par le feu ; on sauva des flammes le tableau qu'on voit présentement (1870), à St- Benoît, au-dessus des orgues ; il représente une scène de rachat d'esclaves; un évêque, assisté de deux prêtres en costume de chœur, compte au personnage, debout devant lui, le prix de la libération d'esclaves accroupis et garrottés à ses pieds.

Depuis que les Turcs ne font plus d'esclaves chrétiens, l'œuvre du bagne n'a plus la même importance que jadis. Ce n'est plus qu'une œuvre ordinaire des prisons, et même peu considérable ; car les européens des diverses nationalités étant justiciables de leurs cours nationales de justice, il ne reste guère que les condamnés raïas, peu nombreux toujours. Nous ne séiiarerons donc pas ce qui reste à dire des prisonniers dans l'état actuel de ce que l'histoire nous fournit des bagnes d'autrefois.

Actuellement, la desservance du bagne est dévolue aux

1 Cf. CarayOQ, lor. f(ia<J., p. 99.247, 248,252; Eitaldc» ininion» de Grèce, en 1695 ; et mon Comple-rcn/lu du cimeliire catholique latin de Constautinople pour l'année 1864, p. 26.

> Testa, Recueil de» Traita», II, 180.

H*. Dominicains : le révérend et zélé curé de St-Pierre, assisté d'une sœur de Charité chaînée de cet office, a obtenu, de l'autorité locale, un petit emplacement qu'il a converti en chapelle ; là on entend les confessions, on dit ]a messe et l'on administre les sacrements; on distribue aussi, une fois la semaine, en numéraire ou en nature, des secours aux galériens latins. Le docteur Fontana, assisté de sœur Madeleine, a créé, dans le hatgne (zindân), aa petit hôpital pour les malades latins.

Le curé de St-Pierre et les sœurs de charité ont également obtenu, du ministère de la police, l'autorisation d'établir une petite chapelle dans la prison de la préfecture de police {zabtïé) à Gonstantinople. Cette autorisation avait été retirée ; aussi les prisonniers catholiques latins étant restés dépourvus de tout secours religieux, l'ambassade de France a fait des démarches auprès du ministère de la police aSn de remédier à cet état de choses : le ministère accueillant favorablement les justes observations gui lui étaient présentées, a mis dans la prison centrale deCP., sur la place de sultan Ahmed, une chambre assez grande & la disposition du curé de St-Pierre, dont la juridiction s'étend à tout CF., afin d'y célébrer la messe et d'y donner les secours religieux aux détenus catholiques-latins. La nouvelle chapelle a été inaugurée, le 30 mars 1876, par le R. P. Marengo, dominicain, curé de St-Pierre,

Sous le titre d'ceuwe des prisons de Constantinople, il s'est formé, À cette occasion, une association, dont voici les résultats pour l'année 1869:

Recettes .'Cotisations [piastres, gT3 /Mpenses.'Aumànea: piastres, 717 Dons pour vêtements, 240 Acliat de vêtements, 210

Piastres. . . 1062 Piastres. . . 927

Compte -rendu moral .

Bienfaiteurs 9

Visites aux prisonniers. . . . 4S Libération de prisonniers ... G Vêlements et chaussures distribués à trente-trois prisonniers.

Résultats pour 1891 :

Bienfaiteurs : dix ; visites : douze ; prisonniers libérés : trois ; recettes ; 1,846 piastres ; dépenses : 941 piastres.

SX.

Saint-Jean Chrysostôme '.

Cette église, sise daas la graade rue de Péra, à gauche, en allant vers le Taqcim, presque eu face de la me Hava, fut construite par Mgr HîUereau, qui en fit l'inauguration en 1S54. Sa Qrandeur avait désiré l'ériger en paroisse ; mais certaines oppositions ayant été produites à la Propagande, contre l'exécution de ce projet, l'archevêque fut invité à l'ajourner. Le vaisseau de l'édifice se composait de trois nefs, dont une, celle de gauche, troncpiée ; il avait plusieurs tribunes. Cette église qui, d'ailleurs, n'était portée qu'à la moitié de sa longueur projetée, ne donnait pas sur la rue, comme cela est d'usage en Orient, elle était précédée d'un corps de logis contenant la résidence de l'archevêque, le secrétariat, la chancellerie.

C'est là que Mgr Hillereau rendit son flme à Dieu ; et c'est dans cette église que ses obsèques furent célébrées. M. le chargé d'affaires de France y assistait avec une partie du personnel de l'ambassade ; la dernière absoute a été donnée par Mgr Trioche, archevêque de Babylone, de passage à Constantînople.

L'église St-Jean Chrysostéma a été détruite par le feu, dans l'incendie du 5 juin 1870; la toiture s'est effondrée sur le sol ; les quatre murs seuls sont restés debout ; la résidence archiépiscopale a entièrement disparu ; elle contenait une bibliothèque ecclésiastique importante, dont on a & regretter la perte. Au moment où le feu se déclarait à l'une des extrémités de Péra, et s'avançait avec une rapidité efb^yante, le vicaire apostolique, Mgr Pluym, officiait à l'église du St-£^prit, dont c'était la tête patronale (le jour de la Pentecôte) ; informés du danger que courait l'archevêché, M. l'abbé Testa, vicaire général, Don Antonio Gîorgiovich et le Frère passioniste attaché & la personne da Monseigneur, se portèrent en hflte sur le lieu du danger ;

■ St Jean Chry*o>Wine fut élu patriarche de ConatantiDOple «n 397. Voyaz sur cet illustre docteur, Montalembert, U» Moine* d'Occident, 1, 121 «t auiv-

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par leur zèle et leur courage, ils parvinrent à sauver des flammée les saintes Espèces, une grande partie des ornements sacerdotaux et pontificaux, ainsi que les objets les pins précieux servant au coite'.

St-Jean Chrysostdme, résidence du vicaire apostolique, était desservi par les prêtres séculiers du diocèse, au nombre de huit prêtres en tout, répartis entre cette église et celle du St-Esprit. St-Jean Chrysostôme n'avait pas d'école gratuite ; mais le Vicariat y contribuait, de différentes façons, à l'instructioB d'un certain nombre d'enfants pauvres, tant chez les Frères de la Doctrine chrétienne que chez les Sœurs.

> S«Ion le rapport lu par le président du conseil municipal de Péra, dans la eéaoce du jeudi 10 Dovembre 1870, l'Incendie du 5 juin aurait détruit le quart de ta circonicriplion municipale, coniumé 3000 maisons, et laine â),000 Amei sans pain ni asile.

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