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CHAPITRE VI

Luis et Instkutiûns miRtaires.

BmniioBpr^ Un demandoît à un roi de Sparte iusqu'oii

I Us LmM«- ^ ' ^

MibfiMm. s'étendoient les bornes de la Laconie : Aussi loin que ce fer peut aller, répondit-ii en branlant sa javeline (i). II eût été difficile de faire une réponse plus ambideuse. Ce n'étoient pas là les conseils ou les intentions de Lycurgue : il ne s'estudiade rendre les siens belliqueux, dit Plutarque (2) , pour faire oultrage aux autres, mais plustost de peur qu'on ne leur en fist. Mais , en interdisant les conquêtes, Lycurgue avoit tout fait pour en inspirer le désir. Nous développerons ailleurs cette fatale vérité.

Jamais les institutions qui doivent porter un peuple vers la guerre , ne furent cimentées avec plus de force et d'universalité. Les citoyens de Sparte naissoient au milieu des armes ; elles s'agitoient dans leurs mains dès leur première

(i) Plut. Apophth. lacéd, pag. 110. Voir aussi, pag. a 18, Il * réponse d'Archidamus.

(a) Comparaison de l^urgue et de Numa, S* l*

l£gisl. des lacédemoniens. ch* vx. 331

enfiuice. A peine nés , on ies plaçoit sur un bouclier » comme Findication de leur devoir et l'augure de leur courage; et c'est leur mère ellemême qui les y plaçoît. Plus tard » elle leur en donnoit un autre , en leur adressant ces mots célèbres : Avec ou sur lui (3). L'éducation étoit consacrée presque entière à ies instruire aux combats. Adolescens , ils fbrmoient des troupes de guerriers sous le commandement de trois d'entre eux , choisis parmi les plus braves (4) ; des exercices gymniques , des manœuvres guerrières, des luttes individuelles, des combats de troupe, occupoient leur jeunesse et la (brtifioient. La chasse leur étoit imposée , pour qu'ils fussent capables de supporter les fatigues de la guerre ( 5 )• Agésilas £iit vendre nus les Perses captifs , pour qu'en voyant des corps si fbibles , les Lacédémoniens connussent mieux la Ibrce qu'ils tiroient eux-mêmes des exercices qu'on leur prescrivoît (6).

Le service militaire étoit le devoir de tous. A«pieiâf Une proclamation des éphores annonçoit quand robiifatk» <

> TiccmlUtair

(3) Voir Meurs. Mise. lacou. II, chip, il, pag. 1 58 et suiv,

(4) Xén. R^. lac. pag. 679. Voir ci-dessus, chap. V» p. 3 1 6.

(5) Xén. pag. 680.

(6) Xcn. Heil/à. III, pag. |oo.

on le commenceroit, soit dans rinËuiterie, soit dans la cavalerie (7). L'auteur du Voyage d^AjUh ciarsis dit que les Spartiates servoient depuis vingt ans jusqu'à soixante (8). Cétoit la règle ordinaire : mais les besoins de Tétat furent une règle plus certaine; ainsi, après la bataille de Leuctres , les éphores commandèrent une levée depuis rage de puberté (9). Du reste , par cette ordonnance même , Fexemption après qut* rante ans de service fut consacrée. II n'en fiit pas ainsi pour la dispense accordée ordinairement aux citoyens qui remplissoient des fonctions publiques (lo). Agésilas, peu auparavant » avoit invoqué pour lui-même la première de ces exemptions ; il ne pensoit pas qu'on pût la refuser à un roi, quand on en reconnoissoit la justice pour tous les autres Spartiates ( 1 1 )• Agésiks avoit aussi commencé de servir en devenant pubère (12) : il étoit mai conformé; mais il étoit roi , c'est-à-dire , général nécessaire et perpétuel de l'armée.

(7) Xén. Répub, iac/d, pag. 685.

(8) Chap. L , tom. IV, pag. 244.

(9) Xén. HelUtt. Vl , pag. 597.

(10) ïbîd. et R^ubL Idcéd, pag. 680.

(11) Xcn. Hcllén, V, pag. 568. Plut. Vit d'Agésilas, S. 40. (la) Plut. Vied'Agésilas, S. 40.

LÊGISL. DES LACÊDÊMONXENS. CH. VI. 33J

Barthélémy croit qu'on fixoit à vingt ans Tige de puberté (13}; quelques écrivains pensent au contraire que les Spartiates ne commençoient de servir qu'à trente (i4)« Si cela étoit vrai» comme la loi vouloit qu'on servit quarante ans » on auroit pu être sous les armes jusqu'à soixantedix. Et cependant les hommes plus avancés en âge dévoient rester pour garder la ville 1 quand les autres citoyens iroient combattre au dehors les ennemis. Est*il croyable que la loi eût confié cette garde à des guerriers dont les plus jeunes seroient au-delà de leur soixante-dixième année l Les hommes au-dessous de trente ans , qui eussent pu s'adjoindre à eux , n'auroient encore eu f dans ce système , aucune expérience des combats , puisqu'ils n'auroient jamais été appelés à défendre leur patrie ; et ces Spartiates » si bons guerriers , se seroient privés » à la guerre , de rage que sa force et son ardeur rendent le plus capable d'animer une bravoure obéissante. Je

( 1 3) Notes du tom. IV, pag. 555.

