CHAPITRE m
Ilj^Titi:: les peuples de IViiMiuiie qui se dis* ci»«cm« « •»•.. ■a gu c m par le cmctère de le«ir croyance et ''*"'*^ ^ **^ hâsage qu'tfs ea tirent, les Etiusqueis ont mérité lepremierraqg; HsenconsefTèiem pendant phoK fèms sièdes Texeidce et nnthieiKe.
Les idées religieuses des Ktrusques ne $e $épaiérent jamais de la dvilisatic^i et de b pliilosophie: ils les prinfnt pour guides et pour appui dans les l a anmem qu'ils inspiivMeni^ dans les devoirs dont es prescmoieni Tobserfation* Oe$ éires révérés comme des dieux etoient devenus tout ensemble et sous ce double ntre, leurs impiitteius et leuis «oaitnrs; ils leur awMent doimé^ pre;M|Qe en mé«ne 9«mps « des régies d'adminisiranon qui , etrc>«tenmat Kees» et toujours soumises à la vigilance suprême de b tfivinite, dévoient accttHitre pour elle leur rec\>nnoî^j^nce et leur lespect , et pour eu&-nié3ue> une confiance qui reinloit le dévoue^ ment plus sdr et Tobeissam^ phis bctie t aussi iTv^wvèrent-W$ bientôt , ei loujouw dans les i^ays \^M>ilU, dt> dùcipie^ et dt> iiniuieuiv R^Mue elle-
^mf V\mifmf^ âe f »VÉ«îr* O^t par Vexém^ é^
Un ({w mUmm é^i^ttwnt mm ¥»uumié d^ fm§
^ui dé6mdmi d« ri^fi mitr^renéfe de té^( aux %f[m^§ û^ Tém %^^§ ftva/r aupar^ii^fliit comttfté b ^iMnià dm d\^w^. l^% smemh\ée$ du peuple^ U»
^%\}i^\ÛQm mi\\idfe§ « {e§ en\se^tm% \e§ plii# îm« pof tfti}i## 9 tmii demm^fmi ^n m%^en% fuiqu'à ce qy# U% ^§e%n% iutii eM%eni fk\^ond\x à Yiiiitnît pttUiq»^,dH 'TSiêUyê (a) en faiiam rhiftoiredu régA^ d# Tttlfui Hoitiliui. Lif» augurai étoitnt \^m véritobfe puliiarUrif pditiqu^. Quand Ancuf Mftfiitti fui déligné pour roi, il fallut TMienti' i»êi)t i^ iénftl, Pdi«6ntfm@ni du peuple, et 9mn d@ fnvorftblâj» augure» (i).
U(i /fil*, utf§ i^i Nai, dti diêHH, Mv, \\\^i%ii iuiv, 'Twttwmn , (i) yv. )|$ \^» Valr m%A Ckhon » Pa his, ilv. il, %$ t% (]) i^pfip 4*HAlt(^, ilti I 1^» Vêiv AUMi i« I 46 i «i lar Im
LÉi^Ui. DàS ÉTftV^I/KS^ CH. Ut. itft
Dès le moment de b fbodition de Rotue» Rotnultts tvoit envoyé chercher des hommes en £tn»rie pcHur indk|iier et enseigner toutes les cérémonies à obiserver» tontes le^ prières à adresser aux dietix> ions les sacrifices à leur ofllrir (4 1*
Aucune nation > suivant Tite-Iive ()>)» n^égala les Étrusques pour la science du culte; aucune tie tïïfffn^<M§x davantage» n^en enseigna mieux les devoirs. Les soins quHs lui donnèrent n^ont pas mérité les mêmes éloges d'Amobe» auteur decette phrase si souvent répétée, que PEtrurie a voit été b mère des superstitions (tf ) .
On âisoit b dédkace des villes poiur les rendre plu» sacrées encore. Leurs murailles avoient ce caraciève. Cétoit un moyen de plus <fanimer le courage quand il iaUoit combattre» un avertissement de pitis qu*3 fiHoit sacrifier sa vie même pour défendre sa patrie (7).
