CHAPITRE VIII. — LOIS SUR l'INDTJSTRIE
d'Hubert Foglietla '. « Les recteurs de la ville sont » obligés de jurer qu'ils ne toucheront pas aux biens ;) de Saint-George, de sorte qu'au sein d'une même » ville... il y a une république dans la république; » l'une remplie de tumulte, travaillée et déchirée par « les discordes civiles et les séditions; l'autre paisible )) et tranquille, conservant pures les anciennes mœurs » et donnant le bon exemple à l'intérieur et à l'exté-
» rieur ^))
Si sous l'étendard du lion de Saint-Marc on vit le commerce italien prospère et lucratif; si dans les profondes combinaisons de sa dette publique, Gênes trouva l'accroissement de sa puissance et sa sauvegarde dans les dangers, Florence mérite sa part d'éloges pour avoir développé l'industrie intérieure dans trois branches principales portées chacune à un haut degré de progrès, à savoir : la laine, la soie et le change. Ces trois industries dominaient pour ainsi dire le commerce florentin, lequel à son tour primait en Europe.
Dès le xiii^ siècle, les fabriques des tissus de laine étaient florissantes en cette ville. L'ordre religieux des Humiliés avait beaucoup contribué à accroître cette industrie, et le gouvernement avait récompensé cet ordre des bénéfices qu'il lui procurait , en lui accordant des immunités de toute sorte, en exemptant des charges publiques les personnes et les biens de Tordre ^ ,
1 Lib. X.
2 L'importance de la banque de S. -George diminua sensiblement avec le temps et se réduisit entin aux proportions d'un établissement ordinaire d'une dette publique entourée de quelques institutions parculières.
^ Statut, flor., lib. IV, Tract, de extimis rubr. 9.
2\H \)K lA I.KMSLATION ITALIENIVK.
Le tnoiiH' priviln}^c était accordé aux ouvriers élran- ^ors ((iii venaient exercer celt(! indnsfiie h Florence '. Cerlains qiiarliers de la ville étaient particnlièrernenl aiïectés à rétablissement de ces manufactures. Le propriétaire d'une maison qui y recevait comme locataires les ouvriers en laine, ne pouvait leur donner conp^é, à moins qu'il ne s'employât lui-même dans cette industrie. On défendait aux ouvriers de se transporter hors de la ville avec leurs métiers, et la même défense s'appliquait à l'extraction des matières premières. On prenait des précautions sévères pour que les produits d^'S fabriques de Florence non-seulement soutinssent la concurrence des produits de fabrication étrangère, mais encore qu'ils les surpassent.
L'importation des draps était en partie prohibée, en partie soumise à un droit de cinq florins d'or pour chaque pièce de 34- brasses.
Il était défendu aux fabricants florentins de retenir et de vendre des tissus de laine fabriqués au-delà des Alpes. Ce commerce était réservé à une classe spéciale de marchands appelés de Calimala Ce nom indiquait spécialement ceux qui faisaient venir de France ou de tout autre pays étranger des tissus de laine qu'ils revendaient ensuite. Chaque pièce de ces tissus devait porter aux extrémités la marque de la fabrique de Calimala, et les revendeurs florentins donnaient à ces draps des couleurs et des formes particulières.
Nul ne pouvait recevoir en gage les outils des ouvriers.
^ Statut, flor., lib. IV, Tract, de extimis rubr. 38.