CHAPITRE XII
Lois et Institutions religieuses.
Premier hom- Des temples élevés > des fêtes célébrées, des ZZirZo^h^i^^^^'^^^^^^ offrandes, des jeux sacrés, des r»|rieuiiure. oracles , des vœux , des sermens , forment en Sicile , comme chez tous les peuples , une grande partie de Thistoire religieuse du pays. Une tradition ancienne le consacroit à Cérès et à Proserpine ( I ) ; ses habitans n'en furent que plus portés à penser qu'elles étoient nées parmi eux (i). Heu* reu»et riches de tous les bienfaits qu'ils dévoient à l'agriculture, leur reconnoissance n'oublia rien pour conserver ou propager la mémoire du séjour que l'on aimoit à croire que les deux déesses avoient fait en Sicile. Les cérémonies de ces fêtes étoient autant d'hommages rendus aux protectrices de si utiles travaux : le choix même des époques de leur célébration s'y rapportoit; c'est au temps des semailles qu'on faisoit les recherches de Cérès, et au temps de la récolte, la commémoration de
(i) Dlodore, v, SS 4 et 60.
(a) Quatrième Verrine, S 48.
LÉGISL. DES. SICILIENS. CH. XII. l8i
Penlèvement de Proserpine. La première de ces fêtes duroit dix jours (3).
On remerdoit ici de la fécondité des terres les divinités des champs et du labourage. II semble que le commerce de la Sicile , sa navigation , tous les avantages que la nature lui assuroit sous ce double rapport , auroient dû inspirer un culte assez semblable envers les àievaiL protecteurs des mers : il n'en fut pas ainsi; l'hommage du moins se trojuva plus rare et plus borné. Quelques temples s'él^èra[it néanmoins , dans quelques villes, pour Neptune (4).
Le culte de E>iane étoit le plus répandu après Autres divinités celui de Cérès et de Proserpine; on l'honoroit
, » ' De <piel<{aes - uns
surtout -à Syracuse : la ville étoit sous une protec- «i« temples, tion spéciale de cette divinité (j).
Les noms de quelques autres dieux révérés en Sicile nous ont été conservés par les anciens écrivains. TTiucydide , en parlant des premiers établissemens qu'on y forma , en nomme au^si quelquesuns dont les colonies grecques apportèrent le
( \) Diod. v, SS 4 et 5. Sur les mystères de Cérès et de Proserpine , voir Piutarque , Dion , S 7 1 •
(4) Oiod. IV, S 8y. C'est à Neptune qu'étoient consacrés les jeux isthmiques; Syracuse les avait reçus des Corinthiens. Voir notre tome VUI, pag. 124, et ce qu'en dit Pindare dans celui de ses ouvrages qui porte -ce titne.
(5) Quatrième Verrine , SS 35, 36, 38.
iil HISTOIRE DE LA LÊGISLATICK.
cuhe et lé gafdèrent (6). Les services cTAristée pour Pagriculture et les tmvâttit champêtres Itri , avoieiit inéme fkît décerner des honneurs dîvms (7).
Les temples n'eurent pas tous ce caractèi^ r^Tgieut que leur desthiadon appeloit et supposoit. Le luxe, la gourmandise, k débauche, d*au* très vices , eurent aussi leurs (fivinrtés (8).
Éryx étof t ie principal séjour du ctdte de Vénus : ce fut le plus renommé de ses temples en SrcHe; ce fut même un de ceux qui conservèrent le plus long- temps les hommages des autres peuples : les Romains, en particulier, ne cessèrent d*y apporter leurs prières et leurs offrandes (9). On aperçoit ici, au mMieu des narrations religieuses, 'un fait qui, s'il étoit vrai, ne seroit pas sâns quelque ânalogie avec Tobfet de nos travaux, qui leur appartiendroit même tout entier. Le prince , fondateur de ce temple, Eryx, avoit eu pour mère Vénus, et pour père Buta , roi d'un petit pays de
(6) Tkucyd. VI . S 5. DM. iv, $$ 79 et 80. P^âtr tusd U quatrième Verrine . % 57.
(7' Dioë.iV,s$8f et 81.
(8) Voir Éikn , 1 , c. xxvii.
(9) Vùir Diod. iv, S 8) , et «ujii $$ 78 et 79- cneore TTiucyd. VI, S 4<5; Élien, f , c. xv. et VEiMt» vn, v. 159;