‹ Histoire de la législation italienne (volume 2)Chapitre 103 sur 284 · CHAPITRE VIII. — LOTS SUR L 'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. — LOTS SUR L 'INDUSTRIE

les galères du gouvernement, sous peine de la confiscation du chargement ^

Venise puissante et respectée, parvenue au rang de première puissance maritime, non seulement de l'Italie, mais du monde entier, voulut se faire reconnaître souveraine du golfe sur lequel elle est assise, et elle l'obtint malgré les républiques rivales, et contre Tavis des jurisconsultes qui soutenaient la doctrine de la liberté des mers.

x\près avoir chassé les Normands qui infestaient ses eaux au x^ siècle, les Vénitiens prirent possession de fait du golfe. Au xiii^ siècle ils voulurent faire acte de souveraineté sur cette mer; et ils créèrent la charge de capitaine du Golfe, dont la mission était de pourvoir à la sûreté et à la défense du littoral, et d'empêcher qu'on ne fît rien dans ces eaux sans le consentement de la république. Enfin en 1273, le gouvernement ordonna que tous les navires de commerce qui navigueraient entre la baie de Fano et les bouches du Pô fussent soumis à un péage. Ce décret donna lieu à de grandes réclamations et à de promptes résistances de la part des villes voisines, qui tenaient à cœur de maintenir libre cette étendue de mer. Les Bolonais se et mirent à la tête des opposants. On en vint aux armes les Vénitiens commandés par Pierre Gradenigo défirent leurs ennemis. On fit alors un traité par lequel Venise faisait, il est vrai, remise d'une partie des droits aux Bolonais; mais en même temps, elle les contraignait à

^ Crotta, Mémoires historico-civils sur les différentes formes du gouvernement vénitien. Venise, 1818, p. 141.

208 l)K LA LÉGISLATION ITALIENNE.

l.'i rc.coïinaîtrr; inaitrosso du ^nli'c, [XTidanl (lu'cllfi n}jtcnait de ceux d'Ancôno la concession des bouches du Pô. Ces derniers ne cessaient cependant pas de résister aux prétentions des Vénitiens sur le golfe. Ils s'adressèrent au pape pour qu'il s'interposât en faveur de la liberté de la mer. Le pape évo(jua l'affaire devant le concile général alors assemblé à Lyon en France, mais les Vénitiens refusèrent de l'accepter comme juge. La résistance de ceux d'Ancône ne fut vaincue que parles armes; il en coûta trois flottes à Venise pour réduire Ancône, mais enfin elle triompha et le golfe resia sous sa domination.

Après avoir entendu le récit des forces navales qui protégeaient le commerce itahen, il ne sera pas désagréable au lecteur d'avoir un aperçu de l'organisation de cette branche du service public. Ainsi les économistes qui se plaisent à entrer dans ces détails pourront établir une comparaison entre les méthodes modernes et les usages anciens. Marino Sanuto, praticien vénitien très versé dans les affaires publiques des premières années du xiv^ siècle, époque à laquelle il a écrit, proposait au pape d'armer une flotte ' pour faire la guerre aux infidèles. « Si Votre Sainteté désire con- )) naître, dit-il, combien lui coulerait cette flotte, elle » saura que les galères, soit qu'on les achète tout » équipées , ou qu'on les fasse construire exprès , » avec l'armement et l'équipement, coûteraient quinze )> mille florins chacune. Pour le service des hommes, y » compris le pain et autres vivres, et en supposant que

' Sécréta fidelium crucis , lib. I. pars i, cap. vu.

Page 1