Une trtbu particulière étott vouée au sacer» v^ ^^ttêt , ^»
l>) liv. V, $ *t.Ckén»,Litemfitmd. vi.Ictt, vi, jyyiic Ht d bia ii lfa a tan oma»^ ferun» S^i^linu, [€) Cment gutm , IK. vu. Vdir jimmI BvtftdUnr , il » c. i vt »
(V imipiâ ùii. IV. (V^iMi auffma»^ tmu^umMnfuif t,tfnAtm^ lait Tte-iM« j Câttullr I. V; s 5 1 .
iHa histoire de la législation* •ugurM, «Ici pro* docc (8). I^ chefqu'elle avoit^ie pontife supvéme,
ne le devenoit ni héréditairement , m par le choix des hommes qui concouroient au ministère sacré* Toutes Jes dtés coopéroieat à son élection. C'est dans le temple dç Voltumna qu'elle se âisoit; dans ce temple même où se réunissoit annuellement l'assemblée des députés nommés parcbacune des cités qui fsûsoient partie de la fédéiatîoD, et qui venoient y délibérer sur les grands intérAtt publics (9). La loi de Romulus ne permit pas d'étse nommé au pontificat avant l'âge de $o ans, et on le possédoit alors pour le reste de sa vie ( i o)« On peut croire que RoiniJus d<;voit encore cette I<m à l'Étrurie. Ce qu'il y a d'assuré , ^est que le pontife exerçoit sur plusieurs ob|eu une véritable administration de la justice. La décision n'en appartenoit qu'à luL Les règles qu'il devoit suivre , le caractère et l'étendue de ses droits, étoient pareillcinant établis dans le recueil connu sous le nom de Jus pontificium ( i i ) . Un fils du pontife romain ,
(8) Dcnysd*HfllicAni. il »$ 17, V«i. Abx, u c. i. Um*. nrmca , pag. 66% tt mh,
(9) Voir d'deffiu , pag. %6%i Ttis-Uve, v» s » i VHimin uHhttneUe angl. t.XlV| pag. i}^, etMicsIt.L U,pag,4^ itmiv. Celui-ci fait mention de pltuieuri autres temples et des divinités auxquelles tti étoient cooMcrés*
(io) Dcnys dHaiicarn. l, i%i»
(iij Microbe pirle deux fois de ce Jhs ponûjieium , mm
LiGlSL. DfiS iTllUSQU£8. CH. lU, 283
Publius ScévolEy eit même cité dans le livre des Lois ( 1 a) 9 comme prétendant qu on ne pouvoh exercer un $\ haut ministère sans savoir le droit civil. Quoi f tout entier ! dit Cicéron qui le réfute ; et que font au pontife le droit des mers , le droit des eaux 9 ou d'autres droits semblables l
Tout ce qui appartenoit k la religion étoit dans ie domaine et sous la surveillance comme sous Tautorité du pontife. Un grand nombre de prêtres con^ couroient avec lui aux devoirs du culte. Il semble^ roit toutefois qu'ils n'étoient pas exclus des autres fonctions, de quelques^nes du moins , ce qui n'est pas ordinaire quand chaque four vous appelle à des soins ou k des travaux religieux. Virgile , décrivant un combat des Troyens et des Rutules , nomme parmi les troupes auxiliaires' d'Étrurie que conduit Énée et parmi les premiers combattans
L'interprite AiyUi , donc le talent mpréme Stii lire revenir deni le flanc dei tauretux« Dini lei feux de Técialr, ({ul de tous lei obeaux G>nno2t lei voli divers et lei diven lengagei , £t du ciel aux humains révèle lei préiagei (13).
comme d*un ouvrage perdu* Samm, Vff, c. xin. Voir auiil d^apcèi le acte la de la page 18^.
(la) Liv. xil, S 18.
