‹ Histoire de la laura gerardiaeChapitre 4 sur 25 · — EE · texte numérisé non relu

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(1) Voir PI. IV, fig. 44.

du corps, placés sur la ligne médiane du côté ventral, et toujours bien distincts des paquets musculaires

Malheureusement les dissections que j'ai répétées sur les animaux frais n'étaient pas de celles qui conduisent facilement à des préparations démonstratives ; elles sont très minutieuses et très délicates et ne sont guère possibles à bord: aussi je n'ai pu, malgré ma campagne de 1973, revoir ce qui me restait à élucider sur les animaux frais du côté du système nerveux abdominal.

Je laisse donc là un point à revoir. De plus favorisés, de plus habiles surtout, combleront sans aucun doute cette lacune. Mais il faut cependant remarquer que, chez beaucoup d’articulés, on rencontre souvent toute la série ganglionnaire abdominale concentrée en un point sous l’œsophage et remontant très haut. Si donc l'apparence dont il est question était le fait d’un de ces jeux de lumière ou d'une de ces actions des réactifs, l'interprétation donnée ici serait fausse, ce que prouvera seul le contrôle expérimental, en plaçant les observations dans de nouvelles conditions. Si on l’accepte, on devra considérer cette masse nerveuse abdominale et sous-céphalique comme innervant les organes locomoteurs.

En ce qui concerne le collier œsophagien, je suis arrivé à quelques résultats que je crois certains.

On peut s'attendre, sur un animal aussi petit et dont l'extrémité céphalique est si peu considérable, à des difficultés excessives de dissection.

L'on verra plus loin quelle disposition présente le tube digestif, disons, ce qui suffit ici, que, en mettant à nu l’extrémité supérieure de l'intestin, on peut suivre, entre elle

et la calotte céphalique, un tube cylindrique, qui est incontestablement le prolongement de la première vers la seconde, et qu'il faut considérer comme étant l’œsophage (1).

Au dos de ce tube et tout de suite au-dessous du bord de la calotte céphalique, existent deux petits ganglions(2), qui, reliés par une commissure, sont unis par deux cordons au centre antérieur. Ils forment l'appareil nerveux dorsal ou sus-æsophagien et complètent le collier æsophagien.

Très probablement ce centre dorsal innerve les antennes et les parties sensibles de la tête, mais je n'ai pu trouver les filets nerveux qui doivent exister et présider à cette

innervation.

Faut-il considérer comme une seconde paire d'antennes les deux tubercules(3) placés au bas et en avant de la calotte céphalique ? C’est possible, mais les dissections sont d'une telle difficulté qu'il est préférable de s'abstenir, car on ne pourrait les distinguer des pièces buccales qu’à l’aide des connexions qu'il ne m'a pas été possible de déterminer en raison de la petitesse des objets et des conditions où

J'étais.

Terminons ce paragraphe relatif aux organes de la relation par quelques indications histologiques. On a vu qu’à l’intérieur le tissu conjonctif était formé

(4) Voir PI. IV, fig. 43 et 44, O œsophage.

(2) Voir PI. IV, fig. 43 et 44, Nd.

(3) Voîr PI. II, fig. 25, 26, 27, A antennes vraies, A’ antennes supposées de la seconde paire.

de grandes cellules rameuses, constituant le tissu général ou conjonctif.

A l'extérieur, toutes les parois du corps, aussi bien que celles des pattes, sont formées de cellules extrèmement évidentes, régulières, polyédriques et pavimenteuses. Quand on traite les parties par le picrocarminate ou le carmin et l'acide acétique, on voit un réseau (1) polygonal produit par les parois de cellules, et les noyaux, fort nets, très granuleux, très colorés, occupent le milieu des figures polygonales.

Souvent l’on rencontre deux noyaux voisins presque accolés, qui semblent à peine séparés par une ligne claire indiquant la séparation des deux cellules auxquelles ils appartiennent. Ces rapprochements sont à la fois si constants et si faciles à reconnaître dans des conditions très variées, qu'il est impossible de ne pas voir en eux les preuves de la multiplication des cellules par dédoublement ou fissiparité.

