‹ Histoire de la législation (volume 3)Chapitre 11 sur 62 · II · texte numérisé non relu

II

I)0 HfSTOlUE DE I.A tàCfStATION.

un pzniculm fait des demandef contre un peuple, ou un peuple contre un particulier, on choif ira , pour ief fuger, le sénat cTune ville tierce , quand le« sénat* des deux parties seront récusés* Si un citoyen romain poursuit un Sicilien, on donnera un |uge sicilien; et un )uge romain, si c'est un Sicilien qui poursuit un citoyen romain. La violation de ces lois est une des accusations présentées par Cicéron c6ntre Verres ; il lui reproche d'avoir anéanti d'un seul coup tous les fugemens de contesutions divecses réglées par la loi d'Hiéron (laj. Quelques lumières aussi, mais trop fbibles, sont données dans ses discours sur la récusation des fuges, leur rénovation et sur les tribunaux secreu formés tout-k-coup par le préteur ( i } )«

Dans les siècles qui précèdent la domination des Romains sur la Sicile, la légishtion avoit d& peser sur la propriété , sur la &mille , sur les relations domestiques, sur Texercice des droits civils, et même appesantir les règles générales dont ont besoin toutes les associations politiques. Les fragmens qui nous en restent sont de peu d'étendue, La propriété n'avoit pas toujours ces garanties et

(i t) Seconde Verrlne, $15» Volrwasà U< prigniphcf Mtfvsm. (1 j) Première Verrlne, % 7; clntfuième Verrine, % îî.

cette stabilité que des gouverneinens sages et tranquilles lui donnent. Le droit de cité fut accordé quelquefois ou restitué par les mattres de la Sicile ( 1 4 ) • Des partages de terres furent souvent proposés; une proposition semblable ne pouvoit échapper k ces ambitieux du pouvoir, qpi dierchent à flatter le peuple ou à le satisfaire pour être plus certains de trouver dans sa reconnoissance ou dans son affection un moyen assuré de le conquérir. Hippon souleva contre lui les nobles et les riches en le proposant , et Dion cependant ne craignit pas de favoriser tant de mrbulence et d*injuitice (15). Timoléon fit distribuer des terres aux nouveaux habitans de Syracuse dépeuplée; mais une guerre longue et terrible avoic rendu ces propriétés vacantes , en ôtant k cette ville un grand nombre de ses citoyens {16). Une maison et un champ furent donnés è Timoléon ; mais ce fut un don offert par la gratitude publique et au nom de la patrie (17)*

Des registres où étoient inscrits les noms de tous d«« tt^m pu. les habitans et de toutes les familles se gardoient

(f4) Vûi'r d-deMUS, pag. 114 et 115; Hérod. vil, S SM Caniio , pag. 88 , et VHist. univ. nngL l V, pag. 1 1 a» (15) Plut. VtedeDioH, S 48.

{1^ Cornél. Népoi , T/m^?/. S 3.

(17) Plut. Vie de Timoléon ^ $ 4^ ou 47.

assez loin de la ville dans le temple de Jupiter olympien (18). De reici«vftg« et L^j esclaves étoient nombreux. Les vertus sont

He i'ftfTrftnehisfe-

ment. Révoltes des moîns ^ciles dans ia servîtude; les Siciliens réproucKiâvei. vèrent souvent. Cette maxime déplorable, que

its malheureux qui y sont condamnés sont des choses et non des hommes, en les avilissant, les prépare bien moins à Taffection qu'à la haine. Si l'explosion de cette haine se trouve tempérée par la crainte , la crainte peut aussi finir par céder aux ressentimens qu'inspirent et renouvellent chaque jour l'injustice et l'oppression. L'espérance de l'affranchissement peut en diminuer le poids; »il se présente même avec cet avantage, qu'il doit ou a dû naître d'une conduite laborieuse, de l'exercice d'un long dévouement, d'une longue suite de vertus, d'un service rendu au maître ou à la patrie. Ainsi l'on voit un grand nombre d'esdaves l'obtenir après une bataille suivie de la victoire , après une victoire à laquelle ris avoieht concouru. Agathode même le fit avant un combat qull devoit livrer : ses troupes étoient insuffisantes; il affranchit tous les esclaves en âge de porter les armes , en embarque sur ses vaisseaux presque plus que d'hommes libres, persuadé

( 1 8) Plut. Vt'g de Nicias , S 16.

LàCISL. D£S SICILIENS. CH. IX. 1)}

que de cette confusion métne naîtra des deux parts une émuiation plus active de courage et de succès (19).