(14} Voir, entre autres, Oag. Iil, pag. 348, et VHlst. univ, amgh tom. IV, pag. 584. Thucydide ne dit pas , V, S. ^4» ce que Cragius lui fait dire. Il annonce le renvoi à Sparte des trop vieux et des trop jeunes , sans désigner aucun âge. Seroient-ce donc ceux qui avoient plus de trente ans qu*on auroit trouvés trop jeunes pour rater à Tarmée !

réponds par des considérations générales et «Tan grand poids; mais je pourrois répondre aussi par des faits conservés dans l'histoire. Les troupes envoyées à ia bataille de Leuctres étoient^ par exemple, composées d'hommes de vingt ans k trente-cinq, et la levée fsite après cette bataille plaça sous les drapeaux des hommes qui n'avoient pas encore trente ans , comme ceux qui y étoient parvenus ( 1 5 )• Des peines toutefois étoient prononcées contre ceux qui iroient combattre avant Page fixé par la loi. Isadas le fit; il le fit avec succès : on lui infligea une amende 1 tout en décernant une couronne à sa haute valeur (16).

On peut croire que la puberté pour la guerre commençoit à dix-huit ans. A sept» les Spartiates étoient rangés par classes » sous une discipline commune et déjà militaire. A douze , elle se resseuoit pour eux : les plus sages et les plus vaillans des élèves étoient chargés de la rnain* tenir, sous les ordres d'un gouverneur général, véritable magistrat ; ils ne pouvoient être nommés que deux ans après être sortis de l'adolescence , à vingt ans , comme le dit Plutarque lui-

( I y ) Xén . Hisr. grecque , V , pag. 679. (1^ Élien, ///j/. tli^. VI, chap. m.

même (17]. On peut croire aussi qu'avec Téducadon mftie et vigoureuse qu'ils recevoient » des feunes gens formés si tôt à la guerre pouvoient à dix-huit ans se trouver capables de combattre.

Plusieurs lois avoient été rendues sur Forganisadon de Tarmée. Je dois les rappeler » en supprimant beaucoup de détails qui n'appartiennent pas au plan de mon ouvrage (1 8).

Une de ces lois partageoit Finfanterie pesamment armée et la cavalerie en six divisions (ip)f dont chacune avoit un polémarque ou général , quatre centurions ou eolonels, huit capitaines ayant sous leurs ordres une compagnie de cinquante hommes , et seize officiers qui en comnandoient un moindre nombre , la portion qu'on désigne par énomode (20). Je suis ici Xénophon.

(17) Plut. Lyc. s. 3 5 etsuiv.

(18) On les trouveri dans Xénophon sur la république de Sparte: dans Cragius, IV , chip, iv ; dans le chap. L du Voyage éTAuacluirsis, et la noce sur ce chapitre; dans Meursîus» Mise. Idcou. II , chap. Il et suiv, pag. 1 60 et suiv. Voir aussi Larchcr « sur Hérodote, tom. I, pa^;. 185 et suiv.

(19) Ce nombre de six est énoncé dans trois inscriptions in VIII/ siècle avant Jésus-Christ , d*une époque (>ar conséquent peu éloignée de celle où parut Lycurgue. Voir les Mém. deVAcad. tom. XV, pag. 395.

(ao) Xén. pag. 685. La distribution de l'armée ne fut pas toujours fa même; elle ne l*étoit pas du moins à la bataille de Mantinée. Thucyd. v, 5. 68.

Au milieu des diverses opinions , la préférence me semble due à cet historien , guerrier distingué , contemporain de Fépoque où les L^cédémoniens se montroient avec gloire , et un des Grecs les mieux instruits de leurs lois. Xénophon y au reste » ne nous apprend pas de combien d'hommes chaque division se composoit. Oétoit de cinq cents , selon Diodore; de neuf cents , selon Polybe ; de sept cents , selon d'autres écrl« vains (^i). On devoit en augmenter le nombre » suivant Fimportance de la guerre et la force du peuple à combattre : ce nombre même ne pouvoit jamais être égal , si les divisions étoient formées par tribus , comme on Fa pensé (22) ; pas plus égal alors que dans le système des levées , qui se fkisoient ordinairement d'un âge kfautre (23). Dans tous les cas , la réquisition s'arrétoit là où plaçoient la borne les besoins de Fétat. Un corps particulier, désigné par scîriter (24) > et composé de six cents hommes , restoit toujours près du roi (25). Si Farmée s'organisoit par

(21) Diod. XV, s. 31. Plut. Pâop. s. 31. Voir Barthéf, iv, pag. 555 > et Meurs. Atu iea. i, chap. xvi.

