‹ Histoire de la législationChapitre 9 sur 44 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

hh et Insûtutiûrts relatives à la Navigation et au Commerce g aux Lettres et aux Arts.

'est dans la Crète aussi qu'on fait naître Aftsniteac

Dittouvcrie» ai ba^MisCf^

ies arts. Tous les peuples veulent avoir présidé *^*"*' "^

aux inventions utiles ; ils veulent tous avoir trouvé y les premiers , les moyens de satis&ire à nos divers besoins. Les Cretois supposoient né parmi eux le mortel qui fit connoitre à la terre Fusage du feu ; Prométhée le ravit aux dieux qui le cachoient aux hommes. Prométhée étoit fils de Japhet , frère de Saturne , d*Hypérion , d'Océan , de Téthys , de Rhée , de Mnémosyne , de Thémis et de Phœbé , tous enfkns du Ciel et de la Terre : Jupiter et Cérès, Neptune et Vesta, naquirent de Rhée et de Saturne ( f). Voilà une assez illustre Êuniile. Nous y voyons du moins que la tradition rapportoit à une même époque et à une même origine la découverte ou la connoissance de Fagriculture , de l'astronomie , de la navigation ^ des beaux-arts , de la justice et des lois.

(i) Diod.v,SS.^<^.^7 et 68.

t;8 HIStolRE DE LA lÊGÎSLATIOfl.

r^navipiiAn Mihîstres de ces diéiix, lés dactyles ôtt lés uT^a^^^^ curetés avoîent enseigné Fusage des métaux et les moyens de s*en Servir; ils avoiérit les premiers assujetti les animaux au service des hommes; les premiers , ils avoient affronté les mers ; ils avoîent interrogé le ciel, et deviné ou reconnu la marche des astres ; ils avoient fondé les agrégations civiles f et établi [es règles qui peuvent les rendre heureuses : ainsi Taffirmoit et lé répétoit la piété ou la vanité nationale (2). Oti ne peut nier du moins que la navigation n*ait dû quelque succès aux Cretois , dans les temps les plus anciennement connus.

Neptune étoit supposé frère de Jupiter et fils de Saturne , nés tous deux , comme lui , dans nie de Crète (3}. La situation de l'île fut une cause plus certaine du succès de ses peuples dans fa navigation. Son élévation au milieu des flots qu'elle semble dominer, Fé tendue de ses côtes maritimes , son emplacement entre la Grèce et TAsîe, attirèrent sur ses rivages les peuples voisins et les engagèrent à y former des établissemens durables. Minos avoit soumis plusieurs

(a) Voir Diod. V, S. 64 etsuiv. Solin, chap. xvil. Strab. x, pag. 47^. Diodore attribue aussi à un de leurs rob beaucoup d'inventions utiles aux hommes, $. 64.

(j) Diod. v, S. 6$.

des îles dont la Crète étoit environnée ; il cherchoit à former plus loin des relations commer* dales, quand la mort le ravit k ses peuples (4)«

Le siècle de Minos avoit été pour les Cretois le siècle de leur prépondérance maritime. Devenus les dominateurs des mers, ils en conservèrent Fempire après la mort du prince qui le leur avoit assuré. Leurs relations avec les peuples des îles voisines et du continent de la Grèce étoient dans toute leur activité , quand on leur demanda des vaisseaux pour aider les ennemis des Troyens ( 5 ). Le sentiment de haine qui ezîstoit au temps de Minos, avoit fait place à des rapports d'alliance et d'amitié (6). Le voyage de Lycui^e en Crète, l'accueil qu'il y reçut, Fétude qu'il vint y faire, la préférence qu'il donna aux institutions des Cretois, auroient produit ces relations si elles n'eussent été plus anciennes* Epiménide ayant délivré les Athéniens de la peste, Falliance d'Athènes avec Cnosse sa patrie fut la seule récompense qu'il demanda (7}.

Plusieurs peuplades d'Hellènes étoient venues s*établir en Crète avant que Minos la gouvernât;

(4) Arist. II , c, X. Thucyd. 1, S. 10. Diod. iv, %, 60. {$) Dictys , in princtpio, Darès, p. i j8. Diod. V, $. 79.

(6) Iliade, \\, y, 6;i.