Leur nombre même les rendit quelquefois redoutables. Des insurrections naquirent et se propagèrent avec une grande rapidité d'une ville !^ l'autre. La plus étonnante de ces conspira-* tions est celle que Ton trouve racontée dans les fragmens qui nous restent de Diodore, et que de savans hommes ont recuerliis et conservés. Ce fut même une véritai)le guerre, et c^est sOus le nom de guerre servile qu'elle est . connue; Une longue | aix et des richesses plus facilemeni acquises par les effets de cette paix même et Pac^ tivité toujours croissante d'un commerce et d'une agriculture dont rien ne troubloit le mouvement et la fertilité depuis plus d'un demi*- siècle, n'a^ voient pas rendu moins pesant pour les ésfilaves Ip joug qu'onieur impo.oit; et cependant cette opu* ience en avoit accru le noml>re, tans augmen« ter, en diminuant au contraire, le fbtblei lecoun qu'on leur doimoit pour leurs premiers besoins ^ la nourriture et le vêtement. Un Syrien appaiv» tenant h un citoyen d'Enna devint leur chef;

^<fc^fci^>«M1*.— »— — ^ itÉ

(19) Juitiit, >cxii. S 4. On volt tifi autre exemple Vi'aftVunrhfsiemctit clWtuffsKprcittne batttlIlt.HrtnsTUe-î.tvc, XXI v, s ]%,

bientôt il fut déclaré roi par ses complices. Huit mille Siciliens sous les ordres d*un général romain attaquèrent les révoltés; ceux-ci » beaucoup plus nombreux, remportèrent la victoire. Un nouveau générai , de nouvelles troupes , furent envoyés et finirent par les vaincre ; mais ils préférèrent dans le malheur et la défaite , ils préférèrent de mourir de faim , de se tuer eux-mêmes , de s'égorger les uns les autres , à s'exposer aux affreux supplices qu'ils pouvoient redouter (20)* De <|Mi<|ttcs su- Quand Gélon vint gouverner Syracuse , les

très \oiê, neteê ou • • / • • t t % t

coutumes, concer- »ncjens propriétau^BS en avoient été chassés par nint le* eKUvti. |çu,^ esclaves qui s'étoient emparés de leurs

biens(2]).«

Marius, dans son expédition contre les Cimbres, ayant fait, demander à Nicomède, roi de Bithynie, des troupes; auxiliaires, Nicomède répondit que la. plupart» de ses sujets avoient été enlevés par les fermiers romains àes contributions , pour être vendus comme esclaves. Cette réponse , parvenue au sénat ^ fit défendre par un décret de prononcer la servitude d'aucun homme né libre dans toute l'étendue des provinces alliées de Rome.

(20) Voir FJorus, lU, S 10 ; Diod. 1. 11^ p. 529, 598 et 599.

(2 1 ) Voir ci-dessus^ chap. JI » psg. 1 5 . Hérodote » vil , S • ^St déligne oei eKlares par Ciliicyrieitf* V<Ar la note de Larcher sur ce passage. Voirwm tes pag. 70 et 7 1 ci-deisus» chap. iv.

En irertu de et décret , le préteur qui avoit alors la Sictie, Licinius Nerva, chai^gea un tribunal d*exa* miner les plaintes qu*on pourroit présenter : dans peu de jours, plus de huit cents esclaves retrouvèrent leur ancien état et toute leur liberté {ii\

Les captifs étoient ordinairement réduits à la servitude (a )). Géion distribua aux diflfirens corps de son année les prisonniers que lui avoit donnés la victoire (a4) • Us commençoient leur infortune par suivre 9 la tète rasée » le cl\ar du vainqueur couronné de laurier (aj).

Tous les esclaves furent marqués avec un fer k Syracuse, en vertu d'une loi (a6).

Nous finirons ce que nous avons à dire sur ce triste su|et , en rappelant que Denys osa condamner k Tesclavage le grand liomme qu'il avoit luimême fait venir d'Athènes , dont il reçut si mal les utiles et courageuses leçons ; et fàut-il ajouter que cet esclavage n'étoit qu'une mitigution de la peine ! car c'est la mort qu'il avoit d'abord voulu prononcer (27)«

(ai) Dlodor«,£(y.tII«pag. 5)1.

(ft|) KiiîVcl-iprès,p«g. 167.

(14) DM, XI, %%$.

(a s) l Wr FamIIus , pag, 1 07.

(té) ?9M\[\iSjM.

(a?) Corné). Népos, Pkm, $ a. Diod. xv, S 7* Dlog, Ucrce , itmm, S )4« Montagne , m , c. vu. I^<*«r cl^desaut » pug» )B,

Polygamie. Ma- La poiygaiTiie étoit admise. Denys épousa méine ritgcs inceitueux. ^^^^ femmes daiis le même jour, une Syracusaine

et une Locrienne (28). [On avoit refusé de lui donner en mariage une femme de Rhegium (29).] Denys le jeune étoit fils de la seconde (30}. Ce prince épousa une de ses sœurs, sœur de mère seulement ; une autre sœur épousa aussi son frère paternel (31). Le même prince remarie à son gré une femme de Dion transporté par ses ordres à Corinthe, et en ûih élever le fils de manière à le laisser s'abandonner aux plus honteuses passions (32). La tyrannie n'est pas plus accoutumée à respecter les mœurs que les lois.

