LÉGISL. DES ÉTRUSQUES. CH
On a vu Romulus s^adresser à des Toscans pour inHtMiK* a» la tondaoon de Rome et prescnre tout ce qui de- „/aivcricf.cuont voit être (ait sous les rapports religieux dans une **** ^oiMknt, circonstance si solennelle , pour les cérémonies à observer, d*après leurs formulaires mêmes , afin d*étre sûrs d'obtenir Tassentiment des dieux (27). Plus tard on creusoit la terre sur le mont Tarpéien pour les fondations d'un temple de Jupiter ; une tète d'homme y est trouvée ; que peut annoncer cet événement ! comment l'interpréter l une députadon d'illustres citoyens est envoyée par le sénat au plus habile des devins toscans» Sa divination fut que leur patrie deviendroit la capitale d'un grand empire (28). La confiance des Romains alla même dans la suite jusqu'à décider qu'aucune loi ne pourroit être faite sans que ceux à qui la délibération en étoit accordée n'eussent avec eux trois augures et n'obtinssent leur approbation (29),
L'influence que r£trurie recevoit alors de la confiance qu'elle inspiroit sur la connoissance de
(17) Ptuiar(|ue, VU tU Romului, S »<5. " NI plu*, ni moins, a|oute-t-H , que si c*étoit quelque mystère ou quelque sacrifice. »
(*8) Piioc , XX VIII, S a. Tite-Livc, 1 , S 55» Dcnys d'Halic. IV, ss <So et 61.
(19) CIcéron , Dts lois, Hv. il , J i a ; III , S J » «l dans la dernière de SCS Lttnts à Atticus, llv. iv. Dempster, >4/r//y. rom. tiir. VI, cap. vil.
Pavekiif ne se bomoit pas aux contrées voisines, à l'Italie même. Combfen elle d'ut accroître Timposture du sacerdoce toscai^, ou, si Ton veut, les expressions de sa crédulité! L'imitation portoh sur les actions, sur les devoirs imposés, sur les ministres indiqués ou choisis. Des nations étrangères envoyoient aussi communiquer à ses prêtres leurs espémnces et leurs craintes , implorer leurs lumières , les consulter sur les expiations , faire interpréter les prodiges (30). Et quant aux livres que TÉtrurie avoit reçus plusieurs siècles auparavant, livres ne se bornant pas, comme nous venons de le dire, aux obligations' prescrites par la religion, ses ministres fkisoient des commandémens qui pouvoient s'appliquer aux actions les plus ordinaires des hommes , tellement les dieux s'y étCHent associés par leurs temples primitifs, par leurs conseils , par les peines qu'ils feisoient craindre , par les récompenses qu'ils fàisoient espérer.
De leurs divini- Les premières divinités reçurent toutes , dans les wprime"* "^ "^ difFérens états dont se composoit l'Etrurie , d'uniformes hommages. Leurs attributs , leurs bienfaits , devinrent aussi fréquemment l'objet d'un culte spécial; l'agriculture, par exemple, le com-
(30) Mim. de l'Acad, 1. 1 , pag. 204 de VHistoirem
LiGisu D£s Atrusques. CH. lll. açi iMTce» les arts, la guerre, &c. ( )i), mais tou* jours sous la dépendance plus ou moins active d'une divinité supérieure qu'on nommoit ie père des dieux, ie père des hommes. On a même pensé que les Etrusques ne furent pas éloignés de i'idée d'un dieu suprême dont émanoiem les autres divinités» dont elles n'étoient que des images, que des représentations partielles (ja). Chacune des diés, au reste, eut ses prêtres, ses cérémonies, ses eipiations, ses offrandes, ses fêtes, ses augures. On en vit qui dédièrent leurs temples à des divi* nités qui avoient plus particulièrement un culte antique et célèbre chez d'autres peuples : les habitans des douze cités en avoient ainsi dédié un k la Junon si chère aux Argiens, si respectée par eux , et ils avoient adopté sa canéphore et ses diœurs de vierges ( ) ))• Quel que At , au reste, le caractère plus particulier du culte pour les différens peuples
(5 1) Gori che plusieurs villes qui eurent ce caractère» t. Il , pig. 18 et tuir. La table Lxxv de Gori Tattesle également pour les dhinhés marltinkcs , pag. 1 69.
(p) Brucker» Hût* critit^mt ir U phihwpkii, t. 1» p^. 54) tt sMtr.» liv. Il » c. CUI. Cudworth » Sjtsiènu mutlicttièi , c. iv, S 15. Micall » t. U » c. xxu , pag. 48 et suhr.
()l) Denys d*Haiicam. I , S 17. ¥ rér€i , Afémoim deCAcad. t XVIII , pag. 10) de ÏHis»in. Cabéphore étoit la <|ualifîca< cftoo donnée à la jeune lîlle portant la corbeille renfermant ce qui étolt nécessaire pour célébrer le sacrifice*
dont la fédération se composoit, tous favorisoient Tétat politique et y étoient soumis sans réserve; tous regardoient comme un des premiers devoirs religieux de se seconder mutuellement, et de se réunir ou se confondre quand Texigeoient le succès ou le bonheur de la patrie (34)« sacrificct, injtîs Rien n'annonce qu'ils repoussassent avec crainte ir.nd«i, wpiations, quelques vérités qui n étoient pas entièrement éic. Loif qui les conformcs à leurs doctrines, . JL .est même, des divi-
concer noient.
nités qui paroissent n'avoir été adoptées que par eux (35). Toutefois il y a des sacrifices , des initiations , des mystères, que les Étrusques semblent avoir moins communiqués aux autres peuples, ceux par exemple qui sont désignés par mithriaca, acherontica, samothracia ou cabirïa : les achérontiques étoient surtout destinés à apaiser les divinités infernales, et k faire passer de leur région au séjour du bonheur; les mithriaques consacrés au soleil promettoient le moyen nécessaire de purifi-
(34) Cudworth et Brucker, ibid. Micaii^ t. H, pag. 44 et suiv. Suidas nous a conservé leur cosmogonie, diaprés ce qu*uo Toscan en avolt écrit , au mot Tvpprf/uy t. III , pag. y 1 9. Postel , pag. tys et suh. , parte d'un culte des génies.
(35) On peut voir sur leurs divinités en général , Dempster , liv. ni , c. VI ; Gor\ , t. 111 , pag. 2^ et suh. ; De genio domestico, pag. lit et suiv»; Buonarotti , Monum. étrusq, pag. yy ; Micali , t. Il , cap. XXil , pag. 48 et suiu. ; Pline, il » S 52; ^Hist, unh, t. XIV, p. 24a et suiv.