‹ Histoire de la législationChapitre 13 sur 44 · IJ · texte numérisé non relu

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les sacrifices relatifs à la guerre; seul il régloit les temps et les lieux favorables pour asseoir un camp; il envoyoit seul des ambassadeurs aux ennemis y comme aux peuples amis. Pour les discussions qui s'élevoient, on s'adressoit à lui, et il indiquoit les juges chargés de prononcer; il portoit la guerre par-tout oii il le croyoit nécessaire ; toujours le premier quand Farmée avançoit , toujours le dernier si elle se retiroit. Cent hommes d'élite y formoient sa garde particulière (38). Le tiers du butin étoit pour lui, si les Lacédémoniens étoient vainqueurs (39)*

Les deux rois avoient marché long-temps ensemble, k la tête de Farmée; une loi le leur défendit, cinq siècles environ avant Fère chrétienne (4o). Ils n'y allèrent plus que séparément, et lorsqu'il y avoit tout à-Ia-fois deux ennemis à combattre. Leur présence à la même armée avoit souvent rendu le commandement plus difficile , plus lent, moins absolu. La nouvelle loi n'empêcha pas cependant que le prince d'abord resté

(38) Hérod. VI, S. 56. Thucydide , V, S. 7», porte le nombre des gardes du roi à crois cents. Voir9.\xsii Den. d*HaIic. Il , c. xni.

(39) Polyb. n» chap. Xll. f^ir ci-après , chap. VI, pag. 348 tt suiv. Sur le commandement des armées navales, voir \t chap. VII, pag. 364.

(40) Hérodot. V, S. 7;. Voir Xénoph. v . pag. ;6a.

mort

à Lacédémone n'allât rejoindre l'autre roi dans, son campi si les malheurs ou les besoins de la guerre exigeoient que de nouvelles troupes lui fussent conduites. Plistoanax le fit pour Agis , lors de la bataille de Mantinée ; il lui mena tous les guerriers qui étoient demeurés à Sparte pour la garde de la cité (4 0 *

Les honneurs les plus mémorables accordés HonMunrcnàn» aux rois furent ceux qu'on leur rendoît lors- •" '"'* *"*'** *^' qu'ils descendoient au tombeau. Les lois alors fidsoient connoître , suivant Xénophon ( 4^ } > qu'on les regardoit moins comme des hommes que comme des demi- dieux. La descendance d'Hercule les avoit assez mal protégés depuis plusieurs siècles, quand Xénophon décrivoit le gouvernement de Lacédémone. II n'en est pas moins vrai qu'à la mort des rois les Spartiates prodiguoient toutes les expressions du respect et de la douleur : les peuples de l'Asie ne s'humilioient pas davantage envers leurs monarques expirés. Des femmes parcouroient les rues , fiiisant résonner Fairain de sons funèbres ; dans chaque maison , deux personnes libres » ua homme et une femme > revêtoient des habits de

(41) Thucyd. v,$.75.

(42) R^ublique de Lacidémonf» pag. Cr^*

ijO HISTOIRE DE LA LiCISLATION.

deuil : une peine grave eût été infligée k ceux qui auroient négligé de le (aire. Les màrbhés publics étoient interdits pendant trois jours. D'une extrémité dé la Laconie à Fautre , des ehvoyés venoienty au nom de tous» assister aux funérailles; ils se frappoient le front à gi'ands coups y hommes et femmes ensemble, poussant Tes cris les plus lamentables et disant qu'if n'avoit jamais existé un meilleur roi. Est-ce à la guerre qu'il avoit reçu le coup mortel; on en £iisoit f^ire un simùTacre, qu'on portoit au lieu de la sépulture sur un lit richement orné. Quand on Fa mis en terre, ajoute Hérodote, le peuple cesse ses assemblées, et les tribunaux vaqueht pendant dix jours ; durant ce temps , le deuil est universel. Le corps étoit ensuite porté dans le lieu destiné à la sépulture des rois (43)* Pour rendre plus chère fa mémoire du prince qu'on venoit de perdre , son successeur remettoit aux Spartiates tout ce qu'ils dévoient à ce prince ou à l'état (44).

e de u suc- Quant à là succession au trône , les lois sont îcî au irône »- j^j^g jçj, fjjj^g . ^gj. ^j^g lonffue série de faits cons-

rctour des °

les. tans suppose assez qu'elles autorisoient l'ordre

(45) Hcrod. VI, s. 58. Hérad. de Pont, pag. ;o4. Xcn. He/it^. V, pag. 564. Paus. 111, SS» 12 ci 14. (44) Hcrodot. VI, $. 59.