(7) Diogèoe Laërce, Vie d' Epiménide, %, j.

l6o HISTOIRE DE LA LiCISLATlON.

elles y avoient apporté leur langage ; elfes y avoient bâti des villes (8) ; et on a quelque peine à croire que les rivages de cette île fussent assez abandonnés des Grecs, lorsque Troie eut succombé, pour offrir aux anciens sujets de Priam une retraite fàdle et sûre (9). Une des plus célèbres colonies grecques fut celle de Lyctos ; elle devoit sa fondation aux Lacédémoniens ( 1 o). Lycurgue s*y arrêta long-temps , à cause de cette affinité même. Aristote, qui le dit, ajoute qu'en arrivant de Sparte, les premiers Lyctiens avoient adopté les lois du pays qu'ils venoient habiter (11); et nous ajouterons k ce que dit Aristote , que , peu de temps après Lycurgue, des divisions intestines tourmentant Lyctos, les Lacédémoniens envoyèrent pour les apaiser ( 1 2).

cefoninfbiHi^s. Mînos avoit donné l'exemple d'envoyer des pirau» réprimée ; ç^j^j^j^g ^^LTis les Days Hveralns de cette mer où

rem puce» par iciirt * ^

wêitHincuu, il avoit porté la victoire et qu'il parcouroit en

(8) HéroA I , S. *73 ; VII , s. 1 7 1 . Diod. m , $. 80.

(9) Enéide , III > ▼. 1 2 2 et 1 2 j . Les Troyens étaient une colon ie Cretoise : Cretam proavosque pcuimus , crient les matelots (iXaée , V. 129. Virgile avoit dit, v. lo^^ gcntis cun.thula nostnt.

(10) ArisL pag. 532. Strab. pag. 481. Polyb. iv, chap. xil. Cydonie et Gortync reçurent aussi des colonies du Péloponnc>e. Pausan. viii, S. ^3. Platon, <^i ijois , iv.toni. Hf pag. 708.

(11) Aristote, II, chap. X,pag. 33a.

(la) Pausan. UU S- u.

LiCISLATION DES CRETOIS. CH. VII. l6t.

maître ( 1 3 )• Ses fils allèrent gouverner les éta<* blissemens que leur père venoit de former dans ÎSL plupart des îles connues sous le nom de Cyclades , après en avoir chassé les Cariens ; et Mîiios fit distribuer les terres de ses possessions nouvdies entre ceux qu'il choisit pour les ha-

biter(i4)*

Les succès de ce grajtid roi contre les pirates ne fiirent ni moins prompts ni moins heureux* Ib dévoient assurer la navigation des îles voisines 9 comme la navigation des Cretois. Minos devenoic encore ici le bienfidteur des autres peuples, le fondateur d*un commerce suivi entre les habitans des rivages de toute cette partie de h Méditer* ranée. L'accès fiit ouvert de la Crète à l'Egypte » à la Phénide; quelques jours pouvoient sufiire à ses navigateurs pour aborder dans ces contrées, qui se disputoient déjà le commerce du monde (i^). Et, véritablement, il est permis de croire que les législateurs de la Crète avoient étudié les lois qui depuis tant de siècles illus-

(i 3) On peut voir» sur les colonies fondées par les Cretois, la séante Hisioîn des câhn, grecq, par M. R. Rochettc^ tonu 0» |Mg. %i%itsiÙ¥.

(14) Thucyd. I, S* 4* Diod. v, $• 84* Les Cariens reprirent ensuite les Cyclades sur les Cretois : les Grecs les prirent enfia sur les Cariens. Diod. ibid. Isocrate, PoBaMuuque, pag. 141»

(1;) Strab.x,pag.475,

l6Jt HISTOIRE DE LA LàCISLATlÔN.

troient FEgypte y lois que voulurent coanoître des législateurs mémt pfus éloignés > ceux qui donnèrent des institutions aux peuples du continent de la Grèce.

merce extê- La navigaiFon doit être placée p»ini les prc« ture. miers beàoins des peuples insulaires. II finit qu'ils se renferment dans leur île, qu'elle fournisse h tout pour eux, ou qu'ils se hasardent sur les mers; cVst leur moyen exclusif de communica-> tion avec les autres peuples. Plus leur agriculture même prospérera, plus elle s'élèvera au-dessus de leurs besoins , plus le commerce leur deviendra utile ; et il n'y a pas de commerce pour eux sans navigation.

