‹ Histoire de la législation (volume 2)Chapitre 31 sur 53 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Lois concernant la Guerre et l'Armée. Divers Traités. Alliances et Relations avec d'autres peuples.

Succt> militairet Si l'Etrurie donna aux Romains des doctrines et

qu'eurent long -, • . m » i

tc.np» les Étriu- exemples qui contnbuerent tant à leurs preque». miers succès dans la fondation d'un gouvernement

et l'adoption d'un culte, ils ne reçurent pas d'elle, ils n'obtinrent que d'eux-mêmes cette suprématie militaire qui fixa si long-temps la victoire et qui les place à jamais au premier rang parmi les peuples guerriers. Ce n'est pas que les Etrusques n'aient souvent mérité, comme soldats ( i ) , la gloire qu'ils méritèrent long-temps comme citoyens; mais ils finirent par devenir les sujets de ceux qu'ils n'avoient pas toujours combattus sans quelque succès. 11 nous reste d'eux aussi plusieurs lois rebrives à l'action des combats et aux devoirs qu'ifs

(i) Pline rappelle même, vil, S plusieurs invcndons utiles à la guerre, quon leur anribuoic. Voir le chap. xxv de Micali , t. II , pag. 130^/ suw.

imposent. Suivons-les dans les positions différentes que leur ancienne législation leur inspira, soit avant la guerre , soit après les événeinens qui pouvoient ou dévoient la suivre.

Quand on vouloit la déclarer, des fonction- Des féciaux ; leur naires, connus sous le nom de féciaux, étoient ^oir!/cl«cièrcTt chargés d'aller faire cette déclaration. C'est en somma-

, II/» tiojit militaire».

attestant les dieux qu'ils le faisoient. Leurs personnes étoient sacrées. Transportés sur les frontières du pays dont ils croy oient avoir à se plaindre, ils s'y présentoient, la lête couverte d'un voile, avec une javeline ferrée, un pieu durci au feu et ensanglanté, dit Tite-Live (2) ; et après avoir exposé les griefs du peuple qui les envoyoit, ils demandoient que Jupiter ne permît jamais qu'ils rentrassent dans leur patrie , s'ils enfreignoient par leurs réclamations les lois de la religion et de la justice ( Toujours la venue dufécial, sa déclaration, ses avertissemens, dévoient précéder la guerre, . l'empêcher même si on vouloit consentir aux demandes faites ou réparer les torts reprochés. La formule de cette sommation portoit ainsi, dit Gro-

(2) Liv. I, s 32; hastam fcrratam aut sanguineam praustam. K<?/> Varron , De ling, lat. IV, pag. 23; Dcnys d'Haficarn. il, S 72 ; Cicéron , Des lois, II , S 9 ; Aulu-Gelie , XVl , S 4-

(3) Le texte dit même, liv. ix, S ^ ,feriatur quemadfn&dum porcus a fecialibus.

dus (4) f qu'on eût à rendre ^ à sadsfidre,à livrer, et il ajoute, à livrer, cVst-à-dire, à moins qu'on n'aimât mieux punir le coupable. Grodus avoh cité, dans une autre partie de son ouvrage (5), plusieurs exemples de faits semblables , drés de l'histoire de Rome en particulier.

Ces obligations, ces cérémonies, étoient conservées dans les livres connus sous le nom de fé-ciales (6). On trouvoit pareillement dans ceux connus sous le nom de rituels des règles établies, des recommandations ou des préceptes concernant la guerre et Inorganisation de l'armée (7). Tite- Live fixeau règne d'Ancus Marcius l'adoption faîte par les Romains de l'usage des fëciaux; il dit que ce prince en forma un code qui conservoit encore toute son autorité au temps où lui-même écrivoit son histoire (8).

organMiion de £^ pjété des ÉtHisques et leurs inspirations re-

^(«rmce. Dîme «*«,,,, ^

bmin. Offrandes Iigieuses les avoient aussi portés à faire souvent »ux dieux. riches offrandes aux dieux ou à leurs temples ; ils

(4) Paragraphe 7 du chapitre du livre da Droit de la guim et de la paix,

is) Uv. 11 , c. XXI , S 4-

(6) Festus , De verkor. significat, pag. 450, édit. de Dackr.

(7) Voir ci-dessus , chap. lU , pag, 195.

