‹ Histoire de la législation (volume 2)Chapitre 25 sur 53 · II · texte numérisé non relu

II

Ift HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

dens Étrusques, se sont formées de t>lusieurs népabHques unies etitfe elles sans aucune prééminence de poUYoir ou de dignité : ftisolent-^Hes des con^* quêtes, les viifes conquises entroient dans la \ ligue et fouissoient des mêmes avantages que les

autres. Les Étrusques ont employé ce premier moyen. »

prtmi«r gouver- Mals est-ce aiiisi que leur réunion sociale

nement de rÉtnirk. • . . t* m* ■

Elle puêc de u commencé l on peut 1 affirmer sous le rsp* royaut. à I. .ép.*- p^j-j ^ nombrc et de la diirision : le peut-on, dam les premien temps , pour Texerdce de l'autorité ! L'Étrurie alors arott-dle connu, ou pour le p«ys tout entier ou pour quelqu'un des peufrfes qui l'habitoient, Paulorité des roist Plusieurs écrivains , Dempner par exemple (21), donnent ii liste plus oU moins véridique de tous ses princes (aa^ On nous a souvent parié des rois d'Albe, et les iiistoriens Tout. Ait comme les poètes (2)); mais fépoque qu*îî$ citent également est antérieure à la fédération des habitans de FÉtrune, & leur division en plusieurs étau , ^ leur réunion sous

(ai) Chtp. III et $uiv. Voir auui Vhlist. unh. angl. t. XIV, pag. 308, et L Vni,pig. 17.

(ai) Voir W note B aux Éclaircissemetsi.

(a 3) KtfiVTite-LWe» i , S 3. et les notes sur ce paragraphe; les SS 4 et 5 aussi. Denyï (TUalicam. 1 , SS 58 ^ suw.

LÉGI8L. DES ETRUSQUES. CH. l.*** 2^^

un seul gouvernement. Suivant Strainm (14)9 ie peuple que les Romains appeloient étrusque et les Grecs tyrrhénien (25), devoît sa principale origine à ime colonie amenée par Tyrrhénus , fils (TAtys. Étant venu s'établir dans la contrée qui reçut de lui $on nom [26) ^ Tyrrhénus fonda plusieurs villes auxquelles il donna Tarcon (27) pour surveillant supérieur. Après sa mort , le délégué qu'il avoit choisi devint roi iui-méme de tout le pays (28), et établit sa résidence à Cortone (29). Eustathe lui attribue même les lois si sages dont les Romains vinrent dans la suite apprendre chez les Étrusques là théorie et la pratique (;o).

(24) LW. V, pag. 1 1 9. Denys d*HaIic. IV, $ tj. Frootin , Stna, II, c. IV.

(a^) Voir à ce sujet, sur les Tyrrhéniens en général, et sur leur origine en particulier , Strabon , / Dlod.v, S 40; VI, S I ; Denys tfHalic. i, S$ %6 et suiv. / Pline, m, % 5 ; Mém. de rAcad. de Cortone , t. pag. 1 et suw. / Huet , Hist. du çomm, c. XVI , pag. 86.

(26) Hérod. 1 . S 94-

(17) On doit voir, sur le nom de ce prince , les savantes observations de M. Letronne, Journal des Savans, mars 1832^ pag. 168.

(28) Servius, sur l'Enéide, Vlll, v. $06 et J07; x,v. 169, 289 et suh, , et 738 , et Dempster , 11 , c. xxxii.

(29) Siiius Itattcus, Vlii, v. 472, 473 et 483. Ènéide, VIli, V. ^86, et les notes d*Heyne; Enéide, x, v. 1^3, 290, 299, avec les notes encore de Heyne, t. VII, pag. 72, 91, 150, 186, 188.

(30) Sur Denys le Périégète,y. 347.

26o HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

De ton organisa- Quoi qu'îl cH soît , TÉtrurie passa de h royauté .i.n politique «ou. réoubKque ; douze cités, liguées entre elles,

le régime républi- r ^ » » &

cain. gouvernèrent ensemble (31). Quelques écrivains

en indiquent un plus grand nombre; mais il n*y en avoit que douze qui fissent partie de la confédération politique. Dempster joint à celles que nous avons nommées (32) Luna, Pise, Populonium, d'après une autre opinion. Sa liste se compose ainsi de ces trois villes, et de Volaterre, Fesule ou Fiesole , Ruselle , Arétium , Clusium, Pérouse, Agylla (qui est la même que Cère ) , Tarquinie , Corythe (35). Tite - Live n'en nomme que huit, en parlant des secours offerts au consul romain par les peuples d'Etrurie, Cère, Tarquinie, Populonium, Volaterre, Pérouse, Arétium, Ciusium, Ruselle (34) ; niais il avoit parlé de douze dans im autre livre de son ouvrage (35). Valère Maxime ( 5 6 ) en indique dix. On en trouve quinze dans une inscription conser-

(3 1) VirgHc les appelle, à cause de ce nombre même, ingénus populos, Énéide, vui, v. 475. y6ir, sur ces douze chés, Lanzi , t. II , pag. 53 « suht., et Slgonks, Ihr. i, chap. ix.