Le trafic intérieur eut peu d'activité parmi les habitans de Fîle de Crète. Les montagnes qui la traversent , les forêts dont elle étoit hérissée » ne le rendoient pas toujours facile ; ses rivières n'étoient pas navigables, et une fertilité suffisante dans chaque contrée éloignoit Fidée de sa nécessité ( 1 6 ) : on pouvoit mèkne faire plus aisément par les côtes une partie dés tfahsports qu'exigeoit le trafic de cité à cité. Les champs durent toujours être bien cultivés dans un pays

( 1 6) Strabon , UU. Voir sur ces productions, qui auroient pu devenir pour les Cretois un objet de commerce, Mcunius, n, chap.vn^/xif/i'.

où h propriété étoit garantie par les lois; où les lahaureiys » travaillant pour eux en méiùe temps que pour leurs maîtres , étoient personnellement intéressés h la fécondité des terres ( 1 7). Les conquâies de Minosduj^ent aussi redoubler les travaux des habitans , en assurant le débouché des prodictions de le^rs domaines dans les tles voisines et plus loin encore. Des ports et des arsenaux maritimes furent construits le plus près possible des villes principales qui pouvoient en fiure quelque usage, de Cnosse» de Gort^e, de Lyctos etd'ApteratiS).

Le commerce d*exportatbn sembloit devoir s'étendre : un obstacle s'opposa malheureusement à ses progrès ; il étoit dans la profession même qu'exercèrent de préférence les Cretois riverains de la mer. Us avoient hérité, presque exclusivement, de cette piraterie des insulaires voisins, que Minos avoit détruite avec tant de persévérance et de courage ; et cela seul peut expliquer comment les Cretois, célèbres comme navigateurs , ont laissé si peu de traces de leur commerce maritime dans Fhistoire de l'antiquité. Les Grecs , il est vrai , acquirent ensuite une prépondérance navale qui auroit pu nuire à celle des

( 1 7) yoir ci-dessus • chap. 1 v , pig. 1 1 4. (i8) Strab. x# pag. 47^» 4?' ^ 479-

l64 HISTOIRE DE lA LÉGISLATION.

Cretois ; mais il y a beaucoup de siècles entre le temps ou régnoit Minos et celui oii les vaisseaux de la Grèce parcoururent avec quelque succès la Méditerranée et peuplèrent ses rivages. Les Cretois ne cessèrent d'ailleurs d'exercer toutes leurs pirateries que dans le second siècle avant Fère chrétienne. Les Ciliciens y qui , depuis long-temps p cherchoient à être leurs rivaux, triomphèrent enfin » ne voulurent plus d'autres corsaires qu'eux-mêmes y se construisirent même sur les rivages de Crète des forts pour leur servir d'asile. Ciliciens et Cretois , vainqueurs et vaincus , ils tombèrent tous bientôt sous la domination des Romains (i 9) • ■ bctui-arts II semble qu'un peuple dont toutes les habi- '^mfm ^**des étoient maritimes ou guerrières, dont tes idon pobii- institutions politiques favorisoient encore tes

SI VnâmltdM-

lacKtttLou institutions naturelles, dut attacher peu de prix: ifiiiraitrob- ^ j^ culture des lettres et des arts. La Crète eut

cependant des musiciens , des poètes , des philosophes, des orateurs : il est vrai que ceuxKi furent chassés de Fife par une loi qu'on attribue généralement à Minos, mais que nous croyons postérieure de plusieurs siècles (20). Un des sept sages , Myron , et le philosophe Épiménide ,

(19) Strab.x,pag. 477.

(10) Voir ci<lessttS| chap. iv, pag. 1 1 g et 1 1 1.

LÉGISLATION DES CRETOIS. CH. VU. l6;

^toîeni Cretois (21), ainsi que le Diogène (22) dbtmgué par la désignation cf ApoIIonie , lieu de ta naissance (23). Ce fut un Cretois, Ciirysothémis , qui remporta le premier prix donné dans les feux pythiques que Ton venoit d'instituer , prix destiné à celui qui composeroit et chanteroit le plus bel hymne en Thonneur d'Apollon. D'autres Cretois remportèrent après lui la même vic« toire ( 24 )•

La poésie et la musique fiûsoient partie de Fédttcation des en&ns ; mais elles y étoient soumises à des règles positives et à une vigilance perpétuelle de Fadminbtration publique (25). L'objet de ces arts devoit être sur- tout d'ins^ pirer ou de fortifier la vertu et Famour de la patrie : c'étoit ordinairement un hommage rendu aux dieux ou aux grands hommes (26). M. de Sainte-Croix afiirme ( 27 ) que tous les chants qu'on n'avoit pas appris dans fenfiince étoient

(1 1 ) Diogène La&ce , Via de ces deux philosophes. Il nomme aussi « Vie de Timon, S. 7» Aendsidème de Cnosse.

(as) Diog. Lacrce, Diog. Ap. S. 1 * le loue aussi comme orateur.

(13) Meurshisjv, chap. xii et xilli nomme quelques poètes et quelques musiciens nés en Crète,

(a4) Pansan. X, chap. vil.

(25) Voir Strabon, X, pag. 481 et 482.