(22) Barthél. i6iJ. pag. 5^4.

(2 3 ) Voir Xcn. HtUén, v , pag. 679 , et ci-dessus , pag. »a8* (24) D'un canton entre l'Arcadie et la Laconie. (2j) Thucyd.v,S. ^B. Di(Kl.xv,S.3i.

LÊGlSt. DES LACÈDÉMONIENS. CH. VI. 337

Kiibus , comme il y en avoit cinq , elles dévoient Ebrmer les cinq divisions] d'infanterie , et la cava- [erie étoit prise sur chacune d'elles indistincteftnent. La phalange des soldats ^arm es k la légère étoit tirée des ilotes (26).

Une autre loi, attribuée k Lycurgue, déter* Régies pkm mine les manœuvres nécessaires pour former » conserver ou reprendre un bon ordre de bataille 127). Une autre encore pose les règles de la castramétation ; elle ordonne à tous ceux qui composent les difTérens corps de l'armée» de ne pas négliger, dans les camps, les exercices gymniques , comme inspirant avec une plus noble ardeur le sentiment et la défense de la liberté; elle leur interdit cependant, quelques courses ou quelques évolutions qu'ils dissent, tfoutre-passer le terrain occupé, afin qu'ils ne soient jamais trop séparés de leurs drapeaux; elle veut qu'ils couchent armés, pour être toujours prêts contre l'ennemi; elle détermine k qui la garde du camp sera confiée pendant la nuit (28). Lycurgue avoit encore prescrit aux guerriers de changer souvent de camp , soit pour leur propre

(16) Além, de l'Acad, tom. XLI, pag, 251.

(27) Xén. Rép, Uic. pag. 6^6,

(28) IhU. paj^. ^.87.

avantage» soit pour causer quelque dommage aux ennemis (29).

idais mercew L'armée se composa de Spartiates proprement dits, des autres Lacédémoniens, d'alliés et de soldats mercenaires. II paroît que les Spartiates et les autres Lacédémoniens ne recevoient aucun salaire; s1fs en eurent un, ce ne fut que dans des temps assez postérieurs. Les alliés étoient salariés par l'état qui les envoyoit (30). Les mercenaires partageoient avec les scirites , au temps de Xénophon , cette garde du camp dont nous venons de parler (ji)» La défaite de Leuctres, en abaissant la puissance de Sparte , lui fit perdre, avec un grand nombre de ses alliés, les secours en hommes qu'elle étoit accoutumée à en recevoir depuis plusieurs siècles (32). La cavalerie eut beaucoup de guerriers h la solde de l'état (33). Le service dans l'infanterie devoit être préféré par des hommes exercés dès l'enfance à la lutte, aux combats individuels et à tous

(19) Xcn. Rip. lac, pag. 687. Plut. ApppAtA, pag. zaS.

(30) Voir Crag. pag. 390; et aussi sur les paies ou soMes, Emmius , pig. 1 5 1 , et Roilin , tom. IV, pag. 578 et sui». Après i*attaquc du Pirce , Tefeutias fait payer sur le butin vendu un mois d*avance à %t% soldats. Xén. HeîU'n, m , pag. 348.

(31) Xcn. Rép, lac, pag. ^87.

(3a) Barthél. chap. L, tora. IV, pag. 254. (j j) Xén. Hipparque» chap. IX, S. 4.

les exercices gymniques. On a déjà cité le trait f Archidamus , fils d'Agésilas , à qui Ton présentoit le modèle d'une machine à lancer des traits : Par Hercule ! c'en est donc fait de la valeur ( 34) • Une imprécation, assez commune aux Lacédémoniens (35), peut prouver combien devoit être coûteux, dans leur pays, l'entretien de la cavalerie. La Messénie leur offrit encore , sous ce raipporty des avantages que la Laconie n'offroit pas. Un corps de Spartiates à cheval formoit toujours la garde du roi à l'armée (36).

Une paie étoit accordée aux matelots et aux soldats de marine. Elle étoit de trois oboles par four : Lysandre l'éleva à quatre, et cette] augmentation fit passer dans son armée un assez grand nombre de ceux qui servoient sur les vaisseaux d'Athènes (37). II dut peut-être à cet accroissement de soldats et aux richesses que lui prodigua Cyrus , une partie des succès qu'il obtint bientôt; il en résulta, pour lui, quelques vic-

(34) Barthcl. chap. L, tom. IV, pag. 25a. Plut. Apopkth. lac. pag.aiç.