(8) Liv. l,$ 3a. Voir Denys d'Haiicarn. I, S 40^ Poilus , Onomastic. x , c. XXIV ; Diod. v, SS 14 et 56.

le firent à l'occasion même de la guerre. Le don de la dîme du budn étoit ancien parmi eux ; ils le fâisoient remonter aux siècles qui avoient précédé la fondation de Rome (9). Plutarque du moins { 1 o) parle d'une dîme payée très-ancœnne* ment par les Romains aux Etrusques : cette asser* don auroit eu besoin de quelques développemens que l'auteur ne donne pas. En général , c'étoit par des chants, des offrandes , une partie du budn , qu'ifs remercioient les dieux d'une victoire obtenue.

Si leurs armées n'eurent pas le caractère de permanence que les armées des peuples modernes ont toujours , on les voit sans cesse prêts à combattre. Dès que la délibération étoit prise, dès que le signal étoit donné , les citoyens répondoîent unanimement à la voix de la patrie ; et la religion in* tervenoit encore pour offrir, par un serment prononcé , un gage de plus de dévouement et de fidélité (il). Quelques discussions , nées entre les différens peuples dont se composoit l'Etrurie 9

(9) Dcnys d'Hdic. l , S 4© ; iv. S 50.

( 1 o) Quest, rom., S » 8, pag. 267. On peut voir Dempster, liv. 11^ cap. v, pag. 143 des Antiquit romaines, et les Mém, de VAcad. t. XVIII , pag. 104 de K Histoire, Sur le butin en général , voir les SS 1 9 suiv. du v.« livre de Titc-Uvc.

(il) Voir Micali , 11 , c. xxv, pag. \\6et suiv. Sur leur disdpiine guerrière , voir Denys d*Haiic. 11 , SS 1^

des rivalités mutuelles, donnèrent quelquefois contre eux , k des ennemis , une force plus active et plus sûre : leur union les vengeoit bientôt en leur rendant la victoire. C*est aux armes qu'ils avoient dû l'agrandissement et la suprématie qu'ils obtinrent pendant plusieurs siècles. Machiavel a remarqué (i 2) qu'ils leur durent la soumission de tout le pays depuis le Tibre jusqu'aux Alpes. Les Étrusques , disoit encore , dans le premier siècle de Rome, Mettius SufFetius, dictateur des AIbains, sont tout-puissans sur terre et plus encore sur mer (13).

Le roi d'Étrurie Cette dîme du butin , dont nous venons de iks Homaint qu'il parfcr, elle éloitpour le roi, maiscétoit a la re- .rnoitdecomb.t,r«. jj^j^^ surtout qu'il fappliquoit. C'est à bâtir un temple que second des Tarquins, vainqueur des Sabins, la consacra Un sentiment bien différent l'avoit animé dans une autre guerre (15). Porsenna en combattant les Romains mérita au contraire d'obtenir la reconnoissance des vaincus :

(i a) Réflex. sur Tite-Liff, liv. Il , c. IV. KwVcc qucTitc-Live en avoit dit, i , S 2.

(13) Titc-Livc, liv. I, s

(14) Denys d'Halic. IV, S ;o.

(ij) Contre les Fidénates. Les fers, des supplices ignominieux, la confiscation des biens, ia mort même, les punirent de leur résistance. Denys d'Halle, lit, $ 38.

LiGISL. DES ÉTRUSQUES. CH. V. 3I5

son impartialité , sa justice , sa faveur même envers

ceux qu'avoit abandonnés fa victoire , fiirent telles

que le sénat lui envoya un trône tfi voire , un

sceptre et Une couronne d'or, avec une de ces robes

triomphales dont se servirent leurs rois ( 1 6 ) ; ils

lui firent même ériger une statue (17).

Plusieurs combats, quelques alliances propo- —

^ ^ . . f, tr»iiéi.Divertef ai-

sées, acceptées et presque toujours violées , mar- uancei.

quent le siècle qui suivit le traité avei Porsenna» L'Etrurie , qui avoit exercé si long-temps sur les Romains une grande influence sous difFérens rapports et remporté sur eux plus d'une victoire, n'eut plus ensuite qu'à leur obéir. Avant qu'elle devînt sujette, des alliances s'étoient formées quelquefois entre les deux peuples contre des ennemis qu'ils avoient également le désir et l'intention de combattre (18).