(3 a) Liv. IV, c vni. Il y a dans son ouvrage un chapitre sur chacune dos vUies <|u*il che.

(3 3) Cétoit le nom du fondateur de Cortone.

(34) Uv. xxviii , s 4;-

Us) Liv. IV, S 23-

(36) Uv.l,c.i,S I.

vée par Gruter (37), Le nombre de douze est le plus certain : Luna , par exemple , Fesule , Vétulonium, tout importantes qu'elles étoient, n'avoient pas ce caractère de suprématie ou de capitale dans les états dont elles feisoient partie (38).

C'est dans le lieu appelé Fanum Voltumnae ( 3 9) Réunion et dénque les douze cités se réunissoient pour délibérer conftdcrc». sur les intérêts communs ; les licteurs de chacune d'elles environnoient celui qui présidoit > comme ils marchoient tous, en cas de guerre, autour de celui qu'elles avoient choisi pour comman^ der l'armée (4o). La demande de deux de ces villes suflisoit pour les convoquer toutes Aucune ne pouvoit faire la guerre ou la paissons le consentement des onze autres. Les assemblées qui se (brmotent pour une délibération commune , quand de grands intérêts Texigeoient, se compo-

(37) Etruria quindecim populi. Pag. 385, noie 1.

(38) Voir, sur ces trois villes, Strab. V, ptg. aia ttsuiv,; Pline, XXX VI , SS 7 et ft; Clavier, Antiq, d'Italie, t. II, c. i et 11 ; Gori , tab. XVI , pag. 1 5 3 « suiv. Voir aussi Tite-Lîve , IV, S 2 3 ; V, S n ; et Denys (THalicamasse , Vl, S 7; ; IX , S «8. H ne reste plus que des ruines de Cère oa Agylla, de Tàrquinie et de Véics.

(39) Où Ton croit être aujourd'hui Viterbe.

(40) Titc Live, iv, % i], Denys d'Halicarn. U, S 61. Fcstus,^ v.<* Tagès,

(41) Titc-Uve, ibid,, et liv. V, S »7-

soient princrpalement des habitans du premier ordre , des premiers citoyens de {'état (ia), et non pas seulement des premiers magistrats » des Lucumons f comme Sainte* Croix l'a pensé (43) *• le caractère de l'institution et tous les faits connus détruisent son assertion. Les principaux citoyens étoiént même les seuls qui les formassent , dans l'opinion de Niébuhr (44 ) » opposée à celle de MuIIer, qui les caractérise assemblées nationales. On trouve quelquefois chez les auteurs latins, et dans les premiers siècles de Kome , des réunions plus ou moins générales» mais la religion en est l'objet; c'est dans le temple d'une divinité , chère aux Étrusques et universellement honorée par eux qu'ils se réunissoient (4 5 )• Toujours 9 chez ce peuple , un lien religieux vint resserrer le lien politique (46 ).

Une réunion générale avoit lieu , au printemps de chaque année. L'élection des premiers magistrats , les déclarations de guerre ou l'adoption de la paix et sa confirmation, tous les autres grands

(42) Principum consilia,6it Tiie-Livc, x, S 16.

(43) Gouvememensféd/ratifs, c. viii, pag. 2^7.

(44) Hist, romaine, 1. 1.*', pag. 173 de la traductiotu

(40 TIte-Live, iv, $$ 23 et 2;. Voir aussi le S 61, et ie S f du livre vi.

(46) Voir ci-après encore , chap. m , pag. 279 ettuh.

intérêts nationaux étcùent les ob|ets les plus ordinaires et les plus importans de ces réunions (47) ; > la fbrçe de chacun devenoît la force de tous. C'étoit là aussi qu'on nommoit le pontife suprême de la confédération (48). Le titre de Lucumon est celui que les premiers magbtrats reçurent et conservèrent. Deux ordres de citoyens fbrmoient la société civile ordinaire, des patriciens et^s plébéiens, institution qui fut adoptée par un peuple à jamais célèbre.

Un assez grand nombre de vHhs fbrmoient retendue ou l'arrondissement des douze giandes cités (49^* Lçs hdbitans en étoient divisés en tribus; chaque tribu avoit quatre curies (50). Cette division en tribus et en curies se retrouve encore chez les Romains.