De u dot. L'île de Corcyre, dont Agathocle s'étoit em-

paré, fut donnée par lui en dot à une de ses filles, épousant Pyrrhus roi d'Épire (33). Une dot étoit toujours donnée dans les mariages ordinaires ; le philosophe Empédocle consacra sou-

(28) Plut. Dion, S }' CicéroD, TuicmL v, S 21. ÉHen, xfll» c. 10. Diod. XIV, S «4.

(29) Nous avons dit de quelle affreuse manière H s*en vengea. P^<7/r ci-dessus, pag. to6,

(30) Piutarque, Vie de Dion , S J.

(31) Plut. /^/^. S 8.

(3 2) Cornél. Népos , Dion ,53. Plut. Dion , S 6^. Éiien , xil , c. 47. Dion Chrysostome, Disc. un.

(33) Piutarque, Vie de Pyrrhus, S «8.

LÉGISL. DES SICILIENS» GH» tX. I37

vent à favoriser de pareilles unions les grands biens qu'il possédoit (34)

Ces détails, les seuls qui puissent se rapporter k la législation civile des Siciliens, sont i)ien foibles ; ceux qui concernent la législation criminelle sont plus nombreux.

Parlons d'abord des délits et des crimes; nous dm orimet eon-

, . , . . tre le gouvcrntmcnt

parlerons ensuite des moyens employés pour les ^ubu. découvrir et les poursuivre ; nous parlerons enfin des diverses peines qui leur furent appliquées et de tout ce qui peut suivre, éloigner ou modifier leur application.

Les séditions et les conspirations ne furent pas les moins fréquens parmi les crimes politiques. La nature du gouvernement le diroit assez sans que nous eussions hesoin d'en être instruits par l'histoire. Quand un gouvernement populaire étoit substitué k une monarchie, les ambitions personnelles s'agitoient; on dut les craindre et les poursuivre même dès qu'on les voyoit naître, sans attendre qu'elles eussent acquis trop de puissance. La liberté est aussi ombrageuse que la tyrannie Ceux qui désiroient et espéroient de monter au pouvoir conspiroient envers l'autorité qu'exerçoient les assemblées du peuple ou ses

(^) Diog. Lncrcc, Emfiéd, S 1 1 .

magistrats ; les atnis de ia liberté contre Texercice

du despotisme et tous les maux dont il est si fé*

cond : c'étoit toujours la domination qui fkisoit

combattre le désir de la posséder ou la crainte de

ia subir (3;).

Lestynntteren- LorsQuc dcs tvrans gouvemoient ^ ils n'étoîent

jii«et des déiitt po- que trop souvent accusateurs et juges. Leurs ter-

liiiquef. reurs en&ntoient des crimes, et eux-mêmes se

chargeoient de les punir. Les guerriers ne dévoient pas être les moins redoutés : on en trouve plusieurs condamnés à mort pour trahison. L'accusation ne manquoit pas toujours de vérité ; ia condamnation manquoit presque toujours de justice. La décision du maître suppléoit aux preuves ou les supposoit. Les tyrans eux-mêmes furent quelquefois tués ou bannis. L'insurrection aussi oublia quelquefois ces sentimens de justice et d'humanité qu'oublie si souvent le despotisme Quelquefois même, .par* un de ces actes dont on enveloppe l'injustice sous le nom fallacieux de raison d'état , on proscrivit la famille entière du monarque détrôné ; on la condamna même à perdre la vie ()6 )•

(3O ^^'^ ce que nous avons dit dans les chapitres précédens , dans le second et le troisième chapitre surtout.

(36) En voir des exemples dans Piutarque» TimoL SS 43 et 44, et dansTite-Live, xxiv, S 2^. Dans le passage de The- Live» c*est ie peuple qui {ordonne , d*après une motion qui lui est présentée.

LtClSL. DES SICILIENS. CH. IX. 1)9

Sous une autre forme de gouvernement i on AMunitont dom poursuivoit des guerriers vaincus comme des cou- ^^^tit viincui. pables* On les entend dénoncer à rassemblée du peuple comme ayant trahi leur patrie, accusation qu'une ambition rivale inspiroit aussi souvent peut-être que la vérité. Denys Tanden avoit ainsi cherché à éloigner des généraux en possession tfune autorité militaire qu*il leur envioit et qu'il Vouloit seul exercer () 7). Plus anciennement 1 un des amiraux de Syracuse ayant été envoyé contre des Tyrrhéntens qui infèstoient la mer» et étant revenu sans avoir satisfait aux intérêts dont on lui avoit confié la défense , fut accusé d'avoir reçu de Targent de ceux qu'il condimnétcMn avoit dû combattre , poursuivi comme traître ||J^*|^|^]J,**"" *** et condamné au bannissement (38}. Deux ans après, Bolcon, accusé de s'être entendu secrètement avec Ducétius, contre lequel les Syracttsains i'avoient envoyé» fut condamné à mort comme coupable aussi de trahison ( } 9) • Quant à DucétiuSi soumis dans la suite à une accusation semblable I nous avons dit comment il sauva sa vie menacée (4o). Une fourberie politique ayant

(j7) DIod. XIII • s 94- (|8) Diod. XI » s 88.