( î 5 ) ^"^ ci-aprcs , chap. vi 11 , pag. 40 8.

(j6) Thucyd. v. S- 72. Dcn.d'Ha*. 11, S. 13-

(57) Xcn.//ir//. I, pag. 441. V\\xX.Lys.%. 14. P^wV ci-après , chap. vil , pag. 365.

34o HISTOIRE DE LA LÉGISLATION.

toires passagères , et pour les Lacédémoniens une corruption durable (38).

ipiwemeiu. I^s reiTipIacemens devinrent permis. Ceux qui il^mo- y avoîent recours pour Tinfanterie , ceux qui ne u solde de$ Yoiiioient pas servir dans la cavalerie , fburnîssoient aux personnes qui prenoient leur place une solde convenable (39). Un enrôlement fût quelquefois proposé par les magistrats dans des circonstances particulières , comme pour aller rejoindre en Béotie Agésilas , que les éphores y av oient envoyé à son retour d'Asie : on fit publier que les jeunes hommes qui voudroient marcher au secours de leur roi, vinssent donner leur nom; ils se présentèrent tous (4o). Ce fui pourtant ce même Agésilas qui, parvenu à la vieillesse, ternit la gloire de sa vie en conduisant des Lacédémoniens sous les drapeaux d'un roi d'Egypte ! £t Sparte le vit sans indignation ! Elle l'approuva même, puisque, dans une délibération prise en réponse aux ambassadeurs des deux princes qui se disputoient le trône , au lieu de s'en plaindre , elle déclare s'en rapporter à ce qui sera décidé par Agésilas. £t tandis que ces Spar-

(38) ypir ci-après , chap. IX , pag. 41 j.

(39) Plutarque, Agésilas, S* 13.

(40) IbU. $.26.

LÉGISL. DES LACEDEMONIENS. CH. VI. 34t

txates si fiers envoyoient des soldats sur les bords du Nil se mettre aux gages d'un tyran y ils soudoyoient pour eux-mêmes , dans leur propre pays , des troupes étrangères Ai,.

Agésilas encore avoît réclamé, quelques an- L«i»uricsj nées auparavant, refretde la loi qui dispensoit vers le même d'aller combattre, après quarante ans de ser- »*'•• vice (4^) ; il est vrai que bientôt, renonçant à sa propre demande, il reprit les armes contre les Thébains, qu'il forma insensiblement à la guerre en leur imposant tant de fois la nécessité de combattre (43)' Lycurgue avoit prévu ce danger : une de ses principales lois, une de celles qu'il prétendoit plus particulièrement dictées par Apollon , prohiba d'attaquer fréquemment les mêmes ennemis, de peur qu'on ne les aguerrît en les obligeant trop souvent à se défendre (44)- On reprocha vivement à Agésilas d'avoir violé cette loi par de continuelles agressions envers les Thébains. La bataille de Leuctres fut une terrible expiation de la faute d'Agésilas.

Une autre loi de Lycurgue défendit de pour- Lousuru suivre Fennemî au-delà de ce qu'il falloit pour ""* "*** "

(41) P\utzr<{Me,j4gesilas, $$, 6%, 64 et 66.

(4») l^w'r cî-dcssus , pag. 32a.

(4 } ) PI marque, Agésilas , S . 4 3 .

(44) Plut. L^'c, S. 24; Apflphih, lac, pag. zi6.

»tiM|ue 4es s'assurcT la victoire. On trouvoit trop peu de *" ** gloire et de générosité à tailfer en pièces des gens qui cèdent et qui s'enfuient.' Une si noble défense devenoit utile au vainqueur lui-même : le vaincu préfèroit souvent une fuite sans danger à une résistance dont ta mort auroit été le prix (4 j)- Mais cette loi , les Spartiates ne se i'appliquoient pas à eux-mêmes ; elle eût trop offensé leur patriotisme et leur courage : ne jamais fuir, quelle que fût la force des ennemis y rester fermes au poste assigné y mourir ou vaincre y tel avoit été aussi le commandement de Lycurgue, et ils obéirent fidèlement (4^) 9 jusqu'au moment du moins de la bataille de Leuctres, bataille où le nombre des fuyards devint si grand, que, pour ne pas les punir tous , il fallut suspendre les lois (47)- Cent ans après y les Lacédémoniens ayant encore violé le commandement de Lycurgue en poursuivant les troupes de Pyrrhus y le roi d'Epire se retourna contre eux, et leur tua un grand nombre d'excet lens guerriers (48).

{45) Plut. Lyc. s. 4();Apophth. pag. 228. Voir Thuc. v, $, 73. Paus. IV, S. 8. Pluurque, Pyrrhus, S* 70, dit ce qui arriva aux Lacédémoniens i an 272 avant J. C* pour avoir oublié cette loi.

(46) Voir Hcrod. VII , S. 1 04.