On répartissoit même ainsi les étran^^ers qui

* , ^ ^ * de citoyens. Dc$

v^npient se fixer en Etrurie dans l'espérance d'y étrangers qui vetrouver des avantages naturels et des moyens de ^^^^ * ^' travail qijie ne leur ofTroit pas leur patrie. Je m'unît ^ l'opinion de Niébuhr «51), qui pense

(47) ci-dc5sus , pag. 2 60 , et ci- après, p. 2 67.

(48) ^ir ci-dessus , pag. x6i,ct ci-aprcs , chap. ill, pag. 274.

(49) Appelées queli^ uefois iucumones , à cause du titre même que leur chef portoit.

(^o) Varron , De lingua latinâ, IV, pag. 2 2 ^/ suiv,, 37 ^/ suiv. {s Hist. romaine, pag. tzy du 1. 1,^' de la traduction.

qu'après les familles aristocratiques, seules éKgible» à toutes les magistratures , il y avoit une seconde dassê dê citoyens, répartis dans d'autres tribus, élisant avec les anciennes , mais n'étant point susceptibles d^éligibilité; dans la ville, a|oute-t-iI, beaucoup d'isotéles et d'isopojites, enfin à la campagne des serfs; les isotéles, c'est-à-dire ceuxqur ne payoient que les mêmes impots , les isopoiites ceux à qui on laissoit l'exercice des mêmes droits civils.

Tcnuuvetdedo. Au milieu de cette égalité de pouvoir, d'inmin.uon d unc d«é ^^^^^^ Je concours égal à tous les intérêts de

sur I autre , a un ' o

citoyen sur», pio- Tétat, OU voit pourtant quelques ambitieux se * soulever contre une influence si nécessaire et si

juste, contre cette dépendance partielle de chacune des douze cités pour mieux assurer Pindépendance et le pouvoir de la fédération. Ainsi l'histoire nous montre une de celles qui en fàisoient partie, Tarquinie, vouloir les dominer toutes : les Volsiniens et les habitans de Clusium, s'étant unis contre elle, détruisirent bientôt sa suprématie (;2).

Une autre des douze cités, Véies, voulut renoncer à la république, et se donner un roi; mais à l'instant les onze autres déclarèrent

( ji) yoir le IV« Hvre de Dcmpster, au chapitre sur Tarquinie.

qu'elles n'auroîent aucune communication avec les Véiens , qu'elles ne leur accorderoient aucun secours jusqu'à ce qu'ils eussent abandonné la royauté. Hles crurent indigne d'une nation libre , dit Machiavel (53) , de défendre les foyers cfun peuple qui venoit de les livrer à un maître. L'esprit de la monarchie , dit avec raison Montesquieu ( j 4) , ne peut subsister que d'une manière forcée dans une république fédérative ; il donne pour exemple ces Véiens mêmes que les cités d'Etrurie abandonnèrent quand ils eurent un roi. Suivant Tite-Lîve pourtant c'étoit moins encore la royauté qui avoit inspiré aux autres Etrusques cette indignation que le choix du prince, que la haine générale pour l'homme à qui on avoit délégué une si haute puissance (55). 11 venoit de dire aussi que les Véiens avoient eu surtout pour motif d'éviter les in trigues et les cfiscussions perpétuelles que chaque année amenoit par les luttes des ambitions et les discordes excitées. Du reste, des fédérations semblables existoient alors entre des états voisins dont les uns vivoient en république et dont les autres avoient des rois , les Sabins par exemple.

(53) Réfiexhns sur Tiie-Live , Il , c. il. Le voir aussi , chap. rv du même livre.

(54) Esprit des lois, ix , c. 11.

(55) Titc-Uve, V, S 1.

266 HISTOIRE Dt. LA LEGISLATION.

Sainte-Croix, dan» son ouvrage sur les gouveniemens fédératifs ( ;6), rappelant ce trait de Thistoire des Étrusques, fait conjecturer à Montesquieu (57), de cet événement même , la décadence ou la chute de la ligue qui les unissoit. II ne me semble pas que les paroles de Tauteur de TEsprit des lois puissent justifier cette opinion; il est même assez remarquable que tous les droits de fédération furent conservés aux Étrusques par Tarquin» qui venoit de les vaincre et de les soumettre; Tarquin les leur conserva sans mettre de garnison dans aucune de leurs villes, et sans leur Êiire payer aucun tribut (58).

La royauté finit cependant par repairaître en Étrurre; on la retrouve dans les pactes et les guerres avec les Romains, des premiers siècles.

(56) Chap. viiJ , pag. 2;4.

(J7) Esprit des lois, IX , c. U.

(;8) Denys cI*Halicarn. lu, S 60.

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