(39) DIod. XI , s 9 1 • Voir d-ciettas » psg. )o*

(40) I Wr d-dessus» ptig. )o et p , et d-après » |Mg. 151.

l40 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

été ourdie et exécutée contre Dion , qui venoit de reconquérir la liberté , on obtint des preuves du crime, et la mort du coupable fut prononcée (40* Piutarque raconte dans le paragraphe suivant la mort qui fut donnée à un ami de Denys , Philiste ; après avoir coupé sa tête , on livra son corps à de jeunes enfans qui dévoient le traîner dans la ville et le jeter ensuite dans les carrières.

souiévemcnf. Lejj loHgues gucrres avec lel Carthaginois,

ConjurAibns. , .

celles quon eut ensuite à supporter contre les Romains , ne furent pas sans quelques exemples de trahison envers la patrie ou d'attentats envers ceux qui la gouvernoient (^2).

Les crimes envers Tétat se retrouvent sous toutes les formes de gouvernement. II en est qui reçoivent des institutions civiles un caractère parti* culier : tels sont , par exemple , les soulèvemens et les conjurations des esclaves dans les pays qui ont le malheur de connohre la servitude. Nous avons dît dans les premières pages de ce chapitre même (4)) quelle étoit à cet égard la fégislation ordinaire des Siciliens , quelles étoient leurs coutumes mo^ raies et domestiques, quels troubles naqwent plusieurs fois et se prolongèrent, quels en furent

(41) Plut.A'^ff, SS 45 et 46.

(41) yolrThe-Uve , xxiv, $$ 5, 7, 21, 24 ; xxv, $ 23.

(43) yoir cIkIc^sus , pug. tu) ^t suiv.

LKCitSL. Î)EH SICILIKNS. CH. IX. l4l

mèmcf les résultat» après tant d'oppressions, de haines et de combats.

Parmi les crimes contre la propriété , ou pu- C'*»"*" *"•"" •» blique ou privée, nous tisons dans les Verrines de Ctcéron et dans son Traité des Devoirs, quelques faits qui s'y rapportent. Un chevalier romain, Cassius, vouloit acheter une mai^ton de plaisance h Syracuse; un banquier de cette ville lui vend la sienne et le trompe de fa manière la plus frauduleuse. Cicéron en fait rentir tout le crime dans le second de ce» deux ouvrnges (44) > et il rappelle h ce sujet les véritables principes de la morale et de la raison. Dans le premier (4î) , il montre Verres voulant dépouiller Sthénius, Tun des citoyens les plus distingués de Thermes, de ses tableaux, de ses statues, de beaucoup d'autres richesses, le faisant accuser d'avoir falsifie des re» gistres publics, délit dont on su|)posoit l'existence. La confiscation de voit accom[)agner te supplice corporel qu'on infligeroith Sthénius ; il s'y déroba par ta fuite. Point de preuves , pas de témoins : Verres ne l'en déclare pas moins convaincu d'avoir commis le crime; il donne l'ordre de vendre ses biens; il annonce ensuite publiquement du haut

(44) LIv. 111, s 14. t^r^/r FamIIus » pAg. 106 et 107. (4;) StmttU Vtmne^ $$ 54 w i«/V.

l42 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

de son tribunal , que , si l'on veut accuser Sthénius, absent, d'un crime capital , il recevra la dénon* dation.

D« iiMkiMiMi. Des peines avoient été portées contre ia pîraterie (46). Un des rois de Syracuse, Agathode, s'étoit pourtant livré d'abord à cet infâme métier (47).

Nous retrouverons ce qui concerne les crimes contre la religion et contre les moeurs , dans les chapitres qui ont spédalement pour objet de faire connaître les lois et les institutions morales et religieuses des difFérens peuples de Sicile.

suppucn erai- Tous les geures de supplices furent connus et »i«r ^'^^^ infligés; la croix, la hache, le feu, la lapidation,

être prédpité d'une tour ou d'un rocher, être )eté à ia mer. Je ne dis rien de ce taureau de Phalaris , un des plus abominables, et dans lequel moururent et l'inventeur du tourment et le prince qui l'avoit adopté; le crime expia sur lui-même la punition du crime (48).