LÉGISL. DES LACEDÉMONIENS. CH. H. 231

dont ils indi(|uent ou rappellent f existence : or vbîcï te qûè Thistoire nous a conservé.

Lélex a pour succeisiseur Mylès , son fiîs aîné ; Mylès , ËUrotas , son fils unique ; Eûrotas , n'ayant ^as d'en&ns mâles , laisse !e trône à Lacédémon , le mari dé sa fille; Amyclas, son fils, lui succède {45)- Amyclas laisse plusieurs enfins; le sceptre est pour l'aîné, Argalus (46). Ceïui-ci Weurt sans postérité ; son frère , Cynortas , devient roi (47). II en est de même pour (Ebalus, ifïfs de Cyilortas suivant les uns, son petit-fils suivant les autres 48). A sa mort , Tyndare monte sur te trône; Mîppocoon, son frère, veut l'envahiï; la fortune fevorise Hîppocoon; Hercule protège !és droits de Tyndare, et réplace sur son S'ont îe diadème que Fùsurpation en avoit arraché (49)' Hîppocoon étoit l'aîné, suivant Pausâniais; nîais sa naissance étoit illégitime : le trône fut récïamé par fenfant né d'un mariage avoué par le^ lois (50).

(4J) ^'''cî-rlessus, chap. l, pag. 197, ett'ausan. UI, S* i-

(46) Pausan. III, S. 1 ;Vii,S. 18.

(47) Apollodorc, 1 , chap. I^ , $. 3, et III , chap. X , S. 3, ^i't effectivement que Cynortas étoit fîli ci' Amyclas aussi.

(48) Vf^ir Meurs. Je Regn, LaceJam. chap. 111.

(49) Mcur5. ii'iii. chap. iv. Diod. iv. S- }3.

(50) Paus. 111 , S. I. Voir Eustat^. IliaL il, et Meurs, iM.

Jusqu'à présent Tordre de succession mardie du père au fils» du frère au frère, à dé&ut d*eii- &ns de Faîne : mais , si Ton en croit ApoIIodore et Hygin (51)» Ty ndare disposa de la couronne en &veur d'un de ses gendres , Ménélas, époux d'Hélène, sa seconde fille; il auroit alors bien moins usé d'un droit qu'il n'en auroit usurpé un : mais Pausanias ne fait régner le mari d'Hélène qu'après la mort des fils de Tyndare (52). Ménélas eut encore un gendre pour successeur, Oreste , époux d'Hermione ( j 3 )• Oreste étoit aussi, comme fils de Clytemnestre, neveu mar ternel d'Hélène. Ilavoit été favorisé parle peuple contre les enfàns de Ménélas , parce que ceux-ci étoient nés d'une esclave : les Lacédémoniens ne voulurent pas des chefs qui avoient une semblable origine (54)«

Oreste eut pour successeur Tisamène, son fils (55). Tisamène régnoit , quand les Héraciîdes revinrent dans ie Péloponnèse {i6).

(5 1 ) Apollod. ni , chap. XI , $. 1. Hyg. fab. 78.

(5a) Lîv. iii,S. I.

(55) Paus. /^/^. Hyg. fab. laa.

(si) Paus. II, $. 18.

(55) Oreste avoit an autre fils, Pcnthife; mais ce fils étoït bâtard. Paus. ibiii.

(56) Paus. II, $. 18. Yeil. Pat. i» 1 et i.

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de la succession au trône changea totalement sous leur règne.

Aristodème , mort k Delphes avant le retour onirc d« u de sa tamille dans les pays qu elle avoit gou- ^^ ,^ ^ vernés, laissa deux fils jumeaux, Eurysthène et Tutcu«sréfa Proclès. Ne sachant sur lequel faire tomber leur choix, ayant vainement interrogé la mère, les LAcédémoniens s'adressèrent à Foracle de Delphes, et, d'après son conseil, ils aimèrent mieux laisser partager la couronne que d'exposer Fétat à la voir disputer (57). Ainsi se forma f étrange partage de celui de tous les pouvoirs qui a le plus besoin d'unité. Le trône resta , de mâle en mâle , dans chacune des deux branches de la famille d'Hercule, pendant près de neuf siècles (58). Les faits qui méritent d'être remarqués dans cette seconde période , sont les suivans :

Dans la branche des Agides (59), depuis Agis I/', fils d'Eurysthène , jusqu'à Cléomène I/' , le fîls succéda toujours à son père. Cléomène peut fournir lieu à une observation importante : Anaxandride, son père , avoit eu une femme dont la longue stérilité fit craindre aux Spartiates de

(57) Paus. III, s* >• Hérodote, vi, $, 51.