Les historiens parlent aussi de traités faits

(16) Dcnys cl'Halic. v, S 35. H venoit de remarquer, S 34» qu*au lieu de brûler sa tente comme le faisoient ordinaii'ement les Etrusques , Porsenna avoit donné à la république tout ce qui y étoit.

(17) VoirU S 10 de la Vf£ de Publicola par Plutarquc.

{18) Dcnys d*Haiicam. vi , S 95- Tite-Live, i, S 32. On peut voir sur diverses alliances et leurs conditions , Polybe , II, c. III; Aristote, III , c. ix ; Strab. xiv, pag. 160 ; AJém, de V Académie, t. XXV, pag. 18 ; Micali, t. III, pag. 85 et suiv.

3l4 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

entre ies cités d*Étrurie et ies Carthaginois (19).

Queiques-uns de ses habitans, ceux cTAgyik ou Cère (20) en particulier, reçurent des prérogatives qui n*avoient pas cependant le caractère qu'elles auroient dû avoir. Les Gaulois en ayant traversé le pays après avoir pris Rome, les Agyiléens les combattirent , les vainquirent, leur enlevèrent la rançon qu'ils avoient reçue. Strabon Hjoute que tous les Romains qui se réfugièrent chez ces Étruriens y trouvèrent un asile sûr; ils leur durent même d'avoir sauvé les vestales et le feu sacré (21).

Des traités plus anciens, plus ancien* de plusieurs siècles, se retrouvent dans Thistoire d'Étrurie : Denys d'Halicarnasse et Tite-Live nous ies font connojtre. Les contractans dont ils parlent sont Énée et le roi Latinus, Ajcagne et Mézence. Énée arrivoit suivi des Troyens; Latinus marche pour les combattre ; des dieux apparus en songe

(19) ^oir Micali, t. m, pag. 30, 37. 1 18 , et NlébuhM. I. pag. i8j.

20) Agylla a\ oit été son preinier nom. y6ir d-àetêas, p. (2 1) Strab. v, pag. aao. Mais ▼oir Ute-Uve , Vli , S 20 ; Fk»rus . I * S 1 3 ; Val. Maxime , l • c. l , $ 1 o ; les olifcnratiou 3e Fréret , Mém, ài VAcad. t. XVID , pag. 1 1 1 et 1 12 de f//» toirt f Mafiêl , Ragionamenti degli Itûli pr'mum, $ 4 » fia de son >IUtoire diploinati<{uc , pag. 1 24.

invitent Tun et l'autre à s'unir au contraire par une alliance; l'alliance est conclue. Les deux peuples se donnent réciproquement leurs enfans pour otages, et ils marchent ensemble contre un ennemi communales Rutules (22). Le principal article du traité &it entre Ascagne et Mézence fut que le Tibre servirait de frontière à TEtrurie et au pays latin.

Plusieurs traités furent conclus entre TÉtrurie et Rome, quand cette ville eut des rois (2 j).

Ce ne fut pas le moins solennel, ce fut plus Dhmimmm' qu'un traité, que l'emprunt, fait par Romulus et mîL'wïf d» lu^

par son successeur, des institutions civiles et reli- .

^ , INiKtIifteMtétotent

gieuses des Etrusques (24). Romulus n'avoit pas mimt^uià^uè'encore fini de régner quand il fiil menacé par les Véiens, protecteurs des Fidénates, dont ils ne purent empêcher la défeite , et les Véiens euxmêmes se virent obligés de baisser leurs armes de* vant un ennemi vainqueur. Les clauses principales furent la cession aux Romains d'une poriion de territoire voisine du Tibre et connue sous le nom

(22) Denys d'Haiicarnasse , l , $$ 27 etsuiv, (13) Titc-Livc, llv. I, s 3.

(24) MafFci, dicto loco; Pline, xiv, S i2;xvill, S 19. Les Étrusques a voient aidé les Romains, comme troupes auxiliaires > dans une guerre de Romulus contre les Sabins. Denys d*Halic. S 37. Plut. Vie de Romulus, SS 37

3l6 HISTOIRE DE LA LEGISLATION.

des sept bourgs , ia cession des salines qui étoient à l'embouchure du fleuve , et l'envoi de dnqiumte otages pris parmi leurs principaux citoyens. La trêve devoit durer cent années.