(46) Cinquième Verrine, S a^. Agathode en avoft été accusé. Justfn» XXII, S (•

(47) Voir ci-defsiif,chap. IV, pag. 6^; Justin, xxil, S 1» et Dfodore , xix , S 4*

(48) Voir ci-dessus , pag. 75 et y 6, Voirzaui , pag. 6^ et suîp» d*autres supplices infligés par Agathocle.

Le supplice de la croix parott avoir été plus particulièrement réservé pour les esclaves (49)* Cicéron s^ndigne que Verres eût fait expirer ainsi , devant une foule de spectateurs , un citoyen romain (50).

Le supplice de la hache est pareillement indiqué par Cicéron (51), Diodore parle (5 a) d'un général vaincu , d'un malheureux Rhégien , Phyton » que Denys le tyran fit noyer avec toute sa famille » après l'avoir fait fouetter publiquement et livré à toute sorte d'outrages. Denys le }eune , d'abord si puissant » vit , quand il eut cessé de l'être , ses filles égorgées après avoir été dépouillées de leurs vètemens et déshonorées, plusieurs de ses fils brûlés vifs , les autres coupés par morceaux et jetés dans lamer ({ 3).

(49) En voir des exempleii cinquième Verrine, S 6, Voir aussi Florus, lll, S ao. Denys fît crucifier son barbier. Voir Plutarque . Dt garrulitate , t« II , pag. 509, et cf-dessus , pag. 40.

(50) Quatrième Verrine, $ 10. On le condamna comme espion des esclaves révoltés. Voir ci-dessus, pag. 129 et suiv,

(y 1) Cinquième Verrine, SS 49 et 50,

l}t) Liv. xiVi S 1 1 (• Le fils avoit péri le premier. Quand Denys l*annonça à Pliy ton , celui-ci répondit seulement : Il a été d*un four plus heureux que son père. Voir aussi Montagne » I , c. t.

{$}) Êllen , VI » c. XII. Diodore parle aussi , iiv. xxxi v, p. 518 du t. Il , d*une femme précipitée d*une tour ou d*un roclier j

144 HISTOIRE un LA f.i'.GlSLATlON.

La lâpidaiifiii fut prononcée contre Niuas, suivant Piutarque (54)* l'hucydide lui fait auMt donner la mort » mais sans indiquer ce genre de supplice (5 ^)« Justin borne h un emprisonnement la peine que subit le général athénien {56). Diociès avoit proposé de battre Nicias de verges avant de le tuer y ainsi que Démosthène, qui avoit partagé avec Nicias le commandement de l'armée.

De piutkurf tti*. Cicéron,dans sa cinquième Verrine (57), donne plusieurs exemples de condamnation aux verges; il place même y comme nous Pavons dit, parmi les crimes qu'il reproche au préteur de Sicile , d'avoir fait infliger ce châtiment à des citoyens romains.

Le supplice connu sous le nom des carrures dut surtout à Denys Tanden sa malheureuse renommée. De mauvais vers lus par ce prince à un poète 9 Phitoxene, qu*il avoit à sa table , n'ayant pas eu son suffrage, le tyran Ty fit envoyer/On obtint que la liberté lui fût rendue. Denys Tinvita encore à venir entendre ses vers. Philoxène vint ; mais, conservant la même opinion Jl fit , quand on

niflii cVft ici une vengeance particulière ^ et non un «uppffr^ prononcé.

(54) Vie de NUm ,% ^\,

')j) IJv, vn,$ 8/5,

(56) Deâecort capMtatit cladem auttit, dit-il , iv, $ 5.

(j7) Voir, entr*autrc«, le* %$ 6t ti C),

LiGISL. D£S SICILIENS. CH. IX. 145

lui demanda ce qu'il pensoit de la nouvelle lecture, cette réponse si connue qu'on n'a pas besoin de la rappeler (;8). Des captifs furent quelquefois envoyés aux carrières , même des généraux vaincus (59}. Cicéron encore accuse Verres d'y avoir envoyé des citoyens romains {60). Il nous donne d'ailleurs, dans un de ses discours, la description fidèle de cette épouvantable prison. Des milliers de victimes y furent entassées, et l'on désespéroit si fort d'en sortir qu'on prenoit le parti de s'y marier, dit Sainte-Croix dans le mémoire que nous avons dé)k cité (61).

Les travaux publics ne furent pas seulement une obligation imposée à des prisonniers de guerre; ils furent quelquefois le résultat ou l'effet d'une condamnation (di). D'autres fois on vendit ces prisonniers comme esclaves (^3).

L'exil I le bannissement , la relégation hors de

(j8) l'ofT Dîod. XV, s <5. Athénée, xv, S^, l'y f^tt envoyer pour Avotr iéàuh ift maitrcsio du tyran. On peut voir aumI Ptutftrque , Pm, d'AliX. pag. } J4 » et Polycn , V, S 4^.