(47) ^^"' ci-après , chap. Xlli , toro. VI , pag. 2 3 .

(48) Pluiarquc, Pyrrhus, S. 70.

Lycurgue avoit encore défendu d'attaquer les tours et les remparts des villes : je n'ai pas voulu , dboit-*iI en expliquant les motifs de cette défense f je n'ai pas voulu que des gens de cœur pussent mourir des mains 4'une femme ou d'un enfant (49)* Habitant des villes sans murs, les Laconiens eurent peu l'idée d'un genre de combat qui exige des moyens , des instrumens et des connoissances dont ils manquoient, et que ne supplée pas la bravoure unie même à la science des manœuvres militaires. Ils n'avoient rien acquis sous ce rapport y dans le cinquième siècle avant Fère chrétienne , au temps de la bataille de Platée. Leur armée attaqua vainement les Perses réfugiés sous des murs, dans des tours; il&ilut que les Athéniens vinssent pour les assiéger et les soumettre (50].

Le législateur s'étoit même occupé de Fépoque Loi sur rétK à laquelle on se mettroit en campagne ; on ne p^^^^. devoit jamais le faire avant la pleine lune (51)- Oest sur le modèle des lois célestes que Lycurgue a £ût celles qu'il a données, disoit Lucien (5 2) ; il a pensé que tous les événemens étoient soumis

(49) ApophthJac. ptfg. 228.

(50) Hérod. IX , S. 69.

(51) Voir aux Eciaircissemcns la note K.

(52) De l'Aitrologîe, V, S. 2;.

h l'influence de la lune, et que cette influence n'étoît pas la même sur Fadministradon de Tétat, à la croissance de fastre et à son décours. Quand les Athéniens, après la prise d'Erétrie, demandèrent aux Lacédémoniens des secours contre les Perses, les Lacédémoniens raccordèrent; mais on n'étoit alors qu'au neuvième jour du mois ( du mois lunaire , suivant leur manière de compter), et l'envoi des guerriers fut différé, pour ne pas enfreindre la loi ( 5 3}. i 4iKipiiiic Lycurgue avoit d'ailleurs voulu qu'à l'armée nenoicniks ^^ Commandement des chefs imprimât une obéis- De* recoin- gan^e aussi prompte et aussi rigoureuse qu'une volonté du législateur (î4j- Eux-mêmes dévoient donner l'exemple de cette discipline qu'ils exîgeoient, et un général fut condamné pour avoir donné trop de liberté à ses soldats sur les terres des alliés (5 5). Périclès accu soit les Lacédémoniens d'avoir besoin de la discipline pour trouver du courage (56). Les Lacédémoniens n'ont pas besoin d'être justifiés sous le rapport de la bravoure. Leurs institutions même tendoient toutes à fortifier en eux une vertu qui leur étoit si

(53) Hcrod. VI, s. 106.

(54) Thucyd. v, S. 66. VoirViut. Apophth, pag. 236. (y;) Xcn. Hellén. lll, pag. 48 1 .

(;6) Thucyd. il, S- 39.

LiGISL. DES LACEDiMONIENS. CH. VI. 345

naturelle. Musiciens , prêtres , généraux , chants , prières, hymnes, discours, tout secondoit la valeur , l'amour de la patrie et de ses dieux. Des peines avoient été prononcées contre les fautes qu*on pourroit commettre (57); des récompenses assurées aux grandes actions (58), quelquefois même héréditairement, comme pour celui qui donna la mort au vainqueur de Leuctres , à Epaminondas (sp). Des éloges publics étoient accordés aux guerriers qui avoient'péri en défendant leur patrie ( 60 }. On en prononçoit un chaque année en Fhonneur de Léonidas, et du Pausanias vainqueur à Platée; des feux furent célébrés en commémoration de leur courage ; les Spartiates même y pouvoient seuls disputer le prix (6i). Des trophées furent souvent élevés après des victoires (62).

On a souvent répété f que la' discipline fut moins sévère à l'armée qu'à Sparte , c'est-à*dire ,

(57) ^'^'^ cî-aprc$ , chap. Xiil , tom. VI , pag. ao et svh,

(58) Hcrod. VIII, S. 1 14. Plut. Agis, S. 59. Élicn, Hist. dh. VI, chap. m. Crag. IV, chap. IX , pag. 444 et 445.

(59) Pluurque, Agésilas,^%, 60, {60) tVitn; Hist\dh.y\ ,àï^^}yi.