Les articles du traité furent gravés sur des colonnes, suivant l'usage admis dans ces temps reculés. Romufus ensuite relâcha sans rançon tous les prisonniers qui voulurent retourner chez eux , en accordant le droit de bourgeoisie à ceux qui voudroieni rester à Rome, en les incorporant dan» les curies et leur donnant des terres à tirer au sort en deçà du Tibre (25 ).

La religion , si puissante en Etrurie, étoit invoquée pour rendre plus sacrée encore l'exécudondes traités : on les scelioit par l'offrande d'une victime aux dieux ; un porc étoit cette victime. On concevra aisément une telle préférence, en se rappelant ce que nous connoissons du culte de Cérès et des sacrifices qu'on lui offroit (26).

La trêve finissoit à peine qu'une nouvelle guerre éclata contre les mêmes habitons de l'Étrurie. Ils furent encore vaincus. Une trêve fut conclue et presque aussitôt violée par ceux qu'avoit panout abandonnés la victoire. Ils osèrent, après un siède

(i;) Dcnys d'Halic. II , S 55. Plut ViedeRomtdus^Sl ^yetmt^. (16) K<>/> ci-dessus , pag. 271, et ci-après, pag. 3 a 5.

écoulé, sommer les Romains de leur rendre les villes qu'ils avoient été obligés de céder sous le règne de Romulus. Aucune trêve , aucun traité ne tennina la guerre nouvelle; la victoire fut absolue contre les Véiens. Ils ne songèrent plus à çombattre, ils se soumirent (27). Tite-Live nomme une forêt faisant partie du territoire étrusque qui fut laissée aux Romains par le traité (28)»

Sous le premier Tarquin , cinq peuples d*Étru- victoire deTarne (29) s étant associés aux Latms dans une guerre qucs; lu s'y «oucontre lui , il refusa de leur rendre les prisonniers T***"*'

' i(s veulent t y rctu-

fkits sur eux, et les retint pour otages. Ils s'en tcr- quei cnetiie plaignirent aux autres villes de ia fédération et implorèrent leur appui; elles l'accordèrent , déclarant par une résolution solennelle que si une d'entre elles n'y consentoit pas, elle seroit exclue de la confédération générale (50). Neuf années de combats se succédèrent sans décider de la victoire, Rome enfin triompha; la fédération étrusque lui envoya demander la paix par des plénipotentiaires choisis entre les plus âgés et les plus illustres de chaque ville. La clémence et la modération carac-

(27) Dcnys d*Hafic. lll,S 4».

(28) Uv.i, S n.

(29) Les ClusinienSy les Voisîniens, les Arrétiens, les Russellans et les Vétuloniens. Voir ci-dessus, pag. 257 etsutv., et les notes.

(30) Dcnys d'Halic. liv. m, s ^7.

3l8 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

térisent la réponse que leur fit Tarquin (} i ) : « Je ne veux ôter ia vie à aucun de vos concitoyens , je ne veux en dépouiller aucim de ses biens, ni ie bannir de sa patrie ; je laisserai à toutes vos villes leurs lois et la forme de leur gouvernement , sans y mettre de garnison , sans en exiger aucun tribut; je ne vous demande qu'une chose, c'est de me recormoître pour votre souverain victorieux; Je pourrois Tétre malgré vous, mais faime mieux Tobtenir de bonne grâce que par contrainte. » II étoit Êunle d'obtenir la ratification d'un semblable traité; toutes les marques de ia royauté furent apportées à Tarquin , avec l'expression universefle d'une reconnoissance bien méritée.

Les Étrusques toutefois ne pensèrent pas que cette reconnoissance dût s'étendre au-delà du règne de Tarquin ; et quand Servius Tuliius envoya des ambassadeurs pour s'en fdaindre, les Véiens à qui ils s'adressèrent répondirent qu'ils n'avoient fait avec lui aucim traité, pas même d'amitié ou d'alliance. Les autres cités imitèrent cet exemple , et toute TEtrurie prit les armes (32). Après de longues guerres (33), épuisées d'hommes

(3 1) Denys d'Halic. 111 , $$ 60 et 61.

(ji) Denys ci*Halic. iv, s 17. Voir les Fastes Capholins, ao de Rome 1 99 , et Tite-Lîve , I , S 4».