Les cellules limitant les parois du corps ne sont pas aussi aplaties que les cellules épidermiques; elles ont une épaisseur qu'il est facile d'apprécier sur les bords des téguments reployés en dessus comme on le voit dans une partie de la fig. 46, PI. V, partie b.

D'ailleurs, en observant normalement les préparations par leur surface, on peut s'assurer que les lignes de séparation des cellules sont dans deux plans, l’un supérieur, l'autre inférieur, il suffit pour s’en convaincre de remarquer qu'on est obligé de faire varier la distance focale de toute l'étendue de l'épaisseur de la cellule.

(4) Voir PI. IV, fig. 46.

56 IISFOIRE DE LA LAURA GERARDIÆ

L'extérieur du corps est recouvert en outre par une couche cuticulaire très mince qui porte des poils ou cils délicats, et qu'on voit fort clairement sur le bord des préparations lorsque la membrane observée s’est ployée.

Les fibres musculaires paraissent très fortement striées, tout aussi bien quand elles sont fraîches que lorsqu'elles sont préparées par la potasse caustique ou les imbibitions.

Cependant les stries sont loin d'être aussi évidentes dans tous les cas et sur tous les individus, ainsi que dans toutes les parties du corps.

Dans les muscles des jambes(1), les fibres ont habituellement une apparence franchement striée, et quelquefois cette apparence, portée au plus haut degré, ferait croire que les fibres sont constituées par des disques empilés, dont le bord serait arrondi et la lame très réfringente.

Dans les parties molles, doublant intérieurement la carapace, on trouve des fibres allant de la face de l'épiderme placé sur la couche des cellules pigmentaires à la face interne de la partie cartilagineuse.

Ces dernières fibres musculaires sont fort délicates, comparées à celles des membres ou du muscle adducteur des valves (2). Dans toutes les coupes, on les rencontre allant d’une face à l’autre des deux membranes et s’insérant di-

(1) Voir PI. IV, fig. 48.

(2) Voir PI. I, fig. 10, fin et PI. IL, fig. 21, fm. — C cartilage, fm fibres musculaires, Cp couche de cellule pigmentaire, Ep épiderme.

rectement sur les deux surfaces auxquelles elles sont perpendiculaires.

Dans cette partie du corps du crustacé, il est aisé de voir que les fibres sont cylindriques, non striées, et ne présentent aucune particularité de structure. Elles sont accompagnées de très fines granulations dépendant très probablement du protoplasme qui les unissait et du contenu des cellules qui les accompagnaient.

Quelquefois les cellules à granulations pigmentaires, planes du côté de la surface épidermique, s'élèvent en sommet aigu et viennent accompagner les fibres musculaires en s'introduisant entre elles : on croirait que les granulations dont il à été question plus haut sont dues à ces parties prolongées des cellules pigmentaires que la coupe a déchirées.

Dans le muscle adducteur des parois de la carapace (1), les fibres musculaires sont réunies en paquets volumineux et prismatiques, el ce sont ces paquets qui, dans ce muscle surtout comme dans ceux des pattes, paraissent fortement striés.

Il est assez difficile de se rendre un compte exact de la cause de la striation, car les procédés histologiques sont quelquefois cause des apparences qui paraissent les plus caractéristiques; ainsi, quand on dilacère un paquet ou faisceau musculaire de la Laura, des mieux striés, on remarque facilement que les paquets prismatiques et raides se décomposent à leurs extrémités en fibrilles très déliées et ondulées.

(Mon PIN fe Tr

Il est donc très probable que les ondulations de toutes les fibrilles composant les faisceaux, concordent et causent l'apparence striée.

Rien de particulier ne caractérise les attaches de ces fibres musculaires, soit sur l'enveloppe cartilagineuse, soit sur la couche interne. L'insertion s'établit directement.

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