(61) Paus.Ill,S- 14-

(6a) Thucyd. IV, S* iM; V, S$. 10 et 1 1. Pkus. 111, S* 4. Plut. Agis, S. a et er.Hftlfy. IV, pag. 518 et 5ao.

qu'elle Tétoit davantage pour ces exercices iournaliers qui ne Êiisoient que représenter des combats , que dans les camps , où Ton venoit , non pour se former et s'instruire, mais pour employer tout ce qu'on avoit appris y à la gloire et à la défense de son pays. On auroit dû ajouter que , si elle se montra moins sévère , ce fut presque toujours sous des rapports moraux encore plus que guerriers (63) : mais le frein de l'obéissance n'en étoît pas moins étreint. Les ordres se transmettoientdu roi aux polémarques, et des polémarquesy de degré en degré, aux commandans des diverses troupes, et de tous ceux qui étoient employés , à quelque titre que ce fût, au service de i*armée (64)« Quelquefois les ordres arrivoient de Sparte même à celui qui commandoit. La correspondance se faisoit par le moyen de deux cylindres d'une longueur et d'une épaisseur égales (6;). On étendoit sur le premier une bande de parchemin en spirale ; on y écrivoît l'ordre ou l'avis , et on le retiroit ensuite pour le rouler : le porteur n'auroit pu lire

(63) Voir ia page suivante.

(64) Thucyd. v, S. 66. Xcn. Rep, lac, pag. 689.

{65) Plut, lysand, %, 5^. Aulu-Gelle, XVII, chap. IX. Suîda.s au mot Scj'iak, Meurs. Mise, lac. lli, chap. iv.

LEGISL. DES LACÉDEMONIENS. CH. VI. 3^7

la scy taie, c'est ainsi qu'on appeloit la lettre {66) ; on ne le pouvoit qu'en apposant le parchemin » de la même manière, sur le second cylindre. Une scytafe vint annoncer à Pausanias , qui oubiioit en Perse les intérêts et les mœurs de sa patrie, qu'il seroit condamné à mort s'il nerevenoit à Sparte (6y).

Xénophon nous donne quelques détails sur lou rcUd Fadministration de l'armée (68). Les ouvriers qui [»**°»|"'»*'»* avoient atteint Fâge indiqué dans la proclamation ' des éphores , dévoient se rendre aussitôt à la réquisition qu'on &isoit d'eux. Des ordres étoient jdonnés pour transporter , soit par des chariots , soit par des bétes de somme > les machines et les équipages nécessaires. Lycurgue avoit réglé jusqu'aux vétemens et aux boucliers qu'on porteroit dans les camps (69). Et il est remarquable que les lois générales contre le luxe des habits et de la parure étoient comme suspendues à la guerre,

{66) Du parchemin sur lequel elle étoit érrUe. Plutarque appelle également sçytale la lettre^ écrite sur le parchemin. Vie de L^sandre, S. 3^.

{6j) Com. Nép. Pausan. S. 3.

(68) R^uhL lac. pag. 6S$.

(69) Xén. R/p. lac. pag. 685. Elicn, Hist, div. VI, chap. Vf. Plut. Instit, lacéd. pap. 238. Val. Max. 11, chap. vi. On peut voir sur leurs armures , les Mim. de l'Acad. tom. XL, pag. 78, ^ 87, &c., et de Pauw, scct. IX, S. ^, pag. ^98 et suiy.

qu'on y avoit Fautorisation de les violer : les jeunes Lacédémoniens se parfumoîent alors ; ib relevoient avec art leur longue chevelure; c^étoit un moyen, suivant Lycurgue lui-même, de rendre les beaux guerriers plus f>eauz, et les laids plus efFrayans. Leurs armes même n'étoient pas sans ornement. Ils n'abandonnoient pas moins la frugalité de leurs repas : on leur servoit des mets moins grossiers, et Ton préparoit avec soin ces alimens si recherchés pour eux. Us ne manquoient même jamais de se couronner de fleurs en allant au combat (70) : ils n'attendoient pas que ia bataille fût livrée , pour porter le signe de la victoire.

Des intendans particuliers furent chargés de fournir à tous les besoins du roi et de ceux qui Taccompagnoient. Les dépenses faites k ce sujet, ainsi que toutes celles faites pour la guerre, étoient payées par les trésoriers de Pétat. Des commissaires étoient nommés d'avance pour veiller sur le butin qui seroit pris , et exécuter les lois à cet égard (71).

coDcenum Lycurgue avoit défendu de dépouiller un ennemi mort. Interrogé sur ses motifs : De peur,

(70) Plut. Lyc, S. 4^' X^"' P*g- ^87 ^^ ^89.