( 1 1) Hominum Divèmi|tte interprei Aiy tas •
Ctti pecudum fibr«,ooriÉ oui ifdera paient, Et llagu» voittcrum , et prBiagI fnlmlnli Ignei. ÉNilD£ , X , veri t7| tt tmv»
D« I» foudre Les augufes , les prophéties , les divinations , et comme prcsagc ^^^^ ^ ^^j j^^ toucHc OU IcuT appartient , placèrent
rÉtrurie dans un horizon religieux jusqu'auquel ne s'étoient pas élevés les autres peuples. C'est la foudre qu'ils regardoient comme le plus puissant des présages. Les Romains, si l'on en croit Piine (14), pouvoient, au moyen de certaines formules, de certains sacrifices, demander et obtenir qu'elle descendit du ciçl ; et il ajoute , d'après une ancienne tradition, qu'on l'avoit pratiqué ainsi en Étrurie , chez les Volsiniens , à l'occasion d'un monstre qui , après avoir ravagé la campagne étoit entré dans la ville. Porsenna leur roi obtint , nous dit-il encore , que le feu du ciel tombât sur ce monstre, evocatum h Porsenna rege. La croyance générale étoit que l'intervention de la foudre i&îsoit tomber ou disparoitre tous les autres signes d'après lesquels on croyoit pouvoir juger de l'avenir ( 1 j). Sénèque s'en irrite (16), sans approuver cependant cette antique crédulité, et en refusant de s'y soumettre. II nomme d'ailleurs tous Jes moyens
{14) Pline, Hist, nat, liv, il , S 53.
( 1 5) i>énèque, Quesu nat, il , c. XXXIV. VoirUoàart AtSkàk, Itv. VI , S 40.
( I ^ Il en dlitinguo deux , la foudre du conxeil , fulmen amsUiarium, et la foudre d^autorité : celle«<:l suit révënement, l'autre le précède; mais , iuivant le projet, elle y confirme ou en détourne. Qutu, n^u II , c, xxxix et xu.
LftCtSL. DES ÉTRUSQUED. CH. III. 285
einpioyéi par Ici Étrusques et adoptés par les ' Romains y dans l'espérance de connohre ainsi la volonté des dieux ; le vol des oiseaux > les en* trailles des victimes 9 &c. Cicéron avoit dit (17) qu'il ne croiroit famais que rÈtrurie se trompât dans $e$ interprétations » quelles qu'elles fussent » sur les prodiges et Pavenir/et il rappelle avec éloge et vénération que le sénat, au temps de leurs ancêtres et de la gloire de cet empire, ordonna que des enfans des familles les plus distinguées seroient envoyés chez les Étrusques pour y étudier la doctrine des présages , de peur qu'un si grand art, s'il étoit exercé par des hommes de basse naissance , ne perdh sa majesté religieuse et ne dégénérât en profession mercenaire (i8). La divination fut même souvent appliquée à des actes relatifs à l'administration de Fétat (19).
D'anciens livres avoient recueilli ces faits prin- uvfWfMMfniiNi
(ty) DM/iaibti, Ifv. I , SS 18 et 41* ^« vofr Aimt, Da his. Il » S 9« On recourofc entore aux devint de Tuirane , et le «éiuit Itti-même, au tempi de Marfui et de Syll». Plutarque, yU diSylla, S ^o* tin mémoire lur Ici prétugci fait partie de VHimhi di V Académit , 1 1, pag. f4 #/ iuh.
(18) On peut voir sur leitruipicef , lei augurei , lei dtvlnatloDf , &c. t Roiin , llv. m , c. viti et suip, ; Micali , t. H , pog. ;; r/i«i>M et 94; Creuzer, pag. 9) ; Duboulay, Trésâr He% Amiq, tom, 111 , c. IV it tuiv»
(19) Voir d-deutti, pag. iHt» et ci-aprè<, pag. s88.
u divfmdon et cîpaux et les doctrines conservées par rapport à Uftoox. ^^^ science > puisque c est ainsi qu on la nommoit
Le premier que Ton suppose en avoir composé nous est parvenu sous le nom de Tagès; ses dis* cours et les écrits qui les perpétuèrent en devinrent les dépositaires sacrés (ao). Parmi ces livres, ii en est qui contenoient les cérémonies à pratiquer pour h fondation d*une ville ou la commémoration de cette fondation , comme pour l'érection d'un temple et l'anniversaire aussi de cette érection (21). D'autres eurent un objet différent : les divers noms sous lesquels on les désigne l'indiquent assez , Aruspicini, Acherontici, Fulgurales, RitualeSf Fteiales, Pontificales (22). Nous parierons, dans le chapitre
(ao) Voir Cicéron, Divinat. I, SS 35 et 41 ; II, SS n» >) et 34; Macrobc, Satum. V, c. xxiX;FestuSy au mot Tagès f Lucain , i , v. 584 et ^35 ; Amm. Marcelim , x, c. XXI, S ' ; Gori , Table xiv, i. XLiii et suiv.; Senrius, En. X , ▼« 3 98 ; Dempster , ni y c. I ; Hornius , Hist, de la philosophie, liv. iv, c. III et X , et Brucker , pag. 243.