(a 6) Élien , Histoires dtperses , il, chap. {9.

(27) Mémoire sur la l/gisloiioH de Crèu, pag. 40$.

\66 mSTOIRE DE LA LÉGISLATIOll.

proscrits ; il cite Straboh : la chatioh nous parait inexacte. Seulement les Cretois, coiùme beaucoup d'autres peuples, comme les penpks libres en particulier, avoient des cffants nationaux et fiusoient peu d'usage des poésies étrangères ; Pfaton le fiiit dire à Qinias (28 ); Et néanmoins , cinq siècles auparavant, quand Homère eut 4 jamais illustré fart des Ters , les Cretois ayéient annoncé leur admiration et consacré su ^ote, moins par un don pécuniaire qu'ils lui firent, que par le décret qui Faccorda et Tordre qaHh don-^ nèrent d'inscrire sur une colonne cet acte so^ lennel (29). Plusieurs sièdes q>rè&, ia- musique étoit chère encore auk Cretois* La vilfe de Téos leur avoit envoyé Ménéclès , qui leur chanta les vers de leurs anciens poètes en s'accompagnànt de la cithare; les Cnossiens en remerciant les habitans de Téôs (30).

Dès les premiers temps» on avoit fait apprendre les lois à Fenfance , mais c'étoit accompagnées d'une certaine mélodie qu'on les leur énseignoit ( 3 1 } ^. le charme de la musique devoit plus

(28) Des Lois , m , pag. 680. Voir ia page 1 67.

(29) ybir la préface de YHist^ ealéàaaique de Sfffiomènc Meursîus, iv , chap. i , et Sainte-Croix, pag. 40/»

(30) Chishuil, pag. 1 a 1 . Sainte-Croix, pag. 40;.

(31) Élien f Histoim dhvrses , n, chap. xxxix.

LÉOlfiLilTIION DES CRETOIS. CH. TH. 167

aisémem ^les graver dans leur mémoire ; et si dans hsaife un Cretois se permettoit des actions qu'elles défendoient^ il eût vainement .allégué son ignorance -pour excuse* Un poète lyrique» k qui la science des lois n*étoit pas étrangère (52) » Thaïes de Gôrtynei (ut un des hommes dont Lycurgue rechercha Fentretien quand il vints'instniire de ia législation de Ille de Crète ( 3 ; )• On •ne pouvoity selon Phitaïque (34}» mériter plus que Thaïes d'être consiUté par ceux qui vouloient laire dans le gouvernement des réformes utiles : tons ses chants exdtoient le peuple à Tamour des lois , de la concorde et de la vertu ; ils étoient devenus pour les Cretois les chsmts nationaux, f hymne de la patrie (3 5). La musique servoit au courage des guerriers comme à f instruction des citoyens ; c'est au son de la lyre qu'ils marchoient au combat (36).

La peinture et la sculpture paroissent avoir

(32) Voir ci-dessus , chap. iv, pag. 1 1 o.

(33) Strab. X| pag. 482.Plutar(|. L^cirr^. S* 4* ^^ir cl-aprèi L^lslat.dcs Lac/démon iens , chap. l, pag. 202 et 203.

(34) F\utàx<\. iikio loco,

(3 5) Strab. x, pag. 481.

(36) Comme les Spartiates au son de la flûte. Atlién. xii. S. 3 ; XIV, S$. 5 «t 6. yoir Aulu-G. I, S» « «• Strabon dit mcmc que les Cretois se servoicnt de la flûte et de la lyre, p.ig. 4H3.

368 HISTOIRE DE LA LiCISLATION.

été moins cultivées (37) : nous ne oonnoissons aucune Ioi> aucune mesure d'administiation publique, 'qui se lie à leur perfectionnement » ou à leur direction vers la bonté des mœurs et fintérèc de Fétat.

Les traditions anciennes sur les travaux de Dédale nous font connoître les efibrts tentés et les succès obtenus dans d'autres arts (38). Le labyrinthe n'est pas le moins célèbre des monumena dont on suppose que Dédale fiit Fauteur (39)«Om lui attribue même (Invention des voiles ; mais déjà les Egyptiens et les Phéniciens avoient obtenm de grands succès maritimes; ils régnoient depuis plusieurs siècles sur la Méditerranée» et il est difficile de croire qu'avec de tels navigateurs et de tels progrès les voiles fussent encore iibconnues (4o).

La danse avoit été liée, dans sa forme et dans

(37) Pansanias cependant, Vlil, $• 55, parle d'un statuaire Cretois assn célèbre » cl d« la fandatm plus ancicDoe d'une école de sculpture à Cnosse. Il avoit parlé « v , S. a; , d*ArlsiQcle de Cydonie, un des plus anciens statuaires connus.

