LÎ.G1SL. DES ÉTRUSQUES. CH. III
cation, le double baptême de i'eau et du feu 1 36 ).
Les sacrifices étoient nombreux; ce que nous avons dit le fait assez connoître. On a même prétendu que le nom de Thusques , qui leur fut d'abord donné, tiroit de là son origine (]j),
UEtrurîe connut-elle des victimes humaines î II est trop vrai que des prisonniers furent immolés au pied des autels. On a même cru que , dans les premiers temps, des enfents avoient été quelquefois présentés aux dieux par des Tyrrhéniens , comme une offrande qui devoit rendre plus agréable encore le caractère et Tauteur des sacrifices (38). On ajoute que ces Tyrrhéniens ne purent y croire , qu'un nouvel oracle le confirma, et qu'ils aimèrent mieux s'éloigner et changer de patrie que de se soumettre au commandement barbare qu'ils en recevoiem (}9)«
()6) Il CSC parlé dci livres achéronti(|uc5 dans le second livre d'Arnobe. Voir $\xr les divinités infernales, Dempstcr, l,c. xv a smp,i 111, c. I, pttg, *4ji Gori, table LXXVlll, pag. \y6 et iuiu, ; t. II , pug. 8 1 et suiv, , et Jcs autres écrivains qui nous ont lait connoitrc leurs nrionumens . ainsi que Pline , xxxiv, S 7*
(^7) De 8v6), je sacrifie* Voir Servius sur la fin du second livre de TÉnéide, pag. i6ft et sur le vers 1 54 du dixième livre, pag. 600 , et Pline, lil , S 5. Mais voir aussi le t. XVlll des Mm, deVAind* Histoire, pag. 106 etsuiv.
(j8) Kestus, au mot Jjécunwn, Niébuhr, 1. 1 , pag. 17J.
ivi) Henys d'Halicarn. I, SS -i} *''i »4'
Les expiations, les offrandes , les vœux , étoient de même parmi les principaux objets de leurs pensées et de leurs obligations religieuses (4o)* En indiquer les formalités nécessaires fut un des objets des livres rituels (4i). Les temples étrangers, celui de Delphes en particulier, reçurent même quelquefois , de quelques-tmes de leurs cités , des dons qui eurent un caractère de perpétuité; Delphes aussi recevoit des Cérites la dîme de tous leurs profits maritimes (42). Des expiations géné> raies étoient ordonnées quand des malheurs publics fàisoient craindre le courroux des dieux y Ute-Live le remarque pour un temps où la peste désola
rÉtrurie(4j).
Diveffci tfnte*. Une ftte consacroit toujours les succès guer-
Jeux puUlict. Jeux ^.- - •ii ■••
•oienneit. jei» fit- Hers. Une paix conclue étoit célébrée comme létoit nebre*. ^^^ victoîre (44)« La victoire appelle nécessaire-
(40) Sénèqae , Questions nat. il , c. XXXVIi a suiv. On peut voir sur les f nidations, Gori, table LXXVIII , pag. 176 et soiv. , et VHUt. unh, angl, t. XIV, pag. 243.
(40 VoirdrAt$sa$,^g, 287.
(42) Mém. de l'Acaâ. t. XVflI, pag. 104 , Hisu Strabon, v, pag. 420. Clavier, liv. m , c. XXVL Voir wâA dansTite-Lfre, v, S 15, la spoiiatioD «fun temple par les Tyrrhénleiis , et les obsenratioBS de Casaubon sur ce passage.
(43) Tite-Iive, vil, S 2. A Rome les expiatkms étoicDt toufours confiées à des aruspiccs toscans.
(44) Voir Bttonarotti , pag. 29.
LtCI$L. PES iTRUSQUES. CH. III. JÇf
ment, outre la iolennité des feux» de pieux sacri» rices, de plus riches offrandes, tous les hominages que le bonheur, la reconnoiisance , la vanité même inspirent» Les douse villes çélébroient les succès obtenus; une fête générale réunissoit les sentimens de la confédération tout entière (4{)*
La propriété avoit ses fêtes. Vn hommage solennel étoit offtn k ce dieu Terme que Nuiiia reçut des Etrusques. Les soins et les travaux que luiconsacroient les possesseurs des champs , ceux qui les Acondoient , eurent aussi chaque année des prières communes et dont les champs mêmes é|oient rob|et (46).
Interrompre la soleimité des feux publics étoit rigardé comme un attentat envers la religion (47)» Le roi que les Véiens a voient cru pouvoir se donner (48) ayant, pour se venger des autres états, fiiit retirer d*un spectacle semblable tous' les acteurs, qui la plupart étotent ses esclaves, un mécontentement universel se manifestai de la part de ces cités
(4s) l^inp. Mêla » Ihr, Il » c. IV.
(46) ri>f>ci-ttpr^, tàïÊfn vi»pig. )t4 et )t$.ll y jvoitilet fouff 4e frtc aprèt La récrite.
(4-») ^ Write-Llve , v, $ i.Jo/^mnm inJântm, dli-il, f«<»ji ta$mMu nifks e%t» H die Teiemple même de ce roi des Véieni.
(4H) Cesi le même prince dont bou» âvoni parié à U fin 4a premier clMpUre.
avec une grande énergie, et concourut puissamment à amener la chute du trône sur lequel on lui avoit permis de monter. Les jeux mêmes des Etruriens étoient sous la protection divine (49 )• II en est qu'un long usage et la piété publique • avoient consacrés aux morts (jo). Les auteurs qui nous le rappellent, rappellent aussi les cérémonies de la sépulture , les cérémonies qui la précédoient , la vénération qu'elles inspiroient (51). Les parens , les amis, survoient jusqu'au tombeau celui qu'on venoit de perdre , avec toutes les expressions et les signes de la douleur. C'étoit toujours hors de la ville qu'on étoît enseveli (52). Je suppose que c'est à tous ceux qu'on avoit perdus que s'appliquoient les jeux appelés funéraires ; ce qui n'empéchoit pas sans doute les hommages annuels que
(49) Voir Titcrlive, v, S 1 ; l^linc , vin , s 42 , et Rosio, Amiq, fom. m, c. 1. Virgiic , Georgiq. il, v. 193, et Ovide, Ani, I , V. 105, parient du pieux usage de ta musique pour les fêtes et ics cérémonies religieuses.
(jo) Musée étrusque, t. III , tab. 1 , x , XX , XXIIL V. aussi sur les funérailles et les jeux funèbres, Dempstcr, IJI , c. xxxv à XL.
(51) Macrobe , l , c. x. Plutarque , Numa , S ao. Gori , t, II , pag. 287 ; t. III , pag. 1 16. Dempster, m , c. viL
(^2) Pline , XIII , S 17- Sur les champs consacrés aux funérailles, appartenant aux Étrusques avant d*appartenir aux Romains , voirLanzi , t. II , pag. 1 07. Il y parle des urnes dont on ioisoit usage pour les morts, au lieu de brûler les cadavres, comme on le fit ensuite.