Qui primus etruscam Edocuit gentem casus aperire futures ,
dit Ovide , Métam, XV, v. 558 et 587.
(a I ) Festus , De verhr. signtficat., dicto ioco. Àfém* de l'A^aéè t. ni , Hisu pag. 37. Chaque ville étoit sous ia protection spéciale d*une divinité.
(2a) Voir ci-dessus la note 11 de ia page 282. Voir encore sur le Jus pontrficium Bacliius , Jur, rom, U , c il , S5 f4 ^ siûy,; sur les livres acliérontiques , Gori , Mus. etrusaim, x. Is'p table v.
LÉGMU DES ÉTRUftQUES. CH. 111. zSj
Mir là guerre et 9e$ lob , des Kvres qu*<m appela /?r/j/cj. Les livre» ritaels lont défini» par Feitus » In ^huf prmscriptum quo ritu ctmdantur, urbts, arœ » mdis sacrmiur^ quâ sanctitau murif quo jure port et, qiiù mddô irikts, curia:, cenutrla dlstrilmantur {^i). Cet derniers mott ifisenc asses que les livres plus pefticulièrement voués à Péducation et au commandement des devoirs religieux s*étendoient quelquefois fttsqu*à fiiire connoître et à régler des actions dfiles et politiques (a4) « auxquelles d'aiUeurs la religion présîdoit toufours. Les livres rituels nln^ diquoient pas seulement de pieux devoirs; c^est d'aptes eux-mêmes que Ton régloit, que Ton a voit fende Tinatitution des tribus et des curies.
La auperstition (ut pour les Étrusques plus com* »< u tufmiinune peut-être et plus forte que le raïuti sme. On u aivintit^n m i*ne trouve guère dans leur histoire de combats nés '*^*^
pig« %t it tutp, ; et lur les livrci fthyllin», Thc-Lîvc , y, S ;o ; vif , S %y, Re$ponui iifylln, dft Virgile, Éoéidc , vt , vert 44. Voir Strvitf , twf la ven 79. Ils étolent ahui appelés des tnterprccet doot tùimt lli fuppoKOf JVsinence et dont ils hononfeit les décUiom*
(t|) Dîcto toco. Totti ces IWrei étofent écrtueo tofcan. On pe«t voir ««Ml fc leur égard Mafièl , Ohurpnttont littéraires ,c,\v, pag. y^; TIrabofchi » t 1 , pag. 18 de fon /////, de la llit&at. itth tienne / Nlébahr, Hitt. rom, 1 , pag 196.
(14) Lef Hvm appelée /K^Ârirjr en offriront bientôt un témoignage de phtt.
de cette religion ; les armes ne s*élevèrent pas contre elle; pas de discussions théologiques « pas de lutte d'une doctrine contre une autre, des partisans d'une divinité contre ceux qui auroient voulu placer ailleurs leur confiance et leurs hommages.
Des oracles proprement dits n'étoient pas consuites par les Étrusques. Les présages connus, les augures les remplaçoient ; ils étoient comme les interprètes des dieux. L'art de la divination ne fut pas sans influence politique; il resta loin cependant d'avoir toute celle qu'obtinrent chez les Romains les augures dont les Toscans eux-mêmes leur avoient donné l'institution. Le sénat prévoyoit-il que le peuple alloit l'emporter dans une délibéra* tion publique l l'oubli supposé d'une formalité religieuse ou l'annonce d'un prodige inattendu la fkisoit interrompre et il ne la laissoit reprendre qu'après avoir employé tous les moyens qui lui promettoient le succès (25). Des prêtres mêmes essayèrent quelquefois de se rendre ainsi maîtres de la délibération ; les poulets ont refusé de manger; un signe a paru dans le ciel , &c. ôcc. : la décision , l'élection ont donc eu lieu sous de funestes auspices ; elles sont désapprouvées par les dieux {26 ).
(15) Voir Cïcéron, Des lois, il, s la.
(26) Cicéron , Dhinat, il , S ^4. Aulu-Gclic , VJ > c. ix.