CHAPITRE VIII. — LOIS SUR L'INDUSTRIE
Enfin le mclier des laines, comme les autres grandes corporations d'industrie, avait ses lois et ses règlements particuliers et des tribunaux spéciaux. Cette corporation industrielle avaitacquis une telle importance qu'elle comptait presque comme un pouvoir distinct dans la république. On vit, par exemple, les Consuls ou chefs de cette corporation, intervenir dans le traité conclu entre Florence et Sienne en 1204 '.
Au commencement du xiv^ siècle on comptait à Florence 300 fabriques qui fournissaient environ 100,000 pièces de tissus par an. Les entrepôts et les magasins pour la vente des draps étrangers étaient au nombre de 20, et recevaient tous les ans environ 10,000 pièces de drap, valant plus de 300,000 florins d'or, sans compter les draps que Florence envoyait à l'étranger. Ce commerce de tissus étrangers s'accrut encore au xv^ siècle '-.
L'Italie doit à Roger, roi de Sicile, l'introduction des manufactures de soie. Il paraît que les Siciliens, ayant appris cet art des Grecs, le transmirent aux Lucquois, et que lorsque Hugon délie Faggiola saccagea la ville de Lucques, les ouvriers se rendirent de là à Florence. Nous savons néanmoins, par des documents authentiques, que bien auparavant, c'est-à-dire, au commencement du xiiie siècle, la fabrication de la soie était établie à Florence. Mais il est permis de croire qu'elle se développa par l'arrivée des ouvriers lucquois.-
Les privilèges accordés aux fabricants de soie étaient
' Voy. Pagnini, Délia décima fiorentina 11, 98. Ammirato, Storia Fior., ni, 67.
^ Gio Villani, Chroniques universelles , liv. Il, chap. xcni. Benoît Dei, Chroniques, p. 22.
220 ni-; la LKfiISLATION ITALIENM .
h peu près l<;s mêmes ([uo ceux accordés aux fabncar f\(i laino, otTon n(; noj^ligoa pas d'encourager laprodi lion do la iii;ilièro première. Longtemps avant (|u' ne s'atlaclial sérieusement à la (abrication de la so les mûriers abondaient en Italie. Par la suite on s' occupa davantage, et en 1425 on déclara exempts tous droits les feuilles de mûrier et les vers à si qu'on introduisait dans la ville. En 1440 il fut enjo à tout cultivateur de planter tous les ans cinq mùri< sur les terres qu'il cultivait. Ensuite pour accroît comme il est d'usage, la protection par la défense, 1443 il fut défendu d'exporter des feuilles de mûri des vers à soie et de la soie , non-seulement de la vj de Florence, mais de tout le comté et district. A la du xve siècle on comptait à Florence plus de 80 briques d'étoffes de soie, qu'on exportait abondamm^ en Europe, dans le Levant et sur les côtes de Barbar Depuis la renaissance de la civilisation, aucun peu ne se montra plus empressé que les Florentins poui commerce de l'argent et la circulation des métaux, n'y avait pas, à cette époque, de plus grands compte qu'à Florence. Les Florentins disposaient de la p grande masse de capitaux qu'il y eût en Europe. pape, les rois de France et d'Angleterre, et les prin< de l'Italie recouraient, à chaque besoin d'argent, à bourse de ces marchands ; et pour avoir une idée de quantité de capitaux dont ceux-ci disposaient, il su de lire la description que fait Jean Villani au livre II ses Chroniques universelles, de la faillite de la maie des Bardi. On y voit combien fut grande, comme dirait aujourd'hui, la crise commerciale occasioni