(58) La première branche donna trente rois, et fa seconde , vingt-sept.

(59) ^'^'^ ci-dessus , chap. i , pag. 1 98.

voir s'éteindre une des branches de leurs rois. Les magistrats voulurent exiger qu'il là répudiât : Anaxandride ne voulut pas y coiisetidr ; ii se soumit enfin à en prendre une autre, mais sans quitter la première. Celle-ci cessa ehifin d'être stérile ; la seconde étoit déjà devenue mère : auquel des fils devoit appartenir le trôné! Là question fut décidée en faveur du prince issii de la seconde épouse ; ii étoit né avant cefui auquel la première avoit donné le jour (60).

Cléomène , mort sans enfans , eut pour successeur son fi-ère, ce Léonidas à jamais illustré par le trépas des Thermopyles. Léonidas laissa un fils dans la plus tendre enfance , Ptistarque , qui eut pour tuteur son plus proche parent , Pausanias ,Ie même qui commandoit à la bataille de Platée (61).

La tutelle du jeune prince et !a régence de l'état se trouvoient établies ainsi par lés plus anciennes lois de Sparte : Lycurgue en fournit un exemple antérieur à sa constitution même (6z) ; et plus anciennement encore, lorsque leis vœux

(60) yoir Hérodot. V , $. 39 et 40 , et Paus. m , S. 3. Plutarque parle d un roi condamné à i*amende pour avoir épousé une petite femme, Ééluc. des enfans, tom. Il, pag. i.

(6\) Hcrod. IX , S. 10. Pausan. ni , SS. 4 et 5. Voir Thucyd. 1. SS. » 30 et 132.

((ti) Voir ci-dessus , cha]\ 1, png. 200.

LiGisL. t)És lacédéMonieKs. ch. II. 235

d'une mère » fortifiés par son silence et protégés par un oracle, eurent afTcibli le trône en y ^isaht dftS^ôîr deux princes à-la-fois , tkn de ieurs oncles, Thé^as; fut chargé de remplir pour eux les devoirs de la royauté (6j). Pausailias, tuteur de Plistarque, étoît petit-fils dû roi Anaxandnde, père de Cféomène I." ( on sait de quel crime il fîit accusé» et comment (64) il mourut). Plistoanaxy son fils, régna après Plistarque» comme le descendant le plus direct d'Anàxandride (65). Plisloanax fut remplacé par son fils, nommé encore Pausanias , auquel succéda son fils aussi , Agésipolis I/\ qui, mort sans enâns, laissa le ficeptre à Cléonibrote, son frère (*66). Cléombrote, Agésipolis; Plistoahax, aVoient eu, tous les trois , leur oncle pour luteui-. Pausanias ayant été exilé, ses deux fils, Agésipolis et Cléomhrote, avoient eu aussi pour tuteur Aristodème, Ifcur oncle. Plîstoânax, trop jeune encore pour régner , avoit été pareillement sous la direction

(63) HifroJot. IV, s. 147. Pau<. m, S. i;iv, S. 3. On a dît que la tutelle duroit ju5qa*à vin^t-cînq ans (Hist.des hommes , IV» pag. >35}; vnais le fait est douteux. Seuitment nous verrons, chap. iv , pag. 285 , que ce n*étoît qu'à trente ans que commcnçoit Texcrdre du droit de cite.

(64) Corn. Ncp. Pausan. S. 8.

(65) Pausan, m, S. 5.

[fiC) 380 ans avant Tcrc chrétienne.

et la tutelle publique d'un de ses oncles , Nicomède.

Tué k la bataille de Leuctres y Cléombrote eut son fils , Agésipolis II , pour successeur. Agésipolis y étant mort bientôt après , eut pour héritier du trône Cléomène II » son frère. Cléomène eut deux fils également , Acrotate et Cléonyme, Acrotate mourut avant son père , laissant un fils nommé Aréus. Cléonyme voulut être roi à b place de son neveu : sa prétention fût repoussée» et la couronne affermie sur la tète d'Aréus. Aréus eut un fils nommé aussi Acrotate , .qui mourut à la guerre, laissant grosse la reine, laquelle accoucha d'un en&nt mâle, Aréus II, dont Léo« nidas eut la tutelle , et qui mourut en bas ftge. Léonidas lui succéda : il étoit petit-fils du roi Cléomène , et eut un fils de ce nom qui régna après lui (67).