(71) Xén. Rip. lac, pag. 688 et 689.

répondit-ily qu'occupé de ces dépouilles on ne se néglige dans le combat , et pour que Ton conserve en même temps discipline et pauvreté (72). Les Lacédémoniens d'abord ne les oâïirent pas aux dieux ; c'est qu'elles avoient été prises sur des lâches , disoît un de leurs rois , Cléomène , fils d'Anaxandridas , qu'on interrogeoit sur cet usage (73). Trois cents Spartiates veilloient à f observation de la loi qui défendoit de dépouiller ses ennemis (74)* Ce sont eux que M. de Pauw appelle (75} les trois cents inspecteurs chargés d'observer le moment le plus favorable pour tomr ber sur le bagage. Le butin ne pouvoit être fait qu'après la victoire remportée , et d'après Favis qu'on en donnoit ; il étoit alors vendu par les commissaires au profit de Fétat ou des vainqueurs {76). Après avoir remporté sur Mardonius une des plus éclatantes victoires dont les annales des Grecs nous transmettent le souvenir {77) , Pau-

(72) Apaphth, lac/d, pag. 228. Élien , Hist. div, VI, chap. VI.

(73) Apophth, lac, pag. 224*

(74) Meurs. Aîisc, Uc. il» ch. i. Barthél. ch. L, t. IV, p. 250.

(75) Part. IV, scct. V, tom. Il, pag. 27}.

(76) Xén. R^, lac, p. 689; Hellén, p. 501 ; Agés, p. 654. Plut. Agés, SS- 14 et '9» ^ ^'V* '^^- P* 209- ^^ dépouilla les morts après la bataille de Mantinée. Thucyd. v, S* 74*

(77) 479 ans avant l'ère chrétienne.

sanias eut pour lui le dixième du butin , et fit distribuer à ses soldats les restes des opulentes dépouilles conquises sur une immense armée (78). On ne pouvoit altérer davantage cet amour de la pauvreté que Lycurgue avoit voulu conserver au milieu des succès guerriers. Pausanias aussi 9 contre Fusage ancien , offrit aux dieux, à TApoIlon de Delphes , un trépied qu'il avoit eu en partage y et sur lequel il avoit fait graver une vaniteuse inscription , qui fut rayée par le commandement des Lacédémoniens (7^)* On fit aussi pour le dieu d'Olympe, un Jupiter de bronze, de dix coudées de haut, et pour le dieu de f isthme , un Neptune de bronze , de sept coudées (80}. Hérodote dit que le butin ( les concubines des Perses , les bétes de somme. For, Fargent, et autres effets précieux ) fut distribué à chacun , en assignant toutefois une récompense particulière à ceux qui s'étoient le plus distingués. II parle aussi de deux dixièmes prélevés sur le butin, Fun pour Pausanias et l'autre pour les dieux (81). Agésilas fit ensuite

(78) Hcrod. IX, S. 80. Corn. Ncp. Pausan, S. 1.

(79) Corn. Ncp. P/tusnn. S. i •

(80) Héroci. IX , S- 80. Pausan. v. S- 2 j , et aussi X» S* 13.

(81) Hérod. IX, S* 80. On a dit que ics rois avoicnt un tiers (lu hutin. Kv'r ci-dessus, chap. II, pag. sa8.

LÉGISL. DES LACÉDÉMONIENS. CH. VI. 3;i

porter k Delphes , en moins de deux ans , plus dé cent talens, qui (brmoient la dîme des dépouilles (82). Le plus bei édifice qu'il y eût dans h place publique de Sparte , le portique appelé des Perses^ étoit ainsi nommé parce qu'il avoit été bâti du butin même remporté sur ce peuple (8 })• Lysandre fit des trésors conquis par lui une destination plus vaine et moins civique ; il en employa ^une partie à ériger des statues de bronze qui dévoient orner le temple de Delphes, dont une pour lui-même, et les autres pour les capitaines de^ galère qui Favoient suivi dans %t% expéditions guerrières au-deik des rivages de la Grèce (84)* Le refus fait k des alliés de Sparte , les Thébains et les Corinthiens » de (a part du butin qu'ils dévoient avoir après une victoire commune (8 5 ] , fut k-Ia-fbis pour ces alliés la cause secrète d'une longue animosité , et pour les Spartiates une preuve évidente que l'amour de For exerçoit sur eux une domination toujours plus active.

Les Lacédémoniens ne se contentoient pas intenremiM Jofirir k la divinité une partie des fruits de leur concernoitugi

{8a) Xcn. Agés* p. d^f. Voir ci-aprcs , chap. viil , p. 405, (8)) Pausan. m, S* 1 1*

(84) Plut. 4>'j. S. î}.

(85) Jost. V, chap. X.

victoire. La religion présidoit k leurs actions guerrières , depuis que se préparoit le départ de f armée. Avant de quitter Lacédémone , le roi sacrifioit à Jupiter conducteur. Si les victimes donnoientdes présages favorables , if se mettoit en marche, précédé d'un féciai portant du feu sacré , pris sur Fautef. Aux frontières , il offix)it un nouveau sacrifice à Jupiter et un autre k Minerve. Si les augures restoient favorables , il sor* toit des confins de l'état, faisant encore porter devant lui le feu sacré des deux autels, qu'on ne laissoit jamais éteindre , et suivi de toute sorte de victimes. Quand le roi en immoloit une , il le fkisoit k la pointe du jour, dans le dessein de s'emparer avant tout autre de la bienveillance divine. Les chefs de l'armée , et les deux éphores quand ils y suivirent le prince, assistoient aux sacrifices (86).