{y)) Thucyd. Vil, S Sô.lWrauMl le S Ô/jDIod, III.SS 17, iH et )3 ; et Piut. NkUu, SS ; 1 et p.

(60) Prtmi^n Vtrrint, S î i cinpimt» %% 49, 50 et ;;.

(6\) Af/moirrs de i'AotJ/mie^t, XLVIll,pag. 131.

(6j) Cinquième Vermc, $xy. Voir eumI Strab. VI, pag. 17^, ctèlien, XII, c. Xl.lV«

(6)] Voir cl-deasui, pag. 1 ) a , et cl-apris , pag. 1 ^7 et 1 d8«

la SicHe, furent souvent prononcés. Des jalousies ou des haines politiques y contribuèrent plus souvent encore, peut-être, que des condamnatiDns fudîciaires» Nous avons rapporté plus d'un témoî* gnage de ces luttes de partis et des maux qui nihrirent les avantages obtenus par la action victorieuse. Le pétdisme (64) résnlu même bien moihs d'un crime commis que d'une rivalité d'ambition, se déguisant sous la crainte d'une agression envers la liberté publique.

On ne se bornoit pas à bannir les vaincus : on s'emparoit de leurs biens , et on les distribuoit à ceux qui avoient triompfié , à d'autres encore auxquels on offroit une nouvelle patrie. Quelquefois aussi de hautes ambitions voulant se fortifier par l'intervention de ces hommes mêmes qu'avoient exilés ceux dans lesquels ils n'étoient pas sûrs de trouver un suffisant appui , dont ils redoutoient au contraire l'opposition et la nombreuse influence, s'agitèrent pour ^e revenir des proscrits qui ne pouvoient manquer de s'unir à eux puisqu'ils leur devroient une réintégration si désirable, comme propriétaires et comme citoyens (6j).

(64) yàir ci-dessus, pag. 2 y etsuiy.

(65 ) Les quatre premiers chapitres de ce volume offi-ent plusieurs exemptes de faits semblables et de leurs résultats, ydr d-après, pag. ié8 , et aussi Diodore de Sicile, xi, S?^; XiJl , $ 96; XVI, SS 80 et suh.

Hermocraie (66 ) , qui ayott été banni , ayant recueilli les ossemens des Syracusains morts dans uncon)bat| et les ayant ramenés dans cette vilte avec une pompe funèi>re et de grands honneurs i n'osa cependant y entrer; ti s'arrêta sur un mont voisin I forcé <b» se soumettre aux lois qui défèn<* doient aux bannis de reparottre dam leur patrie (67) • Diodes fut exilé pour s'être oppoaé k ce qu^on ensevelît les inorts^ ainsi apportés (68). Agathocle l'avoit été de Syracuse, avant qu'il en devînt le tynm; ses intrigues et son audace menaçoient dé)à la liberté ,6^).

Les amendes furent \xnt peine asseit fréquente, nn imtndti n La délation et l'espionnage n^avoient pas d'autre peine ( 70 1. Ce ne sont pas tes délits que pour* suivent avec le plus d'ardeur tes gouvememens tyranniquesi soit monarchiques, soit populaires. Les amendes furent quelquefois appliquées h des établissemens religieux ( 7 1 ) • La confiscation, une confiscation générale même » fut autorisée et pro-

{66) IWf cKde&tuSi pftg. *; , cl Xénoph. //w/. gmiif, t. !.«*, p«g. 4j I • Il y {Mirle du bdTinlisemeMt de piuticur» Mttn» généraux. (6-) DIod. xm, S 7T.

[6%) Dtod* lU.

(69) Justin» xxn » s I* [yv) DIod. XIII , S v^ I et FAiellus 1 (xig. 108.

l48 HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

noncée par les lois ( 72). Elles soumettoient h une amende celui qui, dans une assemblée publique 9 tiendroit un discours séditieux (73'). Denys fut condamné pour avoir parlé contre un des généraux , Daphnée , dans une de ces réunions , et Philiste , son ami^ la paya pour lui ( 74)- Daphnée, dont la dénonciation avoit fait ainsi condamner Denys , est bientôt après condamné à mort (75); Desippe, autre de ces généraux, fut banni ( 76 ) . Les amendes à loccasion des débats ou des troubles politiques étoient souvent payées par d'autres que Taccusé ; l'esprit naturel des factions et le lien étroit de ceux qui les forment dévoient produire cet effet. On ne pouvoit reprendre la parole dans les assemblées du peuple qu'après avoir payé l'amende imposée {77).