Revenons à la seconde branche des rois , celle des Proclides ou des Eurypontides. De Proclès à Théopompe , le père est toujours remplacé par son fils ; Théopompe , ayant perdu le sien , Test par Zeuxidame, son petit-fils. Les cinq rois suivans succédèrent immédiatement à leur père. Démarate ayant été chassé du trône, Léotychide, qui,

(ôy) Voir, au sujet de tous ces rois , Paus. I , S> 1 3 ; ni • SS* ^ et 6 ', Plutarq. Agis, S* 5 y et Meurs, de Hegu. Laced. c. XU et suhf.

LiCISL. DES LACÉDiMONIENS. CH. II. 237

comme lui, descendoit en ligne directe de Prodès, et au huitième degré de Théopompe [69) , y monta. Archidame II , son petit-fils , s'y assit après lui , et eut pour successeur son fils , Agis. A la mort de ce dernier , Agésilas , son frère , hérite de la couronne, et en exclut, comme bâtard , un autre Léotychide ( 69 ) : Agis Favoit eff^rtivement désavoué, et le prétendoit fils d'Aïcibiade (70). Les sept rois qui suivirent AgésSas avoient tous immédiatement succédé à leur père* Le septième , Eurydamidas , fût empoisonné par Cléomène III, de la race des Agides, qui , confondant les deux branches , remplaça par un de ses frères (Épiclidas) le roi qu'il venoit d'assassiner (71). Epiclidas mourut à la guerre. Cléomène se tua en Egypte, ou il s'étoit réfugié (7a). La royauté finit à Lacédémone. Antiochus-Ie-Grand régnoit en Syrie ; Ptolémée Philopator, sur les rivages du Nil; et Annibal se préparoit à combattre les Romains.

(68) Hérod. vi , S- ^4.

{69) Plut. j4gésiL S. 4; Lysand, S- 4i » Xénoph. HelL IH» pag. 493. Pausan. ni, %%, 7 et 8. Corn. Nép. AgisUas, $. 1.

(70} Piuurq. Agésilas, $. 3. Voir Xénoph. HelL m, p. 400. Akibiade disoit qu'il avoit voulu donner aux Spartiates des rois de son sang. Plutarq. ihid,

(7 1) Pausan. 11 , S. ix ; m , S- x.

(7a) Polyb. V| chap. ix. Le voir aussi, IV» chap.ix.

£n' disant que la royauté iinit à Lacédémone, c'est de la royauté légitime, celte des Héraciîdes, que je veux parler. Un malheureux enfant, reste des dpscendans d'Hercule, fut en vain pro* clamé (7}) ; des tyrans attendoient Sparte (74) : un roi légitime, Cléomène III, leur avoit mat heureusement appris le chemin du crime et de ia tyrannie (75).

utres lois con- Indépendamment de la règle fondamentale

int U succès- • 1 1 rr • • r r

qui deferoit toujours la couronne aux enrans mâles dans l'ordre de primogéniture, et au frère ou au plus proche parent après lui , si le prince mouroit sans postérité directe , quelques lob avoient été otites concernant la succession au trône. Les rois ne pouvoient épouser une étrangère ( 'j^ ). Ainsi leurs femmes dévoient être gardées pendant leur grossesse, afin de s'assurer que l'enfant à naître seroit un descendant d'Her-

au cronc.

Kl}) Agésipolîs. Voir Polyb. iv, ch. IX , et Tit.-Lîv. xxxi v.

(74) ^^"' cî-aprcs, cFfap. m, pag. 273 ; chap. IV, pag. J03. K(7/r aussi Poiybc,Xl,chap. lll; xm.cimp. iv; Paus.lV,S. »y» Cl les liv. XXXIV Cl XXXV de Tite-Livr.

(71) ^^^^ ^® qu'en disent Poiybc, 11, chap. V et suh'ans: Pausanias, il, $, 9, et Titc-Livc, xxxiv, $• *<5. Poiybc ctoit presque contemporain. L'autorité de ces trois écrivains n\ pas empêche Piutarque de louer beaucoup Cléomène.

(76) Pluta/q. ."Igis, S. 15.

LÉGIgL. DES LACÉDÉMONIENS. CH. II. 239

cule (77). Ainsi la reîne devoit être répudiée, si elle étoit stérile , et que le roi n'eût pas déjà un fils d'une autre épouse (78}. On n'osa jamais appliquer à la Emilie royale cette loi , si contraire ï toutes les obligations morales et domestiques , jue nous rappellerons en parlant des lois civiles, et qui autorisoit le prêt d'une femme par ton mari : Tenant n'e&t pas été de la race des Fléraclides; un bâtard^ comme nous l'avons dit, le pouvoit occuper le trône.