Arrîvoit-on en présence de l'ennemi ; le roi immoloit une chèvre, comme le plus illustre de ses ancêtres, Hercule, Favoit fait en l'honneur de Junon. La sienne Fétoit aux muses , qui présagent si bien la gloire des guerriers (87}. Le

(8^ Xcn. /?<^. /tff. pag. 866.

(87) ?\ut. Lys, SS. 46 et 47; Aftaphth. pag. %i\; Insu iac. pag. t}8. Xén. RépubL lac, pag, 6S9.

LiciSL. DES LACEDÉMONIENS. CH VI. 353

voî ordonnoit ensuite aux combattans de se cou« ronner de fleurs, aux musiciens de jouer sur leurs flûtes Taîr de Castor , et, entonnant luimême ce cantique national, il marchoit le premier à la tête de l'armée (88). C'étoit toujours au son de ces instrumens ; la loi les avoît placés dans les rangs, comme un moyen d'assurer plus d'uniformité à la marche guerrière, et d'y conserver cet ordre que les armées nombreuses perdent souvent en s'avançant à la charge (89). Thucydide venoit de dire que les Lacédémoniens s'excitoient les uns les autres par le souvenir de leurs actions, moyen plus efficace de salut que des exhortations d'un moment. Le roi menoit toujours avec lui quelque Lacédémonien qui avoit autrefois remporté le prix dans un des grands Jeux de la Grèce (90).

Vainqueur, et de retour à Sparte, le roi offlroit de nouveaux sacrifices (91) : on ne dit pas k quelle divinité ; mais c'étoit sans doute à

(88) PIui. Lys. S. 47» Xcn. Rcp, lac, pag. 689. Voir Paus. m, chap. XVïi.

(89) Thucyd. V, S- 70. Val. Max. II, chap. VI, S. ». Aufu- Gelle, l,chap. XII.

(90) Plut. Lyc, S« 48 ; Sympos, pag. 6^^. I9 1 ) loir ci-après chap. VIII, pag, 4© s»

Jupiter conducteur , qu'il avoit imploré avant de quitter Lacédémone. Xénophon dit encore (92) que y tous les soirs , à Farinée , les soldats chantoient des hymnes en Thonneur des dieux. Les statues de Castor et PoIIux furent portées à la guerre tant que les deux rois y marchèrent ensemble, mais, une loi leur ayant défendu d'y aller en même temps, une des statues fut seule portée désormais ; on laissa l'autre k Sparte avec le roi qui y demeuroit (93%

A répoque où, peu fidèles aux lois de Ly* curgue, les Lacédémoniens poursuivirent quelquefois leurs ennemis après la victoire, la religion les arrétoit encore dans cette poursuite , si des vaincus se réfugioient sous (a protection des dieux. Agésilas ordonne d'épargner ceux qui avoient pris un temple pour asile (94)-

Quelques-unes de leurs fêtes, celle des Carnées, par exemple, étoient une imitation de la discipline militaire. Les repas s*y fàisoient dans des tentes, au son des instrumens guerriers (95).

La religion avoit armé tous leurs dieux , leurs déesses même, jusqu'à Vénus. On en demandoit

(92) Répuhl, lac, pag, 688.

(93) Hcrod,v,S.75-

(94) Xcn. y4^flr. chap. Il et XI, pag. \C<)Cl 191.

(95) Atlicn. IV, S- 9- Fc/r cî-aprc5 , chap. viil, pag. 393.

LiGISL. DES LACÉDEMONIËNS. CH. VI. 3$;

le motif k un roi de Sparte : Pour qu*on ne puisse jamais , répondit-il , imputer aux dieux la lâcheté dont nous faisons un crime aux hommes, et aussi pour que les jeunes gens ne viennent jamais les prier sans armes. Les Spartiates supposoient que tous les dieux avoient également reçu la vertu guerrière en partage (96).

Les autres nations reconnoissoient si hautement la supériorité des Lacédémoniens dans Fart de la guerre» qu'elles prirent quelquefois parmi eux leurs généraux. Plusieurs fois aussi ils commandèrent Farmée générale des Grecs.

L'histoire peut souvent leur reprocher ces barbaries qui suivent la victoire. L'esclavage ou la mort attendoit les vaincus : le profit même qu'ils tiroient de leur servitude , ne retint pas leur glaive prêt à ôter la vie à des hommes qu'ils ne pouvoient plus craindre.

(96) Plut. Apophth, pag. 231 et 239. Voir Lactance» Insu S». I y chap. XX.

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