(3 3] Elles durèrent près de vingt années.

et d'argent 9 les douze villes dont secomposoit fa fédération se réunirent pour délibérer sur l'état de la patrie , et le résultat de leur délibération fut d'offrir à Servius TuIIius le renouvellement de l'ancien traité , aux mêmes conditions que Tarquin leur avoit accordées. Servius TuHius y consentit pour neuf des cités , après avoir témoigné à toutes qu'elles mériteroient de rigoureux traitemens pour leur fèlonie et le mépris feit des dieux en violant un traité dont ils furent les témoins, les Romains ayant assez de démence pour leur pardonner quand elles témoignoient leur repentir avec toutes les marques de supplians. La paix leurfut donc accordée, sans exiger aucun dédomfl|ement et en leur conservant leurs propriétés et leurs lois. Les trois autres cités furent moins heureuses, Véies, Gère et Tarquinie. C'étoient elles qui avoient commencé la révolte et entraîné les autres par leur exemple ; pour les punir, Servius TuIIius leur ôta une partie de leurs terres, qu'il distribua aussitôt à ceux qu'on avoit nouvellement reçus au nombre des citoyens romains (34). Elles avoient refusé de conserver cette alliance , sous le prétejcte que Servius TuIIius n'étoit pas d'une naissance illustre. Cet homme, trop obscur pour

(34) Dcnys d*Haliç. iv, S ^7-

être leur allié , avoi.t été trois fois leur vainqueur. Restitution de- Quand le successeur de ce prince eut été chassé •enLdetbîJntprit Ronie, il trouva encore en Étrurie des alliés sur de. Étrusque.; pfêts à le défendre. Porsenna,roideClusium (jj),

traité conclu ; con- * ' \J

dition.et ouge.de n'cst pas Ic molns célèbre, et ne fut pas le moins ce tr«itc dévoué ; mais peu sûr de la victoire , au milieu de

toutes les agitations et de toute la confiance que le nouveau gouvernement inspiroit, il se borna à demander qu'on rendît à Tarquin ses biens et ceux que Tarquin l'Ancien lui avoit transmis; et dans le cas où on ne pourroit les rendre en nature, qu on en restituât la valeur de la manière que les Romains préféreroient, soit en la prenant sur le trésor public, soit en la réclamant des possesseurs accuek de ces biens. Porsenna rédamoit d'ailleurs pour lui-même les sept bourgs ( ; 6 ) , et il demanda pour garantie du traité ou assurance de la foi don* née, des otages ciioisis parmi les familles les plus illustres. La paix fut acceptée; un décret du sénat accorda tout. Le |>euple se montra peu favorable

(3 j) Beaufort» page 20 de son discours préliminaire, reproche à Denys d*Hallcamasse de l*appe(er roi des Étrusques. Le rc> proche Q*est pas fondé ; c'est de Clu«ium qu il {^appelle rot H fiût un reproche semblable à quelques historiens latins ; mb n*est-cc pas plutôt roi en Étrurie , un des rois étrusques « qu*ils veulent exprimer î

(36) yoir ci -après, pag. 523 et 324; Plutarque, Kir jtfr Puèlicoia, SS }4 ^' •

aux restitutions exigées ; et cependant 'û fit prier Porsenna de prononcer lui-même , relativement à ces restitutions , en arbitre judicieux et équitable , sans rien donner ni à la fsyeur ni à la haine. Les otages furent envoyés , et les consuls de la république furent des premiers à donner leurs eniàns pour gages du traité (37). Barbeyrac , qui a publié cet acte dans son recueil historique et chronologique (38), fait observer qu'une autre condition fiit imposée , condition dont aucun auteur de l'histoire romaine ne parle, et que Pline seul rapporte (39) ; c'est que les instrumens de fer ne serviroient plus désormais que pour l'agriculture (4o).

(37) Denys d'Hafîc v, SS 30 et 32. Plut. ièU.

(38) Pages 79 et 80. Y voir aussi , pag. 14 et suîv. , les traités précédens.

(39) In fœdere, dit-îl , quod populo rçmano dédit Porsenna , nominatim comprehensum invenimus, ne ferro , nisi in . agriadtura , uteretur. Hkt. nat. xxxiv, S 14.

(40) Et même qu'ils nécriroient pas avec des poinçons de fer^ ajoute Barbeyrac d'après Pline.

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