Avant Lycurgue, la royauté avoit été transnissible par les femmes : nous avons vu Oreste , ^poux d'Hermione , succéder à Ménélas ; et Ménélas étoit devenu roi , comme mari d'Hélène , Slle de Tyndare {79).

Les posthumes succédoient. Charilaiis n'étoit pas né encore y quand Polydecte, son père, mourut, et laissa la tutelle à Lycurgue (80). Aréus II en offrit dans la suite un nouvel exemple (81).

La condamnation du père à une peine capitale laissoit subsister tout entiers les droits du

(77) Platon, Alcibiade, l, pag. m.

(78) Ko/VHcroJote, v,S. }9 et suiv,; vi. S- ^}« et Pausanias^m, S. 3*

(79) ^'^t'/V ci-dessus, pag. 232.

(80) Voir ci-dessus, chap. i , pag. 200.

{81) ^'Vï/V ci-dc8su5, pa^. 136. Voir aussi Xcnoph. HelUn. îll,p3g. 493.

fils à la couronne. Les rois dont on prononça la mort furent remplacés à Tinstant par le prince que les lois appeloient à lui succéder (82).

Une seule fois, pendant neuf siècles, un ambitieux qui vouloit régner, Lysandre, essaya d'attaquer Fhérédité politique. Un oracle sou* doyé alloit déclarer qu'elle étoit contraire aux droits du peuple , que le plus digne devoit seul monter au trône. Préparé en silence et dans les ténèbres , le projet de Lysandre étoit sur le point d'éclater, quand il échoua par Fabandon ou la pusillanimité des principaux acteurs appelés à y concourir (83). Les Héraclides continuèrent de régner près de deux cents ans encore. Le dernier d'entre eux, Cléomène, d'abord vainqueur des Achéens, vaincu par eux ensuite, et puis par Ântigone , roi de Macédoine , quitta la Grèce et s'enfuît en Egypte. Lacédémone reprit quelques institutions que Cléomène avoît détruites. Mais des tyrans remplacèrent seuls la Emilie éteinte de ses rois , jusqu'au moment où cette antique cité, toujours indépendante et fière, et quelque temps dominatrice de la Grèce, ne fut plus qu'un des états qui composèrent la répu-

(82) Cragius en cite plusieurs exemples , pag. 95.

(83) Plutarq. Lyi. SS- 4^ et 57; AgésiL S- 31. Corn. Ncp. Lytand. S. 3. Oiod. xiv , S. 14. ^oir ce qu'en dit Arîat. V, c. i.

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bBque des Achéens. Les Romains la détachèrent de cette ligue , un siècle et demi avant fère chrétienne. L'Eurotas enfin devint sujet du Tibre , quand i'Âchaïe fiit réduite en province romaine.

La loi qui, à défaut de fils et de frère , avoit déféré le trône au plus proche parent, ne pouvoit jamais s'appliquer qu'à la branche dont étoit le prince mort, jamais à l'autre branche qui donnoit aussi des rois (84)-

Les questions sur la succession au trône étoient jugées par le sénat, d'après un passage de Pausanias; Fauteur est moins formel quelques pages après, en rappelant la décision rendue sur les prétentions opposées d'Agésilas et de Léotychide à la couronne de Sparte : le mot de Lacédémoniens , dont se sert Pausanias , indiqueront rassemblée générale du peuple. Xénophon avoit déjà dit que ce fut la cité qui prononça , et parlà sans doute on doit entendre aussi la réunion de tous les citoyens (8 j).

L'héritier présomptif du trône n'étoit pas élevé avec les autres Spartiates (86). II ne faut pas croire que ses mœurs en fussent plus négligées ,

(84) Corn. Nép. Agâil. in princ.

(85) Pausan. m, SS. 6 et 8. Xénoph. Hcll. lli, pag. 493. (8^) l'Iiitarquc, j^gésiL S- ».

242 HISTOIRE DE LA LiCISLATION.

qu'on finstruisit moins k Fart des combats et aux devoirs qu'il auroit à remplir envers la patrie : on le formoit sur -tout à la Justice, le premier besoin des peuples et la première vertu des rois (87).

(87) On peut lire encore quelques traits que Cragins a recueillis, II, chip. II, pag. 91 , quoique l'application qu'il en fait ne soit pas toujours exacte.

Pour la liste successive des rois de Sparte, voir la note I aux Èclarrcissemens.

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