(38) On peut voir Diodore» iv» $. yy et suhf,

(39) Pkusan. I, S. 17. PHne, XXXVI « S. 1 3> Dîod. IV» $. y^. Apoilod. III, chap. XV, S. 8. Ce (iit un Cretois qui bâtit le temple d'^ihèse. Vitruve , m, chap. f et VU. Pline, Vil , S- 37.

(40) Cest «hns le xui.<: siècle avant J. C. que les Phéniciens entrèrent, par le détroit de Gibraltar, de la Méditerranée daM fOcéan.

LÉGISLATION DES CRETOIS. CH. Vit. 169

•on objet, aux principes (Tune éducation guerrière, celle que vouloit il cette époque la constitution de Fétat (4t). Les danseurs crétois représentés sur le bouclier d'Achille (42) ont des épées d*or , suspendues à des baudriers d'argent. «Nous avons vu (43) que, dès Fenfknce, on dansoit armé.

La loi avoit aussi ordonné que les enfans apprendroient à drer de Parc (44) - on sait fusquili quel point les Crétois surpassèrent à cet ^^ard les autres peuples (4j)*La chasse étoit une des occupations de leur vie (4^)* L'état où se trouvoît h Crète avant sa civilisation avoit fait à ceux qui Fhabitoient une obligation absolue de s'y livrer; elle leur ofiroit beaucoup d'animaux à combattre (47)* Avoir enfin mis un terme aux ravages de ces animaux, est un des succès que les tradidons attribuoient à Hercule (48).

Les arts qui tiennent à la culture des champs

(41) y6ir ci-dessus, chap. VI, pag. 15 a. (41) lilûde, XVIII, ▼. 598. Kw^ aussi les vers cpii précèdent, ce ce que dit Athénée des danses Cretoises, iv, $. 28 ; xiv, S. 7*

(43) Ci-dessus, chap«Vl, pag. 15a.

(44) Strab. pag. 480, On trouve sans cesse 6e$ carcpiois sur les anciennes médailles de Crète. Toumef. , lett. il, 1 1, p. 83.

(4$) yoértàient Hisi. div, l, chap. X.

(46) lis sexerçoient au»i à la fronde, Voir cl-dcssus, pag. 9^.

(47) Voir Meurs. Il . chap. VIII.

(4«) Diod. 1V,$. 17.

170 HISTOIRE OE LA LiCISLATION. *

ne dévoient guère oiccuper les Cretois : d'après leur organisation civile» les honunes libres en abandonnoient Fexercice aux esdal^a (49)*

Les études qui se lient à la sailté des citoyens et à la salubrité publique , ne peuvent forinis avoir été absolument inconnues. à unenitioB; mais les travaux des Cretois , ou leurs ioktitutiè» sous ce rapport, ne nous ont rien laissé qui en annonce Fexistence* L'établissement des feps communs et la frugalité qui y régnoit , rendoieot peu nécessaires des lois diététiques et des préceptes de tempérance. Quant à la salubrité ^ elle doc occuper , sans doute , la vigilance du Tégisfatevr et des chefs de l'état ; mais leurs efibrts ne furent pas heureux, si nous devons en fuger.par ces maladies pestilentielles auxquelles la <!^rète fût plus d'une fois livrée. Énée y étoit venu ; elfes l'obligèrent de la quitter (50). Quelques auteurs ont Êîit de la peste une des causes qui soulevèrent le peuple contre Idoménée et lui firent perdre ses états (j i)* Hérodote dit que, après le retour dans leur île , des Cretois qui étoient allés s'associer aux Grecs faisant le siège de Troie , la peste et la famine se réunirent pour livrer à la mort et les

(49) Voir ci-dessus, chap. il , pag. 8a , et chap. IV, p; 115. (jo) Enatle, lll, v. i jy et suiv, (51) Meursius, m, chap. iv.

hommes et les troupeaux (52). On a vu» dans un des chapitres précédens (;3)> les Cretois» dont le pays étoit affligé par cette maladie terrible ^ ériger un temple pour apaiser le courroux qulls supposoient aux dieux • Élien , dans son Hisioin des animaux (54)> nomme une ville de Giète dont les habitans furent tellement tourmentés par un autre fléau , la multitude des insectes, qu'ils furent obligés de quitter leurs demeures et d'aller chercher ailleurs un asile.

(5^) Iiére(iote»vn,$. 171.

(sy) Chap,v,pig.i3J- (54) Lit. XV » chapi XXVI.

ïjl HISTOIRE ÙE LA LÉGISLATIOlf.

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