Rcmiision de u Quelquefois on fiiisoit grâce au condamné

peine. Exercice du - , , , '

droit de Aire grâee. ^6 la peuic que le jugement rendu avoit prononcée contre lui. Quand Ducétius se fut mis au pied des autels, on demanda vainement sa mort : les magistrats les plus recommandables pen» sèrent qu'il falloit respecter la protection invoquée

{72) En Toir un exemple dans Diod. Exe, t. II» pag. 549.

(73) Diod. XIII, S 91.

(74) M^m. de VAcad. t. XIII, pag. 5. Diod. xiil, S 91.

(75) Diod. XIII, S 96. ^wr Aristote, Politiq, v, c. V, pag. 393. {j6) Diod. ihid» Caruso , pag. 208.

\jj) Diod. XT , S 96.

deji ^fieux ; el à finsuni il $'éle\*ii de r«^emhlée «Qiièfe comme une seule voix qui prononça hi grike du coupable {^%). Hér«c)ée« tilled'Hiéron II» iùi moins heureuse. Ses dieux pénates^ auprès de$q\ieis elle s'étoit réfugiée dans la cha))ell^ de son palais « ne la sauvèrent pas : on Farracha des autels; on en arracha ses Itlies; elles tombèrent toutes sous le fer des meurtriers* Une circonstance vint ajouter à rhorreur que ce ciime devoit ins* pirer : aussitôt après « arrive tm message du peuple détendant de leur arracher la vie ( '*9h les victimes avoient toutes expiré*

Qtiekjues-uns des Athéniens envoyés aux carrières sous le règne de Den)^ furent sauvés par fîntervention de |eunes atuis des sciences et des lettres j8o\ V^ne autre (ois, un condamné avoit obtenu la permission d'aller régler quelques afllàires avant de mourir : un de ses amis lui >ervoit de cautbn » dans le cas où le premier ne seroit pas de retour au |our marqué; te retour a lieu» et Denys fait grâce (8 1 )* Cest sur un tyran que fa^ mitîé opère ce prodige (Sa)*

v*v>} IHe-Uxt^xxiv, s ^^^

wu $ \ c^. \'al* M4Xs l\ » c, VU* h^ même srniimeni vt^t tu»l o>l^iimu fie Pbdl«ris un |Hart)an* I WV ci-dk»»» » pag« 77s ^ft) Céioieiit deux phllc«$ophc$, pyth^^Mtns (Sm H

4)0 HISTOIRE Oe LA LÉGISLATION.

Une autre grâce accordée par lui eut un motif a»see diâférent L'accusé l'étoit d'avoir excité une sédition dans un navire. Conduit devant Denys , il répondit : Ce trouble est venu de ce que fe chancois seul vos vers , tandis que les autres ne chantoient jamais que les hymnes d'Orphée et de Pindare (83).

Éiien fait prononcer crois fois et révoquer trois fois une condamnation à mort envers un jeune homme que Denys diérissoit : Denys Tembrasse en versant des larmes; il ordonne à ses gardes de b frapper; il déclare de nouveau qu'il lui pardonne; il renouvelle (e commandement de lui ôter (a vie ; de dusses craintes pour lui-même l'emportent enfin sur le sentiment qu'il avoit eu dTatiord d'être humain et )uste (84)*

Quand Verres fut gouverneur de Sictie» il ac* corda quelquefois à des accusés la rémission de la peine qu'ils auroient encourue si le crime eût été prouvé. Mais cette accusation * dont il fki* soit ainsi craindre le danger , c'est lui ordinairement qui Tavoit inv^itée; il la supposoit pour mettre à prix une afîsolution que lui-même avoit

l'autre, et Denys n*étoit pas sans quelque estime pour de scm* bliiblef travaux.

(8j) K(7/r Olivier, Hist.dePML u H, pag. 198.

(84) Éiien , xni , c. xxxi v. Cicéron , Tuscul, v, S ao, raconte de Denys même des faits assez semblables.

LàGlSL. DBS SICILIENS. CH. IX. IJI

vcMilu rendre nécessaire par des soupçons ou la dénonctalton d'un attentat ^imaginaire dont il vendroit ie pardon. C'est ainsi , k en croire Qcé» ron ( 8 j ) I que Verres accusoit d'abord d'assoçiadon avec les pirates les négodans étrangers qui abor» doient en Sicile avec quelques richesses, et que sur sa propre accusation il les envoyoit aux car» rièrea; les marchandises qu'il prenoit pour luimême pouvoient seules laisser quelque espérance au propriétaire qu'on en dépouilloit.

Dans les condamnations prononcées par les JuiMMnaitndyi tyrans de Sicile , la volonté seule du maître étoit Z^i^^én^ulà, entendue. II n'en existoit pas moins dans les tribu- *f^*>^ naux , et pour les condamnations ordinaires , des régies et des formes établies; mais elles ne furent pas toujours respectées , pas plus sous la démo» craue que sous la tyrannie. Ainsi , dans une accu^ sation portée devant le peuple , contre des généraux qu'on prétendoit avoir trahi la patrie, l'accusateur, qui, au reste, de voit un jour devenir son maître, demanda et obtint qu'on les amenât sur-le-champ , sans avoir aucun égard aux formalités prescrites

(85) Cin^uièmi Verrint. % 56. Voir aussi te $ 17. Il lui reproche» SS ^ et 7. cl*Avoir vendu une grnce accordée, d*avolr reçu de Targent pour absoudre ; le fak en est lndl<|tté dans lei paragraphes qui suivent.

par ies lois (86). Dans les agitations intérieures qui précédèrent le (^mmencement de la domination, romaine, les préteurs de Syracuse, avertis d'une trahison méditée par deux de ses citoyens, Andranodore et Thémistius, en instruisent les anciens sénateurs ; des gardes sont mis aux portes du sénat, et les deux accusés, au moment où ils entroient dans la salle, y reçoivent la mort. QueIq^e tumulte est excité par une exécution si violente. Les magistrats rendent compte alors, avec détaîK de la conjuration formée , de son but, de ses espérances , de ses complices , de ses moyens. En dehors^ quelques cLameurs séditieuses sortirent d'une multitude attroupée; mais ies corps des conjurés exposés à sa vue les frappèrent tous d'un tel effroi , qu'ils se soumirent. Bientôt même ils récla* ment de nouvelles victimes (87). Et aussi, quand on parut vouloir respecter ies formalités prescrites, quand on sembla ne faire qu'obéir à la loi , on vit trop souvent cette obéissance participer à la direction sévère et quelquefois sans équité du gouvernement qui pesa si long-temps sur la nation.

Ainsi les tortures étoient connues; on interrogeoit la douleur; il falloit avouer un crime qu'on navoit

(86) Diod. XIII, S 91.

(87) TIte-Livc, XXIV, SS a4 et 25,

pas commis, ou consentir h la supporter plusieurs fois , crainte ou foiblesse dont Teffet n'étoit même que de retarder de quelques momens un in|uste supplice ( 8 8 ) • U ne fois, j)our échapper aux tortures, un accusé déchra qu'il avoit pour complices les favoris du roi qui cependant ne Tétoient pas, et on ne les en livra pas moins k la mort (89).

La transmission des peines aux enfans étoit dans R«i«niion <)• u I espnt de la loi et souvent prononcée par elle. [^ ;i,|, ^^^j^,. Les tyrans successifs de Syracuse et des autres pays * de la Sicile avoient, je crois, imprimé h la législa** tion ce malht^ureux caractère. Agathocle ne manqua )amais d>n renouveler l'exemple toutes les fois qu'il eut à punir ce qu'il appeloit un crime. II étendoit même sa vengeance au-delà de tous les liens d'une famille. Croyant avoir h se plaindre d'une ville , il en fait égorger toute la Jeunesse ; une autre fois, la désobéissance d'un seul citoyen lui fait condamner & mort tous les habitans d'une cite entière ( 90).

(88) Ktf/f de* oxcmplei do cet uunge de la question ou dei turturei duni Juiitin , xxu , S 1 ; dan« Élien , u , c. iv ; dam Athénée , xiil , S 8 , et dam Valère Maxime , m , c. ni , $ 8.

(H9) Tite-Live, xxiv, S !• On suit (|u*une pythagoricienne menacée par I)eny« , ayant mordu le bout de sa langue , le cracha au vliuge du tyran , de peur que les tortures ne lui lissent dire ce qu'elle devoit taire. Porphyre , Pj'thag, $ \, v

((;o) DIod. XIX, S I. P^^/r fl-dessus , pug* <!<| it »yitf.

Dtoità'Mïê. Le droit d'asile étoit connu; on n'y recouroit droi!^' ^^' ^ gtière sans succès* Arracher un homme du pied

des autels pour le conduire au supplice paroissoit aux Siciliens être tout k-ia*fois un outrage b la religion et à Thumanité. Nous venons de voir Ducétius échapper ainsi aux rigueurs dont Tauroit menacé son crime, d'après les dispositions ordinaires de la loi (pi). Nous retrouverons plusieurs exemples sefnblables dans un des chapitres suivans, le chapitre sur les lois et les institutions religieuses. Le respect pour ce droit se retrouve dans les pro» fessions les plus élevées de la société comme dasu celle des esclaves. Quel homme exerça quelque temps plus de pouvoir militaire et polidque que Ducétius! Eh bien, nous Tavons vu venir embrasser les autels , dans Tespérance de se soustraire k une mort que sa trahison et sa rébellion sembloient rendre inévitable (9a).

(9«) K?/>fapage 145.

(9») Voir ci^dcfsus , pftg. )o et 5 1

tiClSLATlON DES SICILIENS